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vendredi 17 mai 2024

Le Procés Goldman (1h55, 2023) de Cédric Kahn

Avec Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphan Guérin-Tillié, Nicolas Briançon, Aurélien Chaussade, Christian Mazzuchini, Jeremy Lewin, Jerzy Radziwilowicz, Chloé Lecerf, Laetitia Masson.

Nous avons apprécié ce film de procès. Procès de ce monsieur Goldman, révolutionnaire de gauche, qui se trouve accusé de meurtre, ce qu'il réfute. L'intérêt du film est dans ce personnage, qui ne nie pas certains de ses méfaits, qui refuse d'être défendu car il est innocent (selon lui) du meurtre dont on l'accuse. Le film est dans le travail de Arieh Worthalter, formidable, dans ce personnage qui possède certaines caractéristiques attachantes. Le film est aussi dans ses réponses aux attaques du procureur, mais aussi dans sa relation avec son avocat et les plaidoiries de son avocat. Ce qui fait que nous suivons ce film de bout en bout grâce à ces formidables acteurs, ainsi qu' au scénario, assez subtil, qui arrive à créer une histoire en enchainant les scènes de plaidoirie du tribunal qui de prime abord peuvent se ressembler, mais à chaque fois les informations permettent de préciser le personnage. Cédric Kahn d'ailleurs évite en permanence le point de vue des jurés, y compris pendant leur délibération.

Le choix de ne pas utiliser de musique rend encore plus puissantes les interprétations des acteurs et oblige les spectateurs à se concentrer en permanence sur les personnages. Ce monsieur Goldman est un personnage étonnant, antipathique selon la pensée dominante de l'époque (les années 70 en France), mais qui contient suffisamment d'éléments pour le rendre intéressant de nos jours.

Bande-annonce Le Procès Goldman

jeudi 25 janvier 2024

Anatomie D'Une Chute (2h31, 2023) de Justine Triet

Avec Sandra Hüller, Swann Arlaud, Milo Machado Graner, Antoine Reinartz, Samuel Theis, Jehnny Beth, Saadia Bentaïeb, Camille Rutherford, Anne Rotger,

Nous sommes ici dans quelque chose de sérieux. Histoire et scénario très travaillés, écrits, pour un ensemble qui s'écoule fluidement entre l'histoire de Sandra Hüller et son mari, égrenée en flashbacks, sa relation avec son avocat, sa relation avec son fils, et ceci malgré la durée de 2h30. C'est le signe d'un film dense dans ses thématiques, dans sa forme dramatique, qui emporte l'adhésion du spectateur. Le film aborde la vie de couple, la bisexualité, le rôle de la femme dans un couple, ou par exemple le fait que ce n'est pas la vérité qui est analysée dans un procès. Car à partir du point de départ, le décès du père, s'en suit une enquête réalisée depuis le point de vue de la mère ou d'autres personnages, pour supporter l'argumentaire de l'avocat, et ensuite suivre le procès. C'est là où le film est intéressant : nous ne sommes pas du point de vue de la police ou d'enquêteur, mais nous sommes du point de vue de l'avocat qui prépare le procès.

Le fait que l'enfant soit aveugle fait le sel du scénario et permet certains de ses rebondissements. Ce truc de scénariste, ou pas, est parfait pour gérer les rebondissements de la progression dramatique.  C'est vraiment très écrit et pensé.

Sur la forme, la diégèse est tellement dense, que le travail de la photo est plat, un peu fade, transparent, voire télévisuel. Mais le film n'est pas sur sa forme. Le film contient par ailleurs peu de musique, et cela fonctionne très bien.

Le film se permet aussi de maintenir un certain mystère concernant le personnage de Sandra Hüller, y compris à la fin du film.

Bande-annonce Anatomie d’une chute


jeudi 21 mai 2020

Sybil (2019) de Justine Tiret

Avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, Sandra Hüller, Laure Calamy, Niels Schneider, Paul Hamy, Arthur Harari, Adrien Bellemare, Lorenzo Lefèbvre, Aurélien Bellanger, Philip Vormwald.

Bande-annonce SibylCurieux film, très écrit, très dense. Reposant sur deux personnages: un des plus inintéressants, celui d'Adèle Exarchopoulos, actrice, égoïste, perdue (peines sentimentales) qui va chercher de l'aide auprès d'une psychothérapeute (Virginie Efira, impressionnante comme à chaque fois) qui est en train d'arrêter son métier pour devenir écrivaine.
Le personnage de l'actrice n'est qu'un prétexte pour faire bouger le personnage de Sybil (Virigine Efira). La psy va suivre l'actrice sur son tournage et va s'immiscer dans la vie sentimale de sa cliente, de l'acteur principal du film, et de la réalisatrice, et ceci à l'insu de son plein gré. Lorsque nous voyons  comment Virigine Efira donne de sa personne, nous comprenons pourquoi elle a été choisie par Paul Verhoeven pour son Benedetta (2021). Elle est impressionnante avec une palette très riche, variée, avec diverses variations sur son physique. Son personnage reste néanmoins mystérieux; nous ne comprenons pas toujours ses motivations.
Au total, cette histoire complexe composée de multiples lignes dramatiques emmène le spectateur vers un résultat qui n'a que peu d'hystérésis, hormis Virginie Efira.