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jeudi 18 mai 2023

Une Histoire Simple (1h50, 1978) de Claude Sautet

Avec Romy Schneider, Bruno Cremer, Claude Brasseur, Roger Pigaut, Arlette Bonnard, Francine Bergé, Sophie Daumier, Éva Darlan, Nadine Alari.

Cette histoire simple ne l'ait finalement peut-être pas. Romy Schneider navigue entre deux hommes, est enceinte ou pas, est préoccupée par ses collègues de travail, et par ses amis.

Claude Sautet signe des petites tranches de vie pour les préoccupations de cette petite bourgeoisie: qui s'inquiète pour son travail, qui se réunit à la maison de campagne entre amis, qui vivent des histoires sentimentales.
Le film est vraiment centré sur le personnage de Romy Schneider, tous les autres gravitant autour d'elle. Une qualité, qui peut être liée à l'interprétation de Romy Schneider ou pas, qui peut être lié à une volonté de Claude Sautet ou pas, est que le spectateur ne peut pas deviner les motivations ou ce qui se passe dans la tête du personnage de Romy Schneider. Jamais. Elle garde toujours une part de mystère.
Claude Sautet utilise très peu de musique et c'est une bonne chose les car les images possèdent déjà suffisamment de force.
À voir essentiellement pour Romy Schneider et son personnage. Le reste du film est moyennement intéressant et passionnant : nous nous sentons relativement peu concernés par les vicissitudes des différents personnages. Celui de Romy Schneider restant souvent un peu mystérieux, voire opaque.
Claude Sautet réussit un drame léger, car les vicissitudes du personnage de Romy Schneider ou de ceux qui gravitent autour ne sont pas ceux d'une comédie dramatique.
Bande-annonce Une Histoire Simple

dimanche 6 novembre 2022

Tenue de Soirée (1h24, 1986) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Michel Blanc, Miou-Miou, Michel Creton, Jean-François Stévenin, Mylène Demongeot, Caroline Silhol, Jean-Yves Berteloot, Bruno Cremer, Jean-Pierre Marielle, Dominique Besnehard, Bernard Farcy,Michel Pilorgé.

Le film est hilarant, particulièrement jouissif et triste. Nous nous demandons pendant quelque temps où veux en venir Bertrand Blier, surtout pendant le premier tiers du film, mais finalement le film nous emporte et nous nous en moquons, comme se laissent porter Michel blanc et Miou-Miou, qui sont pris dans les tourbillons que provoque Bob, c'est-à-dire Gérard Depardieu, dans le rôle de celui qui a toujours une idée derrière la tête.

C'est l'occasion pour les acteurs d'énoncer des dialogues d'anthologie au cours de scènes relativement triviales où les différents acteurs sont crédibles. Bertrand Blier écrit une partition que ses acteurs interprètent avec brio.

Nous y croyons, et c'est la force du film: ce couple qui rencontre Gérard Depardieu, un cambrioleur séducteur dont nous ne comprenons pas au début l'intérêt que lui trouve le couple et puis nous finissons par comprendre (ou pas!). Et pour terminer la dernière scène finale où nos 3 principaux personnages principaux font le trottoir dans un ensemble de dialogues de haut vol pour une séquence d'une puissance impressionnante: c'est une immense partition que leur a écrite le réalisateur-scénariste.

Le film contient son lot de scènes d'anthologie qu'il semble enfiler comme des perles avec pour certaines beaucoup d'humour, mais aussi beaucoup de désespoir. 

Bande-annonce Tenue de soirée

lundi 22 décembre 2014

Sorcerer (Le Convoi de la Peur, 2h01, 1977) de William Friedkin

Avec Roy Scheider, Bruno Cremer, Amidou. Francisco Rabal, Ramon Bieri, Peter Capell, Karl John, Friedrich von Ledebur, Chico Martínez.

William Friedkin signait encore un coup-de-poing avec ce film dépressif. Tout le monde meurt à la fin du film. William Friedkin se permet même de faire croire que le seul survivant, est tué (voir le coup de feu dans la bande-son au début du générique de fin). Ou pas. Dans l'esprit des années soixante-dix, c'était le cas.
Une de ses forces est d'installer tout doucement la séquence des camions qui ne débute qu'après une heure de film. William Friedkin passe son temps à brosser l'arrière-plan des personnages dans leur pays respectif (France, Mexique, Israël, USA), les raisons pour lesquelles ils se retrouvent dans ce « paradis » d'Amérique du Sud. Puis leur vie dans cet endroit, leur travail, les contraintes de l'administration locale.
C'est aussi un film avec peu de dialogues, ou seuls la mise en scène et le comportement racontent l'histoire. Seule la mise en scène fait progresser la dramaturgie. Le film peut se visionner sans son (ce qui serait regrettable vu le travail de William Friedkin et Tangerine Dream sur la bande-son). C'est un film muet. Avec la musique Tangerine Dream qui est bien utilisée, qui n'inonde pas le film, qui contribue pleinement au climat et à l'ambiance du film;.
Il est curieux que cette histoire n'ait pas encore été refaite. Épreuves à passer (un peu dans l'esprit des jeux vidéo de plateforme), personnages typés, montée progressive de la tension, explosions brutales (le film contient quelques surprises), ironie entre la situation initiale des personnages et celles qu'il vivent dans ce paradis d'Amérique du Sud. Mais aussi ironie quant aux lots d'épreuves qu'ils subissent pendant le transport en camion et aussi si l'on considère la conclusion finale.
Et bien sûr il ne faut pas oublier la séquence démente, d'anthologie, monstrueuse (les camions ressemblent à des monstres) de travers du pont en bois sous la pluie et avec la rivière en crue.