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samedi 11 juin 2022

Boite Noire (2h09, 2021) de Yann Gozlan

Avec Pierre Niney, Lou de Laâge, André Dussollier, Sébastien Pouderoux, Olivier Rabourdin, Guillaume Marquet, Mehdi Djaadi, Anne Azoulay, Aurélien Recoing.

Dans le genre thriller technologique, nous avons là un spécialiste de l'écoute des boîtes noires d'avion qui est convié pour élucider un crash d'avion. Un spécialiste du son donc. Le film mélange cet arc dramatique avec des problématiques d'un constructeur d'avion et les enjeux de cybersécurité. C'est bien vu et cela compose un ensemble avec quelques bonnes idées, pour maintenir en haleine le spectateur, même s'il n'est pas difficile de deviner certains rebondissements.

Le film convie certaines tensions autour du personnage de Pierre Niney, qui n'a pas le profil du héros d'action, et cela tombe bien, car le film ne joue pas la carte du film d'action, mais celle du suspense qui monte progressivement pour culminer avec la séquence du système de navigation qui emmène notre personnage principal sur un lac. Belle séquence, intrigante, qui est captivante et anti-technologique justement, ce qui est une bonne idée.

Nous manquons peut-être d'éléments qui surprennent, car certains rebondissements, sans être téléphonés, ne sont pas difficiles à deviner.

Boîte Noire


 

dimanche 11 octobre 2020

La Part Animale (2007, 1h27) de Sébastien Jaudeau

Avec Sava Lolov, Rachida Brakni, Niels Arestrup, Anne Alvaro, Dora Doll, Carlo Brandt, Jules Dosseur, Marie Desgranges, Alain Durand, Pierre Louis-Calixte, Joëlle Omont.

Le lieu : l'élevage de dindons et dindes en Ardèche. En particulier la race Douglas. Un jeune homme est embauché dans cet élevage, et son comportement va changer.

Le film est à la fois un documentaire sur l'élevage, l'insémination artificielle des dindes, l'abatage des poussins du mauvais sexe, et de l'autre, ce sont les histoires sentimentales, de sexe, d'adultères dans cet univers de paysans et de villageois. Avec un climat de film fantastique, entre l'onirisme et le réalisme.
L’inséminateur, notre jeune, qui passe son temps à mettre du sperme dans les dindes se retrouve avec des problèmes de couple: il ne semble plus intéressé par des relations sexuelles avec sa femme, et commence à avoir de l'empathie avec les dindes, alors qu'il nous a été montré pendant l'exposition qu'il était très prompt à la pénétrer. La femme du propriétaire de l'élevage semble perturbée et a des comportements bizarres que son mari accepte: liaison avec le notaire ou avec l’inséminateur. Très belle scène où la vieille boulangère demande à l’inséminateur de lui montrer son sexe, une dernière fois, pour voir le sexe d'un homme avant de mourir...
Il s'agit donc d'une œuvre originale. Comme si Michael Haneke s'était pris d'amour pour les paysans à la campagne qui élève les dindons et avait décidé de co-réaliser un film avec David Lynch. Avec des éléments à la limite du fantastique: la bande-son, la musique, certaines situations.
Du beau travail.
La Part Animale

dimanche 10 mai 2020

Une Intime Conviction (2018) de Antoine Raimbault

Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas, Philippe Uchan, Jean Benguigui.

Bande-annonce Une intime convictionUn film de tribunal, un genre à part entière. Basé sur un cas réel: la mère de famille a disparu depuis dix ans, le mari est accusé. Le réel est modifié pour la fiction avec l'ajout du personnage de Marina Foïs, qui est à la fois crédible, mais que nous ne comprenons pas: elle est obsédée par l'affaire et l'enquête qu'elle mène (elle est convaincue de l'innocence du jugé) au point de délaisser son fils et son travail. Enquête qui n'est pas réalisée par la police, car il s'agit d'un procès en appel (le mari a été acquitté lors d'un premier jugement). L'implication du personnage de Maria Foïs est moyennement crédible. Mais le spectateur a envie de savoir quel est le jugement qui va sortir de ce procès.
Le trio Marina Foïs, Olivier Gourmet et Laurent Lucas fonctionne parfaitement. Et chacun d'eux garde leurs parts de mystère. Le personnage d'Olivier Gourmet n'est pas sympathique, mais semble un bon professionnel. Le personnage de Laurent Lucas, quasi mutique, ne se dévoile jamais.
Tout cela donne des ingrédients qui maintiennent la curiosité du spectateur. Et nous comprenons où le réalisateur veut en venir lorsqu'on lit les messages de prégénérique de fin.


samedi 27 juillet 2019

Le Chant Du Loup (2019) de Antonin Baudry

Avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb, Mathieu Kassovitz, Paul Beer, Etienne Guillou-Kervern, Nicolas Van Beveren, Damien Bonnard, Paul Granier, Sylvain Loreau, Guillaume Duhesme, Jean-Yves Berteloot, Sébastien Landry, Alexis Michalik, Simon Thomas.

Bande-annonce Le Chant du LoupLe film à suspense où un sous-marin français est sur le point de tirer un missile sur la Russie. Pour l'arrêter, il faut entrer en contact avec lui par un biais autre que les communications officielles, car une fois l'ordre de tirer donné, le sous-marin lanceur de missile est coupé du monde; le film indique qu'il s'agit de la procédure officielle.
Le scénario parait invraisemblable, et nous ne savons pas s'il est plausible. Néanmoins, dans le genre suspense technologique, avec une touche de film d'espionnage (ici lié à des islamistes) le film est prenant et donc efficace. Grâce à ses décors (intérieurs de sous-marins, postes de commande, bâtiments à terre) et par sa distribution, avec un ensemble d'acteurs de qualité (Mathieu Kassovitz, Reda Khated, Omar Sy). François Civil est moins convaincant, mais le responsable est le personnage écrit par le scénariste qui est peu crédible (ses errements en cas d'alerte, le cannabis, etc., mais tous nécessaire pour les articulations dramatique...).
Le film est efficace dans sa progression dramatique. Le scénario est bien équilibré entre le personnage de l'Oreille d'Or et son travail et ses problèmes au travail ou sa vie sentimentale, et la progression dramatique principale qui arrive au suspense du dernier tiers. L'ensemble des séquences sous l'eau sont captivantes et font ressentir le confinement au spectateur. 
À noter aussi le prologue, bien découpé et mettant bien en appétit le spectateur.