dimanche 27 septembre 2026

Prisonnière 951 (Prisoner 951, 2025, 4 x 70 min) de Philippa Lowthorpe et Stephen Butchard

Avec Narges Rashidi, Joseph Fiennes, Bijan Daneshmand, Behi Djanati Atai, Armin Karima, Nicholas Farrell, Marion Bailey, Farzana Dua Elahe, Sam Troughton, Catherine Bailey, Kavé Niku, Astrid Whettnall, Claudia Harrison, Ash Goldeh, Alastair Mackenzie, Christopher Colquhoun, Vivienne Gibbs, Sara Fazilat.

Une Iranienne mariée à un anglais va visiter sa famille à Téhéran pour lui montrer sa fille et se retrouve kidnappée, empêchée de rentrer chez elle. Elle sera kidnappée pendant six années. Le film raconte son parcours en face des fascistes iraniens et, en même temps, le parcours de son mari à Londres et ses relations avec les gouvernements anglais. Les Iraniens sont des maîtres dans l'art de la torture psychologique (celle que nous voyons dans cette série, mais des tortures physiques sont évoquées sur d'autres personnes retenues  à l'insu de leur plein gré).

Les quatre épisodes de soixante-dix minutes couvrent l'ensemble de sa détention, avec un nombre certain d'ellipses. Une autre précision : c'est l'histoire vraie de Nazanin Zaghari-Ratcliffe

Les crédits techniques sont de bon niveau, il n'y a rien à redire. Les acteurs y croient et sont crédibles.  Mais sur l'ensemble, à mi-parcours, cela s'essouffle, mais la fiction est heureusement relancée lorsqu'une hypothèse de la raison du kidnapping non évoquée avant est avancée par un individu anonyme. Cela relance l'intrigue et sort le spectateur de sa routine.

poster de la série Prisonnière 951 

dimanche 20 septembre 2026

Marty Supreme (2h29, 2025) de Josh Safdie

Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Tyler Okun, Fran Drescher, Sandra Bernard, Kevin O’Leary, Abel Ferrara, Penn Jillette, Spenser Granese, Koto Kawaguchi.

Josh Safdie nous raconte l'histoire d'un joueur de ping-pong étatsunien : nous sommes après la Seconde Guerre mondiale, et il essaie de participer aux championnats du monde qui se déroulent au Japon, pays vaincu, heureux d'avoir un champion local. Sachant que les Japonais sont très fiers dans cet après-guerre d'avoir un champion.

Le film est librement inspiré d'une histoire vraie, mais il constitue en fait une vraie comédie dramatique. Le film est très nerveux, va très vite et est très bien écrit. Il contient de multiples séquences où l'acteur principal laisse libre cours à son talent ; tous les autres acteurs sont très bons aussi. 

Donc, ici, il s'agit à la fois d'un film historique, d’une aventure dramatique humaine, car ce pauvre joueur de ping-pong est pauvre. Mais il est doué pour se débrouiller et trouver des solutions au dernier moment. Le film nous permet aussi de revoir Gwyneth Paltrow, que nous n'avions pas vu depuis très longtemps, qui est parfaite dans le rôle de l'épouse d'un homme d'affaires très riche qui veut faire des affaires au Japon.

Nous notons aussi la musique de Daniel Laupatin, pas du tout celle qu'on pourrait imaginer pour ce genre de film "historique", mais une musique rythmée et électronique, comme sait si bien le faire Daniel Laupatin, avec beaucoup de sonorités des années 1990. Et une musique très clignotante, c'est bien vu et cela donne du punch à toutes les images. La musique est par moment, peut être un peu trop lourde et insistante, il faut le reconnaître, mais ce n'est pas grave, elle est de qualité et très peu symphonique.

poster du film Bande-annonce Marty Supreme 

samedi 19 septembre 2026

Taxi Téhéran (1h22, 2015) de Jafar Panahi

Avec Jafar Panahi, Hana Saeidi, Nasrin Sotoudeh.

Jafar Panahi, réalisateur iranien, est interdit de tournage par le gouvernement iranien. Il en profite pour devenir chauffeur de taxi, et il en profite aussi pour se filmer et filmer ses clients. Il y a plusieurs caméras dans sa voiture, de manière à filmer Jafar Panahi, le conducteur, mais aussi ses passagers, ou la personne à ses côtés devant. Le film nous présente donc plusieurs personnes iraniennes de son entourage ou qu'il rencontre dans le cadre de cette activité.  Et se filmait lui-même. Nous ne savons pas si les personnages sont réellement ceux qu'il nous propose d'être, nous ne savons pas s'il s'agit d'un documentaire. Où, bien évidemment, tout documentaire est orienté et donc ici, effectivement.

Panahi a choisi quelques personnages et quelques éléments qui traduisent, de manière directe ou indirecte, les préoccupations des membres de la société en Iran. Il évoque indirectement le cinéma, il invite, il invoque indirectement les droits humains en Iran. Le film dure 01h22, c'est-à-dire qu'il est assez court et c'est tant mieux. Même si le contient un personnage formidable, celui de sa nièce. Petite fille très espiègle et qui pose un certain nombre de questions. De questions qui pourraient être les questions de certaines personnes d'Occident. Donc un film à la fois curieux et intrigant, à fort potentiel sympathique. Qui montre des éléments de la vie en Iran et à Téhéran en particulier.

poster du film Bande-annonce Taxi Téhéran

vendredi 18 septembre 2026

Le Mage Du Kremlin (2h17, 2025) de Olivier Assayas

Avec Paul Dano, Jude Law, Alicia Vikander, Jeffrey Wright, Tom Sturridge, Will Keen, Andrei Zayats, Kaspars Kambala, Andris Keišs, George Sogis, Magne-Håvard Brekke, Alexander Johnson, Dan Cade, Matthew Baunsgard, Andreas Pumilia, Emilia Melodia.

Le mage du Kremlin raconte l'histoire d'un marketeur et influenceur, en Russie, en particulier, un influenceur de médias, puis de Vladimir Poutine.

Olivier Assayas adapte un roman. Mais nous l'oublions vite. Le film possède plusieurs éléments de curiosité qui font qu'il a un intérêt certain. Il parle, par exemple, de la mécanique qui a mis au pouvoir Vladimir Poutine en Russie. Il parle de ce qui s'y passait après la chute de l'URSS? Il parle de Vladimir Poutine lui-même et il parle aussi de la manière dont certains penseurs en marketing et communication ont pensé la nouvelle Russie à l'issue de la chute de l'Union Soviétique et du mur de Berlin. Au niveau des idées, mais surtout en utilisant les nouvelles technologies et les réseaux sociaux.

Le film se laisse suivre avec grand plaisir. Il est fait de telle manière que ce qui se passe sous nos yeux n'est pas immédiatement compréhensible, notamment à travers le personnage principal. Et c'est ce qui fait que le spectateur est toujours en attente de la suite pour comprendre ce qui vient d'être énoncé. Il s'agit donc d'un bel exercice d'écriture qui capte l'attention du spectateur. Et sur l'ensemble de la durée du film. Le film contient deux grosses parties, la première avant que Poutine n'arrive. Et puis la partie où Poutine est mis à la tête du pouvoir et devient le président et le maître du Kremlin Et donc le maître du Kremlin avait son âge et le film compte son histoire.

La performance de Jude Law est à noter : nous l'oublions complètement et pensons bien avoir Vladimir Poutine devant nos yeux. 

poster du film Bande-annonce Le Mage du Kremlin