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vendredi 17 juillet 2026

Eega, La Mouche Vengeresse (2h25, 2012) de S.S. Rajamouli

Avec Sudeep, Nani, Samantha Ruth Prabhu, Hamsa Nandini, Crazy Mohan, Santhanam, Adithya Menon, Chandra Sekhar, Srinivasa Reddy, Sivannarayana.

Histoire d'amour et vengeance : comme beaucoup de films d'origine d'Inde (ici provenant de Tollywood, la production des films en langue telugu à Hyderabad dans le Telangana), ce sont les principaux ingrédients de cette histoire. Nani est amoureux de Samantha Ruth Prabhu, qui joue avec lui et le fait attendre. Le perfide Sudeep croise Samantha Ruth Prabhu et décide de la conquérir, car aucune femme ne lui résiste. Il se débarrasse du gentil Nani, qui, pas de chance, par une mécanique de transmutation de l'âme (si l'on croit à la métempsycose, cela est possible), se retrouve mouche. Et notre gentil Nani décide de se venger en tant que mouche, en faisant en sorte de déstabiliser la vie de Sudeep. 

Le film commence comme une comédie romantique, puis bascule dans le dessin animé, avec un scénario astucieux qui utilise pleinement les possibilités d'action d'un personnage sous forme de mouche. Le film bascule ainsi dans un univers de comédie à forte dose d'images animées numériquement, toujours inventives sur le plan visuel.

S.S. Rajamouli confirme qu'il est un réalisateur sur qui il faut compter, qui est capable d'oser beaucoup de choses. Nous sommes loin de l'ampleur ses chefs-d'œuvre RRR (2022) ou des deux Baahubali (The Beginning - 2015 -, The Conclusion - 2017 -), mais finalement pas si loin, car le film contient son lot d'images qui n'existent nulle part ailleurs.

poster du film Bande-annonce Eega, la mouche vengeresse 

mercredi 11 février 2026

Baahubali 2 : The Conclusion (2h47, 2017) de S.S. Rajamouli

Avec Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Sathyaraj, Ramya Krishnan, Tamannaah Bhatia, Nassar, Subbaraju, Meka Rama Krishna.

Ce film est dans la lignée de son prédécesseur puisqu'il en est la pure  continuité narrative. Son prédécesseur durant déjà 3h30 celui-ci rajoute 15 minutes pour durer 3h45, mais c'est pour le même plaisir jubilatoire. Intrigue de cours, batailles gigantesques, animaux exotiques, combat homérique avec des scènes magnifiques, mais aussi des moments de comédie, et des montages séquences chantées qui s'insèrent dans la dramaturgie et apporte repos ou de belles images pour les yeux. C'est quelque part un bréviaire de la super production où se mêlent le drame intime et le drame cosmogonique ici en l'occurrence un empire, mais avec le drame familial tout comme le drame de la parole donnée. Quelque part Baahubali (alias Prabbas) apparaît comme un superhéros à sa manière puisqu'il a une force terrible et démentielle, et très irréelle bien sûr. Parce qu'il n'y a pas une parcelle de réalité et de réalisme dans cet univers. Tout est hypertrophié et factice. Jusqu'aux voix de nos personnages principaux. Super-héros d'ailleurs un peu naïf parce que son frère, le super méchant, alias Rana Daggubati, est vraiment torve et calculateur, en permanence. Et ce brave Prabbas ne devine jamais ce qui se trame et n'anticipe jamais ses comportements, ce qui est un signe de naïveté, voire de bêtise. Notre Baahubal parait d'ailleurs un petit peu bébête par moment. Mais ce n'est pas grave, car c'est ce qui fait le charme du personnage : un gros bourrin au grand cœur et à la grandeur d'âme, mais qui a le QI d'une chaise pliante.

Les deux films sur cette légende de Baahubali sont un spectacle jubilatoire qui change des routines des fictions occidentales.

poster du film Bande-annonce Baahubali 2 : La Conclusion 

La Légende de Baahubali : Première Partie (Baahubali: The Beginning, 2015, 2h39) de S.S. Rajamouli

Avec Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Tamannaah Bhatia, Sathyaraj, Ramya Krishnan, Nassar, Rohini, Meka Rama Krishna, Adivi Sesh, Prabhakar.

Ce qui saute aux yeux dans un premier temps, c'est la croyance presque naïve dans un spectacle total où tout est faux, mais tout est énorme. Les décors, les effets spéciaux, les monstres, les combats, les séquences, les méchants sont perfides et calculateurs, tout est démultiplié ici dans un concept de film pour l'Inde. C'est-à-dire avec une histoire rabâchée et expliquée à maintes reprises avec une interprétation des acteurs dans la caricature permanente.
Les décors sont grandioses. La partie numérique des images, omniprésentes dans beaucoup de parties de l'image, transparaît souvent, mais ce n'est pas grave, car le film date de déjà de plus de dix ans et la nature numérique des plans transparait. C'est donc en quelque sorte un dessin animé, avec une patine auquel le spectateur s'habitue. Les deux personnages principaux, les deux frères sont hilarants, si on les considère au premier degré dans leur interprétation. Mais cela fonctionne : l'un est perfide et torve (il est vrai appuyé par son papa au bras déformé), l'autre à une hauteur d'âme inégalée, même s'il a la finesse du sanglier (il est très fort, très puissant). Ils se disputent à leur manière tous les deux le trône, et une femme, bien sûr.
Même les montages-séquences chorégraphiés où les acteurs chantent en playback sont souvent magnifiques et nous les regardons jusqu'au bout. D'ailleurs, ils ne sont pas différents des montages séquences des productions actuelles en Occident, où de jolis plans sont enchainés, souvent au drone, avec une chanson (souvent pop) et qui sont en l'occurrence en général beaucoup plus embêtantes que ceux-ci, chorégraphiées et avec un travail de costumes et décors.
La voix des acteurs est aussi hilarante, super grave et virile pour les hommes, et elle s'exprime comme des coups canon, mais cela fait partie du charme ; la bande-son est complètement fausse ; il n'y a pas un son réel dans ce que nous entendons. C'est en quelque sorte un livre de sons et d'images géant qui nous est raconté : un conte où un bébé est poursuivi pour être tué, car il est le fils d'un des rois potentiels ; il atterrit dans un village de pauvres où il sera élevé, mais sera irrésistiblement attiré par des cascades d'eau vers son monde original. C'est le point de départ du film.
Nous sommes ici dans le grandiose tel qu’on peut aussi l'imaginer ou le copier chez un James Cameron avec Avatar (2009) ou un Peter Jackson avec Le Seigneur Des Anneaux (2001 à 2003) ou Le Hobbit (2012 à 2014). Mais ici cela est beaucoup plus divertissant, car mélangeant à la fois l'exotisme, la comédie, l'action, le romantisme, le ridicule, pour un spectacle total.

poster du film Bande-annonce La Légende de Baahubali : 1ère Partie 

samedi 11 mai 2024

RRR (3h07, 2022) de S.S. Rajamouli

Avec N.T. Rama Rao Jr., Ram Charan, Ajay Devgn, Alia Bhatt, Olivia Morris, Shriya Saran, Ray Stevenson, Alison Doody, Samuthirakani, Chandra Sekhar, Makrand Deshpande, Rajeev Kanakala, Rahul Ramakrishna,  Edward Sonnenblick, Varun Buddhadev.

L'esthétique des films de Tollywood (et de beaucoup d'autres cinématographies d'Inde) fonctionne à plein régime ici : acteurs et actrices surjouant en permanence, aucune prise de son réelle et le son est retravaillé de manière irréaliste en studio (les voix sont ridicules), les méchants sont très méchants (et anglais, les méchants en fond des tonnes pour montrer qu'ils sont méchants), les gentils sont très gentils, utilisation du ralenti dans les séquences d'action, doublage pas synchronisé pendant les passages chantés (qui sont distrayants), de grands moments de ridicules (le concours de danse, ou le montage séquence avec chanson sur l'amitié entre les deux personnages principaux), des dialogues ultras redondants et très insistants, une incapacité à raconter une histoire par la mise en scène, l'utilisation à outrance du CGI porn sans souci de réalisme (c'est par moment une esthétique de dessin animé : la séquence du tigre, ou les séries d'explosion à la fin). Autre éléments qui abstrait le film de tout réalisme, sont les capacités physiques de nos deux personnages principaux, qui sont invraisemblables et dignes d'un superhéros, ou plutôt qui est celle de personnage super héroïque qui n'ont peur de rien. 

Ram Charan dans le rôle de Raju, qui a une quête secrète, que nous comprenons petit à petit et surtout tard dans le film. C'est un rôle charismatique.

N.T. Rama Rao Jr. dans le rôle de Bheem, dont la quête est claire dès le début du film. Il recherche et doit ramener la petite fille que les Anglais ont enlevée de son village.

Comme d'habitude les personnages féminins sont la portion congrue. Ici nous avons Alia Bhatt, faire valoir de son mari.  Et Olivia Morris, qui interprète le seul personnage anglais qui ne soit pas excessivement caricatural. 

Mais le film contient des séquences formidables, comme celle de la capture du tigre, ou comme la séquence du pont et du train qui s'enflamme.

Bande-annonce RRR

samedi 31 mars 2018

La Légende de Baahubali : 1ère Partie (Bahubali: the beginnning, 2015) de S.S. Rajamouli

http://fr.web.img2.acsta.net/c_215_290/pictures/16/05/23/12/29/129509.jpgAvec Prabhas, Rana Daggubati, Anushka Shetty, Tamannaah Bhatia, Satyaraj, Nasser, Ramya Krishnan, Sudeep, Prabhakar, Rakesh Varre, Tanikella Bharani, Rohini, Adivi Sesh, Venkat Vadisetti.

Un film indien qui contient à la fois des moments ridicules, des moments poétiques, mais aussi kitchs, voire impressionnants, et bien sûr spectaculaires. C'est une superproduction historique qui se déroule sur deux périodes.
Côté progression dramatique, nous nous en moquons, avec des histoires de fratries et de familles qui se détestent. Cela manque par moment de lisibilité, mais cela n'empêche d'en appréhender les qualités.
La direction d'acteur n'est pas très finaude, en particulier pour les seconds rôles. L'interprétation et les dialogues manquent par moment de subtilité.
Il est étonnant que ces gens soient remplis de superstitions et de croyances. Tout comme l'étaient les gens lors du Moyen-âge. Il est probable que ce Moyen-âge indien soit une vie rêvée; une Inde pas idéale, mais où les schémas sont simples. Notamment par l'invocation permanente d'un dieu.
Les moments chantés sont très beaux: visuellement et musicalement.
Mais au final et au total, le film porte en lui une telle croyance dans le spectacle, qu'il finit par l'emporter. Il y a une telle utilisation du grandiose, que cela donne l'impression qu'il y a une recherche de la grandeur, de l'énorme, probablement un peu ridicule, mais qui donne une patine au film.
Pour un Européen, il y a tout l’exotisme des décors, des costumes, des maquillages et des coupes de cheveux et pilosités.