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mercredi 11 février 2026

The Prince And The Pauper (Crossed Swords, 1h48, 1977) de Richard Fleischer

Avec Oliver Reed, Raquel Welch, Mark Lester, Ernest Borgnine, George C. Scott, Rex Harrison, David Hemmings, Harry Andrews, Julian Orchard, Murray Melvin, Lalla Ward, Sybil Danning, Charlton Heston.

Scénario intéressant où un prince se retrouve dans la peau d'un pauvre, et inversement. D’après un roman de Mark Twain. Bien sûr, le Prince va tout faire pour retrouver son statut, et, chemin faisant, va fréquenter de vrais pauvres. Et le pauvre trouve très bien son nouveau statut de prince. Le scénario est partiellement prévisible.

Richard Fleischer essaie de rendre visuellement attractive cette histoire avec des plans qui exploitent au maximum les décors. Le personnage d'Oliver Reed est un peu faire valoir et va aider le Prince pauvre à retrouver son statut, mais ce n'est pas un héros et est même un antihéros.

La distribution est phénoménale avec une pléthore d'acteurs confirmés. Mais aucun des personnages ne suscite l'empathie et ne peut être qualifié de héros du film. Nous suivons les péripéties comme si nous étions étrangers à cette histoire. Un film curieux.

 poster du film Le Prince et le pauvre 

dimanche 1 août 2021

Kalidor - La Légende Du Talisman (Red Sonja, 1h29, 1985) de Richard Fleischer

Avec Arnold Schwarzenegger, Brigitte Nielsen, Sandahl Bergman, Paul L. Smith, Ernie Reyes Jr., Ronald Lacey, Pat Roach, Terry Richards, Janet Agren, Donna Osterbuhr.

Kalidor, le film, c'est Brigite Nielsen (Red Sonja, le titre original), une découverte de Dino De Laurentis, qui interprète une guerrière qui cherche à se venger: sa sœur a été victime de la méchante Sandahl Bergman, parfaite et ambiguë comme il se doit. Elle croise sur son chemin Kalidor, Arnold Schwartzenneger, qui l'aide dans sa quête, dans un rôle secondaire (bien qu'il apparaisse en gros sur l'affiche). Brigitte Nielsen possède un physique intéressant, mais son interprétation est limitée.

Le film est rythmé par des séquences d'action, assez réussies, signées Vic Armstrong.

Les éléments que nous retenons du film sont ses décors et costumes, relativement délirants et impressionnants. Ces décors conduisent à des éléments spectaculaires. Et l'autre élément que nous retenons est le duo comique constitué de l'enfant roi et de son subalterne qui veille sur lui: Ernie Reyes Jr et Paul L. Smith dans un duo comique, et dramatique, réussi.

Tout cela n'est qu'un prétexte (rebondir sur l'heroic fantasy, exploiter la popularité d'Arnold Schwartzenegger, qui était entre Terminator - 1984 - et Commando - 1985 -), mais mis en œuvre par des pointures dans les départements techniques: mise en scène (Richard Fleischer), photographie (Giuseppe Rotunno), décors (Danilo Donati, présent sur beaucoup de film de Federico Fellini), musique (Ennio Morricone). Ce qui sauve le film au final et le sauve du "sans intérêt".

Kalidor - Blu-Ray de Richard Fleischer

jeudi 24 décembre 2020

Terreur Aveugle (See No Evil, 1971, 1h29) de Richard Fleischer

Avec  Mia Farrow, Dorothy Alison, Robin Bailey, Diane Grayson, Brian Rawlinson, Norman Eshley, Paul Nicholas, Christopher Matthews, Max Faulkner, Scott Fredericks, Reg Harding, Lila Kaye.

Décidément, Richard Fleischer signe encore un film qui impressionne: film à suspense et film avec des horreurs. Une jeune femme aveugle a sa famille décimée par un tueur lors de son absence (une sortie à cheval), mais comme elle est aveugle et qu'elle pense qu'ils sont sortis pour la soirée, elle ne s'en rend pas compte de suite. C'est une famille aisée qui dispose d'une grande bâtisse, avec des écuries et beaucoup de terrain, à la campagne. À son retour elle ne se rend compte de rien. Ce n'est que le lendemain que des éléments l'intriguent, mais pas de suite, la mise en scène jouant pendant un certain temps des nerfs du spectateur, car lui il sait.

La mise en scène s'évertue en permanence à nous montrer, dans un coin, dans un angle, à l'arrière-plan, en reflet dans un miroir, ce que Mia Farrow ne peut voir.  Une porte ouverte, un cadavre dans une baignoire, sur un fauteuil ou sur un lit, un objet inapproprié (une douille de cartouche sur le sol, un bracelet par terre, etc.). D’abord dans la maison où Mia Farrow est seule. Ensuite lors de sa fuite dans la forêt, son enfermement dans une cabane insalubre et puis sa fuite dans la boue puis dans une décharge avec des carcasses de voitures. Avec l'humidité et la boue (nous sommes dans le Berkshire au Royaume-Uni): elle est pieds nus.

La mise en scène ne montre pas le tueur, sauf ses bottes. Et la narration nous oriente vers un tueur et nous fait oublier l'intrigue (la recherche du tueur) et ne nous prépare pas à la surprise finale, qui tombe à point et rend le film encore plus intéressant.

Nous pourrions dire qu'il s'agit d'un exercice de style par un réalisateur débutant qui voudrait faire le malin à la sortie de son école de cinéma pour montrer qu'il est virtuose de la caméra, des angles et du découpage. Mais pour Richard Fleischer, dont il s'agit du vingt-huitième film, le challenge, le plaisir de mise en scène est évident et il s'est bien amusé pour la penser.

En synthèse le film contient une multitude de séquences-chocs ou visuellement mémorables qui permettent au film de garder son impact et de happer le spectateur jusqu'à la fin.

Terreur Aveugle [Blu-Ray]

mardi 22 décembre 2020

L'étrangleur de la Place Rillington (10 Rillignton Place, 1h51, 1971) de Richard Fleischer

Avec Richard Attenborough, Judy Geeson, John Hurt, Pat Heywood, Isobel Black, Miss Riley, Phyllis MacMahon, Ray Barron, Douglas Blackwell, Gabrielle Daye, Jimmy Gardner, Edward Evans, Tenniel Evans, 

Quel uppercut que ce film! Un film qui arrive à être plus horrible que les tartines de films de tueurs en série de type clones de Seven (1995, David Fincher), Hannibal Lecter et autres torture porn. 
Habile scénario qui montre le tueur et les meurtres assez vite, pour ensuite donner des informations sur lui pendant le procès de quelqu'un d'autre dans la dernière partie du film. Entre les deux nous comprenons ses manigances et le rôle des classes sociales dans la manipulation. Le film nous montrant la vie de tous les jours du tueur, avec sa femme, ses calculs et ses mensonges.
Et pour aller à contrario de beaucoup de ce type de film, Richard Fleischer ne montre jamais le point de vue de l'enquête ou de policiers, nous ne savons donc pas s'il risque de se faire attraper. Pendant la plupart du film d'ailleurs il n'est jamais question de police car les leurres ne sont pas encore découverts.
Autres éléments formels marquants: l'absence de musique, et aussi la photographie, en couleur, mais à la limite du noir et blanc, monochrome, terne, ce qui donne un climat très particulier et conduit à une ambiance horrible, d'autant que nous sommes dans la banlieue pauvre de Londres, après la Seconde Guerre mondiale..
Du côté de la distribution, Richard Attenborough et John Hurt (dans son premier rôle) sont parfaits
Tout concourt à faire de ce film sombre et dur un chef d'œuvre. Plus grâce à ses sujets et le traitement que sur la forme, même si c'est très bien mis en scène, comparativement à L'Etrangleur De Boston que Richard Fleischer a réalisé en 1968 où le format large, le split-screen, la décolorisation progressive de l'image sautaient plus aux yeux et faisaient partie de la dramaturgie. Le tueur ici ne bénéficie d'aucune empathie tellement il est obséquieux et abject, ce qui n'était pas le cas du personnage de Tony Curtis, malade, pour lequel le film arrivait à produire une certaine empathie.
L'Étrangleur de Rillington Place

mercredi 11 novembre 2020

Barabbas (1961, 2h17) de Richard Fleischer

Avec Anthony Quinn, Silvana Mangano, Arthur Kennedy, Katy Jurado, Harry Andrews, Vittorio Gassman, Norman Wooland, Valentina Cortese, Jack Palance, Ernest Borgnine, Arnoldo Foà, Michael Gwynn, Laurence Payne, Douglas Fowley, Robert Hall, Joe Robinson.

Richard Fleischer démontre encore une fois son talent dans le filmage avec le format large. Le cinémascope est un format dont il sait tirer une construction de plans qui met en avant tout à la fois les décors sur différents plans, mais aussi les personnages. Et pas uniquement en plans d'ensemble: il suffit d'analyser toutes les séquences dans les sous-sols de la mine de soufre.

Au-delà de la forme, ce péplum sur Jesus Christ est passionnant. Car son personnage principal, Barabbas, est une victime, qui ne contrôle rien de sa vie. Le film commence par sa rencontre avec Jesus Christ. La population décide de l'épargner et de crucifier Jesus Christ, ce qui le poursuivra toute sa vie: prisonnier pour brigandage, puis libre Grâce au peuple (qui préfère exécuter Jesus Christ que lui même donc), puis il est emprisonné à nouveau, puis il devient gladiateur. Le film débute par la crucifixion de Jesus Christ et suit en parallèle de l'histoire de Barabbas et la montée de la secte des croyants en Jesus Christ.

La partie du film où Barabbas est gladiateur permet de suivre les entraînements des combattants, les répétitions des affrontements puis les affrontements eux-mêmes, et d'évoquer le fonctionnement et le rôle des gladiateurs à Rome. Avec en prime Jack Palance qui campe un gladiateur halluciné, combattant professionnel, qui ne semble plus esclave, et qui adore cela: il tue par plaisir.  Concernant l'interprétation, Anthony Quinn est parfait et interprète un incroyant dubitatif, simple et primaire sans être stupide, qui subit et ne comprend pas ce qui lui arrive, mais qui sait être résilient (peut-être avec l'aide de Dieu...).

Le film est intéressant pour les us et coutumes de l'époque: le statut des prisonniers,  des esclaves, les Romains. D'ailleurs le film ne montre pas forcément les Romains comme des méchants, nous ne dirons pas comme bienveillants, mais plutôt comme des concernés.

Barabbas [Édition Spéciale]

samedi 27 juin 2020

Le Génie Du Mal (Compulsion, 1959) de Richard Fleischer

Avec Orson Welles, Diane Varsi, Dean Stockwell, Bradford Dillman, E.G. Marshall, Martin Milner, Richard Anderson, Robert F. Simon, Edward Binns, Robert Burton, Wilton Graff, Louise Lorimer.

Le Génie du Mal [Blu-Ray]Le génie du mal est le crime parfait que pensent avoir commis deux étudiants (Dean Stockwell est parfait en torturé qui aimerait être aimé, Draford Dillman en totale inadaptation sociale), fils de riches, par plaisir, par démonstration intellectuelle, pour démontrer que c'est possible. Ils font des études de philosophie et se considèrent comme supérieurs. Ils commettent leur meurtre (une enfant du quartier) mais un détail va les confondre. Ceci est pendant la première moitié du film. Ensuite le reste est leur procès, défendu par un avocat qui est contre la peine de mort (Orson Welles, qui a tendance à en faire beaucoup et sans subtilité) malgré le côté abject de leur crime et qui démontre qu'ils sont malades (dans leur tête).
Le film est passionnant. Le même sujet a été traité par Alfred Hitchcock dans son film La Corde (Rope, 1948). Le matériel de départ étant un roman.
La première partie est plus intéressante, pour sa présentation presque ontologique de la vie de ces jeunes hommes riches sans souci matériel, qui ont de gros problèmes psychologiques.
La deuxième partie est plus centrée sur l'avocat, Orson Welles, qui explique que leurs conditions sociales (fils de riches) ne doit pas influencer le verdict, qu'ils sont malades et doivent être emprisonnés à vie. Le film se déroulant au début du XXe siècle, il n'était pas encore question de les guérir.
D'ailleurs la manière dont les accusés suivent le procès, comme s'ils étudiaient la chose, est symptomatique de leur handicap social.
Le travail de Richard Fleischer est de fournir une limpidité à l'ensemble. Et cela fonctionne. L'interprétation d'Orson Welles n'est pas très fine. Mais son discours final fonctionne.


vendredi 28 décembre 2018

Les Vikings (1958) de Richard Fleischer

Avec Kirk Douglas, Tony Curtis, Ernest Borgnine, Janet Leigh, James Donald, Alexander Knox, Maxine Audley, Frank Thring, Eileen Way, Edric Connor, Dandy Nichols, Per Buckhoj, Almut Berg.

Les Vikings - Édition Collector Blu-ray + DVD + LivreLe film d'aventure historique de référence: rythmé, spectaculaire, amusant (certaines coutumes vikings), violent (le film l'est quand même pas mal avec les différentes mutilations ou le traitement réservé à certains personnages - fosses avec chiens affamés ou femme sur la roue-), et contenant de beaux personnages. Kirk Douglas jubile dans son interprétation de Viking violent et fier de lui, mais qui plie devant un esclave et une femme qui se refuse à lui. Le personnage de Tony Curtis est plus monolithique et évolue peu au cours du scénario. Mais il est très à l'aise dans un personnage assez noir et dénué d'humour. Janet Leigh s'en sort bien dans le rôle du love interest que tout le monde s'arrache et qui est de facto la raison de toute cette histoire.Le méchant est génialement interprété par Frank Thring.
Le film se veut très documenté sur les coutumes des Vikings. Et le film contient de magnifiques décors d'extérieurs (les extérieurs ont été tournés dans des fjords de Norvège).
Bref un film d'aventure avec la distinction et la majesté requise, avec des effets normaux et des décors naturels, qui fait du bien à visionner. Le ratio 2.35 du Technirama fait merveille pour embrasser l'ensemble.

samedi 8 juillet 2017

L'Etrangleur de Boston (The Boston Strangler, 1968) de Richard Fleischer

Avec Tony Curtis, Henry Fonda, George Kennedy, Mike Kellin, Sally Kellerman, Hurd Hatfield, Murray Hamilton, Jeff Corey, Carolyn Conwell, William Marshall, George Voskovec, Leora Dana, Jeanne Cooper, Austin Willis, Lara Lindsay, George Furth, Richard X. Slattery, William Hickey.James Brolin, Eve Collyer, Carole Shelley.

L'Etrangleur de BostonL'étrangleur de Boston est intéressant à comparer avec les films enquête sur des tueurs en série qui ont été faits en grande quantité pendant les années 90 et 2000. Le film est structuré en plusieurs parties. La première partie nous montre les différents meurtres sans nous montrer le tueur. En utilisant la technique du split screen. Qui était nouvelle à l'époque de la réalisation du film. Pour la deuxième partie, le scénariste et le réalisateur choisissent de nous montrer le tueur; nous comprenons qu'il s'agit de Tony Curtis. Puis la troisième partie est sur le tueur, sa vie de famille, sa manière de rentrer chez les victimes, qui est presque par hasard attrapé dans un hôpital où il venait se faire soigner parce qu'il venait de tenter de faire une nouvelle tentative d'effraction d'un appartement (et se blesser). Les enquêteurs le croisent par inadvertance, mais l'intuition de Henry Fonda est que c'est peut-être lui (blessure de la main). À partir de là la dernière partie du film est dédiée à l'interrogatoire et la recherche d'aveux. On se rend compte de sa maladie mentale et de sa double personnalité. La qualité du film est de montrer le tueur, mais de ne pas être à sa place et donc de montrer ce qu'il ressent, de montrer ses visions et donc de montrer les effets de sa maladie mentale, de son point de vue. Mais le choix du réalisateur est de toujours montrer ce qu'il fait, son comportement.
Nous n'avons pas d'empathie pour lui, mais nous percevons un petit peu les mécanismes ou en tout cas nous voyons la façade de ses changements de personnalité. Tony Curtis est parfait dans ce rôle et constitue une interprétation de référence pour ce genre de personnage.
Techniquement, le film tient toujours la route. Son utilisation du split screen, c'est-à-dire de la fragmentation de l'écran pour montrer la même scène sous plusieurs angles, reste fonctionnelle, malgré les années et ne fait pas ridicule ni de date pas le film. Même si nous imaginons qu'un montage sérialisé pour montrer la même scène sous différents angles pourrait très bien fonctionner aussi.

mardi 9 mai 2017

Soleil Vert (Soylent Green, 1974) de Richard Fleischer

Soleil vertAvec Charlton Heston, Edward G. Robinson, Leigh Taylor-Young, Chuck Connors, Joseph Cotten, Brock Peters, Whit Bissell, Leonard Stone.

Il est intéressant de voir ou revoir ce film, surtout à l'époque des effets spéciaux tout numériques et des univers de science-fiction débridés avec de multiples vaisseaux spatiaux et des multitudes de créatures extraterrestres extravagantes.
La force du film et de peindre un univers futuriste, pas si éloigné de nous, où il y a surpopulation, où il y a eu des dérèglements climatiques, et où l'alimentation de la population est un enjeu (le clou du film est lorsque la solution trouvée est révélée à la fin du film). Univers dystopique, dirigé par des nantis qui asservissent le peuple en contrôlant la nourriture. Cette science-fiction est finalement très intéressante et le film malgré sont âge tient encore la route et garde un impact. Le film rend crédible son univers avec un ensemble de décors et son histoire (une enquête du policier Charlton Heston) qui peut paraître plausible.
Le traitement réservé aux femmes chez les nantis est aussi étonnant: ce sont des "fournitures" qui vont avec l'appartement. Le film ne le dit pas, mais vu la surpopulation la natalité est probablement contrôlée.
Bien dans l'esprit des films des années 70, la fin ici est très ouverte et peut vaguement être considérée comme positive, mais c'est le négatif qui l'emporte avec la découverte que fait Charlton Heston, et aussi dans le sens où rien ne dit que ce héros va s'en sortir, bien au contraire.

samedi 24 décembre 2016

Les Inconnus Dans La Ville (1955, Violent Saturday) de Richard Fleischer

Avec Victor Mature, Richard Egan, Stephen McNally, Virginia Leith, Tommy Noonan, Lee Marvin, Brad Dexter, J. Carrol Naish, Ernest Borgnine, Sylvia Sidney, Billy Chapin.

Le premier élément surprenant ce sont les pelles mécaniques que l'on voit au début du film et qui rappelle, le Soleil Vert (1972) du même Richard Fleischer.
Les Inconnus dans la ville - Édition CollectorEnsuite ce sont les magnifiques couleurs signées De Luxe et l'utilisation d'un format Cinémascope qui à l'époque était une nouveauté, mais qui ici ressemble à une forme artistique, presque irréelle avec ces couleurs. Ce format large permet de composer des plans qui peuvent rappeler des toiles d'un Edward Hopper. Avec à la fois l'utilisation des décors, de la largeur du plan, de la profondeur de champ et des mouvements d'avant en arrière.
Ensuite c'est une direction d'acteur qui permet de mettre en évidence toute la population de cette ville et tous les personnages que nous suivons de près. Ces personnages vont se rejoindre à un moment donné dans le film, mais nous ne le savons pas pendant un certain temps. Il y a un ingénieur des mines, il y a le directeur de la banque, il y a le patron de la mine, il y a sa femme, il y a les inconnus dans la ville (ceux du titre), qui, l'on comprend petit à petit, sont en train de préparer l'attaque de la banque. Il y a aussi une infirmière, et une bibliothécaire, qui contribuent aux éléments dramatiques.
La mise en scène utilise beaucoup la largeur du Cinémascope. Il y a beaucoup de plans d'ensemble,  de plans américains et au fur à mesure que l'intensité entre les personnes il cadre de plus en plus près jusqu'à quelques plans rapprochés; mais le film ne contient aucun gros plan. Le Cinémascope est utilisé aussi pour mettre en évidence les décors et pour avoir en permanence dans le champ visuel une ligne, un cadre, quelque chose qui tire un trait et qui attire l'oeil: une fenêtre, un escalier.
Nous sommes aussi étonnées de cette scène d'intimité en pyjama où Lee Marvin qui n'arrive pas à dormir viens voir le patron de la bande, le réveille, pour parler de son ex-femme; scène étonnante où l'on a l'impression que deux vieux copains qui parlent, ou en fait surtout un seul, Lee Marvin, avec l'autre qui écoute et qui se dit qu'il doit en passer par là (il est visiblement habitué).