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dimanche 25 décembre 2022

Baïonnette Au Canon (Fixed Bayonets, 1h32, 1951) de Samuel Fuller

Avec Richard Basehart, Gene Evans, Michael O'Shea, Richard Hylton, Craig Hill, Skip Homeier.

Film de guerre, curieux, car il s'agit du conflit en Corée ou un groupe de soldats protège les arrières d'une retraite. Ce conflit n'est pas souvent montré. Ils quittent les montagnes enneigées et en hiver. Ces soldats doivent faire croire aux communistes (coréens, chinois) que l'ensemble des soldats est encore là. Ils doivent affronter le froid, les égos de certains d'entre eux, et bien sûr les soldats communistes, d’abord en reconnaissance, puis qui arrivent avec mortiers et canons, puis avec leurs chars. Ceci en tenant un défilé unique entre deux montagnes, qu'ils ont piégé et qu'ils assiègent pour bloquer tout passage, le temps que le reste des troupes s'éloignent le plus possible. La baïonnette du titre est pour le corps à corps pour bloquer le passage en empêchant toute personne de passer.

Samuel Fuller, qui n'est jamais dans la subtilité, est particulièrement efficace ici. À travers les échanges entre les soldats sur leurs états d'âme vis-à-vis de la situation ou leurs états d'âme personnels, la gestion des moments de tension, avec l'attente d'un ennemi que l'on ne voit pas, puis les premiers affrontements et ensuite l'assaut final. La scène des mines dans la glace avec le soldat blessé est particulièrement réussie. Une réussite pour un concept simple, un décor quasi unique, exploité par un découpage précis qui fait la part belle aux soldats en tant qu'individus.

 Baïonnette au Canon [Blu-Ray]

lundi 1 novembre 2021

Porte de Chine (China Gate, 1h37, 1957) de Samuel Fuller

Avec Gene Barry,  Angie Dickinson, Nat 'King' Cole, Paul Dubov, Lee Van Cleef, George Givot, Gerald Milton, Neyle Morrow, Marcel Dalio, Maurice Marsac, Warren Hsieh, Paul Busch.

Le film contient de superbes décors de guerre avec des bâtiments et des bouts de rues complètement détruites. L'autre partie des décors sont des décors de jungle construits dans un studio où se déroulera le film dans la nuit.

L'intérêt du film est de montrer la guerre en Indochine conduite par les Français. Car il s'agit ici d'un commando de l'armée française avec un américain qui vont tenter de détruire un dépôt d'armes pour éviter que les parties françaises de l'Indochine soient bombardées par les communistes.
Ce prétexte permet à Samuel Fuller de construire un film de guerre efficace, mais aussi de parler de sujets comme le racisme et les problèmes psychologiques liés à la guerre.
Samuel Fuller ne montre pas de héros, car aucun des personnages n'en est un, si ce n'est peut-être celui d'Angie Dickinson qui interprète une Indochinoise qui a eu un enfant avec un américain. Elle aide le commando à se diriger dans la jungle jusqu'au village communiste qui héberge les armes.
Une des curiosités du film est Lee Van Cleef dans un rôle très court qui interprète le chef communiste des Indochinois. Curiosité, car c'est un personnage avec des dialogues (sa filmographie l'a souvent utilisé dans des rôles peu loquaces).
Sinon le système Samuel Fuller fonctionne pleinement: un mélange de bric et de broc, de plans de studio, de plans en décors réels, de stock-shots documentaires, montés ensemble; ou alors des dialogues ampoulés par moment, mais qui sont efficaces. Et une direction d'acteur plutôt efficace qui fait que chacun des personnages à sa fonction. Le tout fonctionne plutôt bien et reste captivant jusqu'au bout. Évidemment un des messages du film est aussi de montrer l'horreur, les bêtises et l'absurdité de la guerre.
C'est-à-dire que nous ne sommes pas dans la subtilité, les messages de Samuel Fuller sont bien enfoncés de manière bien insistante pour que le spectateur les capte le bien.
Au total le film reste très intéressant, car mine de rien il y a très peu de films qui parlent des soldats français pendant la guerre d'Indochine !
 
China Gate

vendredi 26 juin 2020

Pickup On South Street (Le Port De La Drogue, 1953) de Samuel Fuller

Avec Richard Widmark, Jean Peters, Thelma Ritter, Murvyn Vye, Richard Kiley, Willis Bouchey, Milburn Stone.

Le Port de la Drogue [Blu-Ray]Un fil noir dans la tradition du Noir, justement, avec Richard Widmark en pickpocket qui vole sans le savoir des microfilms que des espions communistes recherchent, mais aussi la police, qui cherche à démasquer le réseau communiste en question. Nous sommes en pleine Guerre Froide. Et le méchant pickpocket s'avère être moins méchant et pernicieux que les espions communistes voir la police. Bien que tous ensemble ils ne constituent aucunement des personnages recommandables.
Le film est un film de propagande anticommuniste, quand même, et ce sont eux les méchants et pas le pickpocket. À noter qu'il n'est pas question de drogue dans film (le titre français), mais lors de sa sortie en France le film a été doublé et titré pour ne pas froisser le Parti Communiste français alors très populaire..
C'est bien un film Noir où le monde est plus ou moins pourri et où les échanges entre les personnages sont basés sur l'argent. Sauf pour les communistes.
Entre les espions communistes, la police, le pickpocket, la fille informatrice (Thelma Ritter), et la victime du pickpocket (Jean Peters), aucun des personnages n'est positif. C'est là que le film est intéressant: tout en voulant peindre des communistes méchants (et qui font travailler une jeune femme pour transporter des microfilms et ne font pas le job eux-mêmes), les autres ne basent leurs échanges que sur  des chose monnayées. L'émoi amoureux soudain du personnage de Jean Peters ne nous convainc pas et parait forcé. Peut-être que Samuel Fuller s'en est rendu compte et a voulu introduire un élément positif, l'amour. Peu convaincant au total..
À mois que ce ne soit la direction d'acteur, qui n'est pas subtile, loin de là, qui donne cette impression. Mais la direction d'acteur est rarement subtile chez Samuel Fuller. 
Le format 4/3 du film et son noir et blanc (avec beaucoup de noir) sont magnifiques et les acteurs sont souvent cadrés en gros plan: Richard Widmark, Jean Peters ou le communiste. Ce qui donne du poids aux images.

samedi 14 septembre 2019

40 Tueurs (Forty Guns, 1957) de Samuel Fuller

Avec Barbara Stanwyck, Barry Sullivan, Dean Jagger, Gene Barryn John Ericson, Robert Dix, Jidge Caroll, Paul Dubov, Gerald Milton, Hank Worden.

Quarante tueurs DVDLe film n'a pas beaucoup de rapport avec son titre qui est plutôt là pour détourner l'attention du spectateur.
Au lieu de quarante tueurs (qui sont bien présents, mais ne font pas grand-chose), les articulations dramatiques sont autour d'histoires sentimentales: entre Barry Sullivan et Barbara Stanwyck, entre le frère de Barry Sullivan et l'armurière. Jusqu'au Shérif (Dean Jagger) qui est amoureux de Barbara Stanwyck.
Quarante tueurs PosterLe film marque plus pour ses scènes de paix et de violence en même temps: mariage (bien que le marié soit tué pendant son mariage), la déclaration d'amour du Sheriff à Barbara Stanwyck (qui se termine par son suicide par pendaison).
Mais aussi par ses scènes de violence: le fils de Barbara Stanwyck, qui doit être pendu et qui kidnappe sa mère pour échapper à la pendaison (mais le shérif tire à travers elle pour tuer le fils et la blesser juste elle - c'est un professionnel qui sait où faire entrer la balle pour juste la blesser).
Mais il contient aussi de vraies scènes de paix: les bains collectifs au début et à la fin.
Du côté de la distribution, peu d'acteurs connus, à part Barbara Stanwyck qui interprète la grande propriétaire (cattle baron) prête à tout pour arriver à ses fins (y compris laisser pendre son fils; qui il est vrai est un tueur). Barry Sullivan, par son jeu rentré, relativement inexpressif, arrive à être crédible.
Le film est donc une montagne russe dramatique qui va très vite (76 minutes), le tout emballé dans un montage à la serpe, qui utilise tous les effets possibles (ralentis par exemple). 
Une curiosité.