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dimanche 17 août 2025

Himizu (2h09, 2011) de Sion Sono

Avec  Shôta Sometani, Fumi Nikaidô, Tetsu Watanabe, Mitsuru Fukikoshi, Megumi Kagurazaka, Ken Mitsuishi, Makiko Watanabe, Asuka Kurosawa.

L'arrière-plan est la dévastation de l'après-tsunami de 2011. Nous suivons la vie d'un petit groupe de sans-abri où l'un d'entre eux loue des barques et héberge d'autres sans-abri. Shôta Sometani, qui a de multiples raison d'être malheureux, croise Fumi Nikaidô, une jeune fille pleine de vie et de ressource. Arrivera-t-il à sortir de ses névroses grâce à cette rencontre et grâce aux autres personnes qu'il héberge. C'est l'enjeu dramatique du film.

Les personnages passent du mutisme à des cris, ce qui rend le film  par moment pénible. Nous comprenons bien que la culture japonaise est de ne pas exprimer ce que l'on ressent, et ici Sion Sono joue de cela : les personnages masculins finissent par exploser. Mais la subtilité de la direction d'acteur n'est pas le propre du réalisateur. Ses personnages masculins sont en permanence sur le point d'exploser, et explosent. Bien sûr, les arcs dramatiques justifient tout cela, car nous sommes dans un monde de drames et de souffrances. Qui heureusement est égayé par le personnage féminin, où Fumi Nikaidô amène un peu de gaîté, d'optimisme, de possibilité de joie de vivre. À voir si notre personnage principal, Shôta Sometani, très bon, arrivera à se sortir de son mal-être, même si sa posture permanente nous empêche une empathie durable avec lui.

Malgré les lourdeurs évoquées, le film reste puissant, marquant, et nous avons de l'empathie pour certains de ces personnages.

Poster for Himizu (2011)

samedi 4 décembre 2021

L'irlandais (The Guard, 1h36, 2011) de John Michael McDonagh

Avec Brendan Gleeson, Don Cheadle, Mark Strong, Rory Keenan, Declan Mannlen, Liam Cunningham, Owen Sharpe, Fionnula Flanagan, Sarah Greene.

Cet Irlandais est Brendan Gleeson, dans un numéro de policier, irlandais donc, à la campagne, qui se retrouve impliqué dans une opération antidrogue orchestrée  pas le FBI (d'où la présence de Don Cheadle). Il est rempli de préjugé, il est raciste, il n'aime pas les Anglais, il n'aime pas les citadins, il n'aime pas les noirs. Il n'aime pas sa hiérarchie bien sûr, cliché obligatoire dès qu'il s'agit d'un policier. Et il est un peu paresseux. Et il n'est pas sympathique avec ses collègues. Mais il a quand même des soucis familiaux avec sa maman qui est en fin de vie. Sa vie sentimentale est occupée par des rendez-vous avec des prostituées. Mais il connait un peu son métier, les personnes de son périmètre. 

Sa cohabitation avec le policier du FBI est par épisode, ce qui ne permet pas de classer le film dans la catégorie du buddy-movie. Mais le film contient son lot d'humour, de drame, dans un univers où l'âme irlandaise suinte. Cela fonctionne, avec de petits moments d'émotions, mélangés à des éléments de l'enquête partagée avec le FBI ou des moments de la vie locale dans un petit village irlandais. 

Brendan Gleeson est parfait dans ce personnage bourru, mais avec un certain coeur et un certain amour propre.

The Guard

 

dimanche 28 février 2021

Mission: Impossible - Protocole Fantôme (2011, 2h12) de Brad Bird


Avec Tom Cruise, Paula Patton, Simon Pegg, Jeremy Renner, Michael Nyqvist, Léa Seydoux, Ivan Shvedoff, Anil Kapoor, Josh Holloway, Pavel Kríz, Miraj Grbic, Ilia Volok.

La coiffure de Tom Cruise est horrible, type cheveux au vent. Pas possible de croire à son personnage: une fois le film visionné, la mémoire ne garde que très peu d'images de Tom Cruise.
Il y a quelques revirements sympathiques dans la trame dramatique qui permettent de relancer ponctuellement l’intérêt.
Le film possède peu de séquences spectaculaires et mémorables: nous avons même l'impression que le film est très bavard. Il y a de l'exotisme à travers des décors multiples. Mais il y a beaucoup de bavardages, qui donnent une impression de mollesse.
Le méchant pas très intéressant, aussi mauvais qu'un méchant raté de James Bond.
D'ailleurs, le principal défaut de cette version de la franchise est quelle ressemble un peu trop à un James Bond pour susciter l'intérêt: le méchant, la société secrète, les multiples décors, la jolie fille.
On ne retrouve pas le brio et la mise en scène ludique du Brian De Palma: le premier de franchise n'est toujours pas égalé ni effacé.
Le franchise Mission Impossible aurait besoin d'un reboot, d'un redémarrage, d'une renaissance ou d'un nouveau souffle. Ce n'est pas un ratage complet, mais la concurrence est rude pour ce type de produit: la franchise Fast & Furious, la franchise James Bond, la franchise Jason Bourne, qui prennent beaucoup de place, sans parler de nouvelles franchises qui souhaitent prendre le créneau (voir de 6 Underground, 2019, de Michael Bay). 
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Swordsmen (Wu Xia, 1h55, 2011) de Peter Ho-Sun Chan

Avec  Donnie Yen, Tang Wei, Takeshi Kaneshiro, Jia-Min Li, Wei Zheng, Zheng-Yuan Zhang, Kang Yu, Kenji Tanigaki, Yan Qin, Xian-Guo Yin.

Donnie Lee mène une vie tranquille avec sa famille dans un village perdu constitué de gens pauvres (nous sommes en 1917 dans le Yunnan). Par hasard, il se trouve mêlé à une agression de bandits dans le village qui essaient de voler le magasin, mais par accident il arrive à immobiliser et tuer ceux-ci. L'un d'eux est un bandit très recherché par le gouvernement chinois. Il en trouve une reconnaissance des villageois, et la suspicion de l'enquêteur, Takeshi Kanishiro, qui est intrigué et ne souhaite pas conclure à une espèce de légitime défense à l'insu de la volonté de Donnie Yen.

Il conduit une enquête, interroge tout le monde, s'immisce dans la vie de Donnie Yen et sa femme, et reconstitue seconde par seconde comment les agresseurs ont pu mourir par accident, car il semblerait qu’ils ont été vaincus par quelqu'un qui connait des points vitaux et les extrêmes raffinements des arts martiaux pour vaincre un adversaire.

Le patron de ce film est universel: un ancien tueur vit dans l'anonymat auprès de gens qui ne connaissent pas son passé, mais celui-ci finira par ressurgir.

La grande qualité du film est de mener ceci par petites touches, avec d’abord le spectateur qui trouve que le policier exagère, et puis finalement que sa suspicion est plausible. Et finalement dans le dernier tiers la narration nous donne les explications. 

L'affiche du film ou le titre du film laisse à penser à un film de sable ou d'action; il n'en est que faiblement question. Il s'agit d'un film policier. Avec un côté ludique pendant une bonne moitié du film.

Le  film est visuellement superbe et contient une multitude de décors réels. L'histoire est travaillée et une fois que le passé ressurgit pour Donnie Lien, le film bascule dans une histoire plus violente et plus sombre. Le travail d'écriture produit une histoire riche sur la durée. Avec une dimension intéressante qui est dédiée aux techniques de médecine chinoise type acupuncture ou la connaissance des points de vie du corps permettent pendant l'enquête de Takeshi Kaneshiro pour résoudre l'intrigue, mais aussi d'aider lors des combats.
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dimanche 10 novembre 2019

Hasta la Vista (2011) de Geoffrey Enthoven

Avec Robrecht Vanden Thoren , Johan Heldenbergh , Gilles De Schryver , Isabelle de Hertogh , Tom Audenaert , Karlijn Sileghem , Kimke Desart. 

Bande-annonce Hasta la VistaC'est l'histoire de trois handicapés, un tétraplégique, un aveugle et un malade condamné au fauteuil roulant. Qui se disent qu'ils n'ont pas encore connu de contact physique intime avec une femme. Ils apprennent qu'un bordel en Espagne accueille les handicapés, "les personnes comme eux". Ils fomentent donc un voyage à l'insu de leur famille jusqu'en Espagne pour arriver à leur fin. Bien sûr, le trajet (en camionnette) sera un parcours initiatique et les choses ne se dérouleront pas comme prévu. Et  ce canevas est un formidable vecteur de drames, d'humour, de moments jubilatoires.
La réussite du film est dans sa manière de montrer le handicap dans sa vie de tous les jours. Et dans son scénario qui mélange adroitement humour et drame, sans condescendance et sans pathos. Ceci accointés à des acteurs formidables: le spectateur se questionne et se met à hésiter et à se demander s'ils n'ont pas fait jouer de "vrais" handicapés physiques.
Même si le canevas dramatique est déjà vu souvent, un beau film, à la fois gai et triste, rempli d'émotions, mais toujours juste.


samedi 4 mai 2019

The Ward (2011) de John Carpenter

Avec Amber Heard, Mamie Gummer, Danielle Panabaker, Laura-Leigh, Lyndsy Fonseca, Jared Harris, Sali Sayler, Sean Cook, Sydney Sweeney, Mika Boorem, Milos Milicevic, Lonny W. Waddle.
The Ward : L'Hôpital de la terreur Blu-rayJohn Carpenter nous fait du Carpenter dans ce film qui est le dernier qu'il a réalisé jusqu'à maintenant. Nous y retrouvons sa mise en scène typique avec ses longs travellings ou ses panoramiques, ici dans un univers d'hôpital psychiatrique (couloirs, chambres, parties communes). Le film fait penser par moment aux scènes dans l'hôpital psychiatrique de L'Antre de la Folie (1994). Si le film ne fait pas forcément peur, car il est plus dans le registre du film de suspense, il contient néanmoins quelques séquences de surprises où le spectateur sursaute. Ce n'est pas un film d'horreur (même si graphiquement il s'y apparente), mais plutôt un film à suspense.
Sinon le film dans une unité de temps et de lieu permet d'allonger un ensemble de clichés et de choses déjà vu maintes fois ailleurs, mais plutôt bien emballés. John Carpenter est très fort pour filmer les décors et en tirer une atmosphère. En l'occurrence ici c'est cet hôpital psychiatrique avec son pavillon des handicapés mentaux, très cinégénique.
Le film n'est pas surprenant non plus dans le sens où nous devinons la fin et son retournement.
Par contre, ce qui manque fortement au film, et cruellement, c'est une musique à la John Carpenter! Ici il n'a pas composé la musique du film et cela se ressent fortement: elle est d'une banalité et remplie de clichés. Il est d'ailleurs curieux (et regrettable) de constater que depuis ce film John Carpenter se contente de faire vivre sa musique à travers des concerts et est devenu un musicien à temps plein et non plus un cinéaste.

lundi 26 décembre 2016

The Thing (2011) de Matthijs van Heijningen

Avec Mary Elizabeth Winstead, Joel Edgerton, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Ulrich Thomsen, Eric Christian Olsen, Trond Espen Seim, Kristofer Hivju, Paul Braunstein, Kim Bubbs, Jo Adrian Haavind, Carsten Bjornlund, Jorgen Langhelle.
The Thing 
La qualité du film est de construire et d'alimenter tout ce que l'on trouve dans le film de John Carpenter (The Thing, 1982). C'est-à-dire que le film prépare tout ce qu'il faut et explique comment on est arrivé à l'état de la station norvégienne quand les Américains vont la visiter dans le film de John Carpenter.
Ainsi il explique bien toutes les choses qu'il y a en entrée du fil de Carpenter. Par contre, ce film est beaucoup plus explicite sur la représentation du monstre et ceci probablement grâce à l'utilisation des effets numériques qui permettent de le décrire plus facilement. C'est d'ailleurs intéressant decomparer cette créature numérique, quelque part beaucoup moins impressionnante que les créatures et les effets de Rob Bottin dans le film de John Carpenter qui étaient faits devant la caméra.
Le film n'est par contre pas du tout intéressant sur sa distribution qui est archétypique: le casting type marche à fond et nous savons dès leur première apparition tous les personnages qui vont disparaître.
Le film n'est pas réussi non plus avec son utilisation de personnages américains, au nombre de trois,  personnages inexistants dans le film de 1982. Quant à Mary Elizabeth Winstead, elle à l'air d'y croire.
Au total, le film ne brille pas par sa mise en scène, mais survit grâce à sa filiation avec le film de 1982.

jeudi 5 février 2015

Contagion (2011) de Steven Soderbergh

Avec Marion Cotillard, Matt Damon, Laurence Fishburne, Jude Law, Kate Winslet, Bryan Cranston, Jennifer Ehle, Gwyneth Paltrow

Le navet de haut vol. Cette pléiade d'acteurs confirmés, et stars pour certains, est au service d'un scénario sans continuité (des pans entiers de personnages disparaissent en cours de route et le film ne nous dit pas ce qu'ils deviennent). Ou alors faut-il considérer que le film est très mal monté? Pas de tension, pas de dramaturgie, tout est mou. Un film mou.
Cette histoire ne suscite aucune empathie et l'on se moque de ce qu'il advient ou peut arriver aux personnages. Il fait regretter la bonne série B de Wolfgang Petersen, Alerte ! (Outbreak, 1994) qui passe pour un chef d’œuvre à côté de cet objet flasque.
Par ailleurs le film sombre dans le ridicule à la fin en nous expliquant l'origine du virus (des chauves-souris mangent des bananes qui sont mangées par des cochons qui eux contaminent l'homme).
Le film ressemble à un téléfilm bas de gamme. À moins que ce soit un film expérimental et qu'il faille l'apprécier au troisième degré... Le sujet est plus adapté pour une série télévisée.

jeudi 26 décembre 2013

ATTACK THE BLOCK (2011) DE JOE CORNISH



Avec Nick Frost, Jodie Whittaker, John Boyega.

Sur un canevas vu plusieurs fois, ce "petit" film anglais s'avère plaisant à suivre, réservant son lot de surprises au cours du récit, pour donner au total une très bonne série B.
Il pleut des extraterrestres dans une cité de banlieue de Londres où règne un petit caïd (armes blanches et batte de baseball), un gros caïd (pistolet et fusil mitrailleur), et deux enfants apprentis caïds (pistolet à eau, rempli d'essence!). Ils vont être  confrontés pendant une nuit à ces extraterrestres qui sont une boule de poil noire avec une grande bouche constellée de dents acérées fluorescentes (du plus bel effet, car le film se déroule pendant la nuit).
Ce sont principalement le petit caïd et son groupe que nous suivant, de leur agression (vol de sac à main) d'une infirmière, à leur affrontement avec les extraterrestres.
Il n'y a donc ici pas de forces spéciales, pas d'armée ni de MIB qui vont intervenir pour les aider. Surtout que la police les prend pour des délinquants.
Tout cela donne un film de terreur rigolo. Ou alors une comédie fantastique. Qui fonctionne parfaitement bien.
Bande-annonce Attack The Block

BAD TEACHER (2011) DE JAKE KASDAN



Avec Cameron Diaz, Justin Timberlake, Lucy Punch, John Michael Higgins, Jason Segel, Phyllis Smith.

Le bad teacher, c'est Cameron Diaz, vénale, prête à tout pour plaire aux hommes riches, mais qui en attendant est professeur dans un collège (le scénario ne nous explique pas comment elle est arrivée là; on s'en moque un peut-il faut dire).
Même si on sait déjà comment le film va se terminer (la fin est typique de la production étatsunienne), ce personnage vraiment pas sympathique le deviendra un peu vers la fin.
Une grande qualité du film est sa distribution formidable: tous les acteurs, au physique très étatsunien moyen, sont très bons, sont bien écrits, existent et sont très charnus (même si certains sont un peu caricaturés).
La plus faible est Cameron Diaz, parce que son personnage est le plus monolithique, n'évoluant que peu pendant le film, sauf dans le dernier quart. Où elle devient sympathique (principale faiblesse du scénario, cela parait un peu brutal).

mardi 12 novembre 2013

MA PART DU GATEAU (2011) DE CEDRIC KLAPISCH



Curieux que ce film très schématique. Un opérateur de marché pas sympathique s'entiche de sa femme de ménage qui lui apprend la vie: la vie de famille (comment s'occuper de son fils). Lui, il lui explique comment il spécule sur les entreprises jusqu'à les couler si besoin.
Les acteurs fonctionnent et sont plutôt bons.

La démonstration est appuyée. Mais ce n'est pas très subtil. Comment se fait-il qu'un film comme ça puisse être financé et réalisé? Sans invention, caricatural, systématique. Ce n'est pourtant pas le film d'un débutant.

BULLHEAD (2011, RUNDSKOP) DE MICHAEL R. ROSKAM



Ce film policier se déroulant dans le milieu agricole est toujours aussi réussi. Les ingrédients produisent un résultat assez unique: trafic d'hormones pour doper les bestiaux; traumatisme de l'enfance qui amène notre personnage principal à se doper et à prendre des hormones; policiers pas forcément véreux, mais quand même un petit peu glauques; petites frappes pas très méchantes; l'exotisme avec des accents et de la belgitude. Ces ingrédients donnant un film passionnant à suivre, pas de tout repos, mais mémorable.