mercredi 11 février 2026

La Belle Etincelle (1h30, 2023) de Hervé Mimran

Avec Lionnel Astier, Laurent Bateau, Mélanie Doutey, Bernard Campan, Angélique Bridoux, Vincent Chalambert, Moon Dailly, Godefroy Donzel.

Un chef anciennement étoilé, mais déchu, se retrouve à faire la cuisine dans un restaurant abandonné avec un autiste comme cuisinier. C'est l'argument du film de manière très synthétique. Nous ne divulgâcheront rien de la suite, mais tout est prévisible et cousu de fil blanc dans ce film par ailleurs très sympathique, car nous aimons toujours les histoires de rédemption et de personnages qui deviennent plus humains, même si, pour le coup, ici cela est relativement peu progressif et par moment un peu rapide. 
Il est à préciser que les autres membres du restaurant sont aussi des personnes ayant des handicaps, ce qui amène son lot de comédie dramatique et d'éléments comiques au film . 
Le personnage de Mélanie Doutey est très attachant. L'évolution du personnage de Bernard Campan est cousue de film blanc. 
Au total le film ne contient pas de surprises, mais plutôt une histoire agréable, même si prévisible et finalement pas désagréable à regarder ; il n'y a pas de mal à écrire des choses simples basées sur l'émotion et sur l'empathie des personnes. Le titre du film annonce la couleur.
 
poster du film Bande-annonce La belle étincelle 

Les Dossiers Oubliés (Dept. Q, saison 1, 9 épidodes de l'ordre d'1h chacun, 2025) de Scott Frank

Avec Matthew Goode, Alexej Manvelov, Jamie Sives, Chloe Pirrie, Steven Miller, Leah Byrne, Alison Peebles.

Série policière où un policier sur le retour après avoir été grièvement blessé est affecté à la tête d'une équipe de policiers qui doit réouvrir des crimes non résolus du passé, et ceci pour des raisons politiques, car l'institution ne résout pas assez de crime. L'ensemble des épisodes est centré sur un des dossiers retenus par cette équipe qui va enquêter à sa manière pour rechercher une personne disparue. Les scénaristes font le choix de nous montrer très tôt que la personne recherchée est toujours vivante et kidnappée quelque part sans nous expliquer où ni par qui. Et ils font aussi le choix de mettre dans cette équipe de policiers des personnes légèrement décalées par rapport aux autres, dont un ancien policier syrien, par exemple, qui amène un peu d'humour indirectement à cet ensemble. 
Contrairement à d'habitude, il nous est expliqué assez peu de choses sur la vie personnelle des policiers en question, et c'est très bien ; celui pour lequel nous avons un peu plus d'information sur l'entourage est le chef de l'équipe (Matthew Goode, très bon). Ce qui est largement suffisant et ne pollue pas trop l'intrigue. Celui-ci a été victime d'un tir avec le décès d'un collègue et nous avons son suivi psychologique. 
L'avantage d'une fiction de série est de tirer toutes les pistes possibles de l'histoire,  et ceci dans tous les sens et de rythmer cela avec chacun des épisodes en nous faisant croire peut-être que nous aurons une solution là, mais, sachant qu'il reste derrière encore 5 ou 6 épisodes, nous savons que ce ne sera pas la bonne ce n'est pas grave : tout cela est bien cadencé et surtout bien incarné par des personnages qui ont leur propre humanité, même de manière décalée.
 
poster de la série Les Dossiers oubliés 

The Prince And The Pauper (Crossed Swords, 1h48, 1977) de Richard Fleischer

Avec Oliver Reed, Raquel Welch, Mark Lester, Ernest Borgnine, George C. Scott, Rex Harrison, David Hemmings, Harry Andrews, Julian Orchard, Murray Melvin, Lalla Ward, Sybil Danning, Charlton Heston.

Scénario intéressant où un prince se retrouve dans la peau d'un pauvre, et inversement. D’après un roman de Mark Twain. Bien sûr, le Prince va tout faire pour retrouver son statut, et, chemin faisant, va fréquenter de vrais pauvres. Et le pauvre trouve très bien son nouveau statut de prince. Le scénario est partiellement prévisible.

Richard Fleischer essaie de rendre visuellement attractive cette histoire avec des plans qui exploitent au maximum les décors. Le personnage d'Oliver Reed est un peu faire valoir et va aider le Prince pauvre à retrouver son statut, mais ce n'est pas un héros et est même un antihéros.

La distribution est phénoménale avec une pléthore d'acteurs confirmés. Mais aucun des personnages ne suscite l'empathie et ne peut être qualifié de héros du film. Nous suivons les péripéties comme si nous étions étrangers à cette histoire. Un film curieux.

 poster du film Le Prince et le pauvre 

Wake Up Dead Man : Une Histoire à Couteaux Tirés (2h24, 2025) de Rian Johnson

Avec Daniel Craig, Josh O'Connor, Glenn Close, Josh Brolin, Kerry Washington, Andrew Scott, Cailee Spaeny, Daryl McCormack.

Superproduction où Daniel Craig reprend son rôle d'enquêteur. Le meurtre est ici celui d'un pasteur fou (John Brolin s'éclate avec ce personnage), et toutes les personnes de la paroisse ou le personnel de l'église peuvent avoir une raison de le tuer. La progression dramatique du scénario nous amène à soupçonner régulièrement une nouvelle personne de l'entourage, c'est le principe de type de scénario.

Le film possède son climat, mélange de superstitions, d'éléments rationnels et d'éléments d'humour. Le plaisir du spectateur est de deviner qui est le coupable, tout en étant influencé par l'intrigue qui nous influence régulièrement vers un des personnages. Et l'intrigue tient bien sa durée de 2h20 sans que le spectateur regarde sa montre. De la mécanique bien huilée.

La distribution est formidable. Et Glenn Close arrive à composer un personnage qui la met au-dessus des autres.

poster du film Bande-annonce Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés 

Boléro Le Mystère Ravel (2h, 2024) de Anne Fontaine

Avec Raphaël Personnaz, Doria Tillier, Jeanne Balibar, Emmanuelle Devos, Vincent Perez, Mélodie Adda, Serge Riaboukine, Sophie Guillemin.

Le film nous présente le personnage de Maurice Ravel, ses interactions avec les gens de son époque, de sa mécène qui lui commande le Boléro, ses rencontres féminines. Le film parle assez peu de création, de composition, mais suffisamment pour rendre le film intéressant concernant ce fameux Bolérie. Mais aussi sur la conception de la musique et de la vie de musicien de Maurice Ravel, ses us et coutumes, ses lieux de vie ou comment il gagnait sa vie. En particulier sa tournée en tant que pianiste en Amérique du Nord, où il découvre le jazz.

La ligne dramatique est donc la vie de Maurice Ravel pendant la composition du célèbre Bolèro. Avec régulièrement des interactions avec sa cliente, sa mécène, qui paye pour qu'il crée une musique de ballet ; avec aussi ses interactions avec différentes femmes, dont une prostituée aux gants (étonnante scène).

Il est vrai, pour faire écho avec le titre, que le personnage garde sa part de mystère, et est entièrement tourné vers la musique et sa création. Le film se termine par la direction du Boléro par Raphaël Personnaz, alias Maurice Ravel dans un montage séquence jubilatoire. 

poster du film Bolero 

Athena (1h39, 2022) de Romain Gavras

Avec Dali Benssalah, Sami Slimane, Anthony Bajon, Ouassini Embarek, Alexis Manenti, Birane Ba, Iless Hachi, Younès Benbakki, Meriam Sbia.

Le membre d'une cité a peut-être été assassiné par des policiers. Cela provoque l'embrasement de la cité et une guerre de tranchées, littéralement. La cité devient une forteresse qui refuse l'accès aux forces de l'ordre avec incendies et cocktails Molotov et meute pour défendre et attaquer les forces de l'ordre. 
Le film est spectaculaire et maintient une tension permanente jusqu'à sa conclusion. Il n'y a pas de héros, mais plusieurs personnages principaux que l'on suit au cours du récit : leader des insurgés, un policier qui essaie de temporiser et de raisonner qui se trouve être le frère du leader. Et il y a aussi un leader du trafic de drogue, qui est aussi un membre de la fratrie. Tout ce monde n'a pas les mêmes intérêts et les mêmes ambitions et s'affrontent autour de petits arcs dramatiques qui nourrissent soit directement, soit indirectement l'arc dramatique principal, c'est-à-dire l'embrasement.
Le réalisateur choisit de donner le point de vue à un des policiers que nous retrouverons un peu plus tard au cours de l'intrigue à l'intérieur de la cité et il sera aussi un élément important des drames qui vont suivre dans la deuxième partie du film. 
Sur la forme le film est très efficace et impressionnant. Il peut être vu comme une actualisation de La Haine de Mathieu Kassovitz. Ne serait-ce que sur la forme, le film de Mathieu Kassovitz était stylisé (le noir et blanc, par exemple), ici, c'est une explosion graphique qui fait penser à un Escape From New-York (1981) de John Carpenter, en plus survitaminée ou alors au film Tueurs Nés (1994) d'Oliver Stone pour le côté hystérique.
 
poster du film Bande-annonce Athena 

Un Petit Frère (1h56, 2022) de Léonor Serraille

Une fresque familiale où Annabelle Langronne se bat pour vivre sa vie, et pour élever ses enfants. Un très beau film où les rêves sont oblitérés par le pragmatisme réaliste. Entre sa situation où son entourage essaie de la marier absolument, et ses enfants à élever pour qu'ils s'en sortent mieux qu'elle. Les deux petits garçons qui jouent ses fils sont formidables. Jusqu'aux dénouements finaux où nous comprenons ce que sont devenus ses enfants.

Une histoire toute en subtilités, moins joyeuse que Jeune Femme (2017) avec Laeticia Dosch qui n'était pas joyeux non plus, mais dont la vitalité amenait une énergie comique. Ici le spectateur comprend et suit Annabelle Langronne et est de tout cœur avec elle ; même si rien de joyeux ne se produit et ne réussira que partiellement dans ses ambitions. 

poster du film Bande-annonce Un petit frère 

dimanche 1 février 2026

La Petite (1h33, 2023) de Guillaume Nicloux

Avec Fabrice Luchini, Mara Taquin, Maud Wyler, Juliette Metten, Veerle Baetens, Lucas Van den Eynde, Viv Van Dingenen.

Guillaume Nicloux continue sa création. Ici il n'y a ni Michel Houellebecq, ni Gérard Depardieu. Mais nous avons Fabrice Luchini, qui part à la recherche puis à la pêche (dans le sens où il essaie de l'attraper) de son petit fils en gestation auprès d'une mère porteuse, qui loue ses ovaires et son ventre pour de l'argent.

Le film pose la problématique de l'élevage de cet enfant : quelle est sa famille, qui va l'élever, qui sera son père, qui sera sa mère. Avec le postulat dramatique du début de film qui est que le père biologique décède.

Nous garderons les questionnements que pose le film. Nous garderons l'interprétation de Fabice Luchini, très sobre et très émouvant dans sa manière rentrée de jouer ces émotions. Nous garderons Mara Taquin, toute en énergie. Pour au total un Guillaume Nicloux qui signe un film plutôt intéressant, sérieux (pas iconoclaste) et amusant par moment.

poster du film Bande-annonce La Petite 

samedi 31 janvier 2026

7 minutes (1h18, 2020) de Ricky Mastro

Avec Antoine Herbez, Clément Naline, Valentin Malguy, Paul Arvenne, Cédrick Spinassou, Robin Larroque, Valérie Prudent, Nicolas Lainé, Martine Nograbt.

Un père, policier, apprend la mort de son fils. Celui-ci décède de l'abus de drogue du plaisir dispensé dans une boite de nuit fréquentée par des homosexuels. Il enquête à sa manière dans ce milieu.
La grande qualité du film est de ne jamais expliquer la scène que l'on voit. Au spectateur de comprendre si elle se déroule avant les décès (il y a deux décès séparés de sept minutes, au début du film), ou après, et de deviner l'ellipse pratiquée par le montage. À ce titre l'histoire est racontée sans dialogue explicatif, sans effet visuel pour positionner la séquence qui suit. Le film ne dispose d'aucune musique (hormis la musique diégétique, dans la boite de nuit notamment).
Cette progression imprévisible de l'histoire se termine de la même manière, presque de manière abrupte, en laissant le spectateur se questionner sur la situation du père au moment où le film se termine.
Un film behavioriste et intrigant. Les acteurs sont bons et parfaitement dirigés. 

poster du film 7 minutes

jeudi 1 janvier 2026

Emily in Paris (2025, saison 5, 10 épisodes de 35 min) de Darren Star

Avec Lily Collins, Philippine Leroy-Beaulieu, Ashley Park, Bruno Gouery, Samuel Arnold, Lucas Bravo, Lucien Laviscount.

Cette saison est fidèle aux chromos de la franchise. Caricatures. Paris imaginaire décorrélé de toute réalité. Costumes délirants et extrêmement chic pour Lily Collins. Le moins intéressant de cette saison est la partie italienne, car cette saison est surtout "Emily in Italy". Mais le charme de Lily Collins, et les personnages secondaires, comme Philippine Leroy-Beaulieu, par leur méchanceté ou leur côté caricatural, produisent le sel nécessaire pour maintenir l'intérêt.  De même, Ashley Park amène son énergie. Ou alors Minnie Driver. Se consomme comme un bonbon légèrement acidulé.

poster de la série Emily in Paris 

 

mercredi 31 décembre 2025

Fargo (1h38, 1996) de Joel et Ethan Coen

Avec  Frances McDormand, William H. Macy, Steve Buscemi, Peter Stormare, Kristin Rudrüd, John Carroll Lynch.

La vie de personnes simples a toujours passionné les frères Coen. Il faut reconnaitre qu’ici la collection de personnages avec le QI d'une chaise pliante est impressionnante. Les petites frappes, les petits escrocs, les petits policiers de province, et l'ensemble du monde qui l'entoure sont de la bonne matière pour cette histoire d'arnaque et de casse qui ne se déroule pas comme prévu. Et le froid, qui semble engourdir les mouvements et les cerveaux, donne une patine unique au film. L'ensemble de la distribution signe une performance mémorable. Avec dans le haut du panier William H. Macy, Steve Buscemi, Peter Stormare ou John Caroll Lynch. Frances McDormand est la seule qui semble avoir un cerveau qui semble fonctionner.

 poster du film Bande-annonce Fargo 

mardi 30 décembre 2025

Novembre (1h46, 2022) de Cédric Jimenez

Avec Jean Dujardin, Anaïs Demoustier, Sandrine Kiberlain, Jérémie Rénier, Lyna Khoudri, Cédric Kahn, Sofian Khammes.

Le film se concentre sur les enquêtes dans les cinq jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Le scénario nous montre la course pour aller le plus vite possible. Cédric Jimenez montre bien l'effarement de toutes et tous ainsi que l'urgence de la situation. Le film montre aussi les guerres entre les différents corps de l'état. Le scénario nous montre les différentes actions parallèles des différents enquêteurs et policiers, avec leurs intuitions et les sidérations. Les problématiques de coordination, d'orchestration et d'interlocution, pas simples dans ce contexte d'urgence et empilement de structures d'état sont aussi montré, ce qui contribue à ajouter du suspense aux différents arcs dramatiques. 

La distribution est concernée et solide. Le scénario et le sujet sont suffisamment puissants pour que nous nous laissions happer par l'intrigue bien que nous en connaissons l'issue.

 poster du film Bande-annonce Novembre 

samedi 29 novembre 2025

Dr. Jack (Et Puis Ca Va, 1h, 1922) de Fred C. Newmeyer et Sam Taylor

Avec Harold Lloyd, Mildred Davis, John T. Prince, Eric Mayne, C. Norman Hammond. 

Le film est constitué de deux parties. La première, une exposition sur le docteur Jack, Harold Lloyd, et en parallèle le personnage de Mildred Davis. Celle-ci est maintenue malade à domicile par un médecin mal intentionné nommé Ludwig von Saulsbourg, interprété par Eric Mayne, qui est payé pour être à domicile par le père pour soigner sa fille. Eric Mayne la maintient dans un état maladif, la cloître et la gave de potion. Harold Llloyd, de son côté, le docteur Jack, est joyeux, enjoué, soigne une poupée, attentionnée. Pendant cette première partie, le burlesque est maintenu par les acrobaties faites par Harold Lloyd avec sa voiture. Ces deux médecins vont se croiser et un amie de la famille va demander son avis à un autre médecin, le docteur Jack justement. Ce qui fait basculer le film dans sa deuxième partie qui se déroule à l'intérieur où bien sûr, Harold Lloyd aura des effets bénéfiques sur la malade. Cette deuxième partie contient une longue poursuite dans la maison, impressionnante par sa longueur et ses multiples idées. Et assez jubilatoire, il faut reconnaitre.

Nous ne connaissions pas Harold Lloyd et cette première rencontre est très plaisante. Les plans de transitions, pour raconter les histoires, sont juste des passerelles vers les performances d'Harold Llloyd, en termes d'interprétation et de cascade. Ce film muet est accompagné dans cette version par la musique de Robert Israel composée ne 2002. Celle-ci s'avère très plaisante.

poster du film Et puis ça va 

lundi 24 novembre 2025

Ballad Of A Small Player (1h41, 2025) de Edward Berger

Avec Colin Farrell, Fala Chen, Tilda Swinton Alex Jenning, Chik-Ka Lai, Alan K. Chang,  Margaret Cheung, Jason Tobin, Deanie Ip, Selena Fong, Christina Yong, Anthony Chau-Sang Wong, Adrienne Lau.

Après Conclave (2024), Edward Berger revient avec cette production Netflix.

Nous notons un travail sur la photographie magnifique , opérée par James Friend. Nous notons aussi la musique de Volker Bertelmann, plutôt impressionnante, étant très en avant, et consubstantielle à l'impression que fait le film. Nous notons aussi le personnage de Tilda Swinton, qui évoque le dessin animé, avec un beau travail sur ses costumes. Nous notons Colin Farrell , impressionnant au niveau de l'interprétation d'un personnage malade du jeu. Nous notons le scénario, sous ses impressions de linéarité, ne l'est pas du tout. Bref, le film sous ses exubérances, mais aussi grâce au pathétique de ses personnages, Colin Farrell en tête, évoque le dessin animé. Tous ces éléments mis ensemble donnent un film qui tient le spectateur jusqu'au bout, sous une forme de suspense à peine déguisé : comment ce personnage pathétique et ridicule, Colin Farrell, va s'en sortir. 

Le film crée en quelque sorte son propre genre. De grosses composantes d'humour, un drame pour le personnage de Colin Farrell, des éléments irréels avec les croyances locales ou la croyance en des fantômes, un côté dessin animé (voir l'interprétation de Colin Farrell ou la patine de la photographie). Ajouter la musique originale, symphonique, très en avant, qui tire le film vers le fantastique et le suspense. Tout ceci contribue à produire un film qui possède sa propre originalité et ne ressemble à aucun autre. Et bien sûr, à voir pour tout adorateur de Colin Farrell qui livre une interprétation impressionnante.

 poster du film Ballad Of A Small Player 

dimanche 23 novembre 2025

Partir Un Jour (1h38, 2025) de Amélie Bonin

Avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon, François Rollin, Tewfik Jallab, Dominique Blanc, Mhamed Arezki, Pierre-Antoine Billon, Amandine Dewasmes, Solal Lucas, Jean-Pierre Schlagg.

Une cheffe qui va ouvrir bientôt son restaurant gastronomique doit revenir chez ses parents, car le père a la santé qui vacille. Ce retour au source chez ses parents, qui tiennent eux un restaurant pour routiers, va perturber ses projections. Retour aux sources qui sera perturbé par différentes choses. Le film fonctionne grâce à ses multiples arcs dramatiques : sa relation avec son père, avec sa mère, avec son chéri, avec son copain d'enfance (Bastien Bouillon dans un rôle qui change de ses interprétations sombres). Tout en cherchant son plat-signature pour l'ouverture de son restaurant. Et tout en gérant la capacité diminuant de ses parents à gérer leur restaurant.

Cet ensemble fonctionne bien. Juliette Armanet porte le film de bout en bout, avec cette multitude de sujets à traiter pour son personnage, et une interprétation assez subtile. Les acteurs sont bons et il n'y a pas de temps morts pour le personnage principal.

Cerise sur le gâteau, les personnages chantent, il s'agit donc d'une comédie musicale : les personnages chantent sur des chansons connues, qui servent l'histoire, qui sont donc des dialogues chantés. Cela est très fluide et fonctionne très bien, ce mode d'expression paraissant naturel. Excellente idée, qui donne au film une patine poétique bienvenue. L'utilisation des retours en arrière et leur intégration dans les scènes actuelles est aussi élégante, fusionnée dans la séquence courante.

poster du film Partir un Jour 

 

 

 

Jeune Femme (1h37, 2017) de Léonor Serraille

Avec Laetitia Dosch, Souleymane Seye Ndiaye, Grégoire Monsaingeon, Jean-Christophe Folly, Nathalie Richard, Arnaud de Cazes, Zirek, Philippe Lasry.

Avec Jeune Femme, Léonor Serraille a créé un hymne à Laetitia Dosch. Bien évidemment tout tourne autour de cette jeune femme. Mais ce n'est pas tant la ligne dramatique qui importe, car l'hystérésis du film tourne autour du personnage interprété par Laetitia Dosch, qui suscite une multitude de sentiments à son égard. Elle peut être ridicule, émouvante, amusante, consternante, touchante, énervante, exaspérante ... bref une vraie humaine un peu paumée, compréhensible vu sa situation, mais attachante. Nous sommes toujours curieux de voir ou comprendre comment elle va évoluer. Le film ne contient pas de gros enjeux dramatiques. Nous suivons les pérégrinations de la jeune femme, qui est plaquée ou qui vient de quitter son amoureux, qui se retrouve à la rue et cherche d'un logement, et aussi un revenu, en passant le réseau des copains et copines, ou en répondant à une annonce de garde d'enfant, en prenant un poste de vendeuse de sous-vêtements. Une comédie, mais qui aborde des sujets graves (et sociétaux), car la vie de cette jeune femme est pavée d'insécurité. Et le film laisse ouverte la possibilité que sa situation soit quelque part choisie et non pas subit.

Tout ceci ne tient que par Laetitia Dosch et il est impossible d'imaginer le film sans elle.

poster du film Bande-annonce Jeune Femme 

dimanche 16 novembre 2025

Eddington (2h28, 2025) de Ari Aster

Avec Joaquin Phoenix, Deirdre O'Connell, Emma Stone, Micheal Ward, Pedro Pascal, Cameron Mann, Matt Gomez Hidaka, Luke Grimes, Amélie Hoeferle, Clifton Collins Jr., William Belleau, Austin Butler.

À travers cette histoire au Nouveau-Mexique, où un Sheriff (Joachim Phoenix dans un rôle de geignard permanent) affronte le maire local (Pedro Pascal), mais aussi sa femme mentalement dérangée (Emma Stone en faire valoir et levier dramatique de l'évolution du personnage du shérif), sa belle-mère et ses adjoints. Ari Aster parle de l'Amérique du Nord profonde, entre superstition, racisme et immigration, amour des armes, affrontements politiques et affrontement de classes, complotismes et croyances. Sans aborder frontalement ces sujets. Avec l'élément plus intéressant du film, l'évolution du personnage de Joachim Phoenix, qui, s'il peut contenir des éléments d'empathie de la part du spectateur,  évolue fortement pendant le film en devenant de plus en plus complexe plus le film avance, pour une certaine jubilation du spectateur, il faut reconnaître.

Ari Arster crée ici quelque chose de beaucoup plus digeste que son piètre film précédent, le pensum Beau Is Afraid (2023), mais reste dans le manque de subtilité et dans une lourdeur certaine. Il n'a pas la main légère. Mais cela est normal finalement, car l'histoire n'évolue pas auprès de personnages subtils.

Nous notons que les scènes d'actions sont très dynamiques et percutantes. Ari Aster devrait s'essayer à réaliser un action-movie, un film d'action en bonne et due forme, le résultat devrait être intéressant. 

poster du film Bande-annonce Eddington 

samedi 15 novembre 2025

La Bonne Conduite (1h35, 2021) de Arnaud Bedouët

Avec Alban Lenoir, Olivier Saladin, Aïmen Derriachi, André Wilms, Nailia Harzoune, Jisca Kalvanda, Milouda Chaqiq, Amar Bourennani, Benjamin Quique, Yussif Timéra, Saïd Benchnafa, Mohamed Makhtoumi.

Bonne surprise ce film, qui se révèle extrêmement bien écrit, en évitant la lourdeur en abordant un certain nombre de clichés. Le scénario marche sur les crêtes et aborde ces clichés, mais Arnaud Bedouët s'en sort toujours et évite toute mièvrerie ou sentimentalisme. Même si la teneur peut paraître dramatique, au total, cette galerie de personnages est montrée avec ses qualités et ses défauts et prônes pour une inclusion. Même si la teneur générale est cousue de film blanc, les personnages sont suffisamment bien écrits pour que le spectateur y croie. Alban Lenoir est parfait dans son personnage : un militaire qui vient traiter les affaires de son père qui vient d'être hospitalisé. Son père tient une auto-école dans une cité populaire. La rigueur, la droiture, la précision du personnage va se confronter à cet univers qui nécessite des adaptations, pour le moins. Les multiples confrontations, le collègue de son père, les clients de l'auto-école, les anciens copains d'enfance, la vie dans la cité vont le faire évoluer.

Un bon scénario, une belle distribution, une direction d'acteurs et d'actrices de qualité. Bref, une réussite. 

poster du film Bande-annonce La Bonne conduite 

Gaspard Va Au Mariage (1h43, 2017) de Antony Cordier

Avec Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret, Marina Foïs, Johan Heldenbergh, Guillaume Gouix, lodie Bouchez, Noémie Alazard-Vachet, Vincent Deniard. 

Félix Moati croise Laetitia Dosch dans un train et lui demande de l'accompagner au remariage de son père, pour faire croire à sa famille que Laetitia Dosch est sa petite amie pendant ce futur mariage. Elle accepte de jouer le jeu. Il se trouve qu’elle va rencontrer l'ensemble de sa famille : le père, sa compagne, sa sœur, son frère. Le père et sa famille gèrent un zoo en pleine campagne ; un vrai zoo avec de multiples animaux. Ce qui rajoute beaucoup d'éléments visuels et ce qui structure la ligne dramatique. Le père est cocasse, pour le moins. La sœur est spéciale (nous divulgâchons : elle se prend pour un ours, littéralement), le frère lui gère le zoo, ce qui lui apporte une surcharge mentale importante. Bref cet ensemble est un prélude parfait pour raconter cette histoire de boy meets girl avec de multiples détours dramatiques. Dont un sera l'évolution de la relation que nouent Félix Moati et Laetitia Dosch.

Les variantes de l'histoire sont multiples et maintiennent captif le spectateur, avec une conclusion que nous essayons de deviner, mais qui n'est pas celle que nous devinions. Un film léger sur le canevas boy meets girl, mais qui, finalement, nous parle de trois couples... 

 poster du film Bande-annonce Gaspard va au mariage

mardi 11 novembre 2025

La Fureur Du Dragon (The Way Of The Dragon, 1h39, 1972) de Bruce Lee

Avec Bruce Lee, Nora Miao, Chuck Norris, Ping-Ou Wei,  Chung-Hsin Huang, Robert Wall, Ti Chin, Tony Liu, Little Unicorn, Malisa Longo, Ngan Wu.

Bruce Lee prend le contrôle complet ici, il est crédité du scénario, de la mise en scène et de la chorégraphie des combats. Il interprète un chinois qui vient aider à Rome un restaurant chinois qui est convoité par des méchants locaux, occidentaux.
La première moitié du film est consternante. Entre les séquences de visite des principaux monuments de Rome (séquence sans intérêt) et les scènes de comédie écrites par Bruce Lee qui sont littéralement nulles, cette première moitié de film est pénible. La direction d'acteur le concernant est catastrophique. le reste de la distribution est moins pire que d'habitude (c'est-à-dire moins mauvais que chez Lo Wei pour Big Boss, 1971 et La Fureur De Vaincre, 1972). Bruce Lee grimace principalement. Même si ses expressions faciales sont, dans l'ensemble, assez variées. L'arc dramatique retardant le plus possible les moments où Bruce Lee montre ses talents en boxe chinoise et kung-fu.

Nora Miao est bien mieux ici, avec un personnage plus étoffé que dans La Fureur De Vaincre (1972, Lo Wei) ou que dans Big Boss (1971, Lo Wei). D'ailleurs, dans la distribution, nous retrouvons beaucoup d'acteurs vus aussi dans ces deux films. Nous retrouvons Ping-Ou Wei, ricanant et grimaçant dans le rôle du perfide homme de main, pleutre, et habillé de manière rigolote. 

Ensuite commencent à apparaître les séquences de combats, que nous attendions. Ici il affronte des Occidentaux, avec une belle séquence au nunchaku, une bonne séquence avec Robert Wall, et un combat d'anthologie contre Chuck Norris, dans le Colisée (même si le décor de studio avec fausse perspective est mignon).

poster du film Bande-annonce La Fureur du dragon