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dimanche 15 mars 2026

La Chevauchée De La Vengeance (Ride Lonesome,1959) de Budd Boetticher

Avec Randolph Scott, Karen Steele, Pernell Roberts, James Best, Lee Van Cleef, James Coburn. 

Scénario, très original, de Burt Kennedy. Plus qu'original, c'est que tous les personnages secondaires  sont bien incarnés, écrits, existent en quelques secondes. Que ce soit Pernell Roberts et James Coburn (dans un premier rôle) qui discutent sur la signification du mot "amnestie" ou de leur volonté de devenir éleveurs ; mais, pour cela, ils doivent éliminer Randolph Scott. Que ce soit les méchants, James Best dans le rôle du frère demeuré qui est formidable dans tous ses plans, ou Lee Van Cleef, son frère, dans un petit rôle, mais très important pour l'arc dramatique, qui comprend ce qui se trame. Que ce soit Karen Steele dans le personnage féminin, qui sait manier les armes tout en ayant une belle plastique.
Avec en personnage principal, Randolph Scott, plutôt mutique, qui a des intentions non déclarées, que nous découvrons progressivement, mais qui attire tout le monde (pour le tuer). Le titre français divulgache déjà des choses. Le titre original est standard et conforme au personnage du solitaire.

Et tout ceci en 73 minutes :  images sublimes et inoubliables (le plan final !), histoire au cordeau sans temps morts, mais avec des temps calmes importants.

Sur le plan de la mise en scène, la scène d'ouverture est sublime : la grue (le film est en Cinémascope et en décors naturels) qui recadre Randolph Scott vers James Best en train de prendre le café. Et le plan final est extraordinaire avec l'arbre en feu d'une couleur orange, très symbolique et hyper interprétable. 

Avec une superbe musique, plutôt enjouée de Heinz Roemheld sur les plans de transitions lorsque les personnages se déplacent d'un point à l'autre. Musique enjouée qui semble célébrer les décors, tout en étant en décalage avec le drame qui se trame.

Le principal défaut serait l'attaque des Mescaleros, séquences d'action typique avec les Indiens, assez mollassonne et sans brio. C'est quand même un chef-d'œuvre de Budd Boetticher.

La Chevauchée de la vengeance [Édition Collection Silver Blu-ray + DVD] 

dimanche 23 avril 2023

Les Quatre Mercenaires D'El Paso (1h32, 1971) de Eugenio Martín

Avec Lee Van Cleef, James Mason, Gina Lollobrigida, Simón Andreu, Diana Lorys, Gianni Garko, Aldo Sambrell, Jess Hahn, Daniel Martín, Luis Rivera, Lone Fleming.

Ce western spaghetti, est une comédie, avec l'arrière plan du western tortillas standards : révolutionnaires, fédéraux, bandits détrousseurs de banques et riches avides d'argent eux aussi. Le mode opératoire de beaucoup de personnages est l'avidité.

Les scènes de comédie concernent Gina Lollobrigida et ses prétendants, il y en a plusieurs, dont une avec Lee Van Cleef et l'autre James Mason. Elle est le principal aimant sexuel du film, et elle en joue pour toujours agir à son profit, pour survivre et financier sont train de vie. Et les personnages masculins n'en sont pas dupes.

Lee Van Cleef fonctionne bien dans un registre comique, en chef de bande, ne maîtrisant pas tout, vendant sa bande pour de l'argent, mais n'arrivant que très rarement à être payé.

Ce western spaghetti sort du lot grâce à son humour de comédie romantique au milieu du western tortillas. Qui plus est, supporté par une belle distribution. A noter que, comme tout western tortilla, il contient son lot de scènes de fusillades, explosions et attaques, réussies et spectaculaires et bien intégrées à l'intrigue.

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lundi 1 novembre 2021

Porte de Chine (China Gate, 1h37, 1957) de Samuel Fuller

Avec Gene Barry,  Angie Dickinson, Nat 'King' Cole, Paul Dubov, Lee Van Cleef, George Givot, Gerald Milton, Neyle Morrow, Marcel Dalio, Maurice Marsac, Warren Hsieh, Paul Busch.

Le film contient de superbes décors de guerre avec des bâtiments et des bouts de rues complètement détruites. L'autre partie des décors sont des décors de jungle construits dans un studio où se déroulera le film dans la nuit.

L'intérêt du film est de montrer la guerre en Indochine conduite par les Français. Car il s'agit ici d'un commando de l'armée française avec un américain qui vont tenter de détruire un dépôt d'armes pour éviter que les parties françaises de l'Indochine soient bombardées par les communistes.
Ce prétexte permet à Samuel Fuller de construire un film de guerre efficace, mais aussi de parler de sujets comme le racisme et les problèmes psychologiques liés à la guerre.
Samuel Fuller ne montre pas de héros, car aucun des personnages n'en est un, si ce n'est peut-être celui d'Angie Dickinson qui interprète une Indochinoise qui a eu un enfant avec un américain. Elle aide le commando à se diriger dans la jungle jusqu'au village communiste qui héberge les armes.
Une des curiosités du film est Lee Van Cleef dans un rôle très court qui interprète le chef communiste des Indochinois. Curiosité, car c'est un personnage avec des dialogues (sa filmographie l'a souvent utilisé dans des rôles peu loquaces).
Sinon le système Samuel Fuller fonctionne pleinement: un mélange de bric et de broc, de plans de studio, de plans en décors réels, de stock-shots documentaires, montés ensemble; ou alors des dialogues ampoulés par moment, mais qui sont efficaces. Et une direction d'acteur plutôt efficace qui fait que chacun des personnages à sa fonction. Le tout fonctionne plutôt bien et reste captivant jusqu'au bout. Évidemment un des messages du film est aussi de montrer l'horreur, les bêtises et l'absurdité de la guerre.
C'est-à-dire que nous ne sommes pas dans la subtilité, les messages de Samuel Fuller sont bien enfoncés de manière bien insistante pour que le spectateur les capte le bien.
Au total le film reste très intéressant, car mine de rien il y a très peu de films qui parlent des soldats français pendant la guerre d'Indochine !
 
China Gate

mardi 11 mai 2021

New-York 1997 (Escape from New York, 1981, 1h39) de John Carpenter

Avec  Kurt Russell, Lee Van Cleef,  Ernest Borgnine,Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins.

Le film matrice de John Carpenter où son sens de la série B est au summum. La promiscuité du budget fournit une patine riche avec des décors souvent dans l'ombre. La décoration est justement inventive, très accessoirisée, avec un superbe travail de Joe Alves. Ajoutons le travail photographique de Dean Cundey: beaucoup de noirs, de plans dans la pénombre, le film se déroulant lors d'une nuit. Que la dystopie est belle...

Avec une musique au diapason de la narration par John Carpenter et Alan  Howarth. La musique est à la  fois simple et simpliste, du plus bel effet et colore instantanément chaque plan: en la rythmant, en faisant montée la tension ou en jouant la surprise lorsqu'il le faut.

Du côté des effets visuels et effets spéciaux, le film garde son charme et tient toujours la route du spectaculaire (comme déjà évoqué, gros travail du département décoration).

Le film garde un ton sec et contient de belles bascules nerveuses dans le drame: les choses sont calmes, un détail annonciateur, et subitement tout bascule. Le film est une montagne russe. Le film contient de belles scènes-chocs. Une superbe en exemple: l'aspiration de Season Hubley par le sol avec avant quelques dialogues d'apaisement après une tension progressive qui monte (les habitants des égouts qui sortent en surface).

New York 1997

samedi 27 juin 2020

Barquero (1970) de Gordon Douglas

Avec Lee Van Cleef, Warren Oates, Forrest Tucker, Kerwin Mathews, Mariette Hartley, Marie Gomez, Armando Silvestre, John Davis Chandler, Craig Littler.

Barquero [Édition Spéciale Combo Blu-Ray + DVD]
Derrière la conception de ce film nous retrouvons la convergence des films de Sergio Leone et de Sam Peckinpah. Tournée en 1969, ce film essaie d'intégrer pour ne pas dire de faire la synthèse donc, entre le western spaghetti (Serio Leone avait réalisé les trois Clint Easwood et Il Était Un Fois Dans L'Ouest - 1968-) et le nouveau western américain incarné par La Horde Sauvage (1969) de Sam Peckinpah. D'un côté Warren Oates qui fait un méchant psychotique dont il a le secret, très caractéristique de l'ensemble de ses interprétations ultérieures et précédentes (c'est-à-dire que nous retrouvons dans tous ses personnages), qui culmine avec la scène où il tire sur l'eau, belle scène de folie.
De l'autre côté il y a Lee Van Cleef, toujours aussi inexpressif, toujours aussi limité dans son interprétation, et qui interprète ici le héros.Tout relatif, bien sûr, comme dans tout western spaghetti.
Car il y a le cynisme qui vient du western spaghetti et tous les ingrédients avec: Le sexe, la crasse, la sueur, la violence, la cupidité.
Ensuite le scénario est intéressant, car effectivement c'est un bon sujet que cette histoire de passage d'une rivière avec un bac par où une bande de bandits doit forcément passer. Le scénario est plutôt bien agencé et exploite bien cet élément.
Sur la forme, l'utilisation d'un nombre certain de zooms et de très gros plans très symptomatiques du langage visuel de cette fin des années soixante, datent le film.
Nous pouvons aussi signaler un ensemble de seconds rôles avec un ensemble d'acteurs aux physiques significatifs, avec en tête Forrest Tucker qui possède les dialogues les plus savoureux et fournit un peu de "légèreté" du côté du camp des "gentils".