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samedi 26 octobre 2024

La Crise (1h35, 1992) de Coline Serreau

Avec Vincent Lindon, Patrick Timsit, Zabou Breitman, Maria Pacôme, Michèle Laroque, Yves Robert, Annick Alane, Christian Benedetti, Nanou Garcia, Clotilde Mollet, Isabelle Petit-Jacques.

Très beau travail de scénario que cet enchaînement de crises qui n'arrêtent pas. Crises mises en scène autour de diverses thématiques : couples qui se séparent, licenciement, médecine, politique, immigration entre autres. Crises enchaînées qui confinent à l'hystérie. Coline Serreau signe aussi un ensemble de dialogues mémorables. Nous ne sommes pas forcément dans des choses très subtiles, avec des scènes très appuyées, mais l'enchaînement permanent ne laisse pas le temps au spectateur de se poser ce genre de question. Le film conducteur principal est Vincent Lindon qui est accointé à la majorité des crises. Et qui se retrouve accompagné par Patrick Timsit, un sans domicile fixe qui finit par le suivre de partout. Évidemment le personnage de Vincent Lindon va évoluer et prendre conscience de sa relation aux autres, femme, ami, collègue de travail. Le film s’apaise dans sa dernière partie, tout en restant virulent, notamment avec la rencontre du politique.

Sur la forme, peu de musique, si ce n'est une utilisation de la musique de chambre. Il faut dire que le brio des dialogues laisse peu de place à de la musique.

Bande-annonce La Crise

mercredi 12 mai 2021

L.627 (2h25, 1992) de Bertrand Tavernier

Avec Didier Bezace, Jean-Paul Comart, Charlotte Kady, Jean-Roger Milo, Nils Tavernier, Philippe Torreton, Lara Guirao, Cécile Garcia-Fogel, Claude Brosset, Fabrice Roux, Jean-Luc Abel.

Superbes brochettes de personnages qui évoluent dans la police française (brigade des stupéfiants, puis vie dans un commissariat, puis retour à la brigade des stupéfiants) des années quatre-vingt-dix où les manques de moyens sont patents, où faire son travail parait ubuesque.

Une histoire pleine de vies, de drames, de duretés, conduites par Didier Bezace, policier au réseau d'indicateurs très développé qui ne peut pas faire son job sans ses informateurs. La frontière entre les policiers et ce qui est hors la loi est parfois très mince. Bertrand Tavernier montre tout à la fois l'humanité des policiers, l'humanité de leurs clients, et de leurs indicateurs. Il pointe l'absurdité d'un système qui manque de moyens et l'absence d'objectifs des équipes (ou alors des objectifs ridicules).

La distribution est formidable. Les personnages sont bien écrits: le scénario arrive à leur donner de la substance et à les caractériser très vite. Le film est passionnant par son équilibre permanent entre réalisme, drame et humour. Un chef d'oeuvre.

 L.627 Poster

dimanche 14 mars 2021

Le Bal Des Casse-Pieds (1992, 1h39) de Yves Robert

Avec Jean Rochefort, Miou-Miou, Jean Carmet, Odette Laure, Hélène Vincent, Jacques Villeret, Victor Lanoux, Wojciech Pszoniak, Guy Bedos, Michel Piccoli, Jean-Pierre Bacri, Valérie Lemercier, Véronique Sanson, Claude Brasseur, Patrick Timsit, Jean Yanne, Didier Pain.

Jean Rochefort est un vétérinaire entouré de casse-pieds. Ses clients, les amis (dont Jacques Villeret au top de son type casting), sa soeur (Hélène Vincent, parfaite). Mais il croisera Miou-Miou, qui va l'aider à trouver un sens à sa vie. Le film est une succession de scènes, voire de sketches, tous jubilatoires. Où chacun des acteurs se donne à fond. Parmi ceux-ci, outre Jacques Villeret ou Hélène Vincent, Victor Lanoux, Guy Bedos ou Jean Yanne, croquent des personnages jubilatoires qui harcèlent plus ou moins notre pauvre vétérinaire qui n'ose pas les envoyer paitre. Bref, Jean Rochefort est parfait dans ce personnage un peu pleutre qui est la victime des autres, quels qu'ils soient (clients, famille, amis). 

Parmi les personnages éphémères, qui disposent de leurs sketches, Guy Bedos, Michel Piccoli, Claude Brasseur, Jean-Pierre Bacri ou Jean Yanne composent des contributions brillantes, chacune dans un registre qui tient compte de leur mythologie, c'est à dire extrêmement caricaturales, mais qui fait mouche justement. La structure en enchainement de sketches n'est pas préjudiciable. L'unité est assurée par le personnage de Jean Rochefort.

Donc, qualité de l'écriture, humour qui fait mouche dans un univers de petite bourgeoisie, et jolie histoire d'amour avec le personnage de Miou-Miou qui apporte de la douceur et un certain romantisme dans ce monde de casse-pieds.

Le Bal des Casse-Pieds [Blu-Ray]

vendredi 13 septembre 2019

La Mort Vous Va Si Bien (Death Becomes Her, 1992) de Robert Zemeckis

Avec Meryl Streep, Goldie Hawn, Isabella Rossellini, Bruce Willis, Ian Ogilvy, Adam Storke, Nancy Fish, Sydney Pollack, Michelle Johnson.
Bande-annonce La Mort vous va si bien
Exercice de style, comme souvent chez Zemeckis. Ici servi par trois grandes stars qui s'amusent à se moquer de la chirurgie esthétique: Bruce Willis en poltron à moustache, Meryl Street en Diva insupportable et Goldie Hawn un peu plus en retrait que les deux autres. Tout en faisant un film hommage aux classiques de la Universal: il est possible de penser à Dracula ou à des séquences à suspense de chez Hitchcock.
Le genre de la comédie d'horreur n'est pas facile; le film a la curiosité du spectateur pour lui.
Robert Zemeckis qui est toujours intéressé par les défis techniques et technologiques est ici confronté au début du CGI porn (Terminator 2 était tourné un an plus tôt) qui permet de montrer ici des choses que l'on ne pouvait pas montrer avant.
Le film manque de délire (il y a des embryons) et de subversion (cruellement absente). Il passe à coté de son sujet et donne une impression d'incomplétude. Il repose trop sur sa virtuosité technique (production design et effets spéciaux).
Le résultat d'ensemble donne un film sans empathie, mais reste une réelle curiosité.