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dimanche 23 juillet 2023

House Of Gucci (2h38, 2021) de Ridley Scott

Avec Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jeremy Irons,  Jared Leto, Camille Cottin , Salma Hayek, Jack Huston.

Ridley Scott nous raconte une histoire de la famille Gucci. Histoire qui est centrée sur celle du fils Gucci, incarné par Adam Driver, (toujours en suspension, pour un personnage peu malin et en dehors des réalités), qui n'a pas beaucoup de talent (même aucun si nous considérons l'ensemble du film). Mais qui doit gérer la marque créée par son père (Jeremy Irons) et son oncle (Al Pacino), ainsi que son cousin (Jared Leto, méconnaissable, mais qui interprète peut-être le seul personnage humain). Il va se marier avec une amoureuse ambitieuse (Lady Gaga, interprétation fonctionnelle). Mais les choses vont évoluer vers des drames familiaux et financiers.

Nous sommes déçus, car le film est mièvre : il manque de cruauté, de sang, de viscère, de sexe, de gore ou de violence graphique. Choses que Ridley Scott égrène régulièrement dans ses films, mais qui sont absentes ici. Et qui auraient été intéressantes dans un univers de luxe : des jets de sangs sur un beau marbre, sur de belles chaussures ou sur un beau tissu de costume, auraient été plastiquement intéressants.
Ridley Scott essaie probablement d’être fidèle à l'environnement qu'il recrée (le luxe, l'Italie, les costumes et décors). Les crédits techniques sont impeccables : acteurs, costumes, décors, maquillages, photographie, tous sont très réussis. Mais cela ressemble à un projet qui reste à finaliser...
À voir comme un téléfilm de luxe dans le luxe, fade (le luxe, et le film) et sans ambition. Les beaux décors ont déjà tenté Ridley Scott à plusieurs reprises. Mais le film manque de tonicité, un peu à l'image du personnage interprété par Adam Driver, fade et mou à la limite de la catalepsie. 
House of Gucci [Blu-Ray]

dimanche 8 août 2021

American Gangster (2007, 2h37) de Ridley Scott

Avec Denzel Washington, Russell Crowe, Chiwetel Ejiofor, Josh Brolin, Lymari Nadal, Ted Levine, Roger Guenveur Smith, John Hawkes, RZA, Yul Vazquez, Malcolm Goodwin, Ruby Dee, Carla Gugino, Ruben Santiago-Hudson.

De la superbe matière pour Ridley Scott qui adore recréer des univers pour des superproductions. Ici la mafia de la drogue de Harlem puis New York avec un Denzel Washington qui adore interpréter ce genre de psychopathe presque sympathique.

Le scénario est dense ainsi que le film. Que ce soit sur l'industrie de la drogue, que ce soit sur la reconstitution historique, que ce soit sur l'aspect documentaire. Chacun des arcs dramatiques évolue par petits pas et ils finissent par se rejoindre: d'un côté Frank Lucas alias Denzel Washington avec son ascension progressive et sa domination du marché de la drogue; de l'autre Russell Crowe, flic intègre, qui essaie de comprendre ce qui se passe et qui constitue la première équipe de policiers antidrogue, dans un monde policier où la corruption semble la règle: Russell Crowe suscite le mépris de ses collègues policiers, car il est intègre, et il suscite la curiosité des mafieux, car il est intègre.

Belle réussite donc pour Ridley Scott, qui sait choisir ses scénarios et ses collaborateurs, ainsi que ses scénaristes: ici Steven Zaillan qui est responsable du scénario. Scénario qui embrasse la vie de famille de chacun des personnages, ainsi que leur vie professionnelle et ceci avec la richesse des détails de chacun des univers décrits qui confère la dimension de documentaire au film.

 American Gangster [Import anglais]

dimanche 29 novembre 2020

Tout L'Argent Du Monde (2017) de Ridley Scott

Avec Michelle Williams, Christopher Plummer, Mark Wahlberg, Romain Duris, Timothy Hutton, Charlie Plummer, Andrew Buchan, Marco Leonardi, Giuseppe Bonifati, Nicolas Vaporidis, Andrea Piedimonte Bodini.

Toutes les qualités du film de Ridley Scott sont là : des productions values phénoménales, une  distribution d'actrices et d'acteurs de première catégorie. Ou presque. Car il manque le scénario passionnant, ou le sujet original pour que le film soit une réussite.

Du côté de l'histoire, nous sommes dans le sous-genre policier du film d'enlèvement avec rançon et enquête. Mais ici, originalité du scénario, il n'y a pas d'enquête, le point de vue de la police est quasi absent, si ce n'est la police italienne qui visiblement en ces années 1970 ne maitrisait rien et était à la solde des mafias. Et  deuxième originalité, il n'y a personne qui réclame l'enlevé. Plus précisément, l'enlevé est le petit-fils d'un milliardaire qui refuse de payer la rançon. Ce qui fait que sa mère, pauvre et sans moyen, essai de payer la rançon, mais elle n'a pas d'argent, et comme la police étasunienne n'est pas prévenue et que le kidnapping est en Italie, elle ne peut pas faire grande chose.

Le problème du scénario et de la narration est que nous nous moquons de ce qui arrive au kidnappé (il ne suscite aucune empathie). Par contre le film provoque de l'empathie avec la mère, mais qui finalement rentre dans le moule à la fin. Car le grand père, milliardaire, le plus riche du monde, mais aussi le plus radin. Il s'agit de Jean Paul Getty et le film est donc un film historique. Nous imaginons que la réalité fut pire encore. Et un des rares plaisirs du film est de le voir mourir.

Entre le fils du milliardaire, sa belle-fille, le milliardaire ou le petit-fils, le film illustre l'adage qui dit que l'argent ne fait pas le bonheur. Les pauvres vont être contents.

La narration est plutôt tortueuse, les choses avançant lentement, voire très lentement, sans high-tech (nous sommes dans les années soixantaine dix) et sans suspense avec poursuite haletante. Dans la distribution, nous trouvons le personnage raté de Mark Wahlberg, qui ne sert pas à grand-chose, homme de main du milliardaire radin au début, puis se ralliant brutalement à la mère du kidnappé à la fin. Il pourrait être retiré, cela ne changerait rien à l'histoire ni à la narration. Michelle Williams est par contre la principale qualité du film, avec une interprétation toute en finesse, avec une palette variée.

Un film passable, et Ridley Scott peut mieux faire.

https://fr.web.img3.acsta.net/c_310_420/pictures/17/12/18/12/32/5089371.jpg

lundi 23 novembre 2020

Gladiator (2000, 2h35) de Ridley Scott

Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed, Richard Harris, Derek Jacobi, Djimon Hounsou, David Schofield, John Shrapnel, Tomas Arana, Ralf Moeller,  Spencer Treat Clark, David Hemmings,  Tommy Flanagan, Sven-Ole Thorsen, Omid Djalili.

Le film qui a relancé les films en costumes voire les péplums après leur désuétude des années 1990. Avec Russel Crowe, lorsqu'il était mince. Que retenons-nous du film? Une violence plutôt sympathique, mais moins brutale que chez Mel Gibson. Une histoire prévisible, sans savoir si cela correspond à une réalité historique, dont l'ingrédient le plus intéressant est le personnage de Joachim Phoenix, qui interprète un Commode qui tue son père et qui possède un amour immodéré pour sa soeur. Nous comprenons qu'il manque de beaucoup d'amour. Ce qui en fait un méchant assez trouble, pathétique et psychotique, ce qui en fait un personnage parfait pour la narration.

L'ensemble est bien conduit. Les productions values sont au top, mais c'est une tautologie pour un film de Ridley Scott. La narration est simple et tout ce que nous imaginons arrive. Curieusement, le film arrive à produire de l'émotion lorsque l'on considère le personnage de Russell Crowe avec sa femme et son enfant et sa terre. Curieusement, car le reste du film est surtout dans la brutalité et la balourdise. 

Le principal intérêt du film est le personnage d'Olivier Reed, halluciné et possédé, que nous ne voyons que trop peu. Et la plastique de Connie Nielsen, trop rare, qui interprète habilement celle qui doit naviguer entre tous (son frère, Gladiator, les sénateurs).

Gladiator Poster

mercredi 11 novembre 2020

Robin des bois (2010, 2h20) de Ridley Scott

Avec Russell Crowe, Cate Blanchett,  Max von Sydow, William Hurt, Mark Strong, Oscar Isaac, Danny Huston, Eileen Atkins, Mark Addy, Matthew Macfadyen, Kevin Durand, Scott Grimes, Alan Doyle, Douglas Hodge, Léa Seydoux.

Ce Robin des Bois reste une déception. Principalement parce qu'il n'a aucun rapport avec le Robin des Bois que nous connaissons (pour les personnes âgées comme nous). Et qui dans notre mémoire évoque de la dynamique, de la légèreté, de l'humour, quelqu'un qui pille les riches pour donner aux pauvres (le patron étant Les Aventures de Robin des Bois - 1938 - de Michael Curtiz et William Keighley, puis refait à de multiples reprises). Il n'y a rien de tout cela ici.

Le film finit ici sur la genèse du Robin des Bois que nous connaissons, et encore cela est très rapide et arrive de manière abrupte. Le film prépare la petite équipe qui soutiendra Robin des Bois et ses différents personnages. Peut-être ce film a-t-il été conçu comme un prélude à une franchise... Ce qui peut paraître ridicule au milieu des franchises Star Wars et Marvel/DC-Comics.

Néanmoins, Ridley Scott a voulu faire un film historique sur cette période du moyen âge entre l'Angleterre et la France. Film historique, comme il aime en faire (1492: Christophe Colomb  - 1992 -, Exodus: Gods and Kings - 2014 -, Gladiator - 2000 -), mais aussi comme il sait les réussir avec brio (Kingdom of Heaven -  2005 -, Duellistes - 1977 -).

Le film n'est pas ennuyeux, mais au total nous restons sur notre faim. Il n'y a pas d'humour. Ce n'est pas gai. Le film est très terne et pas très joyeux. La narration prend son temps (scénario de Brian Helgeland), l'histoire progresse et nous la suivons avec intérêt, mais sans être passionnante car très prévisible. Mais clairement le film aurait dû porter un autre nom.

En complément, la distribution est parfaite. Les horreurs de la période sont sympathiques, notamment dans le réalisme des armes, us et coutumes, costumes, protocoles entre dominants et dominé. Russell Crowe n'est pas très loin de son personnage de Gladiator (2010). Un peu mystérieux, nous ne comprenons pas toujours les décisions qu'il prend. Mais la distribution autour est parfaite.

Robin des Bois Poster

vendredi 13 octobre 2017

Kingdom of Heaven (2005, Director's Cut) de Ridley Scott

Avec Orlando Bloom, Liam Neeson, David Thewlis, Eva Green, Marton Csokas, Brendan Gleeson, Ghassan Massoud, Jeremy Irons, Iain Glen, Alexander Siddig, Velibor Topic, Edward Norton, Jon Finch, Martin Hancock, Michael Sheen, Nathalie Cox, Eriq Ebouaney, Jouko Ahola, Philip Glenister, Bronson Webb, Lofti Yahya, Samira Draa, Ulrich Thomsen, Kevin McKidd, Michael Fitzgerald, Nikolaj Coster-Waldau, Tim Barlow, Mathew Rutherford.

Kingdom of HeavenLe chef-d’œuvre de Ridley Scott. Après Les Duellistes (1977) et Blade Runner (1982). Il était temps. Il n'y avait pas de réussite dans ses films historiques depuis Les Duellistes. Et ce malgré de multiples tentatives: Les Duellistes  (1977) donc, mais aussi 1492 Christophe Colomb (1992, film gore refoulé), Gladiator (2000, dont la seule empreinte mémorielle est d'avoir lancé Russell Crowe), Robin des Bois (2010, qui a permis de réévaluer positivement celui de Kevin Costner), jusqu'au récent Exodus : Gods and Kings (2014, massacré par Christian Bale).
Nous y retrouvons son talent de créateur d'univers. Ici au service d'un arrière-plan historique parfaitement romancé par William Monahan.
Cette version director's cut est par bien des aspects la version de référence et bien plus intéressante que le montage cinéma. Le prologue jusqu'à Messine est indispensable et donne un socle fondamental au scénario et aux drames qui arrivent. La sous-intrigue avec le fils de Sybille donne un éclairage nouveau sur son personnage. Bref, le montage cinéma est à fuir.
Le film est une parfaite romance, c'est-à-dire un roman de chevalerie. Romance dans la relation de Balian (Orlando Bloom) avec Sybille (Eva Green). Mais aussi romance dans sa relation à ses hommes, dans sa relation avec Saladin (Ghassan Massoud, personnage presque principal du film), dans sa relation avec le Roi de Jérusalem (très beau personnage d'Edward Norton), dans sa relation avec L'Hospitalier (David Thewlis). Il est probable qu'il contienne des approximations historiques. Mais Il reste néanmoins passionnant de bout en bout. Et ceci principalement grâce à ces romances et les thématiques qu'il aborde ou effleure, mais essentielles à la narration. Même si le film contient ce qu'il faut de séquences spectaculaires et de violences, le film n'est pas là, mais bien dans ses multiples personnages et sous intrigues.
Il s'agit donc d'un impressionnant et beau travail de scénario où chaque personnage secondaire existe, est caractérisé, et contribue au chemin initiatique d'Orlando Bloom. Dont le jeu rentré fait mouche, pour une fois. Le tout est emballé dans un ensemble de production values que Ridley Scott et son équipe maitrisent parfaitement où sciences et consciences cohabitent parfaitement.

mardi 30 mai 2017

Alien: Covenant (2017) de Ridley Scott

Avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demian Bichir, Carmen Ejogo, Jussie Smollett, Callie Hernandez, Amy Seimetz, Nathaniel Dean, Alexander England, James Franco, Benhamin Rigby, Noomi Rapace, Guy Pearce, Uli Latukefu, Tess Haubrich.

Encore une fois Ridley Scott et ses scénaristes réussissent la synthèse de l'ensemble de la franchise Alien, tout en introduisant de nouveaux éléments (un alien honorant son créateur ou un autre qui essaie de communiquer). Le film commence un peu comme une mission sur Mars avec réparation extérieure dans le style réaliste de la veine d'un Gravity, puis le film bifurque vers la franchise Alien et là, brutalement le film enchaine des séquences d'horreur efficaces, anxiogènes, mélangées à des séquences d'action.  Le montage est très saccadé, à la limite de la lisibilité, mais cela scotche le spectateur à son fauteuil et le fait sortir de son ronron liminaire.
Alien : Covenant Blu-rayEnsuite le film se calme, devient très verbeux, grâce aux différentes interprétations de Michael Fassbender (qui est la star du film), avec des séquences d'explications, voire philosophiques (voir le débat entre les deux robots). Le film prend alors une autre tournure, plus explicative et fait le lien explicite avec Prometheus (qu'est devenue Noomi Rapace ainsi que son copain le robot - encore Michael Fassbender -, qu'elle est cette planète et que son devenus les Ingénieurs? Le film répondant à toutes ces questions). Ce film est la suite directe de Prometheus.
Le catalogue des poncifs de la franchise est présent: la scène dans le bloc médical, la traque de la bête dans les coursives via écrans interposés, le groupe (ici ce n'est pas un commando) qui découvre une planète, mais n'y trouvera pas ce qu'il imagine, les séquences avec les caissons pour l'hyper sommeil, les aliens qui sortent du torse (et une variante que nous laissons déguster au spectateur), les mutations et hybridations diverses. Etc. La force du film est d'utiliser des réminiscences des quatre premiers Alien  ainsi que de Promotheus.
Deux grosses faiblesses. La première concerne le scénario, déjà vu mainte fois dans la franchise, et ailleurs. La deuxième faiblesse est la distribution et le traitement que subissent les personnages: nous n'avons aucune empathie pour ceux-ci, Ridley Scott non plus, et ils sont vite expédiés (Ridley Scott préférant filmer Michael Fassbender). Nous nous moquons de ce qu'ils leur arrivent. Nous sentons que Ridley Scott est plus préoccupé par la troisième partie du film, celle qui explique et pose de nouvelles questions, qui montre ce que sont devenus David (Michael Fassbender) et Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et qui ouvre de nouvelles perspectives.
Quand au final, ouverture vers la suite, elle est convenue. C'est donc un mélange de routine et d'éléments novateurs, qui au total n'est pas complètement satisfaisant.

samedi 21 janvier 2017

Alien, le Huitième Passager (1979) de Ridley Scott

Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto.

Alien Le huitième passager Digibook Blu-rayVisionner Alien reste une expérience. Le film prend son temps. Il décrit en des mouvements lents, panoramiques, travellings, les immenses décors et coursives du Nostromo. Il décrit aussi un univers sonore riche et varié à base de bruit de machines, de mécanismes, de bruits d'air. Nous restons étonnés aussi, mais finalement c'est une bonne idée, de l'arrivée du monstre, de la vilaine bête pas du tout sympathique, au bout d'une heure de film.
Le film contient aussi une direction d'acteurs plutôt fine, appuyée il est vrai par de bons acteurs qui rendent tout cela crédible.
Autres éléments constitutifs du film qui lui donne sa force est la musique de Jerry Goldsmith. Cette musique n'est pas envahissante, mais contribue à sa manière au bruitage, riche et varié, fait de multiples petits clignotements à chaque coin de l'image, sans être trop appuyée, mais contribuant grandement à maintenir un climat de tension léger et persistant.
La direction artistique, est phénoménale avec  l'apport de Hans Rudy Giger qui donne à l'alien et ses différents états, ainsi qu'au décor de son antre, des visuels uniques et marquants.
Sur la distribution, le seul point faible est peut-être celui de Ian Holm. L'interprétation de l'acteur est dès le début l’ambiguïté de son personnage. Et nous comprenons vite que le personnage à un double jeu et  qu'il ne fait pas partit de l'équipe. Mais à l'inverse, ses tics et ses mimiques, ses gestuelles un peu bizarres peuvent être vues comme une interprétation subtile du personnage. Dans tous les cas, nous ne sommes pas surpris lorsqu'il tente de tuer Ripley.
Ridley Scott signait un film de science-fiction à l'opposée de la franchise Star Wars: ici il y a de la saleté, de la rouille, de la sueur, des suintements, de la vapeur, du sang, de multiples choses, qui font passer La Guerre des Étoiles pour des films jouet et enfantins.

dimanche 25 décembre 2016

Prometheus (2012) de Ridley Scott

Avec Noomi Rapace, Logan Marshall-Green, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Guy Pearce, Sean Harris, Rafe Spall, Emun Elliott, Benedict Wong, Kate Dickie.


Prometheus Combo Blu-ray 3D + 2D + DVDPrometheus est à la fois classique, sans invention  dans son histoire, ses sous-intrigues et son déroulement: il est possible de  deviner dès le début qui va mourir, que les deux qui se séparent du groupe vont disparaitre, que l'architecture et les enchainements ne sont pas surprenants voire prévisibles.
Nous sommes par contre devant une direction artistique phénoménale, des moments poétiques (la visualisation des galaxies et des planètes, l'enregistrement des ingénieurs qui courent dans les coursive de leur vaisseau) .
le prologue n'est pas sans rappeler l'ouverture de Shining ou le final de 2001 L'Odysse de L'espace - Ridley Scott ne se cache pas d'avoir été traumatisé par Stanley Kubrick -.
On trouve par ailleurs bien des éléments de la série Alien: beaucoup de coursives sombres, de l'humidité, du gore, des vilaines bestioles pas du tout amicale, des bestioles que l'on montre frontalement, ou que l'on suggère (pénombre, écran).
Un film somme en quelque sorte. Qui n'est pas une prequel. Ni un reboot. Mais qui pourrait être un film dérivé (un spin-off).
Un film explique d'où viennent les créatures de la franchise Alien que nous connaissons déjà. Il explique aussi qui les a créés et pourquoi. Des humains cherchent à savoir d'où vient la race humaine et le film fait des hypothèses là-dessus. Le film nous laisse entendre que les humains ont été créés par des extraterrestres, mais aussi qu'ils essaient ou vont tenter de détruire la Terre. Nous imaginons que la suite de ce film sera de tenter de savoir pourquoi ces créatures veulent faire ça.
Une des autres qualités du film est sa distribution. Noomi Rapace, Charlize Theron, Idris Elba et Michael Fassbender. Ce film prend un peu le contre-pied de la franchise Alien: Michael Fassbender est le robot de ce film, pas forcément malfaisant vis-à-vis des humains, car il permet de sauver à la fin un des personnages. Mais néanmoins il est celui qui sème la discorde et introduit les virus extérieurs au sein de l'équipe. Michael Fassbender excelle dans ce personnage au physique lisse et au comportement ambigu.


vendredi 23 septembre 2016

Seul Sur Mars (2015) de Ridley Scott



Avec Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig, Jeff Daniels, Michael Peña, Sean Bean, Kate Mara, Sebastian Stan.

Seul sur Mars Edition Fnac Blu-ray + DHDLe Ridley Scott des années 2000 est un animal connu et prévisible. Il lui faut deux, trois, voire quatre films avant d'en faire un bon. On a l'impression qu'il tâtonne. Avant Kingdom of Heaven (2005, peut être son chef d’œuvre), il a fallu subir Hannibal (2001, aimable comédie) et Les Associés (2003, film oublié avant d'exister et oublié depuis qu'il existe). Avant Prometheus (2012), il a fallu subir Une Grande Année (2006, encore un film oublié avant d'exister), American Gangster (2007), Mensonges d'Etat (2008) et Robin des Bois (2010). D'ailleurs la constante de ses mauvais films est leur faible hystérésis: aussitôt vus, aussitôt oubliés. En particulier les Russel Crowe. Étonnant. Avant Seul Sur Mars (2015), il a fallu subir Cartel (2013, nanar culte) et Exodus: Gods and Kings (2014, somptueux navet).
Ses films dépendent du scénario, de la distribution. La mise en forme est toujours impeccable et la force de Ridley Scott est dans la création des univers.
Ici c'est plutôt un bon scénario. Et Ridley Scott a eu un challenge à sa portée: recréer un univers complet, un univers à anticiper.
Ce Seul Sur Mars, sur un patron de scénario déjà vu mille fois, est plutôt un bon cru pour Ridley Scott. Le film arrive à être captivant, sans être passionnant. Le film sera un bon film de dimanche après midi pluvieux.
La distribution est solide, sans être inventive (encore Jessica Chastain; les actrices étatsuniennes seraient elles en voie de disparition?). On imagine que le succès de Gravity (2013) a du accélérer la production de celui-ci. Ce fut une bonne idée: le Ridley Scott est bien plus intéressant que l'Alfonso Cuarón. Surement parce que Ridley Scott n'est pas intéressé par les états d'âme de ses personnages et n'a pas d'empathie pour eux.

mardi 16 juin 2015

Exodus Gods and Kings (2014) de Ridley Scott

Avec Christian Bale, Joel Edgerton, Ben Kingsley, John Turturro, Aaron Paul, Ben Mendelsohn, Sigourney Weaver.

Mais que s'est il passé ? Quelle déception. Après un film balourd, Gladiator, après un Kingdom of Heaven magnifique chef d'oeuvre, Ridley Scott réinvestie sa veine péplum film historique (n'oublions pas non plus son premier magnifique Duellistes) et signe une bouse infâme. Quel ennui devant cette succession de scènes très joliment peinturlurées avec le numérique.
Le film ennui, car il ne provoque aucune empathie. A la limite, le méchant, le Ramsès, est celui qui a le plus de personnalité, même si l'on comprend bien qu'il n'est pas très futé. Et Christian Bale, qui fait du Christian Bale, c'est-à-dire qu'il devient la caricature du personnage type qu'il incarne usuellement.
Le film ne recèle aucun intérêt : culturel, historique, politique, sociétal. C'est le vide intersidéral derrière les beaux décors numériques.
Un coup pour rien pour Ridley Scott. Et cela confirme encore ce que l'on pensait de lui: la qualité de ses films est liée au sujet et au scénario. Bon sujet et bon scénario veulent dire bon Ridley Scott. Ensuite, l'emballage technique est très souvent parfait. Mais il ne suffit pas au film à donner une âme, une singularité.
Et le film confirme un des mystères du cinéma : pourquoi les films avec Ben Kingsley sont-ils des navets ou plus exactement les pires de leurs auteurs? Des exemples : Hugo Cabret, Schindler's List, l'Enfer du Devoir, BloodRayne... Étonnant une telle constance.

vendredi 2 novembre 2012

Prometheus (2012) de Ridley Scott

Avec Noomi Rapace, Logan Marshall-Green, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Guy Pearce, Sean Harris, Rafe Spall, Emun Elliott, Benedict Wong, Kate Dickie.



Prometheus est à la fois classique, sans invention  dans son histoire, ses sous-intrigues et son déroulement: on peut deviner dès le début qui va mourir, que les deux qui se séparent du groupe vont disparaitre, que l'architecture et les enchainements ne sont pas surprenants voire prévisibles.
On est par contre devant une direction artistique phénoménale, des moments poétiques (la visualisation des galaxies et des planètes, l'enregistrement des ingénieurs qui courent dans les coursive de leur vaisseau) .
le prologue n'est pas sans rappeler l'ouverture de Shining ou le final de 2001 L'Odysse de L'espace - Ridley Scott ne se cache pas d'avoir été traumatisé par Stanley Kubrick -.
On trouve par ailleurs bien des éléments de la série Alien: beaucoup de coursives sombres, de l'humidité, du gore, des vilaines bestioles pas du tout amicale, des bestioles que l'on montre frontalement, ou que l'on suggère (pénombre, écran).
Un film somme en quelque sorte. Qui n'est pas une prequel. Ni un reboot. Mais qui pourrait être un film dérivé (un spin-off).
Un film explique d'où viennent les créatures de la franchise Alien que nous connaissons déjà. Il explique aussi qui les a créés et pourquoi. Des humains cherchent à savoir d'où vient la race humaine et le film fait des hypothèses là-dessus. Le film nous laisse entendre que les humains ont été créés par des extraterrestres, mais aussi qu'ils essaient ou vont tenter de détruire la Terre. Nous imaginons que la suite de ce film sera de tenter de savoir pourquoi ces créatures veulent faire ça.
Une des autres qualités du film est sa distribution. Noomi Rapace, Charlize Theron, Idris Elba et Michael Fassbender. Ce film prend un peu le contre-pied de la franchise Alien: Michael Fassbender est le robot de ce film, pas forcément malfaisant vis-à-vis des humains, car il permet de sauver à la fin un des personnages. Mais néanmoins il est celui qui sème la discorde et introduit les virus extérieurs au sein de l'équipe. Michael Fassbender excelle dans ce personnage au physique lisse et au comportement ambigu. 
 
Bande-annonce Prometheus