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mercredi 26 août 2026

Un Fantôme Dans La Bataille (Un fantasma en la batalla, 1h48, 2025) de Agustín Díaz Yanes

Avec Susana Abaitua, Andrés Gertrúdix, Iraia Elias, Ariadna Gil, Raúl Arévalo, Anartz Zuazua, Jaime Chávarri, Cris Iglesias, Mikel Losada, Ander Lacalle, Diego París.

Il s'agit ici de suivre une policière infiltrée au sein de l'ETA basque pendant la période où les membres de l'ETA commettaient des meurtres sur les personnes politiques. La plupart de ces meurtres sur les hommes et femmes politiques ne pouvaient être arrêtés que par l'infiltration lente et progressive. La culture du secret et la vérification permanente de l'engagement de ces membres empêchaient d'obtenir des informations de qui que ce soit. Nous suivons l'enquête policière, les infiltrations, les règles de sécurité et d'anonymat mises en place par l'ETA. Tout cela est passionnant et très bien fait, sans temps mort et avec des acteurs formidables. Bravo pour ce téléfilm, production Netflix inspirée de faits réels. Excellente matière pour de multiples suspenses pour arriver à trouver les membres et les caches, notamment d'armes, de l'ETA, dont une grosse partie était en France.

Il change de la moyenne de ces productions Netflix et du niveau passable de beaucoup de ces productions. Un film largement au-dessus donc tout venant de Netflix.

poster du film Bande-annonce Un Fantôme dans la Bataille

 

lundi 24 août 2026

La Captura (1h31, 2026) de Chava Cartas

Avec Alfonso Herrera, Noé Hernández, Héctor Kotsifakis, Juan Pablo Cruz García, Paola Fernández, Antonio Fortier, Allan Durell, Fernando Cuautle, Gerardo Trejoluna, Isaac Bravo, Alejandra Vázquez.

Une production Netflix et Mexicaine, où deux flics pendant leur maraude, se trouvent à arrêter pour excès de vitesse un baron de la drogue mexicain recherché par tout le monde, la police, son cartel, et les militaires du pays. Les militaires qui, visiblement, mènent des actions contre les gangs internes. Car la police possède vraisemblablement un niveau certain de corruption. Et le cartel qui, lui, ne se préoccupe pas de ménager qui que ce soit et veut récupérer son patron coute que coute.

Bref, nos 2 policiers ne savent pas trop quoi faire de ce prisonnier encombrant. Que tout le monde recherche, avec pour seule préoccupation leur survie et la survie de leurs proches. Interprétation solide, thriller progressif qui monte inexorablement. Acteurs très bien dirigé, avec une durée de quatre vingt dix minutes, très bien dosée, avec une histoire inspirée de faits réels. Pour un résultat au-dessus de la moyenne des téléfilms Netflix. Il y a quelques années nous aurions dit : bonne série B.

 La Captura

 

samedi 11 juillet 2026

Un Ours Dans Le Jura (1h49, 2024) de Franck Dubosc

Avec Franck Dubosc, Laure Calamy, Benoît Poelvoorde, Joséphine de Meaux, Kim Higelin, Mehdi Meskar, Timéo Mahaut, Emmanuelle Devos.

Comédie à l'humour noir avec une Laure Calamy en psychopathe, avec Franck Dubosc en débile, mari de Laure Calamy, et avec Benoît Poelvoorde qui compose le chef de la police locale, qui est confrontée à une série d'évènements qui concernent le couple précité, et qui s'avère être le seul personnage censé. Morts accidentelles, magots que plusieurs personnes se disputent, car aubaine financière, mais auss enquête policière à la mode de la gendarmerie locale, hors-la-loi improvisés, le tout dans un décor de campagne en hiver : ce sont les multiples composantes de cette comédie. Ces divers ingrédients font de ce film policier à l'humour noir une réussite dans son genre. Les acteurs sont de plus bien dirigés et il contient son propre climat.

poster du film Bande-annonce Un ours dans le jura 

dimanche 26 avril 2026

Crime 101 (2h20, 2026) de Bart Layton

Avec Chris Hemsworth, Halle Berry, Mark Ruffalo, Barry Keoghan, Nick Nolte, Jennifer Jason Leigh, Corey Hawkins, Monica Barbaro.

Une superproduction MGM Prime Original. Que retenir de ce film, relativement routinier ? Mais son défaut est dans le  "relativement". Le principal est que notre cambrioleur de génie, Chris Hemsworth, a des états d'âme et des sujets psychologiques parce qu'il rencontre l'amour. Cette composante là de l'histoire, même si nous comprenons la volonté de sortir du lot avec cet arc dramatique, parait forcée et nous la percevons comme ridicule.

La grande qualité du film, outre le très bon niveau de tous les départements techniques, est sa distribution, avec beaucoup d'actrice et acteurs chevronnés pour accompagner Chris Hemsworth. Mention particulière pour Mark Ruffalo dont le personnage est bien écrit. Cela fait plaisir de revoir Halle Berry, même si son personnage est cousu de fil blanc.

Nous pourrions dire que ce film est une belle tentative, mais reste imparfait. Et permet à Chris Hemsworth de sortir des sentiers battus des supers productions avec superhéros.

 poster du film Bande-annonce Crime 101 

samedi 4 avril 2026

Dossier 137 (1h55, 2025) de Dominik Moll

Avec Léa Drucker, Jonathan Turnbull, Solàn Machado-Graner, Guslagie Malanda, Théo Navarro-Mussy, Florence Viala, Stanislas Merhar, Yoann Blanc, Antonia Buresi.

Le film d'enquête, à l'intérieur de la police. Car il s'agit ici d'une enquête de la police des polices. Avec le point de vue des différents policiers concernés par l'évènement qui a "dérapé". Dominik Moll choisit un montage très dynamique pour tirer et maintenir la curiosité du spectateur, qui souhaite ardemment savoir ce qui s'est passé. Chaque camp défend son point de vue, certains avec plus ou moins de bonne foi. Léa Drucker à la tête opérationnelle de cette enquête est impressionnante et donne une interprétation solide avec une profondeur permanente. Comme souvent, elle arrive à exprimer le poids sur elle, les charges mentales multiples qu'elle affronte, avec peu de chose, simplement. Le dosage de son personnage est parfait, à la recherche de faits, évitant de faire des interprétations, sans a priori ou préjugé. C'est la solidité de cette enquête. Ce qui rendra d'autant plus fortes les révélations et la description des faits réels.

Le film a le mérite de parler de l'arrière-plan de grandes manifestations à Paris des Gilets Jaunes, du point de vue de la police et préfecture, et comment ces manifestations ont été gérées par les forces de l'ordre. 

Encore une grande efficacité pour Dominik Moll, après son La Nuit Du 12 (2022) impressionnant, là aussi avec un personnage principal tourmenté par ses charges mentales multiples. 

poster du film Bande-annonce Dossier 137 

samedi 28 mars 2026

Le Dossier Maldoror (2h24, 2025) de Fabrice du Welz

Avec Anthony Bajon, Alba Gaïa Bellugi, Alexis Manenti, Sergi López, Laurent Lucas, David Murgia, Béatrice Dalle, Lubna Azabal, Jackie Berroyer, Mélanie Doutey, Félix Maritaud.

Fabrice du Welz nous avait déjà intrigués avec son très beau film Adoration (2019), à la fois dense et atmosphérique. Le Dossier Maldoror est un film policier qui raconte à sa manière, dans les années 90 et  les années qui suivent l'enlèvement, la séquestration et le meurtre de jeunes femmes, dans la région de Charleroi en Belgique. L'histoire est librement inspirée de l'affaire Dutroux. Et le filme raconte l'histoire du point de vue des polices, qui ne communiquent et partagent pas l'information et se détestent, mais aussi du point de vue des suspects, car c'est la l'horreur de l'histoire : le ou les criminels étaient connus dès le départ, mais la guerre des polices et les rivalités au sein de la gendarmerie, ont empêché l'enquête de progresser rapidement. La guerre des polices suggérée comme ayant causé la mort de plusieurs jeunes filles sera réformée à l'issue de l'affaire : elles seront restructurées devant l'échec de cette enquête.

Le film est porté  par Anthony Bajon, qui contribue à l'enquête. Gendarme au cœur d'une partie de l'investigation, son inexpérience plus son désir de rendre justice changeront sa vie pour toujours.

Après Adoration (2019), Fabrice du Wetz compose une œuvre à la fois atmosphérique et triviale (le film contient son lot d'images horribles, présentées ou suggérées). 

poster du film Bande-annonce Le Dossier Maldoror 

mercredi 4 mars 2026

The Rip (1h53, 2026) de Joe Carnahan

Avec Matt Damon, Ben Affleck, Steven Yeun, Teyana Taylor, Catalina Sandino Moreno, Sasha Calle, Kyle Chandler, Scott Adkins, Daisuke Tsuji.

Joe Carnahan continue son travail dans un univers d'hommes où la testostérone joue un rôle important. Il est question de récupérer une somme d'argent dans une cache. Un groupe de policier mené par Matt Damon y va, mais la somme trouvée est beaucoup plus importante que prévu. Ce qui fait réfléchir les différents policiers sur le devenir de cet argent. Les propriétaires putatifs interviennent. Ainsi que des gens qui s'y intéressent de près et souhaitent retrouver ce pactole. Sur cet enjeu se greffent des agendas cachés que nous découvrons progressivement.

Joe Carnahan signe un scénario brillant. Par contre le film ne l'est pas particulièrement, même si la qualité de l'intrigue tient le spectateur jusqu'au bout. Après une intrigue très travaillée, les échanges de feux dans le dernier quart, ainsi que le final avec des poursuites en voiture qui sont poussives, le film change et perd son esthétique, son  hui-clos, et devient routinier.

poster du film Bande-annonce The Rip

vendredi 13 février 2026

Mr. Mercedes (saison 1, 10 épisodes d'1h, 2017) de David E. Kelley

Avec Brendan Gleeson, Holland Taylor, Jharrel Jerome, Breeda Wool, Justine Lupe, Mary-Louise Parker, Harry Treadaway, Maximiliano Hernández, Robert Stanton, Gabriel Ebert, Rarmian Newton, Josh Daugherty.

Nous retrouvons les qualités de Stephen King dans cette série policière. Des scènes de la vie courante de personnages simples, en prise avec leurs collègues ou leur hiérarchie. Des éléments horribles à intervalles réguliers : mestres sanguinolents, incestes, cadavres. Beaucoup de chromos familiers de l'univers de Stephen King : la cave, le cimetière, le clown, la voiture, l'église, le marchand de glace, etc. Les acteurs sont bons et nous remercions les créateurs de cette série d'éviter, dans cette première saison en tout cas, les éléments de fantastiques et d'irréels.

Le sujet n'est pas dans l'enquête pour retrouver le meurtrier du début, car il nous est montré très vite, mais la vie en parallèle du flic à la retraite qui enquête encore et recherche encore ce tueur en série (Brendan Gleeson, bon choix et bonne interprétation) et du tueur, son travail et la relation avec ses collègues et sa relation avec sa mère.

Au total le cahier des charges des choses horribles est respecté. On notera une distribution féminine formidable : la voisine espiègle (Holland Taylor), la nièce autiste extrêmement attachante (Justine Lupe) ou une amoureuse très particulière (Marie-Louise Parker), lou a collègue homosexuelle militante (Breeda Wool). La distribution est formidable. Harry Treadaway s'amuse bien avec son personnage de tueur en série psychopathe rempli de névroses.

Les articulations dramatiques sont un peu grossières ou alors les personnages se comportent de manière peu réaliste : ils font des erreurs un peu bêtes.

Mr. Mercedes 

mercredi 11 février 2026

Les Dossiers Oubliés (Dept. Q, saison 1, 9 épidodes de l'ordre d'1h chacun, 2025) de Scott Frank

Avec Matthew Goode, Alexej Manvelov, Jamie Sives, Chloe Pirrie, Steven Miller, Leah Byrne, Alison Peebles.

Série policière où un policier sur le retour après avoir été grièvement blessé est affecté à la tête d'une équipe de policiers qui doit réouvrir des crimes non résolus du passé, et ceci pour des raisons politiques, car l'institution ne résout pas assez de crime. L'ensemble des épisodes est centré sur un des dossiers retenus par cette équipe qui va enquêter à sa manière pour rechercher une personne disparue. Les scénaristes font le choix de nous montrer très tôt que la personne recherchée est toujours vivante et kidnappée quelque part sans nous expliquer où ni par qui. Et ils font aussi le choix de mettre dans cette équipe de policiers des personnes légèrement décalées par rapport aux autres, dont un ancien policier syrien, par exemple, qui amène un peu d'humour indirectement à cet ensemble. 
Contrairement à d'habitude, il nous est expliqué assez peu de choses sur la vie personnelle des policiers en question, et c'est très bien ; celui pour lequel nous avons un peu plus d'information sur l'entourage est le chef de l'équipe (Matthew Goode, très bon). Ce qui est largement suffisant et ne pollue pas trop l'intrigue. Celui-ci a été victime d'un tir avec le décès d'un collègue et nous avons son suivi psychologique. 
L'avantage d'une fiction de série est de tirer toutes les pistes possibles de l'histoire,  et ceci dans tous les sens et de rythmer cela avec chacun des épisodes en nous faisant croire peut-être que nous aurons une solution là, mais, sachant qu'il reste derrière encore 5 ou 6 épisodes, nous savons que ce ne sera pas la bonne ce n'est pas grave : tout cela est bien cadencé et surtout bien incarné par des personnages qui ont leur propre humanité, même de manière décalée.
 
poster de la série Les Dossiers oubliés 

Wake Up Dead Man : Une Histoire à Couteaux Tirés (2h24, 2025) de Rian Johnson

Avec Daniel Craig, Josh O'Connor, Glenn Close, Josh Brolin, Kerry Washington, Andrew Scott, Cailee Spaeny, Daryl McCormack.

Superproduction où Daniel Craig reprend son rôle d'enquêteur. Le meurtre est ici celui d'un pasteur fou (John Brolin s'éclate avec ce personnage), et toutes les personnes de la paroisse ou le personnel de l'église peuvent avoir une raison de le tuer. La progression dramatique du scénario nous amène à soupçonner régulièrement une nouvelle personne de l'entourage, c'est le principe de type de scénario.

Le film possède son climat, mélange de superstitions, d'éléments rationnels et d'éléments d'humour. Le plaisir du spectateur est de deviner qui est le coupable, tout en étant influencé par l'intrigue qui nous influence régulièrement vers un des personnages. Et l'intrigue tient bien sa durée de 2h20 sans que le spectateur regarde sa montre. De la mécanique bien huilée.

La distribution est formidable. Et Glenn Close arrive à composer un personnage qui la met au-dessus des autres.

poster du film Bande-annonce Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés 

mercredi 31 décembre 2025

Fargo (1h38, 1996) de Joel et Ethan Coen

Avec  Frances McDormand, William H. Macy, Steve Buscemi, Peter Stormare, Kristin Rudrüd, John Carroll Lynch.

La vie de personnes simples a toujours passionné les frères Coen. Il faut reconnaitre qu’ici la collection de personnages avec le QI d'une chaise pliante est impressionnante. Les petites frappes, les petits escrocs, les petits policiers de province, et l'ensemble du monde qui l'entoure sont de la bonne matière pour cette histoire d'arnaque et de casse qui ne se déroule pas comme prévu. Et le froid, qui semble engourdir les mouvements et les cerveaux, donne une patine unique au film. L'ensemble de la distribution signe une performance mémorable. Avec dans le haut du panier William H. Macy, Steve Buscemi, Peter Stormare ou John Caroll Lynch. Frances McDormand est la seule qui semble avoir un cerveau qui semble fonctionner.

 poster du film Bande-annonce Fargo 

mardi 30 décembre 2025

Novembre (1h46, 2022) de Cédric Jimenez

Avec Jean Dujardin, Anaïs Demoustier, Sandrine Kiberlain, Jérémie Rénier, Lyna Khoudri, Cédric Kahn, Sofian Khammes.

Le film se concentre sur les enquêtes dans les cinq jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Le scénario nous montre la course pour aller le plus vite possible. Cédric Jimenez montre bien l'effarement de toutes et tous ainsi que l'urgence de la situation. Le film montre aussi les guerres entre les différents corps de l'état. Le scénario nous montre les différentes actions parallèles des différents enquêteurs et policiers, avec leurs intuitions et les sidérations. Les problématiques de coordination, d'orchestration et d'interlocution, pas simples dans ce contexte d'urgence et empilement de structures d'état sont aussi montré, ce qui contribue à ajouter du suspense aux différents arcs dramatiques. 

La distribution est concernée et solide. Le scénario et le sujet sont suffisamment puissants pour que nous nous laissions happer par l'intrigue bien que nous en connaissons l'issue.

 poster du film Bande-annonce Novembre 

jeudi 23 octobre 2025

Le Cercle Rouge (2h20, 1970) de Jean-Pierre Melville

Avec Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volonté, Yves Montand, Paul Crochet, Paul Amiot, Pierre Collet, François Perrier.

Le cinéma de Jean-Pierre Melville est une pure abstraction. Tout est abstrait dans ce film. Tout est faut pourrions nous dire. Les décors. Les gabardines que portent les personnages. La moustache d'Alain Delon. Les cauchemars d'Yves Montand. L'absence de personnage féminin. Mais tout cela fonctionne. Car l'histoire est racontée par le comportement des personnages. Aucun dialogue explicatif ici. Ce sont les actes des personnages qui racontent l'histoire. Ainsi que le montage bien sûr. Pour suivre l'intrigue il faut regarder ce que font les personnages. Rien n'est indiqué par anticipation, rien n'est téléphoné.

Le film intrigue dans sa première moitié car il y a plusieurs sous-histoires : Gian Maria Volonté qui est transporté en train par Bourvil, Alain Delon qui sort de prison, et Yves Montand qui finira par rejoindre les autres pour faire un braquage.

Des gangsters, arrêtés, qui sortent de prison, un ex-flic, un commissaire, un ministre, le casse d'une bijouterie et des personnages qui vont vers leur destin : ce sont les ingrédients de ce film Noir. Et Bourvil restera avec ses chats. Nous pouvons trouver que le personnage d'Alain Delon se fait trop facilement piéger par le faut receleur, alors qu'il était doué pour une vigileance permanente jusqu'à maintenant. Mais il fallait qu'ils aillent vers leur destin.

Le film possède un coté hypnotique, grace à cette abstraction mécanique. Mais au détour d'une fin de séquence, une petit ligne de dialogue, "mais c'est toi", remplie d'humanité et de douceur, que dit Bourvil à Yves Montand la dernière fois qu'il le voit, que nous retiendront.

poster du film Bande-annonce Le Cercle Rouge 

dimanche 14 septembre 2025

iHostage (1h40, 2025) de Bobby Boermans

Avec Soufiane Moussouli, Admir Sehovic, Emmanuel Ohene Boafo, Fockeline Ouwerkerk, Roosmarijn van der Hoek, Robin Boissevain, Marcel Hensema, Loes Haverkort.

Un terroriste prend le contrôle d'une banque et demande une somme d'argent sinon il se fait exploser. Il prend en otage une personne. D'autres se cachent, mais restent coincés et ne doivent pas se signaler. Le film conte les négociations, la préparation de l'intervention, les échanges entre le terroriste et son otage, jusqu'au dénouement qui arrive de manière relativement imprévue.

L'arc dramatique est  bien fait, en alternant le point de vue du kidnappeur, de la police et du négociateur. Le point fort du scénario est qu'il est relativement neutre avec chacun des personnages : aucun n'est complètement bon ni mauvais, et le scénario n'est pas très explicatif sur les motivations et le pourquoi des personnages. Ce qui permet de privilégier de relatives surprises et ceci régulièrement au cours du suspense. Ceci, car le scénario arrive facilement à personnaliser chacun des personnages secondaires avec un peu d'empathie du spectateur pour chacun d'eux.

jeudi 21 août 2025

Copycat (1995, 2h03) de Jon Amiel

Avec Sigourney Weaver, Holly Hunter, Dermot Mulroney, William McNamara, Harry Connick Jr., J.E. Freeman, Will Patton, John Rothman, Shannon O'Hurley, Bob Greene, Tony Haney, Danny Kovacs.

Un film à suspense à base de tueur en série qui joue au chat et à la souris avec les policiers et avec Sigournney Weaver. Elle est une psychiatre spécialisée sur les tueurs en série, qui se retrouve enfermée chez elle à cause de différents traumas. Un film de routine dans le genre, qui se distingue par sa distribution, Sigourney Weaver bien sûr, mais aussi Holly Hunter et Dermot Mulroney dans le role des flic qui quémandent l'aide de la psychiatre. Le film se distingue aussi par un travail sur les décors, en particulier celui de l'appartement où habite Sigourney Weaver qui est architecturalement impressionnant. Pas de génie ici, mais un savoir faire. Peut être que le scénario ne contient pas assez de surprise pour rendre le film palpitant, qui laisse un impression d'un film un peu terne.

poster du film Bande-annonce Copycat

dimanche 29 juin 2025

The Good Mother (1h30, 2023) de Miles Joris-Peyrafitte

Avec Hilary Swank, Olivia Cooke, Jack Reynor, Dilone, Norm Lewis, Madison Harrison, Hopper Penn, Karen Aldridge.

Cette production rappelle furieusement par sa thématique et sa noirceur des films policiers des années 70 étatsuniens. Pas forcément sur la forme. Il s'agit ici d'une journaliste alcoolique dont le fils vient de mourir, probablement lié à une affaire de drogue. Nous apprenons aussi qu'elle avait coupé les ponts avec lui. 

Le chemin dramatique reste dans le cercle familial avec la fiancée de son fils (qui vient de mourir donc) qui est enceinte. Avec son autre fils qui est policier. Policier bien sûr qui est accointé à l'enquête. Hillary Swank est cette journaliste, donc très intéressée par avoir des informations sur ce qui s'est passé, et à l'aide de sa belle-fille, qu'elle vient de découvrir, elle essaie de reconstituer ce qui s'est passé. Cela va nous emmener à du trafic de drogue actualisé ici avec une dose de Fentanyl. 
La caractérisation des personnages n'est pas subtile et le personnage d'Hillary Swank est souvent saoul et en conséquence souvent à côté de ses pompes ; ce n'est pas traité avec légèreté et est même par moment assez lourdingue. La distribution fonctionne bien quand même. Et Hilary Swank est une grande actrice et elle incarne avec crédibilité ce personnage malgré cette lourdeur. 
Par contre, le type casting fonctionne à plein régime, et un des personnages étant barbu il devient très vite suspect et lié à ce qui s'est passé. Nous n'en dirons pas plus, mais c'est un gros problème du film : beaucoup de choses sont devinées très en avance et ne suscitent aucune surprise une fois qu'elles s'avèrent.
Le film semble posséder une dimension de documentaire avec le lieu où il se déroule c'est-à-dire la ville d'Albany dans l'État de New York. Beaucoup de plans d'ensemble ou de décors plus ou moins abandonnés qui ne suscitent pas l'envie de connaître cette ville qui a l'air plutôt usée, abîmée, moisie, mais ils contribuent au climat non festif du film.
poster du film Bande-annonce The Good Mother

Veuve Noire (La viuda negra, 2h02, 2025) de Carlos Sedes

Avec Carmen Machi,  Ivana Baquero, Tristán Ulloa, Pablo Molinero, Pepe Ocio, Álex Gadea.

Nous avons ici un canevas film policier avec un meurtre comme point de départ. Mais la variante du canevas dramatique est ici de nous indiquer très vite qui est le commanditaire du meurtre, mais pas qui est le meurtrier. Assez vite, les soupçons sur le commanditaire sont confirmés, dans le dernier tiers le meurtrier est identifié, puis enfin, la question est de savoir comment les policiers vont arriver à confondre et faire tomber le coupable.

Le film contient la maladie principale de beaucoup de production de Netflix c'est-à-dire que pour expliquer des choses nous sommes obligés de faire appel à des voix off ou des flash-back explicatifs qui sont plutôt ennuyeux en général et qui sont là pour masquer l'impossibilité de raconter l'histoire par la mise en scène elle-même. 
Une des qualités du film quand même est la manière dont fonctionne l'équipe de policiers qui mène l'enquête, avec sa chef qui a l'intuition dès le départ du coupable, et la manière dont elle fait fonctionner son équipe, les interactions avec ses équipiers. 
Et ce qui va avec c'est la distribution et la qualité de l'interprétation qui est plutôt très réussi ici et qui provoque même une empathie certaine avec l'enquêtrice principale. Le film fonctionne, car nous souhaitons savoir comment les policiers vont y arriver. Il faudra attendre le générique de fin pour tout cela se conclut.
 Affiche du film : Veuve noire

vendredi 28 février 2025

The Order (1h56, 2024) de Justin Kurzel

Avec Jude Law, Daniel Yip, Daniel Doheny, Sebastian Pigott, John Warkentin, Nicholas Hoult, Phillip Forest Lewitski, Vanessa Holmes, Bryan J. McHale, Rae Farrer, Carter Morrison

Cette production MGM Amazon Studio a le mérite de remettre sur le devant Jude Law, dans un flic du FBI spécialisé dans la traque de sujets complexes, en particulier ici un groupuscule terroriste suprémaciste blancs qui vent prendre le pouvoir aux USA. Le mérite du film est de montrer comment ces laissés pour compte du rêve américain, chômeurs, alcooliques, aigris, voient dans l'étranger la source de tous leurs maux.

Le film raconte l'enquête complexe au sein de ces groupuscules sectaires. Le personnage de Jude Law est alcoolique, fumeur, en rupture de sa famille (ce n'est pas original, c'est un ensemble de clichés pour beaucoup de personnages de policier dans les fictions), mais il mène l'enquête sur le terrain. Le film est tiré de l'histoire vraie de groupe de terroristes, qui a fait sécession d'une secte néonazie, car pas assez radicale. Mais pour financer leurs projets, ils ont besoin d'argent et commettent des cambriolages. Enquêtes, poursuites, beaux décors (images superbes de l'Idaho), personnages à fortes personnalités, tout concourt à faire de ce film une bonne surprise. Jusqu'à une fin qui déjoue certains pronostics.

Au total, il s'agit d'un bon film policier historique, avec reconstitution et enquête,  au cœur d'une catégorie d'individus qui veulent détruire les USA of America. Le scénario n'est pas caricatural et permet aux trois acteurs principaux de donner une belle performance à travers leurs personnages qui sont fouillés : Jude Law, Nicholas Hoult et Tye Sheridan.

poster du film Bande-annonce The Order