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dimanche 25 décembre 2022

Uranus (1h40, 1990) de Claude Berri

Avec Michel Blanc, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Philippe Noiret, Gérard Desarthe, Michel Galabru, Danièle Lebrun, Fabrice Luchini, Daniel Prévost, Yves Afonso, Myriam Boyer, Florence Darel, Ticky Holgado.

Claure Berri confirme qu'il n'a aucun talent de metteur en scène. Il se contente d'illustrer son scénario. Dont les dialogues sont magnifiques et très bien énoncés par des acteurs solides dont le professionnalisme pallie à l'absence de direction d'acteur.

Le film est riche de la description de cet immédiat après guerre où collaborateurs avec l'occupant nazi, communistes, gaullistes, profiteurs, indécis, pleutres doivent cohabiter, pour reconstruire la France. Une des grandes qualités du film est son décor, ses décors plutôt, entre les ruines dans les rues et l'appartement des cohabitants.

Le truc du film est de faire cohabiter, comme pendant la guerre, mais dans un même appartement, un communiste, un pétainiste et un sans étiquette (dont nous comprenons qu'il sait s'adapter et va dans le sens du vent, c'est-à-dire qu'il n'a pas de point de vue, mais l'ironie veut que les autres lui demandent son avis). La cohabitation est recréée dans un appartement. S'ajoute à cela Gérard Depardieu, impressionnant dans sa révélation et son adoration de la poésie.

Le film est sauvé par ses acteurs qui déclament avec conviction leur texte: nous avons trop l'impression que chaque acteur prend la pause pour déclamer son texte. Nous voyons toujours l'acteur avant le personnage. Peut être que le film aurait du miser sur une distribution d'acteurs inconnus: il aurait gagné en puissance. Mais le film reste intéressant grâce aux dialogues et à ces acteurs, justement.

Bande-annonce Uranus

samedi 4 décembre 2021

Sailor et Lula (Wild At Heart, 1990, 2h05) de David Lynch

Avec Nicolas Cage, Laura Dern, Willem Dafoe, J.E. Freeman, Crispin Glover, Diane Ladd, Calvin Lockhart, Isabella Rossellini, Harry Dean Stanton, Grace Zabriskie, Sherilyn Fenn.

David Lynch continue l'exploration de l'âme états-unienne, après Blue Velvet. Ici c'est Lula et Sailor, deux amoureux qui foncent, qui fuient en permanence. Personnages a priori hors la loi, mais qui sont poursuivis par en ensemble de monstres qui nous les rendent presque sympathiques: Diane Ladd dans le personnage de psychopathe; Willem Dafoe monstrueux physiquement et mentalement.

Le film est aussi brillant pour l'histoire d'amour entre Sailor et Lula qui est incarnée par leurs multiples relations sexuelles tout au long du film. Et d'ailleurs lorsqu’ils n'ont de relations sexuelles, c'est le début de la fin avec l'arrivée de Willem Dafoe: il et elle ne maitrisent plus leurs futurs.

Le film n'est pas sans évoquer Tueurs Nés de Oliver Stone qui sera réalisé quatre ans plus tard. C'est aussi une grande histoire d'amour avec des monstres qui tournent autour du couple principal et avec un message contre les médias pour Oliver Stone.

Quel est le message de David Lynch ? Peut-être est-il qu'il n'y a pas de place pour ceux qui ont un cœur sauvage dans l'Amérique ? Le personnage de Sailor et à la fois comique, ridicule et pathétique, mais attachant. Et parfaitement interprété par Nicolas Cage. D'ailleurs la bascule du personnage de Sailor est lorsqu'il commence à abandonner Lula, c'est-à-dire lorsqu'il commence à fréquenter Willem Dafoe, moment d'ailleurs qui n'est pas forcément réussi et semble un peu forcé ou plaqué par rapport à ce qu'on a vu avant du personnage de Sailor ; il se détourne subitement de Luna alors que pendant toute la durée précédente du film ce n'était jamais le cas. Cette bascule est le seul élément un peu raté du film, qui évidemment participe de l'arc dramatique, mais parait forcée.

Un des grands talents de David Lynch est bien évidemment sa direction d'acteur extrêmement subtile et notamment efficace avec cette distribution de haut vol avec Diane Ladd, Harry Dean Stanton ou J.E. Freeman.

  SAILOR ET LULA

dimanche 11 octobre 2020

Jugatsu (Boiling Point, 1990, 1h36) de Takeshi Kitano

Avec Takeshi Kitano, Yûrei Yanagi, Yuriko Ishida, Taka Guadalcanal, Duncan, Eri Fuse, Makoto Ashikawa, Rasshâ Itamae, Tsumami Edamame, Bannai Matsuo, Rakkyo Ide, Meijin Serizawa.

Takeshi Kitano, réalise ici son deuxième film, mais il est en quelque sorte son premier film, car Violent Cop (1989) a été repris à son réalisateur qui n'a pas pu le mettre en scène.

Les Yakuzas sont présents bien sûr, avec leurs protocoles. Ainsi qu'un jeune pompiste, le protagoniste principal, joueur de baseball médiocre, qui se retrouve à frapper un Yakuza, ce qui va déclencher une vengeance du Yakuza ainsi qu'une vengeance du pompiste. Ce pauvre pompiste est un inadapté. Et du côté Yakuza cela va être mêlé à une histoire de guerre de clans. Bien sûr tout ceci est un prétexte pour peindre des personnages inadaptés à leur environnement, qui marchent beaucoup comme toujours chez Takeshi Kitano, environnement où les femmes sont des personnages secondaires (à l'image de la société japonaise, nous imaginons). Que ce soit du côté des Yakuzas d'ailleurs ou pas: le personnage interprété par Takeshi Kitano lui-même ne semble plus adapté à son monde de Yakuza et semble prêt à le détruire.

Nous retrouvons dans la distribution ses acteurs fétiches que nous retrouverons dans ses films suivants. Ce qui donne une impression positive, d'être dans la famille.

Ceci est rythmé par des moments de violences fulgurantes, des moments de comédie, des moments poétiques. Bref, ce deuxième film est en quelque sorte un florilège des thèmes et figures de style de Takeshi Kitano où toutes ses obsessions apparaissent et qu'il développera dans ses films suivants. Il avait en quelque sorte déjà tout dit dans ce film.

Jugatsu Exclusivité Fnac DVDJugatsu Poster

jeudi 26 mars 2020

Total Recall (1990) de Paul Verhoeven

Avec Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone, Michael Ironside, Ronny cox.

Total Recall - Die totale Erinnerung PosterTotal Recall n'a jamais été un grand film ni le chef-d'œuvre de Paul Verhoeven, et cela est toujours le cas. Suite à un nouveau visionnage, le film reste lourd et poussif avec des séquences d'actions mal faites qui pénalisent le film. Mais le plus gros problème vient de la star Arnold Schwarzenegger, qui amène une lourdeur au film, un côté pataud, bien qu'ayant certaines expressions faciales différentes de celles auxquelles il est habitué dans son interprétation : il est pachydermique. Le film est dénué de légèreté, ce qui est une constante chez Paul Verhoeven, mais ici cette lourdeur n'est pas contrebalancée par un sujet fort, par une ironie féroce, ou par exemple par des éléments subversifs.
De même, les effets de maquillage et de prothèse de Rob Bottin ont du mal à passer avec le temps, même si leur côté charnu et grossier est aligné avec l'esthétique du film.
Les seules choses peut-être à sauver sont la musique de Jerry Goldsmith, et le sujet ou l'idée du scénario, provenant de Philip K. Dick. À noter que cette version du roman de Philip K. Dick possède plus d'hystérésis que la version de Len Wiseman (Total Recall, 2012), plus dystopique et aux standards du CGI porn, mais dénuée de toute empreinte mémorielle (no recall).

samedi 3 février 2018

Predator 2 (1990) de Stephen Hopkins

Predator 2 - Combo Blu-ray + DVDAvec Danny Glover, Kevin Peter Hall, c,  Ruben Blades, Maria Conchita Alonso, Adam Baldwin, Bill Paxton, Kent McCord, Morton Downey Jr., Steve Kahan, Robert Davi, Vonte Sweet, Calvin Lockhart, Jsu Garcia, Abraham Alvarez, Lilyan Chauvin.

Predator 2 est la quintessence du film d'action des années 80: cosmopolitisme, film de "potes" forcés, violences urbaines, science-fiction, effusions de testostérone, sens de la distribution, festival de fusillades, manipulation des clichés.  Parfaitement mené par un bon technicien sur un scénario qui joue sur les codes du premier de franchise, mais trouve sa propre originalité (grâce au changement d'environnement: de la jungle à une grande ville futuriste).
Sans égaler le brio de la mise en scène de John McTiernan, Stephen Hopkins signe un deuxième de franchise très réussit, avec un scénario aux circonvolutions bien trouvées qui maintiennent l'intérêt.

jeudi 25 janvier 2018

A La Poursuite D'Octobre Rouge (1990) de John McTiernan

Avec Alec Baldwin, Sean Connery, Scott Glenn, Sam Neill, James Earl Jones, Joss Ackland, Richard Jordan, Peter Firth, Tim Curry, Courtney B. Vance, Jeffrey Jones, Stellan Skarsgård, Rick Ducommun, Peter Zinner, Gates McFadden.
La quintessence du film d’espionnage et de guerre. Avec une distribution extrêmement solide et de premiers niveaux (Sean Connery, Sam Neill, Scott Glenn, Stellan Skargard) qui assument le job brillamment. Ce film donnait un coup de vieux aux films d'espionnage (à l'époque principalement la franchise James Bond était sur ce créneau). Avec un mélange de technologie, de séquence d'actions, ancré dans un univers qui se veut réaliste et plausible.
Et de l'humour grâce au personnage d'antihéros que ce Jack Ryan version Alec Balwin. Beaux matériaux au service de ce film d'hommes (le seul personnage féminin est la fille de Jack Ryan au début, qui joue mal d'ailleurs). Le film est par ailleurs bien documenté, sans se demander si tout cela est réaliste, et en tout cas très précis, très clinique, quasi documentaire.
Le scénario de Larry Ferguson et Donald Stewart est un modèle du genre. La direction d'acteur est subtile, ce qui peut paraître étrange dans un film de technologie, de suspense et d'actions. C'est à dire dans un film de brutes comme celui-ci.
Et contrairement aux films actuels, celui ci ne ressemble pas à un dessin animé.
Un film à voir, et à revoir.