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vendredi 5 février 2021

The Grandmaster (2h10, 2013) de Wong Kar-Wai

Avec Tony Chiu-Wai Leung, Ziyi Zhang, Cung Le, Qingxiang Wang, Elvis Tsui, Hye-Kyo Song, Kar-Yung Lau.

Kar-Wai Wong raconte l'histoire de Ip Man, un maitre de Kung-Fu dont le parcours est lié à des pages de l'histoire de la Chine. Et il finira comme maitre à Hong-Kong où il aura un élève qui deviendra célèbre Lee Jun Fan plus connu sous le nom de Bruce Lee. Le film sur Ip Man est un sous genre du film de kung-fu lorsque l'on voit la kyrielle de films qui existent maintenant. Pour draguer la mythologie de Bruce Lee, probablement.

Ici c'est Kar-Wai Wong, le summum du cinéma intellectuel, plastiquement sublime, totalement invraisemblable, donc indispensable.

Ici les combats sont visuellement superbes. Ils sont cadrés en gros plans. Ils sont réglés par Yuen Woo-Ping. Mais nous sentons que c'est la plastique et les textures qui intéressent le réalisateur: gros plans, ralentis, pluie, couleurs, très gros plan sur une goutte d'eau dans une flaque d'eau avec floutage de tout ce qu'il y a autour. Tout cela est une matière qui produit au montage des séquences visuellement et plastiquement intéressantes, très léchées, à la limite du ridicule. Et quelquefois au détriment de la lisibilité sur l'espace et sur le combat lui-même. Il y a beaucoup de très gros plans avec la caméra qui lèche le personnage en remontant (point au milieu, mais pas autour et arrière-plan flou).

La direction d'acteur est laissée de côté: Tony Leung, avec son sourire permanent, rend le personnage hermétique, pour rester poli. Et il faut reconnaitre qu'en artiste martial il est moyennement crédible: il ne déborde pas de tonicité et d'énergie...Erreur de distribution? Disons que c'est la mise en scène et le montage qui provoque cette impression; le souci de Wong Kar-Wai est de faire de la plastique, ce n'est pas de montrer de la tonicité et de l'énergie dans les combats.

La narration est curieuse: Tony Leung, inexpressif pendant l'ensemble du film; il est esclave des évènements, il les subits. Cela donne une impression qu'il s'en moque et qu'il y accorde peu de valeur. Cela rend le film curieux, car il s'agit de son histoire; c'est l'histoire du personnage Ip Man, mais il s'en moque en quelque sorte. Sa femme et son enfant arrivent et partent, sa maitresse virtuelle (Zhang Ziyi, solaire) rentre puis sort de la narration...

Un bijou pour les yeux.

The Grandmaster [Blu-Ray]

lundi 19 novembre 2012

Les 3 royaumes (2009) de John Woo

Avec Tony Chiu-Wai Leung, Takeshi Kaneshiro, Fengyi Zhang, Chen Chang, Wei Zhao, Jun Hu, Shidô Nakamura, Chi-Ling Lin, Yong You, Yong Hou, Dawei Tong.


John Woo a bénéficié de moyens faramineux pour tourner ce film en Chine à la gloire de la Chine. Où des seigneurs s'affrontent pour la conquête du pouvoir.
C'est la version européenne du film, c'est-à-dire beaucoup plus courte. Heureusement car le film est plutôt bien équilibré entre parlottes et batailles.
Le plus intéressant est le méchant (Zhang Fengyi), qui a les meilleures scènes.
De beaux décors, une utilisation des effets numériques, plutôt discrète même si spectaculaire (beaucoup de plans d'ensemble grandioses parsèment le film).
Par contre Woo confirme encore une fois son incapacité à peindre un personnage féminin: la femme de Tony Leung est ridicule et fait ce qu'elle peut avec son personnage; Woo ne sait vraiment pas créer un personnage féminin crédible et sans cliché; c'est la partie un peu pénible du film.
Sinon un film passionnant de bout en bout.