dimanche 26 avril 2026

Crime 101 (2h20, 2026) de Bart Layton

Avec Chris Hemsworth, Halle Berry, Mark Ruffalo, Barry Keoghan, Nick Nolte, Jennifer Jason Leigh, Corey Hawkins, Monica Barbaro.

Une superproduction MGM Prime Original. Que retenir de ce film, relativement routinier ? Mais son défaut est dans le  "relativement". Le principal est que notre cambrioleur de génie, Chris Hemsworth, a des états d'âme et des sujets psychologiques parce qu'il rencontre l'amour. Cette composante là de l'histoire, même si nous comprenons la volonté de sortir du lot avec cet arc dramatique, parait forcée et nous la percevons comme ridicule.

La grande qualité du film, outre le très bon niveau de tous les départements techniques, est sa distribution, avec beaucoup d'actrice et acteurs chevronnés pour accompagner Chris Hemsworth. Mention particulière pour Mark Ruffalo dont le personnage est bien écrit. Cela fait plaisir de revoir Halle Berry, même si son personnage est cousu de fil blanc.

Nous pourrions dire que ce film est une belle tentative, mais reste imparfait. Et permet à Chris Hemsworth de sortir des sentiers battus des supers productions avec superhéros.

 poster du film Bande-annonce Crime 101 

mardi 21 avril 2026

Le Relais De L'Or Maudit (Hangman's Knot, 1h21, 1952) de Roy Huggins

Avec Randolph Scott, Donna Reed, Claude Jarman Jr., Frank Faylen, Glenn Langan, Richard Denning, Lee Marvin, Jeanette Nolan.

Cela commence comme un western, avec la diligence, les espaces arides, puis il y a une bascule dont l'argent est le moteur, et le film continue de nuit dans un relais où les preneurs d'otages de la diligence sont assiégés par des gens, eux aussi motivés par l'argent (l'or du titre). L'argent est le prétexte. Cela permet à Roy Huggins de construire un film Noir où les kidnappés affrontent les kidnappeurs, et où ceux-ci affrontent ceux qui les assiègent. Les caractères et personnalités se manifestent au cours des évènements.

Le film n'épargne pas le spectateur : tentative de viol, lynchage par pendaison, couardises et trahisons. Le scénario de Roy Huggins est dense, égrenant ses rebondissements régulièrement. Et tout cela en 81 minutes ! C'est une production Harry Joe Brown et Randolph Scott de très bonne qualité, avec un scénario qui pourrait être transposé dans de multiples univers. À noter que Roy Huggins est surtout très connu pour sa carrière de scénariste pour des séries télévisées, et que celui-ci est le seul sur lequel il est crédité de metteur en scène.

Du côté de la distribution, Donna Reed domine dans un personnage qui possède de la substance. À noter que le titre original, "le nœud du pendu" est un titre intéressant, et est bien une composante de la noirceur du film. 

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jeudi 16 avril 2026

La Grazia (2h12, 2025) de Paolo Sorrentino

 Avec Toni Servillo, Anna Ferzetti, Orlando Cinque, Massimo Venturiello, Milvia Marigliano, Giuseppe Gaiani, Roberto Zibetti, Vasco Mirandola, Linda Messerklinger.

Les affres du président de la République italienne, qui doit statuer sur une loi relative à l'euthanasie, et sur deux dossiers de grâce pour deux condamnés. À ceci se greffent des inquiétudes personnelles où ce vieux président qui termine son mandat dans quelque mois se pose des questions concernant sa femme.

Paolo Sorrentino arrive à rendre cette histoire intéressante. Le spectateur n'a pas envie de décrocher et se demande ce qu'il va décider. Notamment, car nous percevons des éléments qui vont aider ce juriste à prendre  ses décisions. Et nous voyons comment il fait pour arriver à prendre sa décision, en particulier pour les deux grâces qui lui sont soumises.

Un film au ton bien à lui, en particulier concernant son sujet et son rythme. Comme quoi il est possible de faire un film lent, qui accroche et tient le spectateur jusqu'au bout.

 poster du film Bande-annonce La Grazia

13 jours 13 nuits (1h52, 2025) de Martin Bourboulon

Avec Roschdy Zem, Lyna Khoudri, Sidse Babett Knudsen, Grégoire Leprince-Ringuet, Nicolas Bridet, Christophe Montenez, Yan Tual, Jean-Claude Muaka.

Le film raconte comment l'ambassade de France et les réfugiés Aphgan qu'elle a sous sa protection sont rapatriés en France pendant la chute de Kaboul et l'arrivée des talibans en aout 2021. Les 13 jours et 13 nuits du film ne sont que dans le titre, et la durée que cela évoque est absente de la mise en scène, ou du montage du film. Au point qu'on nous apprend à la fin que cela a durée 13 jours, mais cela tombe à plat.

Il est regrettable de critiquer ce film. Sa structure dramatique et la montée de la tension sont bien menées. Et le film se passe bien lorsque cela bouge, lorsque les personnages sont en déplacement et donc en tension, et qu'ils ou elles ne parlent pas.

Par contre, dès qu'il y a des dialogues, qui se veulent profonds, les scènes ne marchent pas et font sourire. Et certains personnages sont pénibles et paraissent artificiels : la traductrice, nous nous moquons de ses états d'âme, et sa mère qui amène son lot de sous-arcs dramatiques.

Roschdy Zem s'en sort très bien. Mais dès qu'il y a une pause, on retombe sur des dialogues balourds et des micro-inquiétudes inutiles. Peu mieux faire.

poster du film Bande-annonce 13 jours 13 nuits 

mardi 14 avril 2026

Predator Badlands (1h47, 2025) de Dan Trachtenberg

Avec Elle Fanning, Dimitrius Schuster-Koloamatangi, Ravi Narayan, Chris Terhune, Michael Homick, Stefan Grube, Reuben de Jong, Cameron Brown, Alison Wright, Matt Duffer.

Nous sommes bien chez Disney avec ce nouvel épisode de la franchise Predator (1987, John McTiernan). Autant Prey (2022) du même réalisateur était brutal, violent et sale, et très réussi, car adhérant parfaitement à la franchise. Autant ici il s'agit d'un film pour la famille sous la structure d'un film de potes. Ici le schéma narratif de la franchise est inversé. Le Predator est un gros bourrin finalement gentil. Il doit s'allier avec une gentille synthétique hyper bavarde pour affronter de méchants synthétiques de la Weylan Yutani (oui, cela fait une jointure avec la franchise Alien - 1979, Ridley Scott -). 

Si l'on accepte cela, la planète sur laquelle le Predator du film et la gentille synthétique évoluent est spectaculaire avec sa biomasse et ses animaux exotiques. Avec un côté film de jungle très sympathique, et une invention certaine au niveau du bestiaire et des végétaux.

Ici il n'y a aucun sang et une violence très familliale (avec ce qu'il faut de gentille bête pour devenir une peluche). Nous imaginons que c'est le cahier des charges qui a été donné à Dan Trachtenberg. Le dernier quart du film, qui fait la jointure avec la Weylan Yutani, est moins réussi, car déjà vu si l'on connaît bien la franchise Alien.

Predator : Badlands 

dimanche 12 avril 2026

L'Inconnu De La Grande Arche (1h44, 2025) de Stéphane Demoustier

 Avec Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Xavier Dolan, Swann Arlaud, Michel Fau, Micha Lescot, Viilbjørk Malling Agger.

Les péripéties de la construction de la grande arche de La Défense sont racontées dans ce film. À partir du moment où le répondant qui a gagné est choisi, jusqu'au déroulement du chantier. L'intérêt du film est que le répondant, un architecte scandinave, était inconnu de toutes et tous et qu'il a fallu le retrouver dans sa Scandinavie ; lui même ne s'attendant pas à être retenu. Ensuite il a fallu constituer l'équipe de maîtrise d'œuvre. Avec les différentes péripéties qui peuvent arriver à un chantier de construction, en particulier amplifiées pour un tel chantier inhabituel.

Le film nous met au cœur des transactions, influences et autres inquiétudes des différentes parties prenantes. Des politiques, dont le président de la République, François Mittérand, son cabinet, jusqu'à la maitrise d'œuvre, les concurrents et aussi certains fournisseurs.

C'est donc un film historique sur un chantier pharaonique. Qui reconstitue la période au niveau des décors, de l'image et de l'atmosphère, qui est un peu triste et peu avenante. Mais le film reste passionnant.

poster du film L'Inconnu De La Grande Arche 

samedi 11 avril 2026

L'étranger (2h02, 2025) de François Ozon

Avec Benjamin Voisin, Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud, Christophe Malavoy, Nicolas Vaude, Jean-Charles Clichet, Mireille Perrier.

Film à très faible hystérésis. Le personnage principal est insipide et nous ennuie. Nous nous moquons de ses turpitudes, intérieures et extérieures. Tout comme lui il se moque de tout ce qui l'entoure. C'est le sujet du film visiblement, ce personnage n'a aucune empathie, pour personne, il est inhumain. Soit. Le matériau original est un roman, que nous ne connaissons pas. Le film résultant est un pensum d'où ne sortent que les métiers techniques. Décos, photo, costumes, direction d'acteur, tout cela est bel et bien, mais tourne à vide. Une non-histoire. Pierre Lottin, par contre, encore une foi, sort du lot, grâce à son personnage très loquace et imprime un peu. Denis Lavant est ridicule.

Le film de tribunal est un genre à part entière. Ici une partie du film se déroule dans un tribunal. Avec sa mollesse. Nous pourrions louer l'exercice de style, réel, mené par François Ozon. Mais nous conseillons ce film aux dissertant sur le roman et les différences du film avec le roman source. 

 poster du film Bande-annonce L’Étranger 

jeudi 9 avril 2026

The Mastermind (1h50, 2025) de Kelly Reichardt

Avec Josh O'Connor, Alana Haim, Hope Davis, Bill Camp, John Magaro, Gaby Hoffmann, Eli Gelb, Cole Doman, Javion Allen, Amanda Plummer.

C'est mou : le film est très lent. À l'image de son personnage principal : un raté dans une petite ville étatsunienne monte un vol d'œuvre d'art avec des équipiers qui ne sont pas fiables ; il s'agit de dérober une œuvre d'un musée local. Le scénario prend son temps. Le personnage de Josh O'Connor est mou, d'où la mollesse du fim. Mais qui déroule son histoire, l'idée du braquage, la préparation, la réalisation, la fuite, l'après-braquage pour vendre la toile, puis l'épilogue. 

Le rythme n'est pas celui d'une comédie (le film dure 1h50), mais il contient son lot de comédie, car les équipiers sont des bras cassés. Josh O'Connor, son personnage, est un hébété permanent devant le fait que tout ce qu'il a imaginé comme déroulement ne se produit pas, n'étant pas aidé par une intelligence moins que moyenne et une anticipation nulle de ce qui pourrait se passer ou perturber ce qu'il veut faire.

Cette mollesse du film permet au spectateur d'avoir une certaine empathie pour ce pauvre bougre de Josh O'Connor, pas vraiment méchant, ambitieux avec mesure, qui essaie des choses, qui sont mal organisées et gérées. C'est elle qui donne sa signature au film.

poster du film Bande-annonce The Mastermind 

dimanche 5 avril 2026

Personne n'y comprend rien (1h48, 2025) de Yannick Kergoat

Un documentaire qui s'échine à expliquer les histoires d'argent dans lesquelles est empêtré un ancien président de la République française concernant en particulier le financement de sa campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy donc. Et le mérite du film est de rappeler un ensemble d'évènements, d'informations, de choses racontées, qui font que nous n'y comprenons rien. Le documentaire ne ment pas. Rappelons que Nicolas Sarkozy a été condamné, est condamné et sera condamné. Tout ceci est ridicule, rempli de bouffonnerie (les faits racontés, avec plus ou moins de vérité selon les personnes). Bref, tout ceci est assez lamentable. Le documentaire aurait pu s'appeler "Personnes sans honneur". 
Une curiosité. 

poster du film Bande-annonce Personne n'y comprend rien 

La Femme La Plus Riche Du Monde (2h01, 2025) de Thierry Klifa

Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Marina Foïs, Raphaël Personnaz, André Marcon, Mathieu Demy, Joseph Olivennes, Micha Lescot, Paul Beaurepaire, Anne Brochet.

Le film de Thierry Klifa ne ment pas : il nous parle de la femme la plus riche du monde, c'est à dire, la vie de cette femme, son monde, avec les directives professionnelles, sa vie avec son mari, sa fille, ses obligations de communications, sa déconnexion du réel et plus précisément de la valeur des choses. Elle croise un photographe relativement excentrique (franc parlé, en particulier concernant son homosexualité) qui la divertit et qui s'immisce dans sa vie. Il la distrait et elle lui donne de l'argent, avec bien sûr l'inquiétude de sa famille de la voir donner de l'argent à un profiteur, au sens premier : dès qu'il a besoin d'argent elle lui en donne, et il ne refuse pas. Ce photographe est interprété par Laurent Lafitte, qui s'amuse beaucoup dans ce personnage. Isabelle Huppert rend crédible ce personnage, qui a par ailleurs une vie mièvre et terne, remplie de contraintes. Marina Foïs est la fille, qui ne voit pas d'un bon œil ces sorties d'argent vers le nouvel ami de sa maman.

Le petit défaut du film est que nous n'avons pas d'empathie. Aucun personnage n'en suscite. Ce qui donne l'impression de regarder des animaux en cage, avec leurs turpitudes sans lien social ou sociétal avec une quelconque réalité. C'est peut-être l'effet recherché par Thierry Klifa...

poster du film Bande-annonce La Femme la plus riche du Monde

samedi 4 avril 2026

Dossier 137 (1h55, 2025) de Dominik Moll

Avec Léa Drucker, Jonathan Turnbull, Solàn Machado-Graner, Guslagie Malanda, Théo Navarro-Mussy, Florence Viala, Stanislas Merhar, Yoann Blanc, Antonia Buresi.

Le film d'enquête, à l'intérieur de la police. Car il s'agit ici d'une enquête de la police des polices. Avec le point de vue des différents policiers concernés par l'évènement qui a "dérapé". Dominik Moll choisit un montage très dynamique pour tirer et maintenir la curiosité du spectateur, qui souhaite ardemment savoir ce qui s'est passé. Chaque camp défend son point de vue, certains avec plus ou moins de bonne foi. Léa Drucker à la tête opérationnelle de cette enquête est impressionnante et donne une interprétation solide avec une profondeur permanente. Comme souvent, elle arrive à exprimer le poids sur elle, les charges mentales multiples qu'elle affronte, avec peu de chose, simplement. Le dosage de son personnage est parfait, à la recherche de faits, évitant de faire des interprétations, sans a priori ou préjugé. C'est la solidité de cette enquête. Ce qui rendra d'autant plus fortes les révélations et la description des faits réels.

Le film a le mérite de parler de l'arrière-plan de grandes manifestations à Paris des Gilets Jaunes, du point de vue de la police et préfecture, et comment ces manifestations ont été gérées par les forces de l'ordre. 

Encore une grande efficacité pour Dominik Moll, après son La Nuit Du 12 (2022) impressionnant, là aussi avec un personnage principal tourmenté par ses charges mentales multiples. 

poster du film Bande-annonce Dossier 137 

Women Talking (1h44, 2022) de Sarah Polley

Avec Rooney Mara, Judith Ivey, Emily Mitchell, Kate Hallett, Liv McNeil, Claire Foy, Sheila McCarthy, Jessie Buckley, Michelle McLeod, Kira Guloien, Shayla Brown, Frances McDormand, Ben Whishaw.

Les femmes d'une communauté religieuse arriérée, c'est à dire une secte de 2010, c'est-à-dire phallocrate, misogyne et féminicide, débattent et discutent pour savoir si elles doivent quitter cette communauté, où elles sont battues, violées, où la pédophilie est possible. La religion chrétienne est évoquée.

Le film est assez fort, car il ne montre jamais les monstres, les hommes, si ce n'est enfants. Nous ne rencontrerons pas leur décision, mais ce film de discussion dans une grange reste puissant et dense en permanence.

 poster du film Bande-annonce Women Talking