mardi 4 août 2026

L’Intérêt d’Adam (1h18, 2025) de Laura Wandel

Avec Léa Drucker, Anamaria Vartolomei, Jules Delsart, Laurent Capelluto, Alex Descas, Timur Magomedgadzhiev,  Claire Bodson, Monia Douieb.

Un petit garçon, Adam, arrive avec sa maman aux urgences pédiatriques. L'infirmière s'attache à eux et essaie de trouver des solutions à l'insu du plein gré de sa maman et à l'insu du plein gré du petit garçon. Hormis cet arc dramatique autour d'Adam, le reste du film peut être vu comme un documentaire.

Film nous raconte cette histoire dans cet environnement : tout se passe quasiment dans les chambres et couloirs de l'hôpital. Avec Léa Drucker en suprême qui est de tous les fronts et qui fait de son mieux son métier. Laura Wandel choisit une caméra qui suit en permanence Léa Drucker dans ses allers, retours, allers, arrêts, etc. tous ses mouvements pour aller voir chaque enfant patient, parent d'enfant, collègue, hiérarchique. Elle est souvent cadrée de dos. Léa Drucker porte tous les maux et malheurs de son environnement, au risque de mettre en danger sa santé. Magnifique performance de Léa Drucker.

poster du film Bande-annonce L’Intérêt d’Adam 

Happy Valley (2014, saison 1 et 2, 12 épisodes de presque 60 min) de Sally Wainwright

Avec Sarah Lancashire, Siobhan Finneran, James Norton, Rhys Connah, Charlie Murphy, George Costigan, Karl Davies, Con O'Neill, Derek Riddell, Shane Zaza.

Dans le Yorkshire, nous suivons Sarah Lancashire, policière terrain qui doit gérer sa fratrie, les délinquants, un tueur en série, le fils de sa fille qui s'est suicidée, ses collègues. Le tout avec des acteurs formidables, avec des décors qui donnent un film quasi documentaire sur le Yorkshire.

Le titre est bien sûr ironique : chacun des personnages souffre soit physiquement, soit psychologiquement, soit socialement ou soit sociétalement, avec plusieurs arcs dramatiques qui se rejoignent.

Pour une fois la vie privée du policier principal n'est pas anecdotique et pleinement intégrée à tous les arcs dramatiques, dont celui de l'enquête principale dans la saison 1, qui continue à structurer la dramaturgie dans la saison 2.

Il n'est pas possible d'évoquer cette série sans évoquer Sarah Lancashire, qui est  impressionnante et porte le film. Un hymne à Sarah Lancashire.

poster de la série Happy Valley 

Bugonia (1h58, 2025) de Yorgos Lanthimos

Avec Emma Stone, Jesse Plemons, Aidan Delbis, Alicia Silverstone, Stavros Halkias, J. Carmen Galindez Barrera, Marc T. Lewis. 

Yorgos Lanthimos signe un film coup de poing, dénué de subtilité, mais diablement efficace. Grâce d’abord à ses trois acteurs principaux. Emma Stone en tête impressionnante en patronne inhumaine. Jesse Plemons, impressionnant comme à chaque fois, dans le personnage d'un conspirationniste qui voit en Emma Stone une extraterrestre, et qui est traumatisé par le coma de sa maman. Et Aidan Delbis, le cousin de Jesse Plemons, qui a un rôle important dans cette histoire.

Le film est un coup de poing perpétuel à travers le travail de photographie, les maquillages, le montage, la musique au hachoir. Bref, tout ceci est diablement brutal et efficace. Y compris dans son épilogue, qui pourra surprendre. Il est d'ailleurs possible d'arrêter de voir le film avant cet épilogue, c'est-à-dire d'arrêter le film au moment où l'ambulance part. Ou alors de continuer, le film se réorientant vers un autre horizon, qui est recevable, et qui finalement rend encore le film plus intéressant.

Nous apprécions la vision anticapitaliste et déshumanisée de cette patronne d'entreprise qui n'est tellement pas humaine et tellement méprisante vis-à-vis de ses employés. Et finalement le film n'est pas dénué d'humour, à la fois par réaction à l'énormité de certaines images ou sur la forme en mode marteau-pilon qu'a choisi Yorgos Lanthimos.

poster du film Bande-annonce Bugonia 



samedi 4 juillet 2026

Revers de Fortune (Frayed, 2019, saison 1 et 2, 12 épisodes autour de 40 min chacun) de Sarah Kendall

Avec Sarah Kendall,  Kerry Armstrong, Matt Passmore, Ben Mingay, George Houvardas, Doris Younane, Diane Morgan, Frazer Hadfield, Maggie Ireland-Jones, .Alexandra Jensen.

L'argument est simple : une Australienne qui était très riche à Londres se retrouve sans le sou et doit revenir dans sa ville natale d'Australie, avec une nouvelle condition sociale et un lieu où elle retrouve son passé. Ce retour au source familial, sociétal, amical et professionnel, est combiné à une intrigue où il est question d'un meurtre. 
Ce que nous avons apprécié : la reconstitution (vêtements, coiffures, décors) des années quatre-vingt, la qualité des interprètes, le mélange de comédie et de drame, l'évocation frontale des sujets sexuels et des fluides corporels, l'interprétation. Sarah Kendall, scénariste et interprète principale,sais manier l'humour noir, les relations familiales ou le paraître que l'on souhaite afficher à sa ville de naissance. Par ailleurs, elle compose un ensemble de personnages plus ou moins intelligents et plus ou moins subtils de haut vol, entre ceux qui ont raté leur vie, ceux qui sont parvenus, mais dont l'intelligence semble limitée ou ceux qui sont plutôt bêtes sans être méchant. Sarah Kendall a composé un florilège de personnages pour manier un humour noir de haut vol.

 poster de la série Revers de fortune

samedi 20 juin 2026

En Roue Libre (1h29, 2022) de Didier Barcelo

Avec Marina Foïs, Benjamin Voisin, Jean-Charles Clichet, Albert Delpy, Jean-Pierre Martins, Ariane Mourier, Candice Bouchet, Emilie Arthapignet, Valentin Papoudof, Aleksandra Yermak.

Curieux film. Dont l'argument principal permet à Marina Foïs de montrer son talent. Nous suivons cette histoire, entre deux paumés, où Marina Foïs est prise de panique si elle doit sortir de sa voiture. Ce qui fait qu’elle passe la totalité du film dans sa voiture, sans en sortir. À partir de cet argument, elle est kidnappée par Benjamin Voisin, qui part sur la route avec elle. 

Film de route donc, qui permet à ces deux personnages de s'apprivoiser doucement, de révéler leurs fêlures, leur humanité, et aussi de rencontrer d'autres personnages, dont le psychiatre, ainsi que des gens du voyage, entre autres. Un film initiatique qui se laisse appréhender avec facilité. N'oublions pas Benjamin Voisin, dont le personnage est émouvant sur la durée. 

 poster du film Bande-annonce En roue libre 

mercredi 10 juin 2026

Disclosure Day (2h25, 2026) de Steven Spielberg

Avec Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo, Wyatt Russell, Elizabeth Marvel, Henry Lloyd-Hughes, Michael Gaston, Elliot Villar. 

Le film est constitué de deux parties, inégales. La première, avec plusieurs arcs dramatiques qui finissent par se rejoindre, traités sous la forme d'un thriller où le spectateur est embarqué dès les premières secondes dans des intrigues qu'il ne comprend pas, où Josh O'Connor, Emily Blunt et Colin Firth se débattent chacun de leur côté avec des évènements dont nous n'avons pas encore les explications. Cette partie est brillante et cloue le spectateur à son fauteuil avec suspenses, intrigues, humour. Il y a ensuite une bascule où les choses sont expliquées, trop tôt, et la suite est prévisible, sans brio, conviant tous les chromos de Steven Spielberg, mélangé avec les marronniers de tout film politique, jusqu'à une conclusion prévisible et donc peu surprenante. 
Les deux personnages principaux, Josh O'Connor sont très bien écrits. Emily Blunt crève l'écran dès qu'elle apparaît : très grande performance. Le personnage de Colin Firth est pas très intéressant, bien que David Koepp essai de développer son histoire pour le rendre humain, mais cela ne marche pas. 
Nous pouvons apprécier la dimension anti-trumpiste du film, le message sur la vacuité et le manque d'empathie des humains envers les étrangers, la peur de l'étranger.
Dans les points qui nous ont un peut ennuyés, la durée du film. Le film dure 15 minutes de trop, la deuxième partie, très mécanique dans ses rebondissements et tensions pour résoudre les conflits, nous empêche pas de regarder notre montre. Et nous pouvons noter que la musique de John Williams est fonctionnelle et peu reconnaissable. Elle ne fera pas date.

poster du film Bande-annonce Disclosure Day 

mardi 9 juin 2026

L'Homme Qui Voulu Etre Roi (The Man Who Would Be King, 2h09, 1975) de John Huston

Avec Sean Connery, Michael Caine, Christopher Plummer, Saeed Jaffrey, Doghmi Larbi, Jack May, Karroom Ben Bouih, Mohammad Shamsi, Shakira Caine, Albert Moses

Dans une colonie aux confins du Pakistan et de l'Afghanistan, pendant la colonie de l'Inde sous l'Empire britannique au XIXe siècle, des escrocs britanniques vont à l'aventure dans une région qui n'a jamais vu d'hommes blancs et qui, par un quiproquo, prennent l'un deux pour un Dieu. C'est Sean Connery qui est l'élu, et qui finalement se prend au jeu et oublie la raison première de leur venue : piller leur richesse, la cupidité, la recherche de l'or, la recherche de pierres précieuses. Michael Caine est son acolyte qui garde le sens des réalités et qui voit l'évolution et se rend compte progressivement de l'évolution de son compère. Bien sûr les choses ne se dérouleront pas comme ils l'espèrent, ni pour l'un ni pour l'autre, et cela aboutira à un nombre certain de déceptions de chacun d'eux. 
Le film commence par un voyageur qui raconte l'histoire, le film étant un retour en arrière, et se termine par là où il a commencé.

À noter une très belle musique de Maurice Jarre. 

poster du film Bande-annonce L'Homme qui voulut être roi 

samedi 30 mai 2026

300 : La Naissance d'Un Empire (300 Rise of the empire, 1h42, 2014) de Noam Murro

Avec Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey, Hans Matheson, Callan Mulvey, David Wenham, Rodrigo Santoro, Jack O'Connell, Andrew Tiernan, Yigal Naor.

Le film est une symphonie de sang giclant, numériquement parlant bien sûr, avec de multiples combats à l'épée et de sections et lacérations de chairs. Le film n'est pas une suite du 300 (Zack Snyder, 2006), mais une histoire qui se déroule en parallèle de la bataille des Spartiates que raconte le film de Zack Snyder.

Le film est un chef-d'œuvre de CGI porn, avec des images somptueuses et stylisées à outrance, de batailles et de combats. Se déroulant beaucoup sur l'eau, donc avec des batailles navales : tout est énorme et pas du tout réaliste. Mais il y a du spectacle. Avec en prime une Eva Green qui domine la distribution, entourée d'hommes en armure du coté perses. Et avec des hommes torses-nus en permanence du coté grecs.

Le film est rythmé par de multiples affrontements, frisant la non-histoire, mais qui suscite fascination ironique et énormité. Mais qui est aussi diablement efficace au niveau de sa violence stylisée.

Si vous aimez Eva Green, si vous aimez le CGI porn,  si vous aimez le sang numérique qui gicle sur l'objectif de la fausse caméra, si vous aimez les hommes en slips qui se découpent les chairs, ce film est pour vous. 

poster du film Bande-annonce 300 : La naissance d'un Empire 

lundi 25 mai 2026

Nuremberg (2h28, 2025) de James Vanderbilt

Avec Russell Crowe, Rami Malek, Michael Shannon, Leo Woodall, John Slattery, Mark O’Brien, Colin Hanks, Wrenn Schmidt, Lydia Peckham, Richard E. Grant.

James Vanderbilt, scénariste chevronné, dirige cette histoire vraie. Nous suivons les pérégrinations du psychiatre affecté à l'évaluation de la santé mentale des dignitaires du IIIe Reich qui sont en procès à Nuremberg. Les alliés souhaitent condamner ces survivants (les autres se sont suicidés) et le dernier patron du IIIe Reich, Hermann Goering, est leur leader. Il est la pièce centrale du procès et notre psychiatre passe beaucoup de temps avec lui. C'est un des défauts du film : sur la dizaine d'inculpés, seuls trois ou quatre sont suivis, dont Goering principalement. La forme série en plusieurs épisodes aurait été plus adaptée pour développer le profil psychologique de chacun d'eux.

Sinon, les enjeux du procès du point de vue des alliés sont évoqués : qui l'anime, quel résultat faut-il obtenir.  Il ne faut pas qu'il y en ait qui se suicident avant. Le film montre aussi une partie du déroulement du procès, avec les images des camps de concentration, inédites au moment du procès.

Le psychiatre réalise le profil psychologique de ces personnes, et sa conclusion est la partie intéressante du film, que nous ne divulgâcherons pas.

Dans les défauts du film, des histoires adjacentes (la journaliste, le collègue qui a un agenda caché) sont inutiles et n'apportent rien. Il y a presque trente minutes de trop. 

Sinon, les trois acteurs principaux font le job : Rami Malek en fait trop comme d'habitude, Russel Crowe s'amuse bien comme d'habitude, et Michael Shannon sait faire apparaître sa souffrance sur son visage sans subtilité dans son interprétation. À visionner si l'on apprécie un de ces animaux de caméra.

poster du film Bande-annonce Nuremberg 

vendredi 22 mai 2026

The Old Oak (1h53, 2023) de Ken Loach

Avec Dave Turner, Ebla Mari, Claire Rodgerson, Trevor Fox, Chris McGlade, Col Tait, Jordan Louis, Chrissie Robinson, Chris Gotts, Jen Patterson.

 Un film sur l'inclusion où des immigrés syriens fuyant leur pays se retrouvent hébergés dans une petite ville d'Angleterre. Ils ne suscitent pas forcément l'enthousiasme, en particulier vis-à-vis des désœuvrés locaux, qui passent leur temps dans un vieux bar en décrépitude (il s'appelle The Old Oak) à boire de la bière. Racisme, préjugés, xénophobie, la méconnaissance de l'autre : c'est un terreau dans lequel excelle Ken Loach, sans subtilité, mais avec efficacité. Ken Loach sait où appuyer, même si beaucoup de choses sont prévisibles. Les personnages sont bien écrits, la distribution réussit et les acteurs sont formidables. Dave Turner, le patron du bar, porte le film. Il est un peu lâche, mais a le cœur sur la main. Le film est un peu long et aurait été plus léger si les retours en arrière avaient été soustraits. Ils n'apportent rien sur les personnages que nous ne savons déjà.

poster du film Bande-annonce The Old Oak 

dimanche 10 mai 2026

55 Steps (1h55, 2017) de Bille August

Avec Hilary Swank, Helena Bonham Carter, Johan Heldenbergh, Jeffrey Tambor, Jonathan Kerrigan, Tim Plester, Michael Culkin, Vincent Riotta, Richard Riddell, Richard Laing

Une distribution haut de gamme pour Bille August dans cette histoire, vraie, où il s'agit de défendre le besoin d'humanité de malades, mentaux pour certains. Hilary Swank est l'avocate qui défend  Helena Bonham Carter contre l'institution, un hôpital psychiatrique. L'hôpital lui a administré des médicaments sans son accord. La performance est assurée par Helena Bonham Carter, qui en fait beaucoup, mais son personnage s'y prête. Hillary Swank est la professionnelle, très technique, manquant d'un peu d'humanité, mais son humanité refera surface bien sûr. Il est dur de dire du mal de ce film. Et ce n'est pas nécessaire. Les actrices sont formidables. Les séquences des séances au tribunal ne sont pas répétitives et le spectateur les attend avec impatience. Inspiré d'une histoire vraie. La partie intéressante concerne beaucoup la relation qui se noue entre ces deux femmes, d'origine et de tempéraments complètement différents. Au total les deux actrices réalisent un show de qualité.

poster du film Bande-annonce 55 Steps 

samedi 9 mai 2026

Orwell 2+2=5 (2h, 2025) de Raoul Peck

Raoul Peck construit un documentaire où la trame de fond est l'histoire de George Orwell et de son célèbre roman "1984", pour supporter et montrer que ce n'est plus un roman, mais une réalité en montrant et en assemblant et collant des images des différentes actualités qui ont balayé le vingtième siècle et ce début de vingt et unième.

Le film est passionnant pour sa composante qui raconte la vie, la genèse de George Orwell auteur de son roman "1984". Le film mélange aussi des extraits des différents films qui ont adapté le roman "1984".

Le film compose un ensemble de choses pour produire un message antifasciste de bon aloi, même s'il n'est pas subtil. Avec en filigrane, le fait que le fascisme est déjà là et que "1984" n'est pas un roman de science-fiction. C'est d'ailleurs une question : peut-on dénoncer le fascisme en étant léger ? 

 poster du film Bande-annonce Orwell: 2+2=5 

dimanche 26 avril 2026

Crime 101 (2h20, 2026) de Bart Layton

Avec Chris Hemsworth, Halle Berry, Mark Ruffalo, Barry Keoghan, Nick Nolte, Jennifer Jason Leigh, Corey Hawkins, Monica Barbaro.

Une superproduction MGM Prime Original. Que retenir de ce film, relativement routinier ? Mais son défaut est dans le  "relativement". Le principal est que notre cambrioleur de génie, Chris Hemsworth, a des états d'âme et des sujets psychologiques parce qu'il rencontre l'amour. Cette composante là de l'histoire, même si nous comprenons la volonté de sortir du lot avec cet arc dramatique, parait forcée et nous la percevons comme ridicule.

La grande qualité du film, outre le très bon niveau de tous les départements techniques, est sa distribution, avec beaucoup d'actrice et acteurs chevronnés pour accompagner Chris Hemsworth. Mention particulière pour Mark Ruffalo dont le personnage est bien écrit. Cela fait plaisir de revoir Halle Berry, même si son personnage est cousu de fil blanc.

Nous pourrions dire que ce film est une belle tentative, mais reste imparfait. Et permet à Chris Hemsworth de sortir des sentiers battus des supers productions avec superhéros.

 poster du film Bande-annonce Crime 101 

mardi 21 avril 2026

Le Relais De L'Or Maudit (Hangman's Knot, 1h21, 1952) de Roy Huggins

Avec Randolph Scott, Donna Reed, Claude Jarman Jr., Frank Faylen, Glenn Langan, Richard Denning, Lee Marvin, Jeanette Nolan.

Cela commence comme un western, avec la diligence, les espaces arides, puis il y a une bascule dont l'argent est le moteur, et le film continue de nuit dans un relais où les preneurs d'otages de la diligence sont assiégés par des gens, eux aussi motivés par l'argent (l'or du titre). L'argent est le prétexte. Cela permet à Roy Huggins de construire un film Noir où les kidnappés affrontent les kidnappeurs, et où ceux-ci affrontent ceux qui les assiègent. Les caractères et personnalités se manifestent au cours des évènements.

Le film n'épargne pas le spectateur : tentative de viol, lynchage par pendaison, couardises et trahisons. Le scénario de Roy Huggins est dense, égrenant ses rebondissements régulièrement. Et tout cela en 81 minutes ! C'est une production Harry Joe Brown et Randolph Scott de très bonne qualité, avec un scénario qui pourrait être transposé dans de multiples univers. À noter que Roy Huggins est surtout très connu pour sa carrière de scénariste pour des séries télévisées, et que celui-ci est le seul sur lequel il est crédité de metteur en scène.

Du côté de la distribution, Donna Reed domine dans un personnage qui possède de la substance. À noter que le titre original, "le nœud du pendu" est un titre intéressant, et est bien une composante de la noirceur du film. 

 Le Relais de l'or maudit [Édition Collection Silver] [Blu-ray]

 

jeudi 16 avril 2026

La Grazia (2h12, 2025) de Paolo Sorrentino

 Avec Toni Servillo, Anna Ferzetti, Orlando Cinque, Massimo Venturiello, Milvia Marigliano, Giuseppe Gaiani, Roberto Zibetti, Vasco Mirandola, Linda Messerklinger.

Les affres du président de la République italienne, qui doit statuer sur une loi relative à l'euthanasie, et sur deux dossiers de grâce pour deux condamnés. À ceci se greffent des inquiétudes personnelles où ce vieux président qui termine son mandat dans quelque mois se pose des questions concernant sa femme.

Paolo Sorrentino arrive à rendre cette histoire intéressante. Le spectateur n'a pas envie de décrocher et se demande ce qu'il va décider. Notamment, car nous percevons des éléments qui vont aider ce juriste à prendre  ses décisions. Et nous voyons comment il fait pour arriver à prendre sa décision, en particulier pour les deux grâces qui lui sont soumises.

Un film au ton bien à lui, en particulier concernant son sujet et son rythme. Comme quoi il est possible de faire un film lent, qui accroche et tient le spectateur jusqu'au bout.

 poster du film Bande-annonce La Grazia

13 jours 13 nuits (1h52, 2025) de Martin Bourboulon

Avec Roschdy Zem, Lyna Khoudri, Sidse Babett Knudsen, Grégoire Leprince-Ringuet, Nicolas Bridet, Christophe Montenez, Yan Tual, Jean-Claude Muaka.

Le film raconte comment l'ambassade de France et les réfugiés Aphgan qu'elle a sous sa protection sont rapatriés en France pendant la chute de Kaboul et l'arrivée des talibans en aout 2021. Les 13 jours et 13 nuits du film ne sont que dans le titre, et la durée que cela évoque est absente de la mise en scène, ou du montage du film. Au point qu'on nous apprend à la fin que cela a durée 13 jours, mais cela tombe à plat.

Il est regrettable de critiquer ce film. Sa structure dramatique et la montée de la tension sont bien menées. Et le film se passe bien lorsque cela bouge, lorsque les personnages sont en déplacement et donc en tension, et qu'ils ou elles ne parlent pas.

Par contre, dès qu'il y a des dialogues, qui se veulent profonds, les scènes ne marchent pas et font sourire. Et certains personnages sont pénibles et paraissent artificiels : la traductrice, nous nous moquons de ses états d'âme, et sa mère qui amène son lot de sous-arcs dramatiques.

Roschdy Zem s'en sort très bien. Mais dès qu'il y a une pause, on retombe sur des dialogues balourds et des micro-inquiétudes inutiles. Peu mieux faire.

poster du film Bande-annonce 13 jours 13 nuits 

mardi 14 avril 2026

Predator Badlands (1h47, 2025) de Dan Trachtenberg

Avec Elle Fanning, Dimitrius Schuster-Koloamatangi, Ravi Narayan, Chris Terhune, Michael Homick, Stefan Grube, Reuben de Jong, Cameron Brown, Alison Wright, Matt Duffer.

Nous sommes bien chez Disney avec ce nouvel épisode de la franchise Predator (1987, John McTiernan). Autant Prey (2022) du même réalisateur était brutal, violent et sale, et très réussi, car adhérant parfaitement à la franchise. Autant ici il s'agit d'un film pour la famille sous la structure d'un film de potes. Ici le schéma narratif de la franchise est inversé. Le Predator est un gros bourrin finalement gentil. Il doit s'allier avec une gentille synthétique hyper bavarde pour affronter de méchants synthétiques de la Weylan Yutani (oui, cela fait une jointure avec la franchise Alien - 1979, Ridley Scott -). 

Si l'on accepte cela, la planète sur laquelle le Predator du film et la gentille synthétique évoluent est spectaculaire avec sa biomasse et ses animaux exotiques. Avec un côté film de jungle très sympathique, et une invention certaine au niveau du bestiaire et des végétaux.

Ici il n'y a aucun sang et une violence très familliale (avec ce qu'il faut de gentille bête pour devenir une peluche). Nous imaginons que c'est le cahier des charges qui a été donné à Dan Trachtenberg. Le dernier quart du film, qui fait la jointure avec la Weylan Yutani, est moins réussi, car déjà vu si l'on connaît bien la franchise Alien.

Predator : Badlands 

dimanche 12 avril 2026

L'Inconnu De La Grande Arche (1h44, 2025) de Stéphane Demoustier

 Avec Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Xavier Dolan, Swann Arlaud, Michel Fau, Micha Lescot, Viilbjørk Malling Agger.

Les péripéties de la construction de la grande arche de La Défense sont racontées dans ce film. À partir du moment où le répondant qui a gagné est choisi, jusqu'au déroulement du chantier. L'intérêt du film est que le répondant, un architecte scandinave, était inconnu de toutes et tous et qu'il a fallu le retrouver dans sa Scandinavie ; lui même ne s'attendant pas à être retenu. Ensuite il a fallu constituer l'équipe de maîtrise d'œuvre. Avec les différentes péripéties qui peuvent arriver à un chantier de construction, en particulier amplifiées pour un tel chantier inhabituel.

Le film nous met au cœur des transactions, influences et autres inquiétudes des différentes parties prenantes. Des politiques, dont le président de la République, François Mittérand, son cabinet, jusqu'à la maitrise d'œuvre, les concurrents et aussi certains fournisseurs.

C'est donc un film historique sur un chantier pharaonique. Qui reconstitue la période au niveau des décors, de l'image et de l'atmosphère, qui est un peu triste et peu avenante. Mais le film reste passionnant.

poster du film L'Inconnu De La Grande Arche 

samedi 11 avril 2026

L'étranger (2h02, 2025) de François Ozon

Avec Benjamin Voisin, Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud, Christophe Malavoy, Nicolas Vaude, Jean-Charles Clichet, Mireille Perrier.

Film à très faible hystérésis. Le personnage principal est insipide et nous ennuie. Nous nous moquons de ses turpitudes, intérieures et extérieures. Tout comme lui il se moque de tout ce qui l'entoure. C'est le sujet du film visiblement, ce personnage n'a aucune empathie, pour personne, il est inhumain. Soit. Le matériau original est un roman, que nous ne connaissons pas. Le film résultant est un pensum d'où ne sortent que les métiers techniques. Décos, photo, costumes, direction d'acteur, tout cela est bel et bien, mais tourne à vide. Une non-histoire. Pierre Lottin, par contre, encore une foi, sort du lot, grâce à son personnage très loquace et imprime un peu. Denis Lavant est ridicule.

Le film de tribunal est un genre à part entière. Ici une partie du film se déroule dans un tribunal. Avec sa mollesse. Nous pourrions louer l'exercice de style, réel, mené par François Ozon. Mais nous conseillons ce film aux dissertant sur le roman et les différences du film avec le roman source. 

 poster du film Bande-annonce L’Étranger 

jeudi 9 avril 2026

The Mastermind (1h50, 2025) de Kelly Reichardt

Avec Josh O'Connor, Alana Haim, Hope Davis, Bill Camp, John Magaro, Gaby Hoffmann, Eli Gelb, Cole Doman, Javion Allen, Amanda Plummer.

C'est mou : le film est très lent. À l'image de son personnage principal : un raté dans une petite ville étatsunienne monte un vol d'œuvre d'art avec des équipiers qui ne sont pas fiables ; il s'agit de dérober une œuvre d'un musée local. Le scénario prend son temps. Le personnage de Josh O'Connor est mou, d'où la mollesse du fim. Mais qui déroule son histoire, l'idée du braquage, la préparation, la réalisation, la fuite, l'après-braquage pour vendre la toile, puis l'épilogue. 

Le rythme n'est pas celui d'une comédie (le film dure 1h50), mais il contient son lot de comédie, car les équipiers sont des bras cassés. Josh O'Connor, son personnage, est un hébété permanent devant le fait que tout ce qu'il a imaginé comme déroulement ne se produit pas, n'étant pas aidé par une intelligence moins que moyenne et une anticipation nulle de ce qui pourrait se passer ou perturber ce qu'il veut faire.

Cette mollesse du film permet au spectateur d'avoir une certaine empathie pour ce pauvre bougre de Josh O'Connor, pas vraiment méchant, ambitieux avec mesure, qui essaie des choses, qui sont mal organisées et gérées. C'est elle qui donne sa signature au film.

poster du film Bande-annonce The Mastermind