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samedi 5 juin 2021

Le Convoi (Convoy, 1978, 1h50) de Sam Peckinpah

Avec Kris Kristofferson, Ali MacGraw, Ernest Borgnine, Burt Young, Madge Sinclair, Franklyn Ajaye, Brian Davies, Seymour Cassel, Cassie Yates, Walter Kelley, Jackson D. Kane.

Ce film pourrait paraitre de prime abord "léger" et commercial. Mais un film de Sam Peckinpah ne peut pas être léger. Ce convoi rappelle furieusement La Horde Sauvage (1969) . Les camionneurs sont les cowboys tueurs vieillissants; ils parcourent le pays avec leur camion et sont confrontés ici à un flic qui les harcèle. Ce qui va les amener à construire un convoi de camions, toujours en fuite en avant , qui bien sûr finiras mal, et par un suicide, comme dans La Horde Sauvage, mais ici avec un épilogue positif, film commercial oblige.

Le film est bien de Sam Peckinpah. Nous y retrouvons ses acteurs fétiches. Nous y retrouvant son sens du montage avec l'utilisation de ralentis. Nous y retrouvons sa volonté de montrer des têtes, des trognes, des visages, que l'on ne voit pas habituellement. Des gens simples, pauvres, besogneux, qui ne sont pas les gagnants du capitalisme, mais qui croient en une certaine liberté. Ce sont les personnages du peuple, les gens simples, qui intéressent Sam Peckinpah. Le film lui permet de parler de racisme, et de problèmes de vie courante et d'éléments sociaux. Le scénario parle de manière plutôt efficace et concise des différents personnages, de manière simple et avec substance.
Mais aussi des politiciens pas forcément véreux, mais prêts à exploiter tous les éléments en leur faveur pour pouvoir être réélus.
Le film se révèle plus riche que ce que l'on pourrait imaginer en préalable à la vue de l'affiche et lecture du synopsis.
Le film parle de gens simples, de travailleurs dans l'Amérique profonde, qui sont harcelés par l'État c'est-à-dire par la police locale ou la police fédérale et aussi par les politiciens et les médias.

Kris Kristofferson se révèle être bon dans le rôle du personnage principal, plutôt inexpressif, qui est en fuite en avant et qui finalement ne sait pas où il va et finit par se suicider.
À noter un des délices du film: Ali MacGraw. Beau magnétisme. 
Le Convoi [Blu-ray]

dimanche 11 octobre 2020

Osterman Weekend (1983, 1h43) de Sam Peckinpah

Avec Rutger Hauer, John Hurt, Burt Lancaster, Craig T. Nelson, Dennis Hopper, Chris Sarandon, Meg Foster, Helen Shaver,  Cassie Yates, Cheryl Carter, Christopher Starr, John Bryson.

Le film est d'espionnage, un peu artificiel, mais qui dans ses accélérations, au ralenti comme sait si bien le faire Sam Peckinpah, fonctionne plutôt bien et garde sa personnalité. Même si l'histoire est un peu confuse au début et puis pas franchement palpitante. Mais la narration réveille le spectateur une fois que les différents protagonistes sont dans la maison de Rutger Hauer...

La faiblesse du film est justement son manque de violences graphiques (tourné probablement en 1982), la violence est celle d'un film des années 70) et de subversions. Même si des éléments frontaux d'érotisme et de sexe relèvent le niveau de subversion du film, qui reste insuffisant.

Néanmoins, l'argument est intéressant : la CIA pour piéger des espions convainc un présentateur célèbre (Rutger Hauer) de les aider à piéger ses propres amis, car il est l'ami commun de trois espions à la solde des Soviétiques. Ceci sera mélangé à une vengeance d'un agent de la CIA (John Hurt, parfait en obsessionnel prêt à tout) qui souhaite abattre son supérieur ( Burt Lancaster, efficace dans un second rôle caricatural), coûte que coûte.

Le problème du film est sur la motivation du personnage de Rutger Hauer, que nous ne percevons pas bien: elle n'est pas suffisamment travaillée par les scénaristes (Ian Masters et Alan Sharp crédités). Ce qui fait que nous nous moquons de ce qu'il peut arriver au personnage.

 
 
Osterman week endOsterman Weekend Poster