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dimanche 2 février 2025

Raisons Perdues (1h30, 1984) de Michel Favart

Avec Patrick Fierry, Emmanuelle Béart, Gisèle Grimm, Gérard Dauzat, Jean-Pierre Miquel, Yveline Brière, Caroline Berg, Marie Rivière, Bénédicte Tabourin.

Téléfilm (maintenant on dirait un film directement produit pour le flux de vidéo en ligne) qui suit un psychiatre qui décide d'aider une de ses patientes, ou qui s'amourache d'une malade, Emmanuelle Béart, et qui décide de mener sa propre enquête sur les accusations dont est victime sa patiente. Elle est accusée de meurtre. Il le fera d'ailleurs au risque de perdre son métier, de se faire tabasser, et de reconstituer toutes les pièces du puzzle.

Très bon scénario pour identifier qui est le vrai tueur avec de multiples rebondissements. C'est tiré d'un roman de G.J. Arnaud : histoire riche et complexe. Nous n'avions pas deviné la conclusion de l'enquête. Patrick Fierry est très bon dans le rôle du psychiatre qui tombe amoureux de sa patiente, laissant toujours le spectateur dans l'indécision sur le fait qu'il lui cède ou pas, ce qui permet de toujours se demander pourquoi il fait telle ou telle chose, tout en faisant des choses qui sont contre la volonté de tous ceux qui l'entoure. Le scénario joue très bien sur les ambiguïtés des personnages, à la fois sur leurs actions et leur interprétation. Beau travail scénaristique.

lundi 12 février 2024

Le Flic De Beverly Hills (Beverly Hills Cop, 1h45, 1984) de Martin Brest

Avec Eddie Murphy, Judge Reinhold, John Ashton, Lisa Eilbacher, Ronny Cox, Steven Berkoff, James Russo, Jonathan Banks, Stephen Elliott, Gilbert R. Hill, Art Kimbro, Joel Bailey, Bronson Pinchot, Paul Reiser, Michael Champion.

Il s'agit du premier film de la franchise qui a starisé Eddy Murphy. Mélange d'enquête policière et de comédie où le personnage d'Eddy Murphy et ses deux acolytes de la police de Berverly Hills (Judge Reinhold et John Ashton) provoquent la distanciation cool et l'humour. Le contraste entre le style de police de Détroit  d'où vient Eddy Murphy et la police de Beverly Hills est le moteur du scénario : la différence culturelle et d'ingénierie sociale. Bronson Pinchot amène aussi des éléments d'humour. Du côté des méchants nous avons Steven Berkoff, parfait. Et il est toujours agréable de revoir la sous-estimée Lisa Eilbacher.

La dynamique fonctionne, avec une dose limitée de séquences d'action, mais juste ce qu'il faut. Car ici ce sont les personnages qui comptent et qui font la saveur. D'ailleurs le film commence avec une poursuite avec multiples tôles froissées, qui est plutôt la séquence finale de certains films. Comme pour dire, la voilà, elle est faite, maintenant nous pouvons nous consacrer aux personnages et aux chocs culturels. La musique d'Harold Faltermeyer est aussi marquante. Elle contribue à l'empreinte mémorielle du film. Qui est un manifeste de l'esthétique et parfum des années quatre-vingt.

Bande-annonce Le Flic de Beverly Hills

lundi 31 octobre 2022

A Mort L'Arbitre (1h22, 1984) de Jean-Pierre Mocky

Avec Michel Serrault, Carole Laure, Eddy Mitchell, Laurent Malet, Claude Brosset, Jean-Pierre Mocky, Nathalie Colas, Géraldine Danon, Nathalie Dauchez, Sophie Moyse.

Jean-Pierre Mocky est un maître dans la construction de films avec des personnages détestables, de prétention grotesque d'une manière insolente et déplaisante, médiocres bien sûr, qui se comportent comme des bêtes, pour la jubilation du spectateur. Ce qui permet de dénoncer beaucoup de choses comme souvent chez le réalisateur.

Entre Michel Serrault qui campe un psychopathe, Eddy Mitchell qui lui est un arbitre qui manque de psychologie, hautain et médiocre, et toute la galerie des personnages qui gravitent autour: aucun n'est a sauver, aucun ne suscite d'empathie. Même pas Carole Laure la fiancée d'Eddy Mitchell ou Jean-Pierre Mocky lui-même dans le rôle du flic de service toujours en retard sur les évènements. 

Michel Serrault et sa bande de monstres, physiquement et psychologiquement laids, poursuivent un arbitre qui leur a fait perdre leur match, pour une chasse à l'homme ultime, avec morts et destructions collatérales, en passant par le stade, un plateau de télévision, une usine désaffectée, des logements modernes et sans âmes, pour finir dans les entrailles de la Terre, avec une fin ironique qui peut irriter.

Un beau coup de poing pour le spectateur.

À Mort l'arbitre [Blu-Ray]

mardi 11 mai 2021

Les Morfalous (1984, 1h46) de Henri Verneuil

Avec Jean-Paul Belmondo, Jacques Villeret, Michel Constantin, Michel Creton, Matthias Habich, François Perrot, Marie Laforêt.

Ici nous changeons de metteur en scène (ce n'est pas Georges Lautner), c'est-à-dire de gestionnaire de plateau, avec Henri Verneuil. Dont la qualité des films dépend du sujet et de la qualité des scénarios, le metteur en scène n'étant pas capable de transcender sa matière.

Les sketches du clown Jean-Paul Belmondo sont présents. Il est épaulé ici par des acteurs confirmés, avec Michel Constantin, le personnage le plus sympathique et intéressant du film, Jacques Villeret, en mode mineur, Michel Creton, en mode "je passais par là pour voir mon pote le clown": son personnage ne sert strictement à rien.

Les déclamations de dialogues de Jean-Paul Belmondo sont parfois ridicules, et certains dialogues sont d'une nullité abyssale. Le scénario enchaine un nombre de clichés impressionnants. Le montage est paresseux (ces plans alternés entre Belmondo et les plans du char roulant à la fin sont interminables). Le film est particulièrement misogyne avec chacun des personnages féminins.

Est-il possible de tout rater avec autant de moyens? Un film de paresseux.

Les Morfalous

 

lundi 10 mai 2021

La 7ème Cible (1984, 1h48) de Claude Pinoteau

Avec Lino Ventura, Lea Massari, Jean Poiret, Roger Planchon, Elizabeth Bourgine, Béatrice Agenin, Jean-Pierre Bacri, Robert Hoffmann.

Le film possède un ton de suspense neurasthénique très agréable. Lino Ventura est victime d’agressions plus ou moins graves: coup de téléphones anonymes, voiture percutée, tabassage. Ce qui fournit une incertitude dans la narration et laisse la possibilité de faire évoluer le sujet: est-ce politique, personnel, criminel? Et puis le scénario oriente le spectateur vers une piste et permet de traiter les origines du problème dans le dernier tiers.

Les personnages de la police sont bien écrit, avec leur dubitativité et ironie: est une bonne idée et rajoute de l'incertitude, car Lino Ventura ne peut pas trouver d'aide auprès de la police. Avec un Jean-Pierre Bacri subtil et amusant à la fois.

Les personnages de Jean Poiret et Léa Massari, couple d'amis avec des fêlures permettent d'enrichir la narration d'à-côtés sans rapport avec l'intrigue principale en donnant de la densité au personnage de Lino Ventura, ancien amant de Léa Massari, ami de Jean Poiret.

Au total le film constitue un bon film à suspense. Sans la dimension technologique qu'aurait le film de nos jours ni la dimension film d'action qui serait hypertrophiée (le film conte quelques cascades en voitures néanmoins pour assurer le minimum syndical du polar des années quatre-vingt).

La 7ème cible [Blu-ray]

samedi 20 février 2021

Les Griffes De La Nuit (A Nightmare On Elm Street, 1h31, 1984) de Wes Craven

Avec John Saxon, Ronee Blakley, Heather Langenkamp, Amanda Wyss, Jsu Garcia, Johnny Depp, Charles Fleischer, Joseph Whipp, Robert Englund, Lin Shaye, Joe Unger.

Ce film de Wes Craven reste une curiosité. Avec ce film Wes Craven a créé une nouvelle franchise et un nouveau croque-mitaine pour le bestiaire du film de genre dit d'horreur. Freddy Krueger a rejoint la galaxie des Dracula et vampires, loup-garous et autres vilaines bébêtes. Le film est intéressant aussi car finalement même s'il est typique d'un film d'adolescent avec les scènes ridicules qui vont avec, de type je descends tout seul dans les sous-sols dans le noir, cela fonctionne plutôt bien au total. Grâce à son actrice principale qui prend le taureau par les cornes et finalement décide d'affronter le méchant Freddy Krueger qui la persécute. C'est ce qui donne de l'intérêt au film après une première partie où elle est une victime. Le film contient son lot de plans spectaculaires et certains d'anthologie et qui surtout gardent leur impact avec le temps et ceci sans effet numérique. C'était une époque encore où les effets étaient mécaniques, à base de trucages mécaniques, prothèses et de maquillages. Certains gardent leur impact et leur curiosité.

Du côté de la distribution, il est amusant de voir Johnny Depp, dans son premier rôle, avant qu'il ne devienne le Johnny Depp.

Ce qui date le film ce sont les vêtements, les coiffures et les maquillages, mais aussi la musique. Mais au total le produit garde son intégrité. Le film est une exploitation et un relooking d'une multitude de clichés du film d'horreur. C'est un bréviaire des figures de style. C'est-à-dire que Wes Craven est bien dans la tradition du genre en exploitant à fond les clichés tout en essayant de rajouter des nouveautés. Et l'ensemble fonctionne.
 
Les Griffes de la nuit Poster

samedi 11 mai 2013

Canicule (1984) de Yves Boisset



Étonnant que ce film "noir" se déroulant dans la Beauce au milieu des champs de blé et sous un soleil de plomb.
Avec un Lee Marvin presque en suspension et étrangement anachronique. Avec une galerie de personnages tous plus détraqués les uns que les autres. Où le pauvre Marvin se trouve confronté a beaucoup plus dangereux et mortifère que la police ou la pègre qui le pourchasse.
Avec délice et humour le film aligne violence, crasse et sexualité débridée.
Un monument dans son genre.