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mercredi 11 février 2026

The Prince And The Pauper (Crossed Swords, 1h48, 1977) de Richard Fleischer

Avec Oliver Reed, Raquel Welch, Mark Lester, Ernest Borgnine, George C. Scott, Rex Harrison, David Hemmings, Harry Andrews, Julian Orchard, Murray Melvin, Lalla Ward, Sybil Danning, Charlton Heston.

Scénario intéressant où un prince se retrouve dans la peau d'un pauvre, et inversement. D’après un roman de Mark Twain. Bien sûr, le Prince va tout faire pour retrouver son statut, et, chemin faisant, va fréquenter de vrais pauvres. Et le pauvre trouve très bien son nouveau statut de prince. Le scénario est partiellement prévisible.

Richard Fleischer essaie de rendre visuellement attractive cette histoire avec des plans qui exploitent au maximum les décors. Le personnage d'Oliver Reed est un peu faire valoir et va aider le Prince pauvre à retrouver son statut, mais ce n'est pas un héros et est même un antihéros.

La distribution est phénoménale avec une pléthore d'acteurs confirmés. Mais aucun des personnages ne suscite l'empathie et ne peut être qualifié de héros du film. Nous suivons les péripéties comme si nous étions étrangers à cette histoire. Un film curieux.

 poster du film Le Prince et le pauvre 

samedi 5 juin 2021

Le Convoi (Convoy, 1978, 1h50) de Sam Peckinpah

Avec Kris Kristofferson, Ali MacGraw, Ernest Borgnine, Burt Young, Madge Sinclair, Franklyn Ajaye, Brian Davies, Seymour Cassel, Cassie Yates, Walter Kelley, Jackson D. Kane.

Ce film pourrait paraitre de prime abord "léger" et commercial. Mais un film de Sam Peckinpah ne peut pas être léger. Ce convoi rappelle furieusement La Horde Sauvage (1969) . Les camionneurs sont les cowboys tueurs vieillissants; ils parcourent le pays avec leur camion et sont confrontés ici à un flic qui les harcèle. Ce qui va les amener à construire un convoi de camions, toujours en fuite en avant , qui bien sûr finiras mal, et par un suicide, comme dans La Horde Sauvage, mais ici avec un épilogue positif, film commercial oblige.

Le film est bien de Sam Peckinpah. Nous y retrouvons ses acteurs fétiches. Nous y retrouvant son sens du montage avec l'utilisation de ralentis. Nous y retrouvons sa volonté de montrer des têtes, des trognes, des visages, que l'on ne voit pas habituellement. Des gens simples, pauvres, besogneux, qui ne sont pas les gagnants du capitalisme, mais qui croient en une certaine liberté. Ce sont les personnages du peuple, les gens simples, qui intéressent Sam Peckinpah. Le film lui permet de parler de racisme, et de problèmes de vie courante et d'éléments sociaux. Le scénario parle de manière plutôt efficace et concise des différents personnages, de manière simple et avec substance.
Mais aussi des politiciens pas forcément véreux, mais prêts à exploiter tous les éléments en leur faveur pour pouvoir être réélus.
Le film se révèle plus riche que ce que l'on pourrait imaginer en préalable à la vue de l'affiche et lecture du synopsis.
Le film parle de gens simples, de travailleurs dans l'Amérique profonde, qui sont harcelés par l'État c'est-à-dire par la police locale ou la police fédérale et aussi par les politiciens et les médias.

Kris Kristofferson se révèle être bon dans le rôle du personnage principal, plutôt inexpressif, qui est en fuite en avant et qui finalement ne sait pas où il va et finit par se suicider.
À noter un des délices du film: Ali MacGraw. Beau magnétisme. 
Le Convoi [Blu-ray]

mardi 11 mai 2021

New-York 1997 (Escape from New York, 1981, 1h39) de John Carpenter

Avec  Kurt Russell, Lee Van Cleef,  Ernest Borgnine,Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins.

Le film matrice de John Carpenter où son sens de la série B est au summum. La promiscuité du budget fournit une patine riche avec des décors souvent dans l'ombre. La décoration est justement inventive, très accessoirisée, avec un superbe travail de Joe Alves. Ajoutons le travail photographique de Dean Cundey: beaucoup de noirs, de plans dans la pénombre, le film se déroulant lors d'une nuit. Que la dystopie est belle...

Avec une musique au diapason de la narration par John Carpenter et Alan  Howarth. La musique est à la  fois simple et simpliste, du plus bel effet et colore instantanément chaque plan: en la rythmant, en faisant montée la tension ou en jouant la surprise lorsqu'il le faut.

Du côté des effets visuels et effets spéciaux, le film garde son charme et tient toujours la route du spectaculaire (comme déjà évoqué, gros travail du département décoration).

Le film garde un ton sec et contient de belles bascules nerveuses dans le drame: les choses sont calmes, un détail annonciateur, et subitement tout bascule. Le film est une montagne russe. Le film contient de belles scènes-chocs. Une superbe en exemple: l'aspiration de Season Hubley par le sol avec avant quelques dialogues d'apaisement après une tension progressive qui monte (les habitants des égouts qui sortent en surface).

New York 1997

mercredi 11 novembre 2020

Barabbas (1961, 2h17) de Richard Fleischer

Avec Anthony Quinn, Silvana Mangano, Arthur Kennedy, Katy Jurado, Harry Andrews, Vittorio Gassman, Norman Wooland, Valentina Cortese, Jack Palance, Ernest Borgnine, Arnoldo Foà, Michael Gwynn, Laurence Payne, Douglas Fowley, Robert Hall, Joe Robinson.

Richard Fleischer démontre encore une fois son talent dans le filmage avec le format large. Le cinémascope est un format dont il sait tirer une construction de plans qui met en avant tout à la fois les décors sur différents plans, mais aussi les personnages. Et pas uniquement en plans d'ensemble: il suffit d'analyser toutes les séquences dans les sous-sols de la mine de soufre.

Au-delà de la forme, ce péplum sur Jesus Christ est passionnant. Car son personnage principal, Barabbas, est une victime, qui ne contrôle rien de sa vie. Le film commence par sa rencontre avec Jesus Christ. La population décide de l'épargner et de crucifier Jesus Christ, ce qui le poursuivra toute sa vie: prisonnier pour brigandage, puis libre Grâce au peuple (qui préfère exécuter Jesus Christ que lui même donc), puis il est emprisonné à nouveau, puis il devient gladiateur. Le film débute par la crucifixion de Jesus Christ et suit en parallèle de l'histoire de Barabbas et la montée de la secte des croyants en Jesus Christ.

La partie du film où Barabbas est gladiateur permet de suivre les entraînements des combattants, les répétitions des affrontements puis les affrontements eux-mêmes, et d'évoquer le fonctionnement et le rôle des gladiateurs à Rome. Avec en prime Jack Palance qui campe un gladiateur halluciné, combattant professionnel, qui ne semble plus esclave, et qui adore cela: il tue par plaisir.  Concernant l'interprétation, Anthony Quinn est parfait et interprète un incroyant dubitatif, simple et primaire sans être stupide, qui subit et ne comprend pas ce qui lui arrive, mais qui sait être résilient (peut-être avec l'aide de Dieu...).

Le film est intéressant pour les us et coutumes de l'époque: le statut des prisonniers,  des esclaves, les Romains. D'ailleurs le film ne montre pas forcément les Romains comme des méchants, nous ne dirons pas comme bienveillants, mais plutôt comme des concernés.

Barabbas [Édition Spéciale]

samedi 27 juillet 2019

Les Douzes Salopards (The Dirty Dozen, 1967) de Robert Aldrich

Avec Lee Marvin, Ernest Borgnine, Charles Bronson, Jim Brown, John Cassavetes, George Kennedy, Robert Ryan, Telly Savalas, Donald Sutherland, Clint Walker, Ben Carrythers, Robert Philips, Colin Maitland, Al Mancini.

Bande-annonce Les Douze salopards - Edition Blu-RayCe film de Robert Aldrich est à la fois énervant et jubilatoire. Énervant, car la ligne dramatique est facile, voire simple, et aussi, car tout ceci n'est pas très subtil. Mais aussi jubilatoire, car l'empathie du spectateur avec le groupe fonctionne bien, malgré la débilité des personnages; et nous jubilons lorsqu'ils arrivent à leur fin.
Le film est divisé en trois parties: le recrutement de ce commando suicide, l'entrainement des membres de ce commando, quasiment tous des condamnés à mort, puis la mission qu'ils effectuent pour tuer le plus de généraux allemands possible afin de désorganiser l'ennemi avant le débarquement. Les deux premières parties sont les plus intéressantes, et ce schéma fonctionne toujours très bien dans les films.
Au total, Lee Marvin est crédible en sous-officier rebelle, bien que son âge soit un peu suspect. Ensuite, la brochette d'acteurs dans les seconds rôles fonctionne bien et ils sont plutôt bien caractérisés (physique, névrose, ethnie).
Un film plutôt rugueux, à la serpe, qui ne fait jamais dans la dentelle. Mais qui est diablement efficace.

lundi 10 juin 2019

La Horde Sauvage (The Wild Bunch, 1969) de Sam Peckinpah

Avec William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O'Brien, Warrent Oates, Ben Johnson, Julie Sanchez, Emilio Fernandez, Strother Martin, L.Q. Jones, Albert Dekker, Bo Hopkins, Dub Taylor, Paul Harper, Jorge Russek, Alfonso Arau, Chano Urueta, Elsa Cardenas.

Bande-annonce La Horde sauvage - Director's CutLa séquence introductive du film donne le ton: tension, massacre, morts, bref la fin du monde. Le tout monté par un ensemble des coupures et de gros plans et de zooms qui donnent au film une dynamique alors que l'ensemble des plans et de la séquence sont très lents, et sans dialogue. De même que l'utilisation du ralenti  et du zoom comme éléments de mise en scène. Autre élément constitutif de cette séquence d'ouverture est la musique de Jerry Fielding pendant le générique puis la musique de la Fanfare à l'approche du massacre. Les principaux personnages sont installés par cette séquence: notre horde sauvage heureux héros fort peu recommandables, mais peints avec une certaine tendresse par Sam Peckinpah. Les méchants qui poursuivre notre Horde sauvage. Qui sont et encore moins recommandable, car ce sont des chasseurs de prime qui dépouille les cadavres et se repaissent des morts (ils sont en extase devant un ensemble de cadavres pour leur voler leurs affaires personnelles: chaussures pantalon, etc.).
Le climat du film ainsi que l'époque est peinte comme une fin du monde, comme une fin de période, comme la fin des cowboys et des hors-la-loi qui pouvait écumer le pays. Ils sont ici poursuivis par une compagnie ferroviaire et par l'armée américaine. L'automobile arrive. Les armes de masse (mitrailleuse) aussi. Nos héros fort peu recommandables sont aussi en fin de vie et avec une certaine lassitude et finalement tentent un dernier baroud d'honneur pour plonger dans une sauvagerie finale d'anthologie où ils décident de se suicider. Un exemple du talent de Sam Peckinpah à travers sa direction d'acteur, l'économie des dialogues et le sens du montage est la séquence ou Pike et les frères Gorch, chez des prostituées, décident de retourner récupérer leur copain Angel; séquence sans aucun dialogue ou presque où par le regard échangé ils décident d'y aller (se suicider). Séquence d'anthologie qui est précède l'autre, la séquence de marche vers l'arène où ils vont affronter Mapache, ses soldats, accompagnés par la vieille Europe représentée par le militaire Allemand (qui sera tuée en second).
Autre exemple de ce climat de fin du monde est la séquence épilogue, avec le vent, le ciel qui se couvre, la tempête qui marche. Robert Ryan attendant à l'entrée du village avec les charognards qui partent avec les cadavres et avec l'arrivée du vieux et des copains mexicains: très belle séquence encore une fois appuyée de manière imparable par la musique de Jerry Fielding. En fait ce film recèle quasiment que des séquences d'anthologie en plus de celles déjà citées on peut citer l'attaque du train, bréviaire pour apprenti monteur, on peut citer la séquence de la bouteille de whisky partagée entre eux sauf Warren Oates qui se termine par des éclats de rire. Séquence qui montre bien dramatiquement comment l'équipe est soudée mais aussi l'amour de Sam Peckinpah pour ses personnages peu recommandables.

samedi 16 février 2019

L'Homme de Nulle Part (Jubal, 1956) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Ernest Borgnine, Rod Steiger, Valerie French, Felicia Farr, Basil Ruysdael, Noah Beery Jr., Charles Bronson, John Dierkes, Jack Elam, Richard Burton.

L'Homme de nulle part Blu-rayL'homme de nulle part, c'est Jubal, Glenn Ford (tout en retenu dans une interprétation sobre et puissante), qui est retrouvé gisant sur un chemin de terre par un propriétaire (beaucoup de terres et beaucoup de vaches) interprété par Ernest Borgnine, qui lui propose immédiatement un travail dans son ranch. Rejoindre le ranch veut dire susciter l'intérêt de la femme d'Ernest Borgnine (Valérie French, brune), susciter l'intérêt, c'est-à-dire la détestation, du revendiqué contremaitre (Rod Steiger, dans un jeu tout en extériorisation et outrances - il en fait des tonnes comme tous les malades de l'Actors Studio -). Détestation, car il sent le mouton (nous sommes dans le monde des garçons de ferme qui s'occupent du bétail bovin) et donc détesté des cowboys (les vaches ont besoin d'espaces, les moutons de clôtures), mais aussi, car il est un rival pour la femme du patron. Et assez vite Valerie French lui fait des appels sans dissimulation.
Le patron le nommera assez vite contremaître, c'est-à-dire son second, ce qui n'introduira pas de l’apaisement. Intrigues amoureuses, rivalités de pouvoirs, recherche d'une famille pour Jubal (très belle scène où il explique ce qui est arrivé à son père et comment s'est comporté son père): un cocktail qui fonctionne bien. À cela, ajoutons des pèlerins pas trop intégristes dont une des jeunes femmes (Felicia Farr, blonde) tombe instantanément amoureuse de Jubal. Ce qui encore n'est pas fait pour apaiser les tensions.
Le tout est dans un ensemble de décors naturels magnifiques, filmés avec un format panoramique avec de très belles couleurs. Avec une impression de documentaire sur la vie dans un ranch et la vie de cette communauté (le syndicat des propriétaires de la vallée).
Le scénario est bien écrit: chaque personnage, même les secondaires sont écrits de manière à les caractériser plutôt finement et à ce qu'ils enrichissent la dramaturgie (le personnage de Charles Bronson par exemple).
Au total ce western, très bavard et sans grande scène d'action, est un classique instantané.

jeudi 26 décembre 2013

RED (2010) DE ROBERT SCHWENTKE



Avec Bruce Willis, Morgan Freeman, Helen Mirren, Mary-Louise Parker, John Malkovich, Ernest Borgnine, Richard Dreyfuss Julian McMahon, Karl Urban, James Remar, Brian Cox.

Il va falloir s'y habituer: la démultiplication des canaux de diffusion (télévision publique ou payante, VOD, streaming, téléphone portable, vidéo, etc.) demande de plus en plus de films. Cela permet donc de monter des films avec de vieilles stars comme ici. Stars vieillissantes au service d'un film d'action qui mélange humour et film d'espionnage.
Le tout est bien troussé et admirablement servi par sa distribution. Bruce Willis nous fait du Bruce Willis, pas forcément en pilotage automatique, mais en mode déjà vu. John Malkovich s'en donne à cœur joie en paranoïaque flingueur. Morgan Freeman est plutôt en retrait. Autre suprise: Karl Urban joue bien; peu de monde lui en avait donné la possibilité jusqu'à maintenant (seul David Twohy dans Les Chroniques de Riddick y était arrivé). Jusqu'à Helen Mirren, à contre emploi en tueuse professionnelle de sang froid.
Mais la bonne idée du film, ou tout au moin son intérêt principal, est de retrouver la trop rare Mary-Louise Parker, qui est une des peu nombreuses actrices à être capable d'exprimer un mélange de fragilité et de folie. Folie douce, mais en contrepoint subtil des autres personnages.
Autre bonne idée du scénario, le mélange à nos agents de la CIA retraités d'une employée de bureau, Mary-Louise Parker, elle aussi très bien dans le film.