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lundi 25 mai 2026

Nuremberg (2h28, 2025) de James Vanderbilt

Avec Russell Crowe, Rami Malek, Michael Shannon, Leo Woodall, John Slattery, Mark O’Brien, Colin Hanks, Wrenn Schmidt, Lydia Peckham, Richard E. Grant.

James Vanderbilt, scénariste chevronné, dirige cette histoire vraie. Nous suivons les pérégrinations du psychiatre affecté à l'évaluation de la santé mentale des dignitaires du IIIe Reich qui sont en procès à Nuremberg. Les alliés souhaitent condamner ces survivants (les autres se sont suicidés) et le dernier patron du IIIe Reich, Hermann Goering, est leur leader. Il est la pièce centrale du procès et notre psychiatre passe beaucoup de temps avec lui. C'est un des défauts du film : sur la dizaine d'inculpés, seuls trois ou quatre sont suivis, dont Goering principalement. La forme série en plusieurs épisodes aurait été plus adaptée pour développer le profil psychologique de chacun d'eux.

Sinon, les enjeux du procès du point de vue des alliés sont évoqués : qui l'anime, quel résultat faut-il obtenir.  Il ne faut pas qu'il y en ait qui se suicident avant. Le film montre aussi une partie du déroulement du procès, avec les images des camps de concentration, inédites au moment du procès.

Le psychiatre réalise le profil psychologique de ces personnes, et sa conclusion est la partie intéressante du film, que nous ne divulgâcherons pas.

Dans les défauts du film, des histoires adjacentes (la journaliste, le collègue qui a un agenda caché) sont inutiles et n'apportent rien. Il y a presque trente minutes de trop. 

Sinon, les trois acteurs principaux font le job : Rami Malek en fait trop comme d'habitude, Russel Crowe s'amuse bien comme d'habitude, et Michael Shannon sait faire apparaître sa souffrance sur son visage sans subtilité dans son interprétation. À visionner si l'on apprécie un de ces animaux de caméra.

poster du film Bande-annonce Nuremberg 

dimanche 12 avril 2026

L'Inconnu De La Grande Arche (1h44, 2025) de Stéphane Demoustier

 Avec Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Xavier Dolan, Swann Arlaud, Michel Fau, Micha Lescot, Viilbjørk Malling Agger.

Les péripéties de la construction de la grande arche de La Défense sont racontées dans ce film. À partir du moment où le répondant qui a gagné est choisi, jusqu'au déroulement du chantier. L'intérêt du film est que le répondant, un architecte scandinave, était inconnu de toutes et tous et qu'il a fallu le retrouver dans sa Scandinavie ; lui même ne s'attendant pas à être retenu. Ensuite il a fallu constituer l'équipe de maîtrise d'œuvre. Avec les différentes péripéties qui peuvent arriver à un chantier de construction, en particulier amplifiées pour un tel chantier inhabituel.

Le film nous met au cœur des transactions, influences et autres inquiétudes des différentes parties prenantes. Des politiques, dont le président de la République, François Mittérand, son cabinet, jusqu'à la maitrise d'œuvre, les concurrents et aussi certains fournisseurs.

C'est donc un film historique sur un chantier pharaonique. Qui reconstitue la période au niveau des décors, de l'image et de l'atmosphère, qui est un peu triste et peu avenante. Mais le film reste passionnant.

poster du film L'Inconnu De La Grande Arche 

dimanche 8 mars 2026

Nouvelle Vague (1h46, 2025) de Richard Linklater

Avec Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin, Adrien Rouyard, Antoine Besson, Jodie Ruth-Forest, Bruno Dreyfürst, Benjamin Clery, Matthieu Penchinat, Pauline Belle, Frank Cicurel, Blaise Pettebone. 

Un film sur un film. A Bout De Souffle de Jean-Luc Godard. Sa préparation, son tournage. Avec l'ensemble des personnes qui gravitent autour, qui sont pour la majorité de futurs réalisateurs ou réalisatrices.

Le film a deux lignes principales. La première concerne Jean-Luc Godard (alias Guillaume Marbeck)  lui-même, que nous suivons à travers toutes les composantes de son film, préparation, entretiens avec son producteur, préparation de l'équipe, la distribution, puis le tournage. La deuxième concerne l'actrice Jean Seberg (alias Zoey Deutch), l'actrice principale du film dans le film, qui découvre une manière de travailler très différente des productions hollywoodiennes qu'elle connaissait ; ce qui la rend perplexe pour le moins.

Ce qui permet de prendre conscience de la légèreté et de la simplicité apparente du tournage. Réalisé avec une débrouillardise qui aura bien sûr un effet sur la licence artistique du film, sa forme, son montage (tous les faux raccords, par exemple). Un film jubilatoire.

poster du film Bande-annonce Nouvelle Vague 

dimanche 2 novembre 2025

La Chute (Der Untergang, 2h36, 2004) de Oliver Hirschbiegel

Avec Bruno Ganz, Alexandra Maria Lara, Corinna Harfouch, Ulrich Matthes, Juliane Köhler, Heino Ferch, Christian Berkel, Matthias Habich, Thomas Kretschmann, Michael Mendl, André Hennicke, Ulrich Noethen, Birgit Minichmayr. 

Ce film raconte la chute d'Adolf Hitler et son régime en avril 1945, ainsi que la bataille et la chute de Berlin, lorsqu'il était enfermé dans son bunker à Berlin, avec son état-major et sa garde rapprochée. Le film nous montre les scènes de la vie collective, sur quelques jours.  Les réunions stratégiques où Adolf Hitler est dans le déni complet de la situation, beaucoup d'officiers continuant à lui obéir malgré la l'inanité de ses directives : ils l'écoutent, mais n'en font rien ; certains fuient ; certains sont conscients de la situation (les Russes sont à quelques centaines de mètres du bunker). Le scénario prend le prétexte du recrutement d'une secrétaire dactylographe personnelle pour Adolf Hitler. 

Le film oscille entre les séquences au sein du bunker et les scènes de la chute de Berlin, avec d’ultimes résistances (où des enfants-soldats sont conviés), les destructions de documents d'archives et autres effacements de traces. Certains d'entre eux croiront jusqu'à la dernière seconde et le supporteront jusqu'à la dernière seconde. D'autres affronteront tant bien que mal les Russes qui avancent inexorablement. Et ceci jusqu'à la chute finale.

Oliver Hirschbiegel choisit de ne pas juger, mais de montrer ce qui a dû vraisemblablement se passer. Adolf Hitler était entouré d'une multitude d'idolâtres qui le croyaient encore. Idolâtres de sa personne, mais aussi de sa pensée et ses idées sur la race et autres choses bien connues depuis. 

poster du film Bande-annonce La Chute 

dimanche 14 septembre 2025

De Gaulle Et Le Chancelier (Ein Tag im September, 1h30, 2025) de Kai Wessel

Avec Jean-Yves Berteloot, Hélène Alexandridis, Vincent Lecuyer, Fabian Busch, Nora Turell, Nadja Sabersky, Pierre Lognay, Ronald Kukulies.

Le sujet est la rencontre de Charles De Gaulle et du Chancelier Konrad Adenauer en 1958, à l'invitation de De Gaulle, pour préparer la réconciliation franco-allemande. Cela s'est déroulé chez De Gaulle dans sa maison de Colombey les Deux Eglises. Il s'agissait d'une visite privée. Nous ne savons pas quels sont les faits historiques et les ajustements pour la dramaturgie du film. Mais nous savons qu'il a fallu aux deux hommes, tous les deux victimes des Nazis, une bonne dose d'anticipation et de vision pour imaginer cette réconciliation.

Le film est bien fait et imagine ce qui s'est passé dans la maison, en préparation de la rencontre, pendant la rencontre, et dans l'arrière cours, dans les cuisines des De Gaulle, ou à l'extérieur dans le village avec les journalises des deux pays. Il faut reconnaître que peindre des personnages comme cela qui ont une vision paraît anachronique dans le monde d'aujourd'hui où les hommes politiques possèdent une vision à très court terme... 

samedi 11 janvier 2025

Le Comte De Monte-Christo (2h58, 2024) de Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte

Avec Pierre Niney , Bastien Bouillon, Anaïs Demoustier, Anamaria Vartolomei, Laurent Lafitte , Pierfrancesco Favino , Patrick Mille, Vassili Schneider , Julien De Saint Jean.

Nous sommes heureusement surpris de ne pas trouver des séquences d'actions : la tartine actions et poursuites n'a pas été ajouté au scénario. Et ce n'était effectivement pas nécessaire, car la qualité principale est l'histoire, l'histoire et ses circonvolutions de trahisons et vengeances multiples.  Et cette histoire n'est pas polluée par des séquences d'action pour en faire un film actuel. Les deux réalisateurs abusent par contre un peu des plans à base de drones ou de plan verticaux, ce qui par moment donne l'impression d'interlude avec de jolies images et casse la tension du film.

Le casting est riche dans son ensemble, mais nous ne sentons pas suffisamment la noirceur du personnage. Pierre Niney n'est pas particulièrement impressionnant, même s'il est juste. La noirceur du personnage ne transparaît pas sur le physique, malgré maquillages et prothèses qui essaient ; par contre sur ses actes, c'est bien le cas. Le reste de la distribution est de qualité.

Le montage manque de rythme, ce qui fait que les trois heures de durée paraissent à partir d'un certain moment longuettes et nous regardons notre montre. Nous remercions les auteurs de ne pas avoir rajouté des séquences d'action, de combat ou de poursuites, inutiles. La force est l'histoire et ses circonvolutions qui sont suffisantes pour l’intérêt du spectateur. Les trois heures du film passent bien au final, car la noirceur du personnage ressort finalement et suscite l'intérêt dans le dernier tiers, malgré cette baisse de rythme au milieu.

Bande-annonce Le Comte de Monte-Cristo

dimanche 29 décembre 2024

La Methode Williams (King Richard, 2h24, 2021) de Reinaldo Marcus Green

Avec Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor, Jon Bernthal, Saniyya Sidney, Demi Singleton, Tony Goldwyn, Mikayla Lashae Bartholomew, Daniele Lawson, Layla Crawford, Erika Ringor, Noah Bean.

Dans la boîte à outil des productions Netflix il y a l'histoire vrai, la vie de vrais gens qui ont existé. Quelque soit le domaine. Et quelque que soit la renommé du personnage. Ici il s'agit du sport et en particulier sur tennis.  Le film conte l'histoire de la famille Williams, qui a donné deux joueuse au tennis mondial. L'histoire de leur père et son obsession du tennis et de ses filles. Le film raconte comment leur père a préparé ses filles à être des championnes de tennis.

Il s'agit donc d'un film historique donc ainsi que l'histoire d'un personnage qui a vraiment existé. Le film raconte l'adolescence jusqu'à la première victoire. 

Le film se laisse regarder, sans être passionnant, mais il nous tient l&légèrement en haleine car nous souhaitons savoir comment elles vont arriver à la compétition compte tenu de la manière dont le père est dépeint. Sa croyance et sa foi dans le talent de ses filles est à la limite du surnaturel. Et il faut reconnaître que Will Smith s'efface bien derrière le personnage. Et il n'est pas nécessaire de pratiquer ou aimer le tennis pour suivre l'histoire.

Bande-annonce La Méthode Williams

vendredi 27 décembre 2024

Messagères De Guerre (The Six Triple Eight, 2h07, 2024) de Tyle Perry

Avec Kerry Washington, Ebony Obsidian, Milauna Jackson, Kylie Jefferson, Shanice Shantay, Sarah Jeffery, Pepi Sonuga, Moriah Brown, Jeanté Godlock, Dean Norris, Sam Waterston.

Dans le genre du film sur la Seconde guerre mondiale, donnez-moi l'histoire des femmes noires qui se sont engagées et qui sont traitées de manière abjecte par les blancs dominants racistes et phallocrates.

Il est dur de dire du mal de ce film. Et en l'occurrence il n'est pas nécessaire de le faire. Cette histoire de trieuses du courrier de l'armée étatsunienne pendant la guerre est inspirée d'une histoire vraie. Un bataillon de femmes noires, très peux considéré du fait de leur genre (femme) et de leur couleur de peau (noire), bien que membres de l'armée, il leur est confié la tâche de trier et faire acheminer le courrier aux militaires sur leur théâtre d'opérations. Chose impossible à faire. Et grâce à la misogynie et au racisme, il va leur être demandé de le faire, en espérant qu'elles n'y arriveront pas.

Une de thématique qu'aborde le film est la complexité de la logistique du courrier  qui doit arriver vers chaque soldat, qui sont par définition sur des théatres d'opération qui bougent : comment faire suivre le courrier postal ?

Bonne histoire où l'on aime détester les racistes et misogynes. Mise en image réussie, et tous les éléments de forme sont au top du technique. La distribution est réussie, avec Kerry Washington possédée par son personnage. Le canevas dramatique est prévisible, mais nous suivons les aventures de ces soldates.

Bande-annonce Messagères de guerre

dimanche 22 septembre 2024

Effie Gray (1h44, 2014) de Richard Laxton

Avec Dakota Fanning, Polly Dartford, Greg Wise, Tom Sturridge, Tom Herriott, Sam Churchill, Martin Keatman, Chris Haggart, Nima Dabestani, George Laing.

Nous sommes ici dans la catégorie du film en costume, historique, typiquement anglais. À noter que le scénario est signé Emma Thompson.

Le fait que ce soit tiré d'une histoire vraie est sans intérêt. La véracité n'est pas gage de bon sujet dramatique.

Richard Laxton vient des films pour la télévision. Il en profite ici pour construire des plans de coupes ou de transitions très travaillés avec végétations, brouillards, silhouettes qui se dessinent à la cime d'une colline. Et aussi avec beaucoup d'images sombres (l'époque historique le voulant ).

Le film est intéressant pas sa composante historique, où le personnage de Greg Wise, antipathique à souhait, est un auteur, critique d'art, très reconnu qui écrit des livres. Il est vénéré par sa famille ou des nobles. La capacité intellectuelle et la capacité d'écrire des livres étaient quelque chose de rare et célébré. Mais nous savons qu'au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

Ce critique d'art dispose d'un autre défaut lié à son statut de mari, qui lui causera sa perte. Nous savons gré au film de ne pas donner d'explication à sa situation sexuelle.

Cela n'a pas été facile de tourner ce film, nous imaginons pour Dakota Fanning : elle passe son temps à faire la tête. Mais l'histoire du personnage est intéressante. Mariée plus ou moins de force (comme c'était le cas à cette époque victorienne) à ce critique d'art, et se retrouvant enfermée dans la maison de ses beaux-parents qui idolâtrent leur fils. Misère et médiocrité des nobles. Bien que crispant le spectateur, elle va finalement se révéler plus torve que nous l'imaginions et arrivera à se venger de son mari et sa famille d'adoption.

Bande-annonce Effie Gray

samedi 16 mars 2024

La Zone D'Intérêt (The Zone Of Interest, 1h45, 2023) de Jonathan Glazer

Avec Christian Friedel, Sandra Hüller, Johann Karthaus, Luis Noah Witte, Nele Ahrensmeier, Lilli Falk, Anastazja Drobniak, Cecylia Pekala, Kalman Wilson,  Medusa Knopf,  Max Beck, Slava the Dog, Andrey Isaev.

Avec le prétexte de présenter la vie de famille du responsable du camp de concentration d'Auschwitz, Jonathan Glazer nous parle de l'indifférence, des rapports de classes, des rapports entre maître et esclaves, des rapports entre dominants et dominés, tout cela en laissant le spectateur appréhender ce qu'il souhaite. Bien sûr toutes ces composantes possèdent des échos contemporains, et c'est là la force du film. En parlant du passé, il parle du présent. Les comportements qui sont montrés existent toujours, sont toujours contemporains, et au-delà du sujet historique et donc du coté film historique avec reconstitution et travail de recherche qui indique que tout cela est très documenté, il s'agit bien d'un film moderne, contemporain, qui montre ce début de XXIe siècle. Le film parle très bien de l'indifférence aux autres et de ses conséquences et donc de l'individualisme : Rudolf Höss est individualiste, sa femme est individualiste.

Autre dimension qui fait du film une réussite : sa forme. Du travail sur la bande son, impressionnante, des minutes avec l'écran noir au début, des images de la petite fille avec les pommes, à la luxuriance des images et de jardin qui ressemble à un paradis (dixit le personnage de Sandra Huller). Jonahan Glazer a composé un film expérimental impressionnant sur sa forme, son contenu et ses messages. C'est-à-dire que Jonathan Glazer a réalisé trois films en un. Le premier film est la bande-son, extrêmement riche, qui d'ailleurs est mise en avant pendant l'écran noir au début du film. Le deuxième est celui que nous voyons, les images de la vie courante de ces personnes, et le troisième est celui constitué de la résultante des deux, les images et le son.

Une expérience et une richesse inouïe qui montrent que le cinéma peut être politique, sociétal, sur une base narrative, tout en étant un film expérimental. Bravo.

Bande-annonce La Zone d'intérêt

jeudi 8 février 2024

The Professor And The Madman (2h04, 2019) de Farhad Safinia

Avec Mel Gibson, Sean Penn, Eddie Marsan, Natalie Dormer, Jennifer Ehle, Steve Coogan, Stephen Dillane, Ioan Gruffudd, Jeremy Irvine, Laurence Fox, Anthony Andrews, Lars Brygmann.

Il s'agit de l'histoire, inspirée de faits réels, de la création du premier dictionnaire d'Oxford. Le personnage de Mel Gibson est en charge du projet. Sean Penn est un enfermé en hôpital psychiatrique que va l'aider car il s'agit de recenser une ensemble de mots et connaissance des écrits et sa folie vont être utiles. Le film imbrique tout cela avec une histoire de lutte des classes du coté de Mel Gibson et de rédemption du coté de Sean Penn. Le scénario est plutôt habile en arrivant à rendre cette histoire plutôt captivante. Que le film soit inspirés de faits réel nous importe peu. Mais il manque au film quelque chose, pour nous intéresser pleinement, pour que nous nous sentions concernés.

La direction d'acteur est peu subtile. Les acteurs croient à leurs personnages. Mais Sean Penn en fait des tonnes. Mel Gibson est plus sobre. Les crédits techniques sont parfaits, cela va sans dire, décors, costumes, photographie, maquillages, tout est au top. Mais nous restons sur notre faim, peut être par manque d'empathie. Nous n'en avons pas avec le personnage de Sean Penn ; ses turpitudes nous indiffèrent. Nous en avons un petit peu avec celui de Mel Gibson. Mais son personnage n'évolue pas, reste en retrait, ne manifeste pas beaucoup de proactivité. Le fait que ce soit une histoire vraie ne garantie pas l'intérêt du film.

Au total, une curiosité pour le sujet principalement, la création d'un première dictionnaire des mots de la langue.

 Bande-annonce The Professor And The Madman

lundi 1 janvier 2024

Le Remède A L'Oubli (Znachor, Forgotten Love, 2h20, 2023) de Michal Gazda

Avec Leszek Lichota, Maria Kowalska, Ignacy Liss, Anna Szymanczyk, Izabela Kuna, Mikolaj Grabowski, Miroslaw Haniszewski, Artur Barcis, Jaroslaw Gruda, Malgorzata Mikolajczak.

Film en costumes, nous sommes au début du XXe siècle en Pologne, où un médecin réputé devient amnésique et se retrouve sans domicile fixe itinérant dans le pays, et qui aide les petites gens - il sait ce qu'il faut faire, mais ne sait pas pourquoi, il ne se rappelle pas qu'il est médecin -. Son passé reviendra progressivement à travers sa fille, et ses anciens collègues. Les deux scénaristes, Marcin Baczynski et Mariusz Kuczewski, ont réalisé du bon boulot à partir du roman de Tadeusz Dolega-Mostowicz.

Il est dur de critiquer un tel film : la forme est le standard Netflix, mais le film prend sa substance à travers ses personnages et ses acteurs et un scénario qui présente des éléments de lutte des classes. Car il soigne les pauvres, les paysans. Mais il est empêché de pratiquer. L'intrigue tourne autour de sa fille qui noue une relation avec un riche.

Nous retiendrons le personnage de Anna Szymanczyk, femme qui accueille le médecin amnésique dans son moulin, femme forte qui maîtrise son destin. Ainsi que Leszed Lichota, dans le rôle du médecin, qui est aussi mémorable même s'il sombre régulièrement dans le mélodrame peu subtil.

Le film se termine par un tribunal, car il est accusé de pratiquer la médecine sans autorisation. Nous ne divulgâcherons pas l'issue. Mais tous les arcs dramatiques convergeront vers le même point.

 Le Remède à l'oubli - Film (2023) - SensCritique

samedi 18 mars 2023

The Pale Blue Eye (2h08, 2022) de Scott Cooper

Avec Christian Bale, Harry Melling, Simon McBurney, Timothy Spall, Toby Jones, Harry Lawtey, Fred Hechinger, Joey Brooks, Charlotte Gainsbourg, Lucy Boynton, Robert Duvall, Gillian Anderson, Steven Maier, Brennan Keel Cook, Orlagh Cassidy.

Tout est parfait dans ce produit : la distribution, les éléments techniques (photographie, décors, costumes, etc.) mais aussi le canevas dramatique de cette enquête qui se révèle plus complexe que le début du film le laisse supposer.

Avec un climat pesant d'hiver et d'automne (gros travail sur la photographie) qui donne une atmosphère au film, une identité, presque irréelle, qui va avec la conclusion du film.

L'adjonction de Harry Melling dans le rôle d'Edgar Allan Poe permet justement de rajouter des éléments à l'intrigue, pas forcément irrationnels, mais des circonvolutions qui donnent la saveur de cette histoire.

Nous restons sur notre faim néanmoins, car le rationnel et le coté primaire de notre enquêteur Christian Bale va finalement révéler des choses liées à l’irrationnel mixées avec du concret réel (tout ce qui est lié à la femme de celui-ci). Cette découverte des coupables des meurtres n'est pas une surprise, mais nous laisse sur notre faim.

Néanmoins Scott Cooper est doué pour peindre des atmosphères, des univers cohérents et denses.

Bande-annonce The Pale Blue Eye

dimanche 25 décembre 2022

Uranus (1h40, 1990) de Claude Berri

Avec Michel Blanc, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Philippe Noiret, Gérard Desarthe, Michel Galabru, Danièle Lebrun, Fabrice Luchini, Daniel Prévost, Yves Afonso, Myriam Boyer, Florence Darel, Ticky Holgado.

Claure Berri confirme qu'il n'a aucun talent de metteur en scène. Il se contente d'illustrer son scénario. Dont les dialogues sont magnifiques et très bien énoncés par des acteurs solides dont le professionnalisme pallie à l'absence de direction d'acteur.

Le film est riche de la description de cet immédiat après guerre où collaborateurs avec l'occupant nazi, communistes, gaullistes, profiteurs, indécis, pleutres doivent cohabiter, pour reconstruire la France. Une des grandes qualités du film est son décor, ses décors plutôt, entre les ruines dans les rues et l'appartement des cohabitants.

Le truc du film est de faire cohabiter, comme pendant la guerre, mais dans un même appartement, un communiste, un pétainiste et un sans étiquette (dont nous comprenons qu'il sait s'adapter et va dans le sens du vent, c'est-à-dire qu'il n'a pas de point de vue, mais l'ironie veut que les autres lui demandent son avis). La cohabitation est recréée dans un appartement. S'ajoute à cela Gérard Depardieu, impressionnant dans sa révélation et son adoration de la poésie.

Le film est sauvé par ses acteurs qui déclament avec conviction leur texte: nous avons trop l'impression que chaque acteur prend la pause pour déclamer son texte. Nous voyons toujours l'acteur avant le personnage. Peut être que le film aurait du miser sur une distribution d'acteurs inconnus: il aurait gagné en puissance. Mais le film reste intéressant grâce aux dialogues et à ces acteurs, justement.

Bande-annonce Uranus

samedi 24 décembre 2022

The Wonder (1h48, 2022) de Sebastián Lelio

Avec  Niamh Algar, Florence Pugh, David Wilmot, Ruth Bradley, Darcey Campion, Abigail Coburn, Carla Hurley O'Dwyer, Juliette Hurley O'Dwyer, Carly Kane, Toby Jones, Dermot Crowley, Ciarán Hinds.

Très beau drame campagnard. Au XIXe siècle, une infirmière est demandée pour étudier une jeune paysanne qui ne s'alimente plus depuis plusieurs semaines. Nous sommes au pays des croyances et superstitions avec une main mise de la religion et si l'infirmière le confirme, il s'agit d'une manifestation divine. Nous sommes aux pays des analphabètes et des superstitieux.

L'infirmière est rationnelle. La jeune paysanne considère que Dieu la guide. Sa famille est pauvre et bigote. Les notables locaux sont couards, pleutres, pingres et superstitieux.

Beau film où Florence Pugh est de toutes les scènes. Le film progresse par petites touches, sur notre compréhension et connaissance du personnage de l'infirmière, mais aussi sur la petite fille, sa relation avec sa famille. Le film est à la fois dense par ses personnages principaux, mais aussi par ses décors et l'ambiance, avec d'un côté la ferme isolée où loge la petite fille, et l'auberge où l'infirmière loge, avec les journalistes qui content l'histoire de cette petite fille, qui tient pendant plusieurs semaines sans manger. La richesse du film est de garder l'incertitude et l’interrogation sur le cas de la petite fille: est elle réellement touchée par quelque chose de divin, ou est-ce une arnaque et il y a un truc quelque part? Le scénario est habile: il donne les explications, mais finalement l'explication importe peu et c'est ensuite un combat que mène l'infirmière, pour une conclusion très belle et réjouissante alors que tout a été éclairci.

Une réussite avec un film constitué d'êtres vrais, sans artifice. Très beau travail.

 Bande-annonce The Wonder

vendredi 19 août 2022

Vers Sa Destinée (Young Mr. Lincoln, 1h40, 1939) de John Ford

Avec Henry Fonda, Alice Brady, Marjorie Weaver, Arleen Whelan, Eddie Collins, Pauline Moore, Richard Cromwell, Donald Meek, Judith Dickens, Eddie Quillan, Spencer Charters, Ward Bond.

Le film contient des éléments plastiques superbes, qui rendent le film presque hypnotique. Le noir et blanc est de toute beauté.

Le personnage interprété par Henry Fonda, le jeune Abraham Lincoln, est à la limite du fantastique. Son maquillage, très proéminent, donne au personnage une patine presque surnaturelle. Son corps longiligne et maigre fait plus penser à un vampire, à un personnage qui fait peur, qu'à un futur homme d'État.

Nous comprenons ce qui a pu intéresser John Ford: ce jeune qui aide le groupe à bâtir des fondamentaux dans un univers où la démocratie est en construction, où la justice essaye de passer d'un stade expéditif à un stade où l'équité et le factuel guident.

Le film de tribunal est un genre à part entière. Ici le film l'adopte pendant une partie où notre Henry Fonda est l'avocat de celui que tout accuse. Les séquences du tribunal ne sont pas les plus réussies; l'avocat Abraham Lincoln subissant les évènements.

Ce n'est pas tant un film sur Abraham Lincoln, qu'un film de John Ford sur un groupe d'individus qui essai de se construire et d'essayer de vivre collectivement. Plusieurs moments notables: au début lorsque des pèlerins payent en livres contenus dans un tonneau, ce qui illumine particulièrement le visage du jeune Henry Fonda. Et un peu plus tard, l'ellipse sur la fiancée depuis leur échange au bord la rivière avec l'arrière-plan bucolique, vers l'hiver avec la neige, le fleuve en cru et la tombe...

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dimanche 10 avril 2022

Quo Vadis (2h51, 1951) de Mervyn LeRoy et Anthony Mann

Avec Robert Taylor,  Deborah Kerr, Peter Ustinov, Leo Genn, Patricia Laffan, Finlay Currie, Abraham Sofaer, Marina Berti, Buddy Baer, Felix Aylmer, Nora Swinburne, Ralph Truman.

Cette production raconte la rencontre entre un Romain, guerrier, brutal et peu subtil, Robert Taylor dans le rôle de Marcus Vinicius, qui rencontre une adepte de Jesus Christ, Deborah Kerr, diaphane, hypnotique, toute en sensibilité (beau travail de Robert Surtees et William Skall pour illuminer en permanence son visage - elle garde son teint de lait en permanence...-). Dans un cadre où le dictateur Néron exprime sa démesure grâce à Peter Ustinov (jubilatoire), qu'un de ses conseillers essaie de maitriser (Leo Genn dans le rôle de Petronius): démesure et folie qui donnent lieu à des scènes mémorables.

Le film contient des séquences d'anthologie, par forcément spectaculaire dans le grandiose: le suicide de Petronius, et chaque scène qui tournent autour de Néron.

Le film bénéficie du grandiose de Cinecitta, de ses figurants, et aussi d'un ensemble de matte paintings, qui tiennent encore la route.

Malgré la longueur et le format (qui n'est pas encore du CinémaScope), le film se laisse visionner, grâce au personnage rustre de Robert Taylor, et ses interactions avec  Deborah Kerr. Bien que l'amour subit de Deborah Kerr, ou la conversion de Robert Taylor, paraissent un peu bâclés et peu crédibles. Et bien sûr grâce aux séquences de Néron et sa cour.

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dimanche 27 février 2022

L'Egyptien (The Egyptian, 2h19, 1954) de Michael Curtiz

Avec Edmund Purdom, Jean Simmons, Victor Mature, Gene Tierney, Michael Wilding, Bella Darvi, Peter Ustinov,  Judith Evelyn, Henry Daniell, John Carradine.

Ce péplum se révèle passionnant, pas par ses décors (qui sont superbes), pas par ses séquences spectaculaires (ici il n'y a pas de bataille ou de grosses scènes de foules), mais par ses personnages, pour le moins torturés, et par son histoire, tout aussi tortueuse, tournant autour d'Edmund Purdom en Sinouhé, médecin, fils 'unu pharaon qui ne le sait pas, naïf influençable, masochiste, qui rend cette histoire passionnante. Autre personnage, le pharaon, Akhenaton (Michael Wilding en illuminé) qui est pacifique, qui refuse la guerre au regret de ses généraux, et qui idolâtre son dieu du soleil (et au passage entraine une partie de son peuple).

Les décors et costumes sont au niveau dans cette superproduction de Darryl F. Zanuck, avec le format CinémaScope.

Les caractéristiques du personnage de Sinouhé, personnage sans courage, peureux, extrêmement influençable permettent au film de sculpter des personnages féminins autour de lui qui possèdent leurs caractéristiques propres. Jean Simmons l'amoureuse secrète. Gene Tierney, sans sentiment, prête à tout pour accéder au trône (à tuer un de ses frères et à coucher avec un autre). Bella Darvi qui joue avec Sinouhé, comme un chat joue avec une souris, pour lui prendre son argent. Et le personnage du pharaon Akhenaton, pacifiste et illuminé, qui fait que le film ne contient pas un méchant standard (et nous regrettons qu'il ne soit pas plus développé, chacune de ses apparitions étant marquantes), car le méchant du film sont finalement les femmes autour de Sinouhé. Ce film est un exemple de film hollywoodien qui possède un super méchant, mais incarné par plusieurs personnages, ici principalement féminin. Ce n'est pas commun.

Victor Mature est fonctionnel (et peu crédible en athlète vu son physique). Peter Ustinov est aussi fonctionnel. Ils font le job, mais ne sont pas essentiels à l'histoire. Gene Tierney est peu présente à l'écran, et elle est mal habillée (ses costumes l'habillent comme un sac). Mais ces peccadilles ne sont rien et ne dégradent pas l'ensemble.

Voilà un sujet et un scénario qui pourraient être refaits.

BLURAY L'EGYPTIEN -


dimanche 6 février 2022

Capitaine De Castille (Captain from Castile, 2h20, 1947) de Henry King

Avec Tyrone Power, Jean Peters, Cesar Romero, Lee J. Cobb, John Sutton, Antonio Moreno, Thomas Gomez, Alan Mowbray, Barbara Lawrence,

Superproduction de la 20th Century Fox, cet Henry King conte les aventures de Tyrone Power, noble espagnol qui fuit l'Inquisition (elle tue sa petite soeur et emprisonne ses parents) et qui rejoint Cuba et Hernan Cortez pour la conquête du Mexique (nous sommes au XVIe siècle). C'est donc la période où l'Espagne conquérait le monde à la recherche d'Or. Ils rencontrent les Astekes et vont les tuer et les voler. L'Inquisition le rattrapera au Mexique.

Tyrone Power, dans un rôle, comme souvent, de quelqu'un de bon, respectueux des autres, et pas du tout le super héros sur de lui en permanence. Le love interest, Jean Peters, est pas trop lourd. Lee J. Cobb est le faire valoir sympathique (nous avons plus l'habitude de voir Lee J. Cobb en policier en ville en mode polar, qu'en collant et short).

Le film bénéficie de décors réels et a été tourné sur les lieux des évènements racontés. Le film contient quelque moment de violence assez surprenant comme l'assassinat de la petite fille, ou le combat de chiens avec Jean Peters juste à côté, ou Tyrone Power qui tue de sang-froid l'Inquisiteur, parmi d'autres. 

Grand film d'aventure donc, avec un Tyrone Power finalement très intéressant et acteur méconnu: toujours crédible sans en faire des tonnes, et qui arrive à faire passer des émotions avec peu de mimiques.

Capitaine de Castille [Blu-Ray]

lundi 1 novembre 2021

Le Serpent (2021, 8x58 min) de Hans Herbots et Tom Shankland

Avec Tahar Rahim, Billy Howle, Jenna Coleman, Ellie Bamber, Mathilde Warnier, Grégoire Isvarine, Tim McInnerny, Amesh Edireweera, Apasiri Kulthanan, William Brand, Chotika Sintuboonkul, Kenneth Won, Adam Rothenberg, Fabien Frankel, Ilker Kaleli, Chicha Amatayakul, Ellie de Lange, Armand Rosbak, Sahajak Boonthanakit, Stacy Martin.

Le serpent est un français qui tua des hippies à Bangkok dans les années soixante-dix pour leur voler leur passeport et leur argent, pour pouvoir réaliser sont trafic de pierres précieuses.

L'alibi de l'événement historique et de la vérité de ce qu'il s'est déroulé pour rendre cette histoire intéressante est un biais qui la prédispose bien à être racontée pendant 10 épisodes de 50 minutes.

Ce qui gêne un petit peu sur la durée de cette série télévisée c'est le fait que notre tueur en série en chef rencontre que des gogos qu'il arrive arnaquer via des empoisonnements pour leur piquer leur argent ou leur passeport c'est-à-dire qu'il ne rencontre jamais de personne pour lesquelles ça ne marche pas, qui ne se laissent pas avoir. Nous imaginons que dans la réalité cela a été le cas et qu’il n'a pas croisé que des crétins stupides prêts à tomber dans ses griffes. 

Un autre élément perturbateur qui empêche d'adhérer pleinement au film est le personnage de la fiancée canadienne de notre tueur en série qui est d'une bêtise, d'une stupidité, d'une naïveté insondables. Nous ne comprenons jamais pourquoi elle est aussi bête (peut-être avait-elle un handicap). Il semblerait qu'elle ait eu véritablement le QI d'une huître quand on voit tout ce qu'elle fait.

Hormis ces deux limites, le film est plutôt intéressant et passionnant avec ce travail d'enquête mené par ce diplomate hollandais qui a l'empathie du spectateur. Il permet de suivre les pérégrinations jusqu'au bout de ce personnage parfaitement interprété par Tahar Rahim qui n'est pas vraiment mystérieux, qui n'est pas charmant, mais qui est en permanence calculateur, qui a une emprise sur les personnes qui l'entourent, et qui arrive à faire peur.

Espérons que ce film ne type castera sera pas Tahar Rahim dans des rôles de méchants pour le cinéma anglo-saxon.
Sinon le produit mini série est parfait dans son genre avec reconstitution, avec acteurs polyglottes, exotisme, horreurs, pour composer donc un ensemble de 8 épisodes qui tiennent le coup.
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