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dimanche 23 novembre 2025

Partir Un Jour (1h38, 2025) de Amélie Bonin

Avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon, François Rollin, Tewfik Jallab, Dominique Blanc, Mhamed Arezki, Pierre-Antoine Billon, Amandine Dewasmes, Solal Lucas, Jean-Pierre Schlagg.

Une cheffe qui va ouvrir bientôt son restaurant gastronomique doit revenir chez ses parents, car le père a la santé qui vacille. Ce retour au source chez ses parents, qui tiennent eux un restaurant pour routiers, va perturber ses projections. Retour aux sources qui sera perturbé par différentes choses. Le film fonctionne grâce à ses multiples arcs dramatiques : sa relation avec son père, avec sa mère, avec son chéri, avec son copain d'enfance (Bastien Bouillon dans un rôle qui change de ses interprétations sombres). Tout en cherchant son plat-signature pour l'ouverture de son restaurant. Et tout en gérant la capacité diminuant de ses parents à gérer leur restaurant.

Cet ensemble fonctionne bien. Juliette Armanet porte le film de bout en bout, avec cette multitude de sujets à traiter pour son personnage, et une interprétation assez subtile. Les acteurs sont bons et il n'y a pas de temps morts pour le personnage principal.

Cerise sur le gâteau, les personnages chantent, il s'agit donc d'une comédie musicale : les personnages chantent sur des chansons connues, qui servent l'histoire, qui sont donc des dialogues chantés. Cela est très fluide et fonctionne très bien, ce mode d'expression paraissant naturel. Excellente idée, qui donne au film une patine poétique bienvenue. L'utilisation des retours en arrière et leur intégration dans les scènes actuelles est aussi élégante, fusionnée dans la séquence courante.

poster du film Partir un Jour 

 

 

 

samedi 11 janvier 2025

Le Comte De Monte-Christo (2h58, 2024) de Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte

Avec Pierre Niney , Bastien Bouillon, Anaïs Demoustier, Anamaria Vartolomei, Laurent Lafitte , Pierfrancesco Favino , Patrick Mille, Vassili Schneider , Julien De Saint Jean.

Nous sommes heureusement surpris de ne pas trouver des séquences d'actions : la tartine actions et poursuites n'a pas été ajouté au scénario. Et ce n'était effectivement pas nécessaire, car la qualité principale est l'histoire, l'histoire et ses circonvolutions de trahisons et vengeances multiples.  Et cette histoire n'est pas polluée par des séquences d'action pour en faire un film actuel. Les deux réalisateurs abusent par contre un peu des plans à base de drones ou de plan verticaux, ce qui par moment donne l'impression d'interlude avec de jolies images et casse la tension du film.

Le casting est riche dans son ensemble, mais nous ne sentons pas suffisamment la noirceur du personnage. Pierre Niney n'est pas particulièrement impressionnant, même s'il est juste. La noirceur du personnage ne transparaît pas sur le physique, malgré maquillages et prothèses qui essaient ; par contre sur ses actes, c'est bien le cas. Le reste de la distribution est de qualité.

Le montage manque de rythme, ce qui fait que les trois heures de durée paraissent à partir d'un certain moment longuettes et nous regardons notre montre. Nous remercions les auteurs de ne pas avoir rajouté des séquences d'action, de combat ou de poursuites, inutiles. La force est l'histoire et ses circonvolutions qui sont suffisantes pour l’intérêt du spectateur. Les trois heures du film passent bien au final, car la noirceur du personnage ressort finalement et suscite l'intérêt dans le dernier tiers, malgré cette baisse de rythme au milieu.

Bande-annonce Le Comte de Monte-Cristo

dimanche 23 avril 2023

La Nuit Du 12 (1h55, 2022) de Dominik Moll

Avec Bastien Bouillon, Bouli Lanners, Théo Cholbi, Johann Dionnet, Thibaut Evrard, Julien Frison, Anouk Grinberg, Paul Jeanson, Mouna Soualem, Pauline Serieys, Lula Cotton-Frapier. 

Le talent de Dominik Moll n'est plus à démontrer.  Seules Les Bêtes (2019) était un film impressionnant par sa structure dramatique et la richesse de son histoire. Ici avec La Nuit Du 12, la ligne dramatique du film est plus directe, traditionnelle. Avec un féminicide, l'enquête, les suspects, les flics et leurs problèmes. Le film est incarné par ses personnages, c'est-à-dire par ses acteurs qui donnent les formes requises, d’abord aux policiers avec Bastien Bouillon tout en puissance rentrée, Bouli Lanners plutôt en mode nominal (il fait le même personnage dans beaucoup de films), mais aussi et surtout les actrices de complément, toutes des personnages qui existent et amènent beaucoup d'émotions et ceci de manière naturelle. Cette manière naturelle donne une patine documentaire au film, que nous imaginons bien documenté.

La tonalité du film, toute en description objective de la réalité et mettant en valeur la nature humaine, est ce qui rend le film passionnant malgré son sujet, sombre, tout comme le photographie du film. En particulier cette photographie est sombre et granuleuse. Elle incarne le climat, la noirceur, le fait divers horrible, et l'histoire sombre, surtout dans la teneur de la fin et de la recherche éperdue du coupable très difficile à identifier. 

Le film policier est dramatique, tout comme cette histoire lorsque l'on apprend comment cette histoire se termine. D'ailleurs, une des gageures du film est de le relancer avec le personnage de la juge qu'interprète Anouk Grinberg. Personnage inexistant avant dans le film, mais qui le rend encore plus hypnotique.

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dimanche 26 avril 2020

Seules Les Bêtes (2019) de Dominik Moll

 Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz, Bastien Bouillon, Valeria Bruni Tedeschi, Jenny Bellay, Fred Ulysse, Roland Plantin.

Bande-annonce Seules Les Bêtes
Beau travail sur un scénario qui joue habilement des surprises, des pistes différentes, les mêmes scènes présentées sous un autre angle, avec de multiples mystères, et de multiples histoires, qui sont néanmoins accointées, ce que le spectateur comprend à intervalle régulier, ce qui l'aide à recoller les morceaux et à envisager des scènes déjà vues sous une autre dramaturgie.
Le film est une succession de différentes histoires, a priori sans lien, mais il y en a bien. Le film est une succession  de surprises et révélations, jusqu'à la dernière scène avant le générique de fin, qui contient aussi une surprise.
Le film arrive à être cohérent sans personnage principal ou acteur principal, avec des lieux géographiques très différents (par exemple, la Lozère avec sa ruralité, l'Afrique d'Abidjan avec les technologies numériques) et une multitude de décors et une histoire globale qui fait le lient entre tout, mais pas comme le spectateur peut s'y attendre ou y être habitué. C'est une de ses forces.
La distribution est une réussite et les quatre personnages principaux (Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz) sont parfaits.
Le tout étant ancré dans des éléments sociaux et sociétaux bien réels et d'actualité. Une belle réussite.