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dimanche 22 janvier 2023

Un Fauteuil Pour Deux (Trading Places, 1h56, 1983) de John Landis

Avec Dan Aykroyd, Eddie Murphy, Jamie Lee Curtis, Denholm Elliott, Ralph Bellamy, Don Ameche.

Le style neutre et sans ostentation de John Landis est parfait pour cette histoire où le capitalisme le plus inhumain est pointé du doigt. Capitalisme incarné par le duo Ralph Bellamy et Don Ameche, deux frères ne pensant qu'en termes de dollars. Le seul personnage humain est celui de Jamie Lee Curtis. Même Denholm Elliott, le majordome chez ces gens riches, navigue en permanence dans l'ironie.

Tous les personnages sont dans le paraître, le déguisement, souvent faut, même Jamie Lee Curtis. Y compris les personnages dans la séquence du train, où ils sont déguisés, d'abord eux quatre, mais aussi les autres voyageurs. Un film sur le changement d'apparences donc. Et tous les personnages adhèrent à la nécessité de faire fructifier l'argent.

La bascule du film vers ces séquences finales est d'ailleurs la grande réussite du film: le film bascule dans une autre forme de farce, plus graphique, plus énorme, qui sort le film de la mécanique bien huilée et un peu mièvre, pour donner du piquant au film.  Qui commence avec Dan Aykroyd en noir rasta, Eddie Murphy en Africain ou Jamie Lee Curtis en Tyrolienne qu'elle pense suédoise. Très bonnes scènes finales pour terminer le film qui devenait un peu mièvre et surtout long, qui bascule dans le presque grotesque (le vrai gorille et le faut gorille). Cette catharsis finale en fait bien un film de John Landis (il n'a pas écrit le scénario) où le loufoque croise la surenchère ou l'absurde. À ce titre d'ailleurs, la séquence des vendeurs et acheteurs du jus d'orange est bien dans la lignée de la séquence du train qui a précédé: délirante, folle et loufoque.

Un Fauteuil pour Deux [Blu-Ray]





samedi 20 février 2021

Blues Brothers 2000 (2h03, 1998) de John Landis

Avec Dan Aykroyd, John Goodman, J. Evan Bonifant, Joe Morton, Nia Peeples, et une kyrielle de musiciens et chanteurs.

Cette suite des Blues Brothers (1980) essaie de raconter une histoire sur le même patron que le film original en reprenant les mêmes personnages qui existent encore, en reprenant les idées dramatiques et certaines  scènes fétiches du premier. Là où le film est une bonne idée c'est que le remplacement de John Belushi n'est pas fait par une seule personne, mais par trois personnes. Cela permet un complément dramatique et des idées pour ces trois personnages. Joe Morton, John Goodman et J. Evan Bonifant, qui arrivent à faire oublier le personnage de John Belushi, ce qui n'est pas une mince affaire.

Dans la recette, les nazis de l'Illinois sont remplacés par des suprémacistes blancs, curiosité qui existe toujours si l'on considère l'actualité récente des USA of America. D'ailleurs le scénario pour fuir ces suprémacistes blancs nous emmène en Louisiane pour la dernière partie du film dans un lieu très cosmopolite.

Le film conserve son potentiel sympathie en mélangeant une histoire douce-amère qui convie des intervalles réguliers des énormités, de la musique et des personnages issus du premier film. L'élément qui manque peut-être le plus est l'équivalent du personnage de Carrie Fisher dans le premier film qui apporté sa part d'absurdité et de romantisme (quand même) et de caractérisation du personnage de John Belushi. Il n'y a pas ici de love interesest et cela manque un peu.
Blues Brothers 2000 Poster

vendredi 5 février 2021

Les Blues Brothers (1980, 2h13) de John Landis

Avec John Belushi, Dan Aykroyd, Kathleen Freeman, Cab Calloway,  Donald Dunn, James Brown, Armand Cerami, Steven Williams, Carrie Fisher, John Candy, Murphy Dunne, Steve Cropper, Willie Hall, Tom Malone, Alan Rubin,  Paul Reubens, Henry Gibson.

Un des chefs-d'oeuvre de John Landis. La dimension comédie est présente. Mais pas la dimension de film fantastique ou d'horreur. Et surtout l'absurdité, superbement intégrée à la narration et aux chansons, car la star du film est le blues. Le film est un délice d'absurdités et d'énormités, mais bienveillant.

Le film est aussi une comédie musicale. Les intermèdes musicaux sont l'occasion de faire progresser la narration et l'occasion de faire écouter une chanson standard. Et de permettre le passage de grandes stars du blues.

Le coeur du film est notre duo de frères du blues, qui ne sont pas frères, car tout deux orphelins élevés par l'institution de la "pingouine". Mais leur relation est finement écrite, malgré un enrobage d'énormités et de choses peu subtiles. Pour exemple la très belle scène dans leur chambre après la sortie de prison à côté du métro.

Le film contient des séquences d'anthologie: les deux frères dans le bureau de la "pingouine" (Kathleen Freeman), superbe scène. Où les séquences avec les nazis de l'Illinois, qui peuvent paraitre délirantes, mais qui existent toujours (voir les actualités étatsuniennes de ces derniers mois). Ou les apparitions de Carrie Fisher en amoureuse éconduite et où chacune de ses apparitions est encore plus délirante que la précédente; y compris la confrontation avec John Belushi dans les égouts où il justifie avec des énormités son absence à son mariage, et cela marche. Dans le genre poursuite en voiture, la chevauchée à la fin pour aller à Chicago est bien sûr d'anthologie, pour son énormité, son absurdité et la moquerie de ces scènes clichées dans les polars; y compris jusqu'à sa conclusion dans le bureau de Steven Spielberg.

Cette oeuvre est une cure de jouvence et donne de l'énergie.

Les Blues Brothers Poster

samedi 24 septembre 2016

Série Noire Pour Une Nuit Blanche (Into The Night, 1h55, 1985) de John Landis

Série noire pour une nuit blanche - Édition Collector Blu-ray + DVD
Avec Jeff Goldblum, Michelle Pfeiffer, Stacey Pickren, Carmen Argenziano, Dan Aykroyd, Bruce McGill, John Landis, Kathryn Harrold, Paul Mazursky, Carl Perkins, Art Evans, David Bowie, Roger Vadim, Vera Miles, Irène Papas, David Cronenberg, Don Siegel, Lawrence Kasdan, Jonathan Demme, Jonathan Lynn, Amy Heckerling, Daniel Petrie, Andrew Marton, Sue Dugan, Elizabeth Solorzano, Rick Baker, Don Siegel, Jim Henson, Jack Arnold.

Revoir Into The Night (finalement le titre français, par son énormité et son ridicule, rejoint le ton du film) c'est plonger dans les années 80. C'est Jeff Golblum, qui traine sa carcasse malgré lui dans cette histoire rocambolesque où son insomnie l'emmène vers Michelle Pfeiffer. La diaphane Michelle Pfeiffer, justement, traine derrière elle des terroristes, des policiers, des espions anglais, des tueurs professionnels, en donnant toujours l'impression qu'elle y est pour rien. Et ceux qui sont censés l'aider, lui veulent du mal aussi: son frère, son amant vieillard. Et sa copine, actrice, perpétue le mythe de la blonde...
Le film est très marqué par la musique rock électronique d'Ira Newborn. Ainsi que par les coupes de cheveux et les costumes, délicieusement rétro.
John Landis filme Los Angeles comme nul autre. C'est aussi son sens de la distribution. Et fondamentalement, c'est sont art du travail du film de genre, ici le film Noir, dans un monde tragi-comique dont il est le seul capable. Rajoutant du loufoque et de la mélancolie dans un genre, en le tordant, mais avec révérence. Innocent Blood (1992), Susan A Un Plan (2005) ou Le Loup Garou de Londres (1981) sont de cette veine-là. Ici ce sont les Iraniens, qui chaque fois qu'ils poursuivent nos personnages principaux, se bousculent, se cognent, se marchent dessus, et apportent un décalage, probablement réaliste, et qui constitue un gag récurrent. Ou alors ce sont les décors de studio que Jeff Golblum prend pour vrais. Ces petits décalages sont typiques de l'humour de John Landis. Le film s'essouffle un peu sur son dernier tiers et le rythme ralentit. Néanmoins le film reste une proposition de film Noir, décalé, mais dense et unique.

lundi 17 février 2014

MA VIE AVEC LIBERACE (2013) DE STEVEN SODERBERGH



Avec Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd, Scott Bakula, Rob Lowe.

C'est une histoire pas gaie, tout en étant gay. Casting magnifique où finalement, malgré le numéro de Michael Douglas, c'est Matt Damon qui est plus impressionnant.
L'époque, le lieu (Las Vegas), les costumes, les coiffures, la décoration font de ce film une œuvre qui brille de mille feux.
Le scénario est suffisamment habile pour ne pas révéler ses orientations, mais le spectateur ne doute pas un seul instant que le drame jalonne régulièrement la vie de Liberace et de Scott.
Le film évoque la difficulté de la vie de couple, la filiation, l'adultère, la sexualité, le mensonge, l'homosexualité, la chirurgie esthétique, l'image. Programme assez riche et bonne matière à une fiction contée.
Curieusement, le film ne traite pas la création, l'Art, et ne montre jamais Liberace comme un artiste, plutôt comme un performeur.
Curieux chant du cygne pour Steven Soderbergh qui a annoncé que c'était son dernier film. Qui finit donc en beauté. Et qui quelque part, si l'on boucle la boucle, n'est pas sans rapport avec Sexe Mensonges et Vidéo, son premier film…
Attendons de voir la suite: je ne crois pas un seul instant que cette œuvre est la dernière.