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dimanche 25 décembre 2022

California Terre Promise (California, 1h37, 1947) de John Farrow

Avec Ray Milland, Barbara Stanwyck, Barry Fitzgerald, George Coulouris, Albert Dekker, Anthony Quinn, Frank Faylen, Gavin Muir, James Burke, Eduardo Ciannelli, Roman Bohnen, Argentina Brunetti.

Magnifique western et superbe découverte. Le film contient son lot de scènes téléphonées (la relation entre Barbara Stanwyck et Ray Milland) et prévisibles, mais tout coule naturellement. Le film contient aussi des éléments historiques intéressants (la naissance de la Californie), un Technicolor magnifique et un ensemble de personnages secondaires plus fouillés que la moyenne: Barry Fitzgerald en philosophe qui cite la bible et le bon sens, George Coulouris en personnage fiévreux et amoureux touchant, Anthony Quinn dans un rôle très court, mais substantiel.

Quant au personnage de Ray Milland, ce n'est pas le héros de western standard. Il est souvent battu (frappé). Il est victime des évènements et n'est pas le moteur de l'histoire. Mais son personnage fonctionne, grâce à son passé et grâce à Barry Fitzgerald! 

Le film montre très bien la médiocrité des pudibonds à travers la manière dont ils traitent l'indépendante et ambitieuse Barbara Stanwyck. Barbra Stanwyck est lumineuse et sa relation avec Ray Milland tout au long du film reste intéressante de bout en bout, même si très téléphonée voire à la limite du ridicule. Mais finalement cela fonctionne et lorsque cela se conclut le spectateur n'est que plus satisfait.

Le le film est exempt de tout sentimentalisme. Cela en fait un film étonnant qui progresse vite, dense, et en 97 minutes. Le film possède des dialogues très riches et très au-dessus de la moyenne qui servent à la fois immédiatement dans la scène, mais aussi qui portent un sous-texte très intéressant.
John Farrow visiblement adore les plans-séquences: le film en est parsemé. Ils servent très bien en général la situation et l'intrigue en amenant une certaine tension tout en étant fluide ou naturel.
 
California Terre Promise [Blu-Ray]

mardi 30 mai 2017

Hondo, L'Homme du Désert (1953) de John Farrow

Avec John Wayne, Geraldine Page, Ward Bond, Michael Pate, James Arness, Rodolfo Acosta, Leo Gordon, Tom Irish, Lee Aaker, Paul Fix, Rayford Barnes.

Hondo
Hondo est intéressant pour son traitement des Indiens, plutôt moins caricatural que la moyenne des westerns des années cinquante, en partie grâce au personnage de John Wayne qui est un métis et qui explique régulièrement des éléments de la culture indienne.
John Wayne est acteur principal et producteur, il s'agit donc d'un véhicule au service de sa propre mythologie: toute l'échelle des plans est utilisée depuis le plan large jusqu'au gros plan. Nous avons envie de dire que Hondo Lane est John Wayne.
L'histoire est nominale: il est solitaire et arrive de nulle part (le désert) et tombe sur une femme seule avec son petit garçon qui vivent en territoire Apache et que ceux-ci viennent de déterrer la hache de guerre. John Wayne le solitaire va s'amouracher d'elle et de son fils.
Le film est daté par sa direction d'acteur, très lourde et pas du tout naturelle. Geraldine Page est à la limite du supportable (voix originale de canard assez difficile à supporter). John Wayne est nominal.
Le film est connu pour avoir été en partie réalisé par John Wayne lui-même et selon certaines sources un coup de main de John Ford aurait été donné pour le tournage de la séquence des assauts des Indiens à la fin. Curieusement le montage de cette séquence de charges multiples des Indiens manque cruellement de lisibilité. Elle est censée être le clou du spectacle, mais elle est confuse.
Le film étant tourné en 3D, nous avons droit à de multitudes choses qui avancent vers nous, flèches, objet jeté, John Wayne lui-même, tout  ceci par moment la limite du ridicule étant franchie.
Néanmoins, au total le film garde un potentiel de sympathie. Dans l'échelle du western John Wayne, il est dans la moyenne haute.