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samedi 11 juin 2022

L'Aventurier Du Texas (Buchanan Rides Alone, 1h20, 1958) de Budd Boetticher

Avec  Randolph Scott, Craig Stevens, Barry Kelley, Tol Avery, Peter Whitney, Manuel Rojas, L.Q. Jones, Robert Anderson, Joe De Santis, William Leslie.

Nous sommes surpris, ou plutôt étonnés, par le mélange de simplicité d'efficacité pour conduire cette histoire plutôt intéressante. Randolph Scott, qui arrive de nulle part ou en tout cas ici du Mexique, pour retourner aux USA, se retrouve dans une ville frontière tenue par une famille dont les membres semblent tous plus crétins les uns que les autres, dans laquelle il va aider un jeune mexicain sur le point de se faire lyncher.

Ajoutons à cela l'homme de main dans des frères (qui est le juge; l'autre frère est le shérif) qui traversent tout le film avec une certaine ironie et qui en fin de compte bénéficiera du résultat de l'histoire. Randol Scott a une posture à la fois souriante et un peu ironique tout en subissant en permanence les événements. Ce n'est donc pas un héros au sens propre, mais c'est bien le personnage principal. Le tout est filmé avec de superbes couleurs que le Blu Ray rend éclatantes.

Le film n'est pas dénué d'humour avec Peter Whitney qui passe son temps à courir en se tenant le cœur, ou alors les intrigues entre les différents frères qui semblent se détester, et beaucoup préoccupé par la dimension pécuniaire des choses, en l'occurrence le magot de Randolph Scott, ou soutirer de l'argent aux Mexicains.
Le tout est filmé en moins d'une heure 30 avec un sens de l'efficacité dramatique et de l'ellipse pour rendre le tout intrigant, voire palpitant.
L'aventurier du Texas Collector [Édition Collection Silver Blu-Ray + DVD]

mardi 8 octobre 2019

Major Dundee (1965) de Sam Peckinpah

Bande-annonce Major Dundee Exclusivité Fnac Blu-rayAvec Charlton Heston, Richard Harris, Jim Hutton, Michael Anderson Jr., James Coburn, Warren Oates, Mario Adorf, Ben Johnson, Senta Berger, R.G. Armstrong, Slim Pickens, L.Q. Jones.

Étonnante la vision de ce film de Sam Peckinpah. Nous y retrouvons beaucoup d'éléments qui seront dans son film suivant, La Horde Sauvage (1969) qui sera plus épuré, plus concentré, en récit, et aussi plus sombre même si ici l'histoire contient sa dose de noirceur: des atrocités commises par les Commanches et par l'armée française au Mexique, au côté suicidaire du Major Dundee (Charlton Heston impeccable). Nous y retrouvons aussi, et déjà, la distribution d'une partie des acteurs de seconds rôles.
Major Dundee [Non censuré]À la re-vision, le film est passionnant. Passionnant pour son histoire jusqu'au-boutiste de cet officier qui poursuit une bande Commanches dans un contexte non officiel. Dans un contexte de guerre de Sécession où les conflits avec d'anciens sudistes amènent aussi son lot de tensions. Et aussi avec l'armée française occupant le Mexique. Ce film dépeint déjà un monde rempli de souffrances où il n'y a aucun bonheur (même l'idylle avec Senta Berger tourne court). Il y a l'embryon de la dimension suicidaire qu'il y aura dans le film suivant (et dans beaucoup de films de Sam Peckinpah) avec ce jusqu'au-boutisme et cet objectif absolu qui fait la marque de ses personnages. Jusqu'au-boutisme évidemment qui va jusqu'à la mort et au bain de sang. Nous retrouvons ici aussi les qualités des films de Sam Peckinpah: une distribution avec des physiques marquants, un sens du décor extérieur, une direction d'acteur plutôt subtile même si cela se déroule dans un contexte grossier, violent et brutal. Il n'y a pas encore ici l'utilisation des ralentis et du montage très saccadé de La Horde Sauvage et de ses films ultérieurs.

lundi 10 juin 2019

La Horde Sauvage (The Wild Bunch, 1969) de Sam Peckinpah

Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Warrent Oates, Ben Johnson, Julie Sanchez, Emilio Fernandez, Strother Martin, L.Q. Jones, Albert Dekker, Bo Hopkins, Dub Taylor, Paul Harper, Jorge Russek, Alfonso Arau, Chano Urueta, Elsa Cardenas.

Bande-annonce La Horde sauvage - Director's CutLa séquence introductive du film donne le ton: tension, massacre, morts, bref la fin du monde. Le tout monté par un ensemble des coupures et de gros plans et de zooms qui donnent au film une dynamique alors que l'ensemble des plans et de la séquence sont très lents, et sans dialogue. De même que l'utilisation du ralenti  et du zoom comme éléments de mise en scène. Autre élément constitutif de cette séquence d'ouverture est la musique de Jerry Fielding pendant le générique puis la musique de la Fanfare à l'approche du massacre. Les principaux personnages sont installés par cette séquence: notre horde sauvage heureux héros fort peu recommandables, mais peints avec une certaine tendresse par Sam Peckinpah. Les méchants qui poursuivre notre Horde sauvage. Qui sont et encore moins recommandable, car ce sont des chasseurs de prime qui dépouille les cadavres et se repaissent des morts (ils sont en extase devant un ensemble de cadavres pour leur voler leurs affaires personnelles: chaussures pantalon, etc.).
Le climat du film ainsi que l'époque est peinte comme une fin du monde, comme une fin de période, comme la fin des cowboys et des hors-la-loi qui pouvait écumer le pays. Ils sont ici poursuivis par une compagnie ferroviaire et par l'armée américaine. L'automobile arrive. Les armes de masse (mitrailleuse) aussi. Nos héros fort peu recommandables sont aussi en fin de vie et avec une certaine lassitude et finalement tentent un dernier baroud d'honneur pour plonger dans une sauvagerie finale d'anthologie où ils décident de se suicider. Un exemple du talent de Sam Peckinpah à travers sa direction d'acteur, l'économie des dialogues et le sens du montage est la séquence ou Pike et les frères Gorch, chez des prostituées, décident de retourner récupérer leur copain Angel; séquence sans aucun dialogue ou presque où par le regard échangé ils décident d'y aller (se suicider). Séquence d'anthologie qui est précède l'autre, la séquence de marche vers l'arène où ils vont affronter Mapache, ses soldats, accompagnés par la vieille Europe représentée par le militaire Allemand (qui sera tuée en second).
Autre exemple de ce climat de fin du monde est la séquence épilogue, avec le vent, le ciel qui se couvre, la tempête qui marche. Robert Ryan attendant à l'entrée du village avec les charognards qui partent avec les cadavres et avec l'arrivée du vieux et des copains mexicains: très belle séquence encore une fois appuyée de manière imparable par la musique de Jerry Fielding. En fait ce film recèle quasiment que des séquences d'anthologie en plus de celles déjà citées on peut citer l'attaque du train, bréviaire pour apprenti monteur, on peut citer la séquence de la bouteille de whisky partagée entre eux sauf Warren Oates qui se termine par des éclats de rire. Séquence qui montre bien dramatiquement comment l'équipe est soudée mais aussi l'amour de Sam Peckinpah pour ses personnages peu recommandables.

Apocalypse 2024 (A Boy And His Dog, 1974) de L.Q. Jones

Avec Don Johnson, Charles McGraw, Alvy Moore, Jason Robards, Susanne Benton, Hal Baylor, Michael E. Hershman, Michael Rupert, Don Carter, Ron Feinberg, Hélène Winston.

Apocalypse 2024Un homme et son chien. C'est le titre original de ce film à l'histoire (Harlan Ellison,auteur) lz, riche et de grande qualité. Il s'agit bien d'un film de science-fiction qui se déroule dans un futur après la quatrième guerre mondiale qui a lieu dans les années 2020. La surface de la Terre est un désert où il est dur de trouver à manger, et où les survivants s'entretuent pour trouver de la nourriture. Les hommes sont aussi devenus peu fertiles, voire stériles. Dans le sous-sol (les villes on était ensevelies) des gens vivent: c'est une société autoritaire et dictatoriale qui s'est installée, mais ils ont aussi un problème de fertilité. C'est donc un film dans lequel un homme et son chien vivant en surface se retrouvent amenés à aller dans le sous-sol pour différentes raisons que nous n’expliquerons pas ici, mais qui font que de multiples articulations dramatiques se produisent. Autre particularité dans ce futur post-apocalyptique c'est que le chien est plus intelligent que l'homme et il communique par télépathie avec l'homme. L'homme est interprété par Don Johnson dans un rôle de jeunesse plutôt efficace et crédible dans le rôle d'un jeune homme dont la seule préoccupation est de trouver la nourriture pour son chien (qui en retour l'aide, vu qu'il est intelligent) et de trouver une fille pour forniquer. Il trouvera les deux, mais l'histoire n'évoluera pas comme nous pourrions l'imaginer ou comme notre héros le souhaiterait. Avec une fin surprenante, mais tout à fait dans la lignée de ce film de 1975. Le film est constitué de peu de décors (un désert en surface) puis quelques décors de studio et une prairie, mais il arrive à produire une certaine richesse de bon aloi (picturale, sociétale, décors). Seule la musique un peu bizarre date le film qui par ailleurs tient toujours la route grâce à cette excellente histoire et ce très bon scénario. Il pourrait très bien être refait de nos jours avec les images numériques, mais il perdrait probablement de son charme de film fait avec peu de moyens.