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vendredi 16 mai 2025

Mad Max (1h28, 1979) de George Miller

Avec Mel Gibson, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne, Steve Bisley, Tim Burns, Roger Ward, Lisa Aldenhoven, David Bracks, Bertrand Cadart, David Cameron.

Le film iconique des dystopies où la violence règne. Iconique aussi avec ses séquences d'anthologie, avec par exemple la séquence introduction à l'univers où un taré sous emprise chimique roule à toute vitesse et se fait appeler le Cavalier de la Nuit : longue poursuite introductive qui installe l'univers, les seconds rôles et le rôle principal, celui de Mel Gibson, qui apparaît petit à petit au volant de sa voiture, pour stopper cette voiture qui fonce, avec la sienne. D'ailleurs la conclusion de cette séquence  est amusante et réaliste, le taré se met à pleurer. 

Autres éléments iconiques : le bébé sur la route, pendant cette séquence introductive, les véhicules percutés ou la caravane transpercée, et que nous retrouverons ensuite lorsque ce sera la femme de Mel Gibson qui court au milieu de la route avec son bébé dans ses mains. Qui sera la séquence de bascule du personnage vers un ailleurs, qu'il part retrouver à la fin en roulant vers le futur.

Là où le film garde son impact est dans le mélange de ces décors vides, la campagne, des petites routes à perte de vue, avec cet univers dystopique où la violence et la délinquance est permanente.

Eh oui, le personnage de Mel Gibson, Max, n'est pas sympathique et ne suscite par beaucoup d'empathie par son égoïsme et sa bêtise (voir ce qui arrive à sa femme). Ce sera une constante de la franchise. Mais le film capture l'attention du spectateur par son ambiance particulière. 

poster du film Bande-annonce Mad Max

dimanche 10 avril 2022

Le Malin (Wise Blood, 1h46, 1979) de John Huston

Avec Brad Dourif, John Huston, Dan Shor, Harry Dean Stanton, Amy Wright, Mary Nell Santacroce, Ned Beatty, William Hickey.

Dans un état des USA profonds, Brad Dourif qui revient de l'armée, se prend de passion pour la prédication, sur une église et une croyance qu'il crée lui même. Il est passionné. Il y croit (il va jusqu'à se mutiler). Il va croiser un prédicateur  (Harry Dean Stanton) dont il s'inspirera, mais celui-ci s'avèrera plus profiteur que croyant.

Le film interroge à sa manière le rôle des prédicteurs, leur capacité à captiver une foule. Et aussi ceux qui y croient. Mais si l'on est mal intentionné, le film montre aussi l'exploitation à des buts pécuniaires de la chose, avec le faux aveugle (Harry Dean Stanton), ou alors avec l'homme de média qui trouve un filon (Ned Beatty). Seuls les flashbacks paraissent inutiles et n'apportent rien.

À cet arc dramatique, John Huston, Benedict et Michael Fitzgerald, mais aussi Flannery O'Connor, greffent une histoire d'amour, qui si elle semble réelle, ne détournera pas Brad Dourif de son obsession, et au final ne servira pas à grand-chose à la progression dramatique.

Le film a des vertus documentaires grâce à ces arrière-plans où le film a été tourné, en décors réels. Et finalement le film est tellement simple, tellement fluide, pour dérouler son histoire et la passion de Brad Dourif, qu'il l'emporte et rend l'ensemble de ce drame crédible.

Le Malin [Blu-Ray]

mardi 11 mai 2021

Buffet Froid (1979, 1h29) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmet, Geneviève Page, Denise Gence, Marco Perrin, Jean Benguigui, Carole Bouquet, Jean Rougerie, Liliane Rovère, Bernard Crombey, 

Le principe du film est de prendre des situations banales, de la vie courante, de la vie de tous les jours, et de les tordre avec des éléments d'absurdité et des mises en abyme. Avec en arrière-plan le parcours d'un tueur.

Le film repose beaucoup sur les décors: le quartier de La Défense et ses tours, la nuit, les esplanades vides, les tours d'appartements vides, le terrain vague la nuit, la gare souterraine, le parking souterrain, les couloirs déserts, la verdure à la fin, le lac et les rochers. Tous étant déserts et vide. Y compris les appartements: celui de Gérard Depardieu qui n'a pas grand-chose d'humain, ou celui de Bernard Blier avec ses cartons non déballés. L'ensemble des décors du quartier de La Défense, couloirs, esplanades, quais, escaliers, halls, sont vides.  Ils accentuent le côté irréel du film, presque fantastique.

Le film est dur avec les femmes: il dénonce la misogynie et montre comment les femmes sont transformées en objet. Très beau personnage tragique de Geneviève Page.

Belle scène d'ouverture avec Michel Serrault sur le quai du RER à la station de La Défense.

Au total, symphonie pour mettre en abime les habitats industriels et dénoncer leur absence d'humanisme, le film reste étonnant et unique en son genre.

Buffet Froid

Flic Ou Voyou (1979, 1h47) de Georges Lautner

Avec Jean-Paul Belmondo, Georges Géret, Jean-François Balmer, Claude Brosset, Julie Jézéquel, Michel Beaune, Tony Kendall, Catherine Lachens, Juliette Mills, Venantino Venantini, Charles Gérard, Michel Galabru, Marie Laforêt, Philippe Castelli

Le film est une succession de sketches du comique Jean-Paul Belmondo. Les sketches de Jean-Paul Belmondo, s'appuyant sur des dialogues ridicules, font vraiment pause plastique en mode stand-up, avec aucun point de vue du metteur en scène.
Quel a été le travail de Georges Lautner? Un gestionnaire de plateau? Un gestionnaire des copains de Jean-Paul Belmondo? Le gestionnaire de Jean-Paul Belmondo, star nationale qui surement devait faire comme il voulait. La star était au fait de sa popularité et devait surement être difficile à diriger.

Le film est intéressant à étudier comme objet où il y a visiblement un manque de discernement de ses créateurs à tous les niveaux. Le film contient des moments qui se veulent comiques, mais qui sont consternants, par exemple la séquence de l'auto-école avec Philippe Castelli. Celle-ci étant inutile sur le plan de la narration et n'étant qu'un gag. Les dialogues sont souvent ineptes. Le scénario est confus et finalement c'est ce qu'il y a de plus intéressant, car cette confusion fournit un peu de mystère, et amène le spectateur à se poser la question de où ceci va l'emmener.
Le cadrage et la photographie sont celles d'un téléfilm: Derrick semble être la référence (281 épisodes de 60 minutes pendant 24 ans, c'est une référence...).

Cela se veut un film comique et un film policier, il semble l’être effectivement, un peu des deux. Le mélange des genres est toujours casse-gueule.

Flic ou voyou

samedi 20 février 2021

Les Vampires De Salem (Salem's Lot, 1979, 3h20) de Tobe Hooper

Avec David Soul, James Mason, Lance Kerwin, Bonnie Bedelia, Lew Ayres, Julie Cobb, Elisha Cook Jr., George Dzundza, Geoffrey Lewis, Marie Windsor, Ed Flanders, Clarissa Kaye-Mason.

Tobe Hooper signe cette minisérie (deux épisodes pour plus de trois heures de durée) pour adapter le roman de Stephen King. Le format télévisuel est très présent sur les cadrages des acteurs et sur les coupures (pour la publicité).

Pour le reste, le travail est superbe et Tobe Hooper arrive à créer un climat avec une tension qui monte progressivement, en embrassant dans la narration de multiples personnages, tous avec de la substance. Le format de plus de trois heures permet de développer par petites touches, exposer de multiples personnages, tous très caractérisés, mais dirigés subtilement, tout en ne laissant jamais deviner comment ils vont contribuer à la narration (le scénario est crédité à Stephen King lui même et Paul Monash scénariste expérimenté de séries pour la télévision étatsunienne).

La grande réussite repose sur sa distribution et donc l'interprétation de ses acteurs. Tous très bons. Avec David Soul habité et torturé (grosse star au moment du tournage, grace à ses 90 épisodes de Starky et Hutch), qui est le fil conducteur. Avec aussi dans le rôle féminin principal Bonnie Belelia toute jeune (connue pour son personnage d'Holly McLane dans Piège De Crystal - 1988 -). Et aussi James Mason, impérial en dévot de son maître, obséquieux, ultra-civilisé, qui porte sur lui tout le poids de la décadence et du mépris de la vieille Europe. Et beaucoup d'acteurs de seconds roles aux visages familiers.

Les 3h20 se visionnent sans voir passer le temps. Tobe Hooper fait le choix (raisonné ou économique) de montrer peu et de suggérer beaucoup, ce qui est beaucoup plus efficace sur le plan de la tension (et de la durée du film aussi). Et à ce titre il repose sur les décors et beaucoup le visage de ses acteurs, ce qui est d'autant plus efficace. Avec quelques scènes-chocs, pour la surprise, et des scènes de montées progressives en tension.

Les Vampires de Salem [Édition SteelBook]


samedi 21 janvier 2017

Alien, le Huitième Passager (1979) de Ridley Scott

Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto.

Alien Le huitième passager Digibook Blu-rayVisionner Alien reste une expérience. Le film prend son temps. Il décrit en des mouvements lents, panoramiques, travellings, les immenses décors et coursives du Nostromo. Il décrit aussi un univers sonore riche et varié à base de bruit de machines, de mécanismes, de bruits d'air. Nous restons étonnés aussi, mais finalement c'est une bonne idée, de l'arrivée du monstre, de la vilaine bête pas du tout sympathique, au bout d'une heure de film.
Le film contient aussi une direction d'acteurs plutôt fine, appuyée il est vrai par de bons acteurs qui rendent tout cela crédible.
Autres éléments constitutifs du film qui lui donne sa force est la musique de Jerry Goldsmith. Cette musique n'est pas envahissante, mais contribue à sa manière au bruitage, riche et varié, fait de multiples petits clignotements à chaque coin de l'image, sans être trop appuyée, mais contribuant grandement à maintenir un climat de tension léger et persistant.
La direction artistique, est phénoménale avec  l'apport de Hans Rudy Giger qui donne à l'alien et ses différents états, ainsi qu'au décor de son antre, des visuels uniques et marquants.
Sur la distribution, le seul point faible est peut-être celui de Ian Holm. L'interprétation de l'acteur est dès le début l’ambiguïté de son personnage. Et nous comprenons vite que le personnage à un double jeu et  qu'il ne fait pas partit de l'équipe. Mais à l'inverse, ses tics et ses mimiques, ses gestuelles un peu bizarres peuvent être vues comme une interprétation subtile du personnage. Dans tous les cas, nous ne sommes pas surpris lorsqu'il tente de tuer Ripley.
Ridley Scott signait un film de science-fiction à l'opposée de la franchise Star Wars: ici il y a de la saleté, de la rouille, de la sueur, des suintements, de la vapeur, du sang, de multiples choses, qui font passer La Guerre des Étoiles pour des films jouet et enfantins.