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dimanche 27 février 2022

Platoon (2h, 1986) de Oliver Stone

Avec Tom Berenger,Willem Dafoe, Charlie Sheen, Keith David, Forest Whitaker, Francesco Quinn, Kevin Dillon, Corey Glover, Johnny Depp, Chris Pedersen, Richard Edson, Tony Todd, Kevin Eshelman.

Visionner Platoon, film sur une partie de la guerre du Vietman, permet de se rendre compte que le film possède toujours actuellement des qualités. Sa distribution et sa progression dramatique en sont des exemples.

La distribution est la grande qualité du film, avec une brochette de personnages secondaires (il n'y a pas de personnage principal, même si nous suivons les évènements avec Charlie Sheen, son personnage est un concept de scénariste) et donc d'acteurs.

La où le film laisse légèrement dubitatif est sur la partie dramatique justement: l'ennemi n'est pas le communisme. L'ennemi est à l'intérieur du groupe puisque le film structure beaucoup sa progression autour de l'affrontement entre le groupe de Tom Berenger et le groupe de Willem Dafoe. Qui sont d'ailleurs tous les deux très bons. Nous sommes capables, d'appréhender et comprendre cette rivalité, mais la mener jusqu'au bout au point qu'ils s'entretuent parait peu vraisemblable.

Le film est fort pour peindre l'oisiveté, le besoin de partir ailleurs des soldats, avec l'usage des drogues multiples qu'ils prennent en permanence, qui les aident à tenir. Et en fin de compte le film montre bien à travers son climat et ses différents personnages les éléments constitutifs de ce conflit: l'attente, la difficulté à identifier l'ennemi, la difficulté du terrain avec sa jungle, ses rizières, ses sous-terrains, et au total l'absurdité de l'ensemble.

Platoon

samedi 4 décembre 2021

Sailor et Lula (Wild At Heart, 1990, 2h05) de David Lynch

Avec Nicolas Cage, Laura Dern, Willem Dafoe, J.E. Freeman, Crispin Glover, Diane Ladd, Calvin Lockhart, Isabella Rossellini, Harry Dean Stanton, Grace Zabriskie, Sherilyn Fenn.

David Lynch continue l'exploration de l'âme états-unienne, après Blue Velvet. Ici c'est Lula et Sailor, deux amoureux qui foncent, qui fuient en permanence. Personnages a priori hors la loi, mais qui sont poursuivis par en ensemble de monstres qui nous les rendent presque sympathiques: Diane Ladd dans le personnage de psychopathe; Willem Dafoe monstrueux physiquement et mentalement.

Le film est aussi brillant pour l'histoire d'amour entre Sailor et Lula qui est incarnée par leurs multiples relations sexuelles tout au long du film. Et d'ailleurs lorsqu’ils n'ont de relations sexuelles, c'est le début de la fin avec l'arrivée de Willem Dafoe: il et elle ne maitrisent plus leurs futurs.

Le film n'est pas sans évoquer Tueurs Nés de Oliver Stone qui sera réalisé quatre ans plus tard. C'est aussi une grande histoire d'amour avec des monstres qui tournent autour du couple principal et avec un message contre les médias pour Oliver Stone.

Quel est le message de David Lynch ? Peut-être est-il qu'il n'y a pas de place pour ceux qui ont un cœur sauvage dans l'Amérique ? Le personnage de Sailor et à la fois comique, ridicule et pathétique, mais attachant. Et parfaitement interprété par Nicolas Cage. D'ailleurs la bascule du personnage de Sailor est lorsqu'il commence à abandonner Lula, c'est-à-dire lorsqu'il commence à fréquenter Willem Dafoe, moment d'ailleurs qui n'est pas forcément réussi et semble un peu forcé ou plaqué par rapport à ce qu'on a vu avant du personnage de Sailor ; il se détourne subitement de Luna alors que pendant toute la durée précédente du film ce n'était jamais le cas. Cette bascule est le seul élément un peu raté du film, qui évidemment participe de l'arc dramatique, mais parait forcée.

Un des grands talents de David Lynch est bien évidemment sa direction d'acteur extrêmement subtile et notamment efficace avec cette distribution de haut vol avec Diane Ladd, Harry Dean Stanton ou J.E. Freeman.

  SAILOR ET LULA

vendredi 5 février 2021

At Eternity's Gate (1h51, 2018) de Julian Schnabel

Avec  Willem Dafoe, Rupert Friend, Oscar Isaac, Mads Mikkelsen, Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Niels Arestrup, Anne Consigny, Amira Casar, Vincent Perez, Lolita Chammah.

Les derniers mois de la vie de Vincent Van Gogh, de son départ de Paris à sa vie dans le sud de la France (Arles), puis sa remontée en asile (Auvers-Sur-Oise).

Un film qui parle de peinture, de la création et des états d’âmes de Vincent Van Gogh, de sa relation avec Paul Gaugin ou avec son frère Théo, de ses interactions difficiles avec les gens à Arles: les enfants, ses camarades dans l’hôpital psychiatrique, les habitants du village dans le sud de la France, sa logeuse et son personnel. Mais aussi de sa recherche de solitude tout en ne voulant pas être seul et souffrant de cette solitude. C'est d'ailleurs ce qui marque, cette solitude du personnage, sa souffrance qui en résulte.

Malgré ses pauses plastiques (visuelles et musicales, multiples plans d'ensemble avec Vincent Van Gogh marchant, quelquefois avec comme bande-son uniquement un piano) et ses silences, le film rend attachant le personnage et suscite de l’émotion. Très beau personnage donc, avec un Willim Dafoe envouté et convaincant qui traduit parfaitement sur son visage la souffrance du personnage.

La direction d'acteur est subtile. La séquence de Mads Mikkelsen est étonnante (la meilleure prestation de Mads Mikkelsen à ce jour) et permet de donner des informations sur le personnage Vincent Van Gogh et sa conscience de la situation et sur sa vision du monde, et ceci au bon moment de la narration.

 At Eternity's Gate Poster

dimanche 17 mai 2020

Brooklyn Affair (Motherless Brookyn, 2019) de Edward Norton

Avec Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Bobby Cannavale, Willem Dafoe, Bruce Willis, Michael Kenneth Williams, Ethan Suplee.
Bande-annonce Brooklyn Affairs
Nous nous attendions à un film Noir. Ce n'en est pas vraiment un. Il y a bien un meurtre initial, celui d'un détective privé. Ses équipiers décident d'enquêter pour savoir pourquoi il a été assassiné. Visiblement pour des sujets liés à la mairie de New York et des projets immobiliers.
La mise en forme du film est nominale, un peu fade. Mais le film reste très sympathique grâce à son histoire qui change des intrigues usuelles: pas d'éléments sordides et meurtres violents ici. Mais des entrepreneurs immobiliers qui souhaitent nettoyer New York de sa population de pauvres (i.e. afro-américains, hispaniques). Avec Alec Baldwin en méchant qui s'assume et qui jubile d'interpréter un personnage aussi détestable. L'intrigue croise donc des activistes pour défendre les pauvres de New York, une boîte de jazz, des élus corrompus, des entrepreneurs sans scrupules.
Le film contient de belles séquences grâce au personnage qu'interprète lui-même Edward Norton, personnage atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, qui va d'une boite de Jazz aux salons des nantis en passant par une manifestation pour le droit au logement, pour aboutir à une histoire sentimentale.


mardi 13 mars 2018

La Grande Muraille (The Great Wall, 2016) de Yimou Zhang

La Grande Muraille - Blu-ray + Copie digitaleAvec Matt Damon, Jing Tian, Pedro Pascal, Willem Dafoe, Zhang Hanyu, Lu Han, Andy Lau, Numan Acar, Eddie Peng, Gengxin Lin, Kai Zheng, Huang Xuan, Chen Xuedong, Wang Junkai, Yu Xintian, Johnny Cicco, Ryan Zheng.

Une série B au scénario très classique, tournée dans un contexte moyenâgeux en Chine avec une luxuriance de série A et des effets spéciaux numériques derniers cris. Il y a aussi de beaux décors, réels ou de synthèse.
Ce scénario ultra standard (voire monotone) est  réalisé par Yimou Zhang. C'est-à-dire que bien que se voulant film d'action, il y a une mollesse ou une fainéantise dans certaines séquences d'action. Nous pouvons retenir de beaux décors et de beaux costumes. Le tout emballé de manière chatoyante.
Le scénario nous évite l'histoire d'amour entre Matt Damon et  Jing Tian. Matt Damon est solide et à l'air d'y croire.
À une époque il y avait les europuddings. Il y a maintenant les mondopuddings. Ici suffisamment chatoyant et luxuriant pour maintenir éveillé.

jeudi 25 janvier 2018

Seven Sisters (What Happened to Monday? 2017) de Tommy Wirkola

Avec Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari, Christian Rubeck, Pal Sverre Valheim Hagen, Tomiwa Edun, Carris Clare, Clara Read.
 
SEVEN SISTERS /V DVD [SND]
Classique au niveau de l'histoire: le sujet (surpopulation de la planète) a déjà été fait à plusieurs reprises (Soleil Vert, 1973, par exemple). Mais cette dystopie est un film des années 2010, soit un film d'action déguisé ; le but du scénario est d'intégrer le plus possible de séquences d'action dans une histoire de contrôle des naissances.
Les producteurs ont du se dire que leur film serait super intéressant parce qu’il y a cette histoire de sept enfants, illégaux qui vivent dans ce monde de l'enfant unique. Qui plus est interprété pas Noomi Rapace.
Mais le film n'a pas le temps de développer ces 7 personnages, tous interprétés par Noomi Rapace. Nous aurions pu nous attendre à une performance de la part de Noomi Rapace mais ce n'est pas le cas. Ces 7 personnages se distinguent essentiellement par de vagues traits de personnalité, mais surtout par la coupe de cheveux et les vêtements. Ce n'est donc pas une performance pour l'actrice. Et ni pour le film.

Plus généralement nous avons l'impression que ce film est le fruit de personnes qui n'ont pas de point de vue. Même si l'univers décrit est horrible, le film, la mise en scène des corps ne vont pas dans ce sens-là et sont plutôt au service de l'illustration du scénario pour caser des séquences d'action.
Et finalement pour faire un film qui laisse un peu sur sa faim, car passé les éléments techniques, y compris la démultiplication de Noomi Rapace en 7 performances (qui n'en sont pas), le film est bien plan plan, ne sais vraiment quoi faire de son sujet, et ne se distingue pas d'un téléfilm avec un peu de moyens. Il n'y a aucun point de vue. Ce n'est pas une œuvre d'art.

vendredi 11 décembre 2015

Un Homme Très Recherché (A Most Wanted Man, 2014) de Anton Corbijn

Avec Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Grigoriy Dobrygin, Willem Dafoe, Robin Wright, Homayoun Ershadi, Nina Hoss, Daniel Brühl, Franz Hartwig.
Le film d'espionnage, sans séquence d'action qui s'intéresse plus aux flics, qu'aux méchants traqués (des terroristes ici). Grosse distribution pour ce film en mineur, pas passionnant. Mais qui évite l'arsenal technologique usuel de ce genre de production. Et qui évite aussi les poursuites et autres fusillades et séquences à tôles froissées, clichés aussi de ce genre de production.
Sa qualité est le mystère que garde le personnage de Philip Seymour Hoffman, dont on ne comprend pas les motivations, et qui se fait doubler à la fin, alors que pendant tout le film il est montré comme ayant les bonnes intuitions. La fin est à ce titre peu crédible, sauf si c'est tiré d'une histoire vraie.

mardi 11 août 2015

John Wick (2014) de David Leitch et Chad Stahelski

Avec Keanu Reeves,  Willem Dafoe,  Michael Nyqvist,  John Leguizamo,  Ian McShane, Bridget Moynahan, Adrianne Palicki,  Bridget Regan.

Très bonne surprise que ce polar teigneux, invraisemblable, jouissif, amusant (à partir du second de degré, car au premier cela ne l'est pas du tout), noir, spectaculaire. Une série B étalon.
Le film est un peu la parabole de la carrière de Keanu Reeves: ici le méchant russe est les Wachovski, qui ont donné gloire et argent à Keanu Reeves avec leur franchise Matrix (Michael Nyqvist et sa clique mafieuse). Depuis Keanu Reeves est à la recherche d'une nouvelle franchise pour sa stature de star (que des bides commerciaux dans sa carrière depuis). Dans le film il est à la retraite de son boulot de tueur au service de la mafia russe. Et John Wick est sa tentative de revenir au premier niveau, tout comme dans le film il revient à son métier de tueur pour éliminer la mafia russe, parceque elle a fait l'erreur de tuer son chien. On comprend bien que le film est monté sur son nom et qu'il est une tentative de franchise, pour qu'il revienne sur le devant de la scène.
Le film est économe en dialogue: beaucoup de séquences sans bla-bla inutile: place à la mise en scène. Du beau travail.
Le film travaille à l'ancienne avec des combats à mains nues, des fusillades et de la poursuite en voiture, sans donner l'impression que tout est en numérique. Une future référence dans le genre, pourtant très courue.
La musique est bonne. La musique électro rock (Tyler Bates) donne un punch aux images. Pas de musique symphonique ici. Merci.
La distribution est réussie: Keanu Reeves est impérial, un peu monolithique, mais beaucoup plus expressif qu'un Steven Seagal ou un Nicolas Cage. Willem Dafoe est très bon. Michael Nyqvist en mafieux russe donne bien le change. John Leguizamo et Ian McShane sont marquants.. La distribution féminine est parfaite: Bridget Moynahan, Adrianne Palicki,  Bridget Regan. Chaque personnage est bien distribué.
Je propose que les réalisateurs prennent en charge Expendables 4 et/ou que Keanu Reeves rejoigne cette joyeuse franchise.

vendredi 9 novembre 2012

John Carter (2011) de Andrew Stanton

Avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Samantha Morton, Willem Dafoe, Thomas Haden Church, Mark Strong, Ciarán Hinds, Dominic West, James Purefoy, Bryan Cranston, Polly Walker.

Cette superproduction à base de CGI porn arrive un peu tard. Un univers qui possède sa richesse, son bestiaire, son héros qui n'en est pas vraiment un, son scénario et sa narration pas vraiment originaux.
Il y a beaucoup de pistes d'explication au bide du film. Échec commercial en Amérique du Nord, paraît-il, qui a conduit à virer le patron de Disney. Le héros, cheveux long, mal rasé, assez peu empathique, personnage plutôt sombre et plein de névroses: comment les fabricants de ce film ont-il pu penser qu'il aurait pu être un héros pour les étasuniens (en plus on le voit uriner dans un plan furtif au début - hallucinant pour une production A -). Bref notre héros est un antihéros.
Cette noirceur du personnage (il est plus proche de Snake Plissken que de John Wayne) associée à une histoire assez complexe, mais faiblement originale, avec le film commençant par l'enterrement du héros (inimaginable encore une fois dans une fiction étasunienne de tuer le héros) puis retour en arrière puis changement de planète puis retour sur terre puis retour en avant, la narration n'est pas limpide, mais c'est ce qui donne un peu de sel et d'intérêt au film.
Coté style, le film emprunte au western, au film à costumes, à la Guerre des Étoiles (il est dur de voir de la science-fiction sans penser à la franchise de George Lucas, tant que Dune n'aura pas creusé son sillon dans le désert), et à Avatar, entre autres.
Le film arrive quand même malgré ces imperfections à créer son propre univers, ayant ses propres originalités sur les déclinaisons de choses vues maintes fois ailleurs (bestiaires, vaisseaux, véhicules, indigènes). Le bestiaire est sympathique et bien adapté pour les enfants (production Disney oblige).
Le film reste une curiosité, comme tous les échecs commerciaux des superproductions.
Bande-annonce John Carter