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mardi 27 mai 2025

Mad Max 2 Le Défi (The Road Warrior, 1h36, 1981) de George Miller

Avec Mel Gibson, Bruce Spence, Michael Preston, Max Phipps, Vernon Wells, Kjell Nilsson, Emil Minty, Virginia Hey, William Zappa, Arkie Whiteley.

Ce deuxième Mad Max questionne lorsqu'on le revoit en 2025. Le redémarrage avec Mad Max Fury Road (2015, George Miller), puis Furiosa (2024, George Miller) arrivé ensuite ont donné une nouvelle dimension à cette franchise. Et avant il y avait le film séminal, Mad Max (1979, George Miller) qui lui montrait un univers de fin de monde, à la jointure, avec la déliquescence de l'état et sa police, dans un univers de violence ou il est très difficile de maintenir des lois qui font que les gens puissent vivre ensemble. 

Ce deuxième de franchise montre l'hystérie des personnages dans cet univers ou les groupes sont en cours de création, en cours d'identification de moyens de subsistance, et se créent autour de desseins communs. Par contre, tous les groupes ont des problématiques de carburant pour pouvoir se déplacer avec des moteurs thermiques (les moteurs électriques n'avaient pas encore le vent en poupe). Georges Miller introduit des éléments d'humour qu'il n'y avait pas dans le premier de franchise. Qui d'ailleurs il développera dans le troisième qui est une comédie avec des éléments d'action. 
Il est aussi intéressant de voir les séquences d'action tournée en réel avec un ensemble de cascadeurs et de véhicule tous plus graphique et spectaculaire. Nous savons que les éléments spectaculaires seront démultipliés dans Fury Road. Une constante de la franchise ; le personnage de Max est toujours antipathique.
poster du film Bande-annonce Mad Max 2 

samedi 23 septembre 2023

Le Prince de New York (Prince Of The City, 2h47, 1981) de Sidney Lumet

Avec Treat Williams, Jerry Orbach, Richard Foronjy, Don Billett, Kenny Marino, Carmine Caridi, Tony Page, Norman Parker, Paul Roebling, Bob Balaban, James Tolkan, Steve Inwoo, Lindsay Crouse.

Sidney Lumet compose un film puissant sur la corruption de la police New-Yorkaise. Treat Williams, personnage principal, est un des princes de la ville, avec son équipe de policiers dédiées au narcotiques. Il est au cœur des pratiques, légales ou illégales, mises en oeuvre par lui même ou ses collègues policier. Mais il y a une commission qui enquête sur la corruption de la police et le sollicite. C'est le point de départ. Le reste du film consiste à suivre Treat Williams lors de ses échanges avec les enquêteurs, ses collègues, sa posture par rapport à cette démarche anti-corruption, et toutes les conséquences qu'il y aura.

La grande force du film est dans son scénario. Une multitude de personnages gravitent autour de Treat Williams. Le film maintien une clarté et une lisibilité de ces différents personnages : les collègues policiers de Treat Williams, les différents procureurs qui le suivent au cours des différentes années, sa famille, les malfrats. Le film est impressionnant. Et le personnage de Treat Williams garde un certains mystère ou hermétisme, ce qui fait que nous ne pouvons pas facilement anticiper ses comportements. Ce qui est plutôt bien car cela oblitère toute possibilité de savoir dans quel sens va évoluer l'histoire.

Une des qualités du film sont ses décors naturels de la ville de New-York de la fin des années 70, ainsi que le style vestimentaire des personnages.

Bande-annonce Le Prince de New York


mardi 11 mai 2021

New-York 1997 (Escape from New York, 1981, 1h39) de John Carpenter

Avec  Kurt Russell, Lee Van Cleef,  Ernest Borgnine,Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins.

Le film matrice de John Carpenter où son sens de la série B est au summum. La promiscuité du budget fournit une patine riche avec des décors souvent dans l'ombre. La décoration est justement inventive, très accessoirisée, avec un superbe travail de Joe Alves. Ajoutons le travail photographique de Dean Cundey: beaucoup de noirs, de plans dans la pénombre, le film se déroulant lors d'une nuit. Que la dystopie est belle...

Avec une musique au diapason de la narration par John Carpenter et Alan  Howarth. La musique est à la  fois simple et simpliste, du plus bel effet et colore instantanément chaque plan: en la rythmant, en faisant montée la tension ou en jouant la surprise lorsqu'il le faut.

Du côté des effets visuels et effets spéciaux, le film garde son charme et tient toujours la route du spectaculaire (comme déjà évoqué, gros travail du département décoration).

Le film garde un ton sec et contient de belles bascules nerveuses dans le drame: les choses sont calmes, un détail annonciateur, et subitement tout bascule. Le film est une montagne russe. Le film contient de belles scènes-chocs. Une superbe en exemple: l'aspiration de Season Hubley par le sol avec avant quelques dialogues d'apaisement après une tension progressive qui monte (les habitants des égouts qui sortent en surface).

New York 1997

dimanche 13 septembre 2020

Knightriders (1981) de George A. Romero

Avec Ed Harris, Gary Lahti, Tom Savini,  Amy Ingersoll, Patricia Tallman, Christine Forrest, Warner Shook, Ken Foree, Martin Ferrero, John Amplas, Cynthia Adler.
 
Knightriders est une escapade filmique en dehors du territoire du film de morts-vivants et plus généralement du film d'horreur dont George A. Romero est un maître.
Il est question ici d'une bande de motards et motardes qui vivent selon les règles de la chevalerie et du roi Arthur. Tout en gagnant leur vie en réalisant des joutes de chevalerie en moto (à la place des chevaux donc) se déplaçant de petites villes en petites villes de l'Amérique profonde.
Knightriders PosterCe qui permet à George A. Romero d'aborder beaucoup de thématiques, de manière frontale et subtile (c'est toujours au détour d'une scène) à la foi: le racisme, l'homosexualité, la démocratie, l'autosuffisance, le mercantilisme, entre autres.
Le film est d'une durée importante, 2h26, pour un film en 1981 c'est énorme (et qui est devenue une durée de film court dans les années 2000), mais l'histoire, le scénario et la narration permettent de garder le spectateur jusqu'au bout, sans une longueur. 1981 est l'année des Aventuriers de L'Arche Perdue (Steven Spielberg), de Mad Max 2 (George Miller), New-York 1997 (John Carpenter), La Guerre Du Feu (Jean-Jacques Annaud), Evil Dead (Sam Raimi), Scanners (David Cronenberg), Le Loup Garou De Londres (John Landis), Hurlements (Joe Dante). Les films de plus deux heures cette année là étaient des films à prétention ou prétentieux (voire les deux): Ragtime (Milos Forman), Le Bateau (Wolfgang Petersen), Le Prince De New-York (Sidney Lumet), Les Uns Et Les Autres (Claude Lelouch), Excalibur (John Boorman), Reds (Warren Beatty), Les Misérables (Robert Hossein).
Ici George A. Romero réalisait un film à prétention.  Raconter cette histoire de ce groupe de motard qui essaie de vivre en marge de la société, avec ses règles, mais qui est en permanence ramené à la réalité: comment se nourrir, comment se faire suffisamment d'argent pour payer l'essence des camions et des motos, qui est le chef, comment vivre avec les préjugés de la sociétés - l'homosexuel, le noir, l'adultère, le genre (la femme mécanicienne, la motarde jouteuse), le sexe libre (la photographe et la pizza) -? Il est amusant de noter que le groupe possède sont avocat juriste qui est aussi l’imprésario: il les sort de prison quand il le faut; il planifie les spectacles avec les municipalités et Shériffs locaux; ce qui est aussi une acceptation d'un fonctionnement de la société américaine.
Ce canevas pourrait être une métaphore de la carrière de George A. Romero lui même, qui a toujours essayé de faire des films personnels, en indépendant ou avec des studios. Mais il n'y est pas arrivé souvent et a dû se cantonner dans le sous-genre du film de morts-vivants (qu'il a créé il est vrai) pour s'exprimer.
Du côté de la distribution, Ed Harris, dans son premier rôle, est habité, du début à la fin. Habité au point de donner sa vie à son idéal. Dans une fin que nous pouvons interpréter comme impossibilité du groupe de vivre selon leurs critères.
Le film (le scénario et la narration) joue habilement des joutes entre motards: chacune d'elle sous-tend un élément dramatique entre les personnages concernés, au-delà de leur dimension spectaculaire (ce sont de réelles cascadent; nous sommes ici avant le CGI porn).
Nous avons au total une belle histoire, qui si de prime abord ne suscite pas un intérêt (nous ne nous intéressons pas particulièrement aux motos ni à la chevalerie) mais produit un film passionnant et dense. Dont le final, s'il peut paraître dramatique, ne nous rend pas tristes et correspond pleinement à la perception que peut avoir le spectateur du personnage de Ed Harris. Il est heureux, nous sommes heureux avec lui. Ce qui est assez fort sur le plan dramatique, il faut reconnaitre.

dimanche 17 février 2019

Le Loup Garou de Londres ( An American Werewolf in London, 1981) de John Landis

Le loup garou de LondresAvec David Naughton, Griffin Dunne, Jenny Agutter, John Woodvine, Lila  Kaye, Paddy Ryan, Don Killiop, Paul Kember, Frank Oz, Joe Belcher, Colin Fernandes.

Ce loup-garou de Londres est un peu un mystère. Il s'agit d'un dosage et d'une recette comme sait si bien le faire John Landis (à la mise en scène et au scénario): mélanger horreur et humour. Horreur, la vrai, avec ici des effets spéciaux époustouflants de Rick Baker pour la transformation devant caméra en loup-garou, et bien horribles pour le gore, le sang, les chairs en décomposition. Et l'humour est à travers les situations et les personnages, d'un américain au Royaume-Uni, d'un médecin enquêteur, d'anglais de la campagne et surtout de l'incongruité des situations. Mais aussi avec des scènes "romantiques" entre David Naughton et Jenny Agutter, parfaitement écrites dans ce contexte.
Le tout dans une espèce de non-style, très caractéristique de la manière de John Landis. Le metteur en scène s'efface devant son sujet: l'histoire, les acteurs, les maquillages et effets spéciaux, les touches d'humour. Et avec comme souvent chez John Landis, un personnage qui enquête (ici le médecin).
Au total, il se laisse voir, pour son rythme, et surtout parceque nous nous demandons comment cette histoire va se terminer; c'est une qualité du scénario de maintenir l'intérêt du spectateur.

dimanche 7 septembre 2014

Blow Out (1h48, 1981) de Brian De Palma

Avec John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow, Dennis Franz.

Bonne surprise que ce thriller qui travaille sur le son. Même si la technologie intra diégétique date le film, il tient la route et le temps. L'utilisation du split screen est fluide. Comme souvent dans ce genre de film, la première moitié est passionnante, tant que nous ne comprenons pas les tenants et aboutissants de chaque personnage et que les choses se mettent en place. Ensuite le film passe dans un mécanisme de poursuite et devient moins passionnant. Même si le fait que le personnage de John Travolta et Nancy Allen ne soient pas très intelligents et sont plutôt naïfs et ne devinent pas ce qui se trame : cela donne du suspense à l'histoire. De même, le personnage de John Lithgow, qui dérape et ne répond plus à son donneur d'ordre amène du suspense supplémentaire ou réduit la crédibilité de l'histoire, c'est selon. Le complot, devenu tellement commun, ne sautent pas aux yeux des personnages, policiers et John Travolta.
Bande-annonce Blow Out