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dimanche 6 septembre 2026

Bon Voyage (1h54, 2003) de Jean-Paul Rappeneau

 Avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Virginie Ledoyen, Yvan Attal, Grégori Derangère, Peter Coyote, Jean-Marc Stehlé, Aurore Clément, Michel Vuillermoz, Nicolas Vaude, Édith Scob, Xavier de Guillebon, François Marthouret, Pierre Diot, Bernard Murat.

Bonne nouvelle, ce film de Jean-Paul Rappeneau, n'a pas vieilli, ou, en tout cas, il garde sa dynamique et son fonctionnement. Avec une histoire où cohabitent des personnages qui se démènent pendant la débâcle de l'armée française en 1939 et la mise en place des mécanismes de la collaboration avec les Allemands qui arrivent. Pendant cette débâcle française, le scénario confronte ceux qui s'apprêtent à collaborer, des gens qui fuient avec des secrets scientifiques, des gens qui fuient tout simplement les Allemands, des opportunistes, un amoureux d'Isabelle Adjani, qu'elle mène par le bout du nez. Le personnage d'Isabelle Adjani est une fofolle qui ne sait pas ce qu'elle veut et qui profite de son environnement, des hommes, des hommes du gouvernement français, des espions allemands, tous en pamoisons devant elle. Au milieu de tout cela, il y a un meurtre autour d'Isabelle Adjani qui va rajouter d'autres enjeux dramatiques.

Tout ceci est très dynamique, va vite, au point que nous n'avons pas le temps de nous poser de question, et c'est très bien. Il n'y a pas une seconde de perdue dans les presque deux heures. 

poster du film Bande-annonce Bon Voyage

mercredi 24 janvier 2024

Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (1h47, 2002) de Alain Chabat

Avec Gérard Depardieu, Christian Clavier, Jamel Debbouze, Monica Bellucci, Monica Bellucci, Claude Rich, Gérard Darmon, Edouard Baer, Dieudonné, Mouss Diouf, Marina Foïs, Bernard Farcy, Jean Benguigui, Michel Crémadès, Jean-Paul Rouve, Edouard Montoute, Noémie Lenoir, Chantal Lauby.

Astérix et Obélix sont des personnages secondaires et le lien avec la bande dessinée est ténue. Ils ne sont d'ailleurs que peu présents à l'écran. Le star étant plus Jamel Debbouze dans le rôle de l'architecte à qui Cléopatre (Monica Bellucci, parfaite) ordonne la construction d'un palais et d'une pyramide pour impressionner César (Alan Chabat dans un rôle de débile).

Jamel Debbouze fait son show, et cela fonctionne. Gérard Darmon est bon en méchant. Leur affrontement en mode kung-fu pastichant Bruce Lee est très sympathique. Mais nous sommes très loin de celle de Jim Carrey et les frères Farrelly dans Dumb and Dumber (1994).

Dans son ensemble, au delà de certaines scènes et gags pris individuellement, le film reste poussif et manque cruellement de dynamique. Toutes les scènes où apparaissent Astérix et Obélix pourraient être retirées, cela ne changerait rien et réduirait la durée du métrage.

Bande-annonce Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre

mercredi 10 janvier 2024

Tais toi ! (1h25, 2003) de Francis Veber

Avec Gérard Depardieu, Jean Reno,  Richard Berry, André Dussollier,  Jean-Pierre Malo, Jean-Michel Noire, Laurent Gamelon, Aurélien Recoing, Vincent Moscato, Ticky Holgado,  Michel Aumont, Leonor Varela.

La nouvelle vision de film de Francis Veber est très positive. Et beaucoup meux que le souvenir que nous en avions.

Gérard Depardieu est crédible et génial dans ce personnage de Quentin de Montargis, esprit simple qui cherche un ami. Francis Veber refait le scénario de L'emmerdeur (Edouard Molinaro, 1973) qu'il avait écrit. En variant les paramètres. Jean Réno est toujours un tueur, qui cherche à se venger. Gérard Depardieu n'est pas dépressif comme Jacques Brel, mais très con, comme le dit André Dussollier, son psychiatre en prison. Et il s'amourache de Jean Réno, qui va le trainer comme un boulet, mais qui l'aidera finalement à atteindre son but.

Séquences d'anthologie (les rencontres de Gérard Depardieu avec ses codétenus au début du film), rythme, brio de l'interprétation (Gérard Depardieu est génial dans ses interactions avec Jean Réno),  le film est jubilatoire. Mais il s'agit quand même d'une vision de l'humanité assez misanthropique : des tueurs, un simple d'esprit, une migrante, une femme tuée, un alcoolique - Ticky Holgado -, un hôpital psychiatrique avec un psychiatre comme malade - Michel Aumont -. Seuls les flics sont peut-être des humains normaux dans ce film.

Tais-toi

dimanche 4 décembre 2022

Trop Belle Pour Toi (1h31, 1989) de Bertrand Blier

Avec Josiane Balasko, Gérard Depardieu, Carole Bouquet, François Cluzet, Roland Blanche, Myriam Boyer, Denise Chalem, Didier Bénureau, Philippe Loffredo, Stéphane Auberghen, Jean-Louis Cordina, Jean-Paul Farré.

Bertrand Blier adore secouer la vie de la bourgeoisie, la fissurer voire la casser, pour voir ce qu'il y a en dessous.  Avec le prisme de l'amour (il y a ici une très belle histoire d'amour), du sexe et du rapport amoureux. Secouer des choses établies. Secouer des choses qui aliènent. Ici c'est Gérard Depardieu qui s'éprend de sa nouvelle secrétaire, Josiane Balasko. Il est d’abord perturbé. Puis il succombe. Puis il culpabilise. Puis il se perd. Sa femme elle, Carole Bouquet, n'entend pas se laisser faire.

Le film contient de très belles scènes d'amour entre Gérard Depardieu et Josiane Balasko. Et le film dans son ensemble est de toute beauté. Les acteurs ont beau être connus, de grosses stars, le talent de Bertrand Blier est de nous faire croire à cette histoire, à ces déchirements. Bertrand Blier est un dialoguiste hors pair et le film est passionnant. Autre talent de Bertrand Blier, ce n'est jamais mièvre, et ne n'est jamais vu ailleurs, alors que l'intrigue n'est pas nouvelle, loin de là.

Un film passionnant.

Bande-annonce Trop belle pour toi

Thalasso (1h33, 2019) de Guillaume Nicloux

Avec Michel Houellebecq, Gérard Depardieu, Maxime Lefrançois, Mathieu Nicourt, Daria Panchenko, Luc Schwarz, Qianyum Lysis, Norbert Hamelin.

Un film de bêtes. Bêtes au sens, bestiaire riche et varié. Les animaux sont des humains ici, décrits avec leurs pittoresques, leurs obsessions ou pas, scénarisés ou pas, écrites ou pas. Cela importe peu. Car lorsque l'on filme Gérard Depardieu, ou lorsque l'on filme Michel Houellebecq, il n'y a rien à faire: leur personnalité est hors norme. S'ajoute à cela la bande qui avait enlevé, qui avait kidnappé Michel Houellebecq dans un film précédent de Guillaume Nicloux, bande elle aussi constituée d'un beau bestiaire.

Cette suite de L'Enlèvement De Michel Houellebecq (2013) est une curiosité. Car ses acteurs sont en quelque sorte des livres ouverts (en réalité, ils sont plus des livres semi-ouverts, voire fermés). Le scénario les suivant dans leur cure de thalassothérapie dans un premier temps, puis leur interaction avec les kidnappeurs qui viennent demander de l'aide à Michel Houellebecq. La première partie est prévisible et surprend peu. La deuxième partie de l'histoire est plus intrigante et relance le film, en quelque sorte. Pour quelque chose de très simple: pourquoi la mère est partie. Nous ne sommes pas dans une problématique de sauvetage du monde ici, et cela fait du bien. Il est possible de raconter une histoire avec des choses simples (et pas simpliste). Un film jouvence en quelque sorte.

Bande-annonce Thalasso

Preparez Vos Mouchoirs (1h48, 1978) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Carole Laure, Michel Serrault, Eléonore Hirt, Jean Rougerie, Sylvie Joly, Riton Liebman, Liliane Rovère. Michel Beaune, Roger Riffard.

Carole Laure est dépressive et n'a de goût à rien, si ce n'est pour tricoter des pull-overs à son compagnon. Son compagnon, Gérard Depardieu l'offre à Patrick Dewaere, qui s'entiche d'elle, mais son spleen et ses états d'âme ne changent pas. Ils sont prêts à tout pour l'aider, car ils l'aiment comme ils disent. Ils rencontrent un adolescent de 13 ans, qui va faire évoluer et changer et les choses.

Bertrand Blier a construit un film concept où Carole Laure et Riton Liebman sont au centre.

Le talent de Bertrand Blier est bien présent: dialogues et interprétations étourdissantes pour une histoire dont les circonvolutions conduisent comme souvent chez lui vers une tragédie de la bourgeoisie, qui ici encore est secouée et chamboulée. Sous certains atours de comédie, le film est un drame via de multiples composantes. Comme souvent la musique a un rôle important, avec ici Schubert, et le personnage de Patrick Dewaere qui est un passionné de Schubert. Et de lecture (il dispose de l'ensemble de la collection du livre de poche).


Nous y trouvons de l'émotion, de la tendresse, des énormités. Que les comédiens jubilent à fournir, nous le sentons biens. Avec des dialogues encore et toujours passionnants et impressionnants.

Préparez vos Mouchoirs

dimanche 6 novembre 2022

Tenue de Soirée (1h24, 1986) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Michel Blanc, Miou-Miou, Michel Creton, Jean-François Stévenin, Mylène Demongeot, Caroline Silhol, Jean-Yves Berteloot, Bruno Cremer, Jean-Pierre Marielle, Dominique Besnehard, Bernard Farcy,Michel Pilorgé.

Le film est hilarant, particulièrement jouissif et triste. Nous nous demandons pendant quelque temps où veux en venir Bertrand Blier, surtout pendant le premier tiers du film, mais finalement le film nous emporte et nous nous en moquons, comme se laissent porter Michel blanc et Miou-Miou, qui sont pris dans les tourbillons que provoque Bob, c'est-à-dire Gérard Depardieu, dans le rôle de celui qui a toujours une idée derrière la tête.

C'est l'occasion pour les acteurs d'énoncer des dialogues d'anthologie au cours de scènes relativement triviales où les différents acteurs sont crédibles. Bertrand Blier écrit une partition que ses acteurs interprètent avec brio.

Nous y croyons, et c'est la force du film: ce couple qui rencontre Gérard Depardieu, un cambrioleur séducteur dont nous ne comprenons pas au début l'intérêt que lui trouve le couple et puis nous finissons par comprendre (ou pas!). Et pour terminer la dernière scène finale où nos 3 principaux personnages principaux font le trottoir dans un ensemble de dialogues de haut vol pour une séquence d'une puissance impressionnante: c'est une immense partition que leur a écrite le réalisateur-scénariste.

Le film contient son lot de scènes d'anthologie qu'il semble enfiler comme des perles avec pour certaines beaucoup d'humour, mais aussi beaucoup de désespoir. 

Bande-annonce Tenue de soirée

dimanche 29 août 2021

Sous le Soleil De Satan (1h38, 1987) de Maurice Pialat

Avec Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire, Maurice Pialat, Alain Artur, Yann Dedet, Brigitte Legendre, Jean-Claude Bourlat, Jean-Christophe Bouvet, Philippe Pallut, Marcel Anselin.

Ce film est âpre et manque de subtilité. Aucune musique, et puis subitement pour des plans de transitions ou plus exactement de déplacement de Gérard Depardieu, une musique tonitruante (fortement en avant dans la banque son) d'Henri Dutilleux.

Sinon, cet univers nous est complètement inconnu : la vie d'un prêtre; le concept de mal; le concept de Satan; les états d'âme d'un prêtre qui ne croit plus en Dieu, mais au Diable; la bigoterie  des bourgeois ou des gens simples et le pouvoir d'un prêtre au pays des gens simples. Le film montre bien le rôle de contrôle de l'église.

Sinon ce qui nous maintient éveillés est la mise en scène de Maurice Pialat, qui tire le spectateur, souvent en filmant quelque chose qui pour partie hors champ, derrière une porte, dans l'ombre en arrière plan. Beaucoup de plans son beaux et très composés, à base d'obscurs.

La force du film est la conviction des acteurs. Gérard Depardieu est impressionnant. Sandrine Bonnaire aussi. Tous les acteurs sont marquants, malgré ou grâce à des dialogues très littéraires, irréalistes et empreints d'une certaine beauté.

sous Le Soleil de Satan [Blu-Ray]

Police (1h53, 1985) de Maurice Pialat

Avec Gérard Depardieu, Sophie Marceau, Richard Anconina, Pascale Rocard, Sandrine Bonnaire, Franck Karoui, Jonathan Leïna, Jacques Mathou, Bernard Fuzellie, Bentahar Meaachou, Yann Dedet, Mohamed Ayari, Abdel Kader Touati, Jamil Bouarada, Bechir Idani.

 Le film policier à la sauce Maurice Pialat?  Le film contient beaucoup de scènes de commissariat. Et beaucoup d’interrogatoires. Le film tourne autour de Gérard Depardieu, son travail de flic, sa relation particulière avec le milieu, sa vie personnelle, désertique sur le plan sentimental, qui tourne forcément autour de sa vie de flic. Avec Sophie Marceau (coiffure affreuse) dont il s'amourache, qui est une manipulatrice au sein d'un monde de trafiquants de drogue. Son personnage ne suscite aucune empathie. C'est plus le personnage de Gérard Depardieu qui est le centre du film; que le spectateur a du mal à cerner, qui finalement à l'air perdu, ce qui le rend intéressant. Et à ce titre, le film peut aussi être vu comme une histoire sentimentale.

Le film s’en sort par son ton original, qui peut faire penser à du documentaire, mais qui n'en est pas, tout en donnant l'impression que cela en est. Les différents interrogatoires sont passionnants à suivre.

Le film ne contient pas de musique, ce qui donne un poids et une densité aux images. La mise en scène joue beaucoup avec la profondeur de champ et donc tout ce qui se passe, à voir ou comprendre, n'est pas forcément au premier plan.

Police [Blu-Ray]

mardi 11 mai 2021

Buffet Froid (1979, 1h29) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmet, Geneviève Page, Denise Gence, Marco Perrin, Jean Benguigui, Carole Bouquet, Jean Rougerie, Liliane Rovère, Bernard Crombey, 

Le principe du film est de prendre des situations banales, de la vie courante, de la vie de tous les jours, et de les tordre avec des éléments d'absurdité et des mises en abyme. Avec en arrière-plan le parcours d'un tueur.

Le film repose beaucoup sur les décors: le quartier de La Défense et ses tours, la nuit, les esplanades vides, les tours d'appartements vides, le terrain vague la nuit, la gare souterraine, le parking souterrain, les couloirs déserts, la verdure à la fin, le lac et les rochers. Tous étant déserts et vide. Y compris les appartements: celui de Gérard Depardieu qui n'a pas grand-chose d'humain, ou celui de Bernard Blier avec ses cartons non déballés. L'ensemble des décors du quartier de La Défense, couloirs, esplanades, quais, escaliers, halls, sont vides.  Ils accentuent le côté irréel du film, presque fantastique.

Le film est dur avec les femmes: il dénonce la misogynie et montre comment les femmes sont transformées en objet. Très beau personnage tragique de Geneviève Page.

Belle scène d'ouverture avec Michel Serrault sur le quai du RER à la station de La Défense.

Au total, symphonie pour mettre en abime les habitats industriels et dénoncer leur absence d'humanisme, le film reste étonnant et unique en son genre.

Buffet Froid

lundi 13 avril 2020

Fahim (2019) de Pierre-François Martin-Laval

Avec Gérard Depardieu, Mizanur Rahaman, Isabelle Nanty, Sarah Touffic Othman-Schmitt, Victor Herroux, Didier Flamand, Pierre-François Martin-Laval.


FahimUn jeune enfant est fraichement immigré du Bengladesh par son père pour lui faire connaître un grand maître des échecs. L'enfant est doué, mais la situation politique au Bengladesh le fait immigrer, vers la France.
Le film n'est pas trop larmoyant et l'enfant en question est légèrement antipathique, ce qui est une bonne idée et évite certaines formes de sentimentalismes et de mièvrerie.
À défaut de Grand Maître, il suivra les cours de Gérard Depardieu, dans un rôle de gros bourru au grand coeur, dans une interprétation nominale de passionné des échecs, crédible comme d'habitude.
Une progression nominale avec ses moments d'humour, de drame (liés à la précarité d'un sans-papier) et à l'apprentissage de la relation avec Gérard Depardieu, qui est plutôt légère et pas le clou du film.
Élément intéressant du film qui lui donne une dimension documentaire: le statut et les procédures des personnes en situation irrégulière (ici, l'enfant et le père). D’ailleurs à ce titre le film arrive à faire ressentir la précarité que vivent ces personnes à travers la situation du père.
Inspiré d'une histoire vraie.

samedi 4 avril 2020

La Marque Des Anges - Misere (2013) de Sylvain White

Avec Gérard Depardieu, JoeyStarr, Rüdiger Vogler, Héléna Noguerra, Marthe Keller, Thierry Lhermitte, Corinne Masiero, Mathieu Carrière.

La marque des anges - Miserere PosterPolicier aux réminiscences internationales (ici des anciens nazis au Chili, toujours sectaires qui dans le cadre d'une secte en Europe, transforment des enfants en tueurs - l'originalité est dans l'arme qu'utilisent les enfants -). Avec des ingrédients déjà vus: éléments d'occultisme et de religion; un buddy movie - Gérard Depardieu en flic jeune retraité, JoeyStarr en policier d'Interpol, drogué, qui a besoin de séances de psy -.  Le tout attaché aux canevas de deux enquêtes qui finissent par se rejoindre.
Cela fonctionne, mais nous restons toujours éloignés du film. Surtout à cause de son sujet, moyennement intéressant, auquel nous prêtons un œil curieux sans être passionnés. Là où le film souhaite être original, et cela l'est, c'est la manière de tuer qu'utilisent les tueurs et le tueur principal. Sur le papier c'est une bonne idée, mais la mise en image impressionne peu.
Tout fonctionne si l'on considère les éléments techniques; en particulier une belle distribution qui fonctionne: les deux acteurs principaux sont bons, même si nous doutons de la capacité physique de Gérard Depardieu de courir après des suspects... 
Le film est aux standards que nous attendons d'une telle production.  Le scénario arrive à équilibrer les scènes liées à l'intrigue avec  les scènes sur la vie et le passé de nos deux personnages principaux; sur cette perspective, le film est réussi.
Mais cela n'est pas très passionnant. Honorable donc, mais peu mieux faire.


mardi 5 février 2019

1900 (Novecento, 1976) de Bernardo Bertolucci

1900 - Édition Collector Blu-ray + DVD + LivreAvec  Robert De Niro, Gérard Depardieu, Dominique Sanda, Frances Bertini, Laura Betti, Sterling Hayden, Donald Sutherland, Burt Lancaster, Paulo Branco, Stefania Sandrelli, Alida Valli, Anna Henkei, Ellen Schwiers, Romolo Valli, Giacomo Rizzo, Pippo Campanini


Aborder  un film monumental comme celui-là n'est pas facile. Le film conte l'histoire de deux "amis", un fils de paysan et un fils de propriétaire (bourgeoise de campagne), depuis leur naissance (à la mort de Verdi) à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le film est d'une violence inouïe sans être misanthropique. Nous comprenons que le réalisateur aime ses personnages, au moins ses personnages de paysans. Malgré cette violence perpétuelle, le film est à mille lieues d’œuvres des grands misanthropes (Kubrick, Hanneke) dont les violences paraissent ridicules à côté de cette fresque historique où Bernardo Bertolucci décrit une époque dans son ensemble: la fin de l'exploitation des travailleurs, la montée du fascisme, le comportement et la responsabilité de la bourgeoisie. Le tout à travers un prisme à l'opposée du grandiose du sujet: le point de vue d'un paysan (Gérard Depardieu) et d'un bourgeois (Robert de Niro).
Il est évident que le réalisateur est plus intéressé par les personnages de paysans interprétés par Gérard Depardieu en tête. Le personnage de Robert de Niro (en pilotage automatique) est présenté comme subissant en permanence les évènements et ne les faisant jamais changer; il subira toute sa vie. Ce qui ne le rend pas forcément très intéressant et surtout il n'évolue pas beaucoup sur l'ensemble du récit et donc de sa vie.
Le film se veut didactique sur le comportement des fascistes et le comportement de la bourgeoisie qui semble à côté de tout: politiquement, socialement et sociétalement.

dimanche 29 juillet 2018

Hélas Pour Moi (1993) de Jean-Luc Godard

Avec Gérard Depardieu, Laurence Masliah, Bernard Verley, Aude Amiot, Roland Blanche, Marc Betton, François Germond, Jean-Louis Loca, Anny Romand, Monique Courturier, Benjamin Kraatz, Louis-Do de Lencquesaing, Stefan Elbaum, Harry Cleven, Manon Andersen, Raphaël Pottier, Delphine Quentin, Véronique Varlet.

Bande-annonce Hélas pour moi
Nous sommes encore subjugués par la forme. L'histoire importe peu (ce sont les mêmes thématiques qui sont travaillées chez Jean-Luc Godard: l'amour, le social, la politique, le capitalisme, le cul). C'est la forme qui compte avec Jean-Luc Godard. Une forme qui montre qu'il est possible de faire ce que beaucoup ne font pas: des acteurs qui parlent en même temps par exemple (et donc inaudible pour le spectateur), ou des images floues, ou une bande-son trop forte (musique ou bruitage), ou un bruitage qui masque le dialogue. Quelquefois à la limite du ridicule.
Mais il y a aussi ces plans, souvent avec la nature, extrêmement composés, de toute beauté.
Les acteurs déclament leur texte, surement en rapport avec ce qui doit être l'histoire, mais c’est la phrase déclamée qui nous intéresse, et pas son lien avec l'ensemble du film.
Sur la forme, la musique, matière importante qui contribue à la beauté de certains plans, est mixée très en avant.
L'autre matière travaillée par le réalisateur, est ses acteurs, toujours indispensables (mais qui le seront de moins en moins dans certains films suivants), en particulier Laurence Masliah qui manifestement inspire Jean-Luc Godard: tout ses plans sont magnifiques. Gérard Depardieu s'intègre parfaitement à cet univers.

mardi 8 novembre 2016

Saint Amour (2015) de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Gustave Kervern, Ana Girardot, Solène Rigot, Izïa Higelin, Michel Houellebecq, Ovidie, Andréa Ferréol, Xavier Mathieu, Pascal Merle, Frédéric Felder, Blutch.

Saint Amour DVDSaint Amour est la réussite du duo Benoît Delépine et Gustave Kervern. Sur un canevas truculent comme ils savent faire,  servit ici pas Depardieu et Poelvoorde, ils arrivent à être moins lourds, plus précis dans leurs messages. Souvent leurs films contenaient des éléments sympathiques et d'autres moins réussis. Ici ils trouvent le bon équilibre. Le film réussit le juste équilibre entre le pathétique, l'altermondialisme, l'anarchie, le drame, le comique, c'est à dire l'ensemble des éléments constituants les films du duo.
Histoire de paysans paumés, un père et son fils, Depardieu et Poelvoorde, qui partent faire la tournée des vins. Un road movie donc, au cours duquel ils vont croiser des personnes et des personnages. De la famille Houellebecq à l'agent immobilier Ovidie ou à la retraitée Andréa Ferréol ou encore la femme cherche des spermatozoïdes pour son dernier ovule. Cette progression et les différentes rencontres se prêtent bien à l'évolution des deux personnages principaux.

samedi 16 juillet 2016

Valley of love (2015) de Guillaume Nicloux

Avec Gérard Depardieu, Isabelle Huppert.

Valley of LoveUn film de monstres. Sur fond de vallée de la mort en Californie. Les deux monstres sont Gérard Depardieu et Isabelle Huppert. Gérard joue Gérard. Isabelle joue Isabelle. Ils se retrouvent à l'occasion de la mort de leur fils, qu'ils n'ont pas vu depuis des années, qui leur demande de faire cette visite de la Vallée de la Mort, car ils auront une apparition. Isabelle y croit. Gérard n'y croit pas. Ils ne se sont pas vus eux non plus depuis des années.
Comme à chaque interprétation de Gérard Depardieu, on y croit. On ne voit pas deux immenses acteurs mais deux personnages, ancien couple, qui se retrouvent, se disputent, se racontent. Le fils décédé est un prétexte. Le film ne pourrait pas exister sans eux. Il n'aurait pas de sens.
Le film est un peu une métaphore: l'apparition qu'ils attendent n'est elle pas le film ou les films hors normes dans lesquels ces acteurs apparaissaient, et qui existent moins de nos jours? Depardieu n'y croit plus, et Huppert y croit encore.

vendredi 18 décembre 2015

Je préfère qu'on reste amis... (2004) de Eric Toledano et Olivier Nakache

Avec Gérard Depardieu, Jean-Paul Rouve, Tilly Mandelbrot, Lionel Abelanski, Annie Girardot, Yves Jacques, Elisabeth Vitali, Xavier de Guillebon, Valérie Benguigui, Cassandra Harrouche, François Berland, Laurent Olmedo.
Dans une distribution, avoir Gérard Depardieu, est la garantie d'un personnage juste, un peu mystérieux, plein de failles, pathétique, donc très riche.
Le reste de la distribution est de qualité et le film trouve sa richesse dans la non-résolution finale de l'histoire. Le typecasting touche déjà Jean-Paul Rouve, en pilote automatique à faire toujours le même personnage sur bien des films. Annie Girardot est la cerise sur le gâteau: très rare.
On ne voit pas arriver Intouchables avec ce film.
Un film sur la recherche du conjoint amoureux, à partir d'une actualisation contemporaine: les montages-séquences avec les séances de rencontres express ( speed datings) par moment hilarants. Et sans actualisation lorsque l'on considère les personnages de Gérard Depardieux et Jean-Paul Rouve, deux paumés rêveurs, personnages vus régulièrement dans la production cinématographique française.
Un film recommandable.

jeudi 18 juin 2015

Quand J'étais Chanteur (2006) de Xavier Giannoli

Avec Gérard Depardieu, Cecile de France, Mathieu Amalric, Christine Citti, Patrick Pineau.

Beau film que ce drame des solitudes où un chanteur de bal spécialisé dans les chansons d'amour et admirateur de Mike Brant (formidable Gérard Depardieu) rencontre et tombe amoureux d'une conseillère immobilière perdue et orthogonale socialement (Cécile de France, belle prestation tout en mystère).
Le film évolue par petites touches, tout en finesse. Jusqu'à la dernière image avant générique qui fait du bien au spectateur.
Un beau film donc.

lundi 17 février 2014

LES FUGITIFS (1986) DE FRANCIS VEBER

Avec Pierre Richard, Gérard Depardieu, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui, Roland Blanche, Didier Pain, Michel Blanc.



Le film de pote à la française. Avec Gérard Depardieu et Pierre Richard au sommet de leur popularité. Deux profils extrêmement différents qui doivent cohabiter pour des objectifs qui leur sont propres, mais qui finiront par s'apprécier, s'aimer et le film fini sur ce plan où notre couple Depardieu et Richard part en Italie avec leur enfant. Curieuse image avec une résonnance toute actuelle (voir le mariage pour tous).
Francis Veber confirme encore une fois son aptitude à peindre des personnages masculins dans une histoire où les femmes sont caricaturales, pour le peu qu'il y a: la petite fille, trop adorable, et la surveillante flic très militaire et rigide.
La comédie, la comédie dramatique, le comique et l'humour de situation fonctionnent parfaitement dans cette mécanique bien huilée servie par deux grands acteurs.
Francis Veber a l'élégance de ne pas faire durer son film (1h29) ce qui lui permet d'avoir une tenue sur la durée complète, sans temps morts.
 

vendredi 2 novembre 2012

Babylon A. D. (2008) de Mathieu Kassovitz


Avec Vin Diesel, Mélanie Thierry, Michelle Yeoh, Lambert Wilson, Mark Strong, Jérôme Le Banner, Charlotte Rampling, Gérard Depardieu, Joel Kirby, Souleymane Dicko, David Bell Radek Bruna.


Nouveau visionnage avec ce film qui s'était fait descendre par la critique et qui n'a pas bonne presse. Et c'est complètement injustifié. Le film prenant même de la saveur avec le temps. Cette dystopie étant plus intéressante que n'importe quel film d'hommes en collants.
Vin Diesel est très bon. Le premier tiers du film est suffisamment riche et mystérieux pour intriguer. Le film contient un certain nombre d'images qui expliquent l'échec du film sur le marché nord-américain (un chien pendu, un lapin qui se fait dépecer, par exemple). En prime avec un Gérard Depardieu en méchant russe.
Ensuite le film se déroule pendant le transfert du paquet (Mélanie Thierry, excellente) jusqu'à New-York. Cette partie-là est intéressante par ses décors. Elle est décevante par les combats, qui sont peu lisibles, qui manquent d'espace, et qui apparaissent confus. Mais le spectaculaire reste présent en permanence.
La dernière partie du film, censée expliquer les différentes choses, n'est pas très limpide et introduit des personnages, importants, que nous n'avons pas vus pendant tout le reste du film (Lambert Wilson et Charlotte Rampling). Mais qui explique qu'une partie du monde est dominé par une secte.
Le film souffre peut-être de son scénario, ou en tout pour ce qu'il en reste à l'écran (par exemple, le personnage de Michelle Yeoh est insignifiant et ne sert à rien). Cela résulte probablement de coupes. Mais l'ensemble reste un spectacle de qualité rempli d'éléments spectaculaires.
Et nous aurions aimé voir la suite (la fin laisse de multiples possibilités)
Une curiosité.
Bande-annonce Babylon A. D.