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dimanche 10 avril 2022

Le Malin (Wise Blood, 1h46, 1979) de John Huston

Avec Brad Dourif, John Huston, Dan Shor, Harry Dean Stanton, Amy Wright, Mary Nell Santacroce, Ned Beatty, William Hickey.

Dans un état des USA profonds, Brad Dourif qui revient de l'armée, se prend de passion pour la prédication, sur une église et une croyance qu'il crée lui même. Il est passionné. Il y croit (il va jusqu'à se mutiler). Il va croiser un prédicateur  (Harry Dean Stanton) dont il s'inspirera, mais celui-ci s'avèrera plus profiteur que croyant.

Le film interroge à sa manière le rôle des prédicteurs, leur capacité à captiver une foule. Et aussi ceux qui y croient. Mais si l'on est mal intentionné, le film montre aussi l'exploitation à des buts pécuniaires de la chose, avec le faux aveugle (Harry Dean Stanton), ou alors avec l'homme de média qui trouve un filon (Ned Beatty). Seuls les flashbacks paraissent inutiles et n'apportent rien.

À cet arc dramatique, John Huston, Benedict et Michael Fitzgerald, mais aussi Flannery O'Connor, greffent une histoire d'amour, qui si elle semble réelle, ne détournera pas Brad Dourif de son obsession, et au final ne servira pas à grand-chose à la progression dramatique.

Le film a des vertus documentaires grâce à ces arrière-plans où le film a été tourné, en décors réels. Et finalement le film est tellement simple, tellement fluide, pour dérouler son histoire et la passion de Brad Dourif, qu'il l'emporte et rend l'ensemble de ce drame crédible.

Le Malin [Blu-Ray]

vendredi 16 août 2019

La Chevauchée Sauvage (Bite The Bullet, 1975) de Richard Brooks

Avec Gene Hackman, James Coburn, Candice Bergen, Ben Johnson, Ian Bannen, Jan-Michael Vincent, Dabney Coleman, Sally Kirkland, Jean Willes, Walter Scott, Jerry Gatlin, John McLiam.

Bande-annonce La Chevauchée sauvage - Édition SpécialeCurieux film dans son ensemble.  Curieux, car il s'agit d'une course extrême de chevaux dans l'ouest finissant. Avec comme enjeu dramatique le questionnement de qui va gagner la course. Avec un lot de protagonistes au début et puis leur nombre se réduisant petit à petit, se concentrant sur trois candidats sérieux, dont le cheval des riches (qui n'intéressent pas Richard Brooks ou alors pour montrer la veulerie des capitalistes) et surtout James Coburn et Gene  Hackman. Avec pendant un certain temps des focus sur les autres participants de la course: Jan-Michael Vincent (qui incarne le jeune sans cervelle), le mexicain (Mario Arteaga), le Lord anglais, Ben Johnson (qui représente le vieil Ouest mourant), ou Candice Bergen, suivie plus longtemps par le scénario. Nous pouvons questionner la raison de la présence du mexicain, qui n'est là que pour aider à caractériser le personnage de Candice Bergen. Et en conséquence nous pouvons nous demander pourquoi dans les concurrents ne figurent pas un Afro-Américain ni un Indien, par exemple. Il est probable que cela aurait modifié le scénario de sa linéarité sur la course de chevaux et aurait fait diverger la trame dramatique (traitement des Indiens et des Afro-Américains, racisme). Nous pouvons donc regretter un manque d'ambition de ce scénario, même si le film tel quel reste passionnant.
https://sidoniscalysta.com/home/457-la-chevauchee-sauvage.html?search_query=la+chevauchee+sauvage&results=77Pour revenir aux chevaux, le film d’ailleurs nous présente des ralentis sur les cavalcades, dont celle de l'arrivée de la course, qui fonctionnent bien grâce à ces ralentis. Le ralenti est rarement une figure de mise en scène. Mais ce n'est pas le cas ici. Il y a même deux plans où dans le même plan un cheval est au ralenti et l'autre pas; très bonne idée.
Même si nous n'avons pas d'intérêt particulier pour les chevaux, le film est passionnant. Les décors sauvages jouent un rôle important. L'arrivée de la technologie et du monde moderne: le train, une moto side-car, le télégraphe, donnent une richesse visuelle au film.
Gene Hackman est le personnage du film. Il est de toutes les interactions avec les autres personnages. Il représente le personnage qu'a choisi le scénariste, qui est le plus riche (formidable interprétation de Gene Hackman): il est généreux, il aide les autres concurrents, il défend et aide les animaux; son défaut est peut-être d'être misogyne (voir les séquences au bordel, tout comme les autres personnages le sont surement). C'est aussi le seul personnage qui reste un peu mystérieux: nous ne comprenons.pas ses motivations; ce qui n'est pas le cas des autres: argent, gloire, prétexte à libérer un prisonnier





samedi 27 juillet 2019

L'Aventurier du Rio Grande (The Wonderful Country, 1959) de Robert Parrish

Avec Robert Michum, Julie London, Gary Merrill, Albert Dekker, Jack Oakie, Charles McGraw, Anthony Caruso, Mike Kellin, Victor Manuel Mendoza, Jay Novello, John Banner.

Bande-annonce L'Aventurier du Rio Grande - Édition SpécialeRobert Mitchum interprète un gringo au Mexique, travaillant pour les Mexicains, mais recherché coté américain, et qui passe son temps entre les deux. C'est un peu cela le sujet du film: Martin Brady, alias Robert Mitchum, parfait dans le rôle d'un paumé qui ne sait pas où se poser: coté américain ou coté mexicain, ayant des attirances et des rejets de chaque côté, attirances ou rejets professionnels ou sentimentaux. Martin Brady n'est pas un héros (dès la deuxième séquence, il  tombe de son cheval et se retrouve avec une jambe dans le plâtre). Il essaie de survivre dans un monde de frontière entre le Texas et le Mexique. Il subit les évènements et ne maîtrise rien. C'est un antihéros.
Le Mexique est présenté sous une forme beaucoup plus riche que d'habitude: des gens riches bienveillants ou qui complotent, des gens pauvres accueillants, de multiples décors. Toutes les scènes au Mexique sont des réussites. Souvent le mexicain à Hollywood est soit un méchant, soit un voleur, soit le comique de service. Ici à travers les différentes séquences et les belles images nous découvrons ce "wonderful country" du titre original.
Ajoutons les personnages cotés américain du Rio Grande avec Gary Merrill en officier neurasthénique qui combat les Commanches, avec Julie London (hypnotique: elle avale le spectateur dans chacun de ses plans, y compris ce pauvre Martin Brady) la femme de l'officier ou Albert Dekker en capitaine des rangers. Qui tous incarnent des seconds rôles très vites caractérisés et reconnaissables. Avec de belles lignes de dialogues, en particulier dans la bouche de Julie London, quand elle dit à Martin Brady/Mitchum: "vous n'êtes pas un homme" ou "nous sommes ce que nous faisons".
Un western classique et atypique à la fois donc. Où  Robert Mitchum est parfaitement à l'aise en tant que cabossé dans ces entre-deux (états, femmes, employeurs, styles de vie).