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samedi 25 juillet 2020

Le Violent (In A Lonely Place, 1950) de Nicholas Ray

Avec Humphrey Bogart, Gloria Grahame, Frank Lovejoy, Carl Benton Reid, Art Smith, Jeff Donnell, Martha Stewart, Robert Warwick.

Le Violent [Blu-Ray]Un film passionnant. Humphrey Bogart interprète un homme violent, en quête d'amour. Qu'il rencontrera avec Gloria Grahame, qui irradie l'ensemble des plans où elle apparait (et pas seulement par les jeux de lumière de Burnet Guffey). Humphrey Bogart est scénariste, à qui il est demandé d'adapter un roman qu'il ne l'intéresse pas, et qu'il ne lit même pas. Il demande à une jeune femme qui a lu le livre de venir lui raconter l'histoire chez lui un soir, puis elle est retrouvée morte le lendemain. Il est le suspect principal. Et l'histoire de ce scénariste se déroule donc dans un milieu où l'on côtoie réalisateurs, producteurs, agents, acteurs oubliés. Et bien sûr des policiers. Les scènes dans le milieu du cinéma sont plutôt jubilatoires.
Les dialogues sont magistraux et plusieurs scènes sont passionnantes. Le film est dense, urgent, dynamique, triste, inéluctable.
Humphrey Bogart est par ailleurs plutôt bon dans un rôle d'un homme fatigué, usé, qui voit en Gloria Grahame un sursaut, et qu'il imagine très vite éphémère (voir le dialogue dans la voiture après avoir rossé le type qui a repeint sa voiture).
Le titre original est plus subtil et énigmatique et représente mieux le film: la solitude du personnage, la solitude du scénariste, la solitude sentimentale (des deux personnages principaux).
Le film contient beaucoup de scènes denses et admirables. Très belle scène finale, poignante, où Humphrey Bogart comprend que leur histoire est finie, à cause de lui. Du beau travail donc.


jeudi 16 juillet 2020

Le Brigand Bien-Aimé (The True Story Of Jesse James, 1957) de Nicholas Ray

Avec Robert Wagner, Jeffrey Hunter, Hope Lange, Agnes Moorehead, John Doucette, Alan Hale Jr., Alan Baxter, John Carradine, Rachel Stephens, Barney Phillips,

Le Brigand Bien-aimé [Édition Limitée Blu-Ray + DVD]

Un western tragique, où la poursuite n'a pas pour but d'être spectaculaire, ou l'attaque de la banque, catastrophique, ne se déroule pas comme prévu (et d'ailleurs elle évoque celle du début de La Horde Sauvage - 1969 -, avec un des protagonistes en cache-poussière, dont un passant à travers une vitrine en métal pour pouvoir s'échapper; Jesse James aurait-il inspiré Sam Peckinpah?). Une histoire où les voisins  sont des informateurs et incendient, où c'est un proche qui abattra dans le dos Jesse James, pour de l'argent, ou un autre proche est lui pendu à un arbre.
Une histoire torturée donc, avec ces frères James qui vont toujours plus en avant dans les attaques de banques ou de train, et qui bien sûr veulent raccrocher.
Histoire torturée par le montage qui fait des retours arrière et retours en avant, ce qui permet de maintenir le spectateur captif. Les retours en arrière permettent les explications.
L'histoire germe dans les tragédies de la fin de la Guerre de Sécession où les frères James, anciens sudistes (mais pas esclavagistes, quand même) décident de piller les banques Nordistes. Bien mal acquis ne profite jamais dit le proverbe, c'est bien la vie des frères James. Jamais un répit, toujours en fuite.
Les deux acteurs principaux portent haut la main leurs deux personnages, le jeune Robert Wagner, et Jeffrey Hunter, parfait.
Nous sommes moins convaincus par l'histoire sentimentale avec Hope Lange, qui finalement a le seul intérêt de permettre de réduire la tragédie en fournissant des éléments positifs au personnage et au drame, mais ce sont les seuls. Tout le reste n'est que ratages et drames. Un film sur des perdants.