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vendredi 25 avril 2025

Le Charme Discret De La Bourgeoisie (1h42, 1972) de Luis Bunuel

Avec Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel, Julien Bertheau, Milena Vukotic, Maria Gabriella Maione, Claude Piéplu, Muni, Pierre Maguelon, François Maistre, Michel Piccoli.

Le film nous présente le charme discret de la bourgeoisie. Tout en ironie et antiphrase. Les personnages sont hypocrites, menteurs, phallocrates, racistes, condescendants, égoïstes, médiocres, prétentieux. Ils sont effectivement charmants !
Et ceci tout en se faisant des sourires, des courbettes, des amabilités de facades. Lorsque l'on voit comment ils boivent et fument, cela rassure sur leur mortalité prochaine. Un vrai catalogue de suffisance et de vide. Tout ce qu'ils entreprennent est interrompu en permanence. Luis Bunuel et Jean-Claude Carrière, son aidant au scénario, enfilent les scènes où ces personnages pleutres ne sont jamais là où ils devraient être : ils s'invitent, ils vont chez l'un deux, chez l'autre, mais n'arrivent jamais au bon moment, diners chez l'un d'eux ou au restaurant, réception, ou alors rendez-vous galant. Ils sont toujours interrompus et ne peuvent jamais terminer. Un vrai bréviaire de la fatuité et de la médiocrité.

Mais ils sont interprétés par une distribution sublime où la distribution féminine en particulier fait la concurrence à une pléthore de personnages masculin : Stéphane Audran, Delphine Seyrig, Bulle Ogier.

Luis Bunuel excelle à dépeindre ce monde d'incompétences, d'égoïsmes, de suffisances d'une certaine bourgeoisie.  Il s'agit d'un film inclassable, qui contient beaucoup d'humour à base d'ironie, donc une comédie, mais aussi du drame car ces pauvres bourgeois sont toujours stoppés dans ce qu'ils entreprennent.

poster du film Bande-annonce Le Charme discret de la bourgeoisie

vendredi 5 février 2021

At Eternity's Gate (1h51, 2018) de Julian Schnabel

Avec  Willem Dafoe, Rupert Friend, Oscar Isaac, Mads Mikkelsen, Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Niels Arestrup, Anne Consigny, Amira Casar, Vincent Perez, Lolita Chammah.

Les derniers mois de la vie de Vincent Van Gogh, de son départ de Paris à sa vie dans le sud de la France (Arles), puis sa remontée en asile (Auvers-Sur-Oise).

Un film qui parle de peinture, de la création et des états d’âmes de Vincent Van Gogh, de sa relation avec Paul Gaugin ou avec son frère Théo, de ses interactions difficiles avec les gens à Arles: les enfants, ses camarades dans l’hôpital psychiatrique, les habitants du village dans le sud de la France, sa logeuse et son personnel. Mais aussi de sa recherche de solitude tout en ne voulant pas être seul et souffrant de cette solitude. C'est d'ailleurs ce qui marque, cette solitude du personnage, sa souffrance qui en résulte.

Malgré ses pauses plastiques (visuelles et musicales, multiples plans d'ensemble avec Vincent Van Gogh marchant, quelquefois avec comme bande-son uniquement un piano) et ses silences, le film rend attachant le personnage et suscite de l’émotion. Très beau personnage donc, avec un Willim Dafoe envouté et convaincant qui traduit parfaitement sur son visage la souffrance du personnage.

La direction d'acteur est subtile. La séquence de Mads Mikkelsen est étonnante (la meilleure prestation de Mads Mikkelsen à ce jour) et permet de donner des informations sur le personnage Vincent Van Gogh et sa conscience de la situation et sur sa vision du monde, et ceci au bon moment de la narration.

 At Eternity's Gate Poster