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mardi 22 décembre 2020

L'étrangleur de la Place Rillington (10 Rillignton Place, 1h51, 1971) de Richard Fleischer

Avec Richard Attenborough, Judy Geeson, John Hurt, Pat Heywood, Isobel Black, Miss Riley, Phyllis MacMahon, Ray Barron, Douglas Blackwell, Gabrielle Daye, Jimmy Gardner, Edward Evans, Tenniel Evans, 

Quel uppercut que ce film! Un film qui arrive à être plus horrible que les tartines de films de tueurs en série de type clones de Seven (1995, David Fincher), Hannibal Lecter et autres torture porn. 
Habile scénario qui montre le tueur et les meurtres assez vite, pour ensuite donner des informations sur lui pendant le procès de quelqu'un d'autre dans la dernière partie du film. Entre les deux nous comprenons ses manigances et le rôle des classes sociales dans la manipulation. Le film nous montrant la vie de tous les jours du tueur, avec sa femme, ses calculs et ses mensonges.
Et pour aller à contrario de beaucoup de ce type de film, Richard Fleischer ne montre jamais le point de vue de l'enquête ou de policiers, nous ne savons donc pas s'il risque de se faire attraper. Pendant la plupart du film d'ailleurs il n'est jamais question de police car les leurres ne sont pas encore découverts.
Autres éléments formels marquants: l'absence de musique, et aussi la photographie, en couleur, mais à la limite du noir et blanc, monochrome, terne, ce qui donne un climat très particulier et conduit à une ambiance horrible, d'autant que nous sommes dans la banlieue pauvre de Londres, après la Seconde Guerre mondiale..
Du côté de la distribution, Richard Attenborough et John Hurt (dans son premier rôle) sont parfaits
Tout concourt à faire de ce film sombre et dur un chef d'œuvre. Plus grâce à ses sujets et le traitement que sur la forme, même si c'est très bien mis en scène, comparativement à L'Etrangleur De Boston que Richard Fleischer a réalisé en 1968 où le format large, le split-screen, la décolorisation progressive de l'image sautaient plus aux yeux et faisaient partie de la dramaturgie. Le tueur ici ne bénéficie d'aucune empathie tellement il est obséquieux et abject, ce qui n'était pas le cas du personnage de Tony Curtis, malade, pour lequel le film arrivait à produire une certaine empathie.
L'Étrangleur de Rillington Place

dimanche 11 octobre 2020

Osterman Weekend (1983, 1h43) de Sam Peckinpah

Avec Rutger Hauer, John Hurt, Burt Lancaster, Craig T. Nelson, Dennis Hopper, Chris Sarandon, Meg Foster, Helen Shaver,  Cassie Yates, Cheryl Carter, Christopher Starr, John Bryson.

Le film est d'espionnage, un peu artificiel, mais qui dans ses accélérations, au ralenti comme sait si bien le faire Sam Peckinpah, fonctionne plutôt bien et garde sa personnalité. Même si l'histoire est un peu confuse au début et puis pas franchement palpitante. Mais la narration réveille le spectateur une fois que les différents protagonistes sont dans la maison de Rutger Hauer...

La faiblesse du film est justement son manque de violences graphiques (tourné probablement en 1982), la violence est celle d'un film des années 70) et de subversions. Même si des éléments frontaux d'érotisme et de sexe relèvent le niveau de subversion du film, qui reste insuffisant.

Néanmoins, l'argument est intéressant : la CIA pour piéger des espions convainc un présentateur célèbre (Rutger Hauer) de les aider à piéger ses propres amis, car il est l'ami commun de trois espions à la solde des Soviétiques. Ceci sera mélangé à une vengeance d'un agent de la CIA (John Hurt, parfait en obsessionnel prêt à tout) qui souhaite abattre son supérieur ( Burt Lancaster, efficace dans un second rôle caricatural), coûte que coûte.

Le problème du film est sur la motivation du personnage de Rutger Hauer, que nous ne percevons pas bien: elle n'est pas suffisamment travaillée par les scénaristes (Ian Masters et Alan Sharp crédités). Ce qui fait que nous nous moquons de ce qu'il peut arriver au personnage.

 
 
Osterman week endOsterman Weekend Poster

samedi 21 janvier 2017

Alien, le Huitième Passager (1979) de Ridley Scott

Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto.

Alien Le huitième passager Digibook Blu-rayVisionner Alien reste une expérience. Le film prend son temps. Il décrit en des mouvements lents, panoramiques, travellings, les immenses décors et coursives du Nostromo. Il décrit aussi un univers sonore riche et varié à base de bruit de machines, de mécanismes, de bruits d'air. Nous restons étonnés aussi, mais finalement c'est une bonne idée, de l'arrivée du monstre, de la vilaine bête pas du tout sympathique, au bout d'une heure de film.
Le film contient aussi une direction d'acteurs plutôt fine, appuyée il est vrai par de bons acteurs qui rendent tout cela crédible.
Autres éléments constitutifs du film qui lui donne sa force est la musique de Jerry Goldsmith. Cette musique n'est pas envahissante, mais contribue à sa manière au bruitage, riche et varié, fait de multiples petits clignotements à chaque coin de l'image, sans être trop appuyée, mais contribuant grandement à maintenir un climat de tension léger et persistant.
La direction artistique, est phénoménale avec  l'apport de Hans Rudy Giger qui donne à l'alien et ses différents états, ainsi qu'au décor de son antre, des visuels uniques et marquants.
Sur la distribution, le seul point faible est peut-être celui de Ian Holm. L'interprétation de l'acteur est dès le début l’ambiguïté de son personnage. Et nous comprenons vite que le personnage à un double jeu et  qu'il ne fait pas partit de l'équipe. Mais à l'inverse, ses tics et ses mimiques, ses gestuelles un peu bizarres peuvent être vues comme une interprétation subtile du personnage. Dans tous les cas, nous ne sommes pas surpris lorsqu'il tente de tuer Ripley.
Ridley Scott signait un film de science-fiction à l'opposée de la franchise Star Wars: ici il y a de la saleté, de la rouille, de la sueur, des suintements, de la vapeur, du sang, de multiples choses, qui font passer La Guerre des Étoiles pour des films jouet et enfantins.

vendredi 10 octobre 2014

Snowpiercer - le Transperceneige (2013) de Joon-ho Bong

Avec Chris Evans, Jamie Bell, Tilda Swinton, Ed Harris, John Hurt, Octavia Spencer, Kang-ho Song, Ewen Bremner, Alison Pill.

C'est l'histoire d'un train qui contient les derniers humains dans un monde submergé par les glaces et d'où la vie a disparu (un prologue très laid dans le vidéogramme essaie de nous expliquer pourquoi : on s'en moque). Ce train est autonome (il génère sa propre énergie) par le prélèvement de neige et de glace sur la voie ferrée et erre de manière perpétuelle dans ce monde mort. Ce petit monde bien sûr contient dans les wagons de queue les sous hommes dominés par ceux des wagons de devant qui vivent très bien et dans l'opulence. Et en tête se trouve le constructeur et « visionnaire » de cette fin du monde (Ed Harris, très bon), vieillissant et à la recherche de son successeur, mais aussi dictateur par nécessité pour maintenir en vie ce monde autarcique (notamment avec des problématiques de régulation du nombre d'habitants, c'est-à-dire de passagers dans le train).
Le film est fort sur plusieurs choses. Le fait qu'il ne montre jamais le monde des méchants, des riches et que l'on accompagne toujours les pauvres, qui bien sûr ne pensent qu'à une chose : se révolter et prendre le contrôle du train. Le film et l'histoire gardent une bonne partie de son mystère jusqu'à la toute fin (la rencontre avec Wilford).
Le film est fort sur son casting : Tilda Swinton est géniale, littéralement. La direction d'acteur est supérieure à la moyenne. Le film bénéficie d'une direction artistique phénoménale et mémorable.
Le film est faible sur la surprise finale, que l'on devine assez vite, dès les premiers messages évoqués au début. Le film est aussi faible sur sa fin, à laquelle on ne croit pas: le leader n'accepte pas la proposition de Wilford. Et les survivants se retrouvent dans un monde où la température baisse et où il y a encore de la vie. Une fin heureuse, pas crédible et ridicule. Ou alors on peut la voir comme une fin fermée où ils ne survivront pas (voir le plan sur l'ours polaire).