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dimanche 10 avril 2022

Les Racines Du Ciel (The Roots Of Heaven, 2h06, 1958) de John Huston

 Avec Errol Flynn, Juliette Gréco, Trevor Howard, Eddie Albert,  Orson Welles, Paul Lukas, Herbert Lom, Grégoire Aslan.

 Ces racines du ciel véhiculent un message écologiste, précurseur, avec la défense des animaux. C'est le sujet du roman dont le scénario est inspiré.

Sinon le film est un peu bizarre. Le personnage de Juliette Gréco est insipide et uniquement fonctionnel. Errol Flynn passe son temps à boire; à part cela, il ne sert à rien; pathétique de visionner une star en train de se suicider à l'alcool; même si sa seule scène où il a un peu de dialogue est forte et rend crédible son personnage: il explique sa trahison supposée et pourquoi il est un militaire banni.

Trevor Howard est bon, mais son personnage reste toujours un peu hermétique.Il ne suscite pas forcément l'empathie. Et faire jouer un personnage français par un anglais est toujours bizarre.

Nous restons sur notre faim, car l'arc dramatique, et finalement l'histoire ne contient pas de personnage principal, de héros au sens dramaturgique du terme. Et ce n'est pas un film choral. Mais il possède un ou des méchants en quelque sorte: les chasseurs, coloniaux français, les journalistes. Le personnage d'Orson Welles est sans intérêt, apparaît et est vite oublié: incongruité du film.

Le film dans son ensemble ne semble pas maitrisé. Mais le film l'emporte par contre pour ses décors et ses paysages, tournés pour partie en Afrique, et pour son sujet d'avant-garde en 1958.

Au total le spectateur sort du film en se disant qu'il y a des choses intéressantes, mais qu'il est possible de mieux faire. John Huston est dépendant de l'histoire et de son scénario, ici l'histoire possède un fort potentiel, le scénario n'est pas parfait, loin de là; et il n'est pas aidé par la distribution. Même si elle est cosmopolite, elle aurait pu produire un autre résultat. Voilà une histoire qui pourrait être refaite et qui serait très tendance.

Les Racines du Ciel [Blu-Ray]

dimanche 26 décembre 2021

La Rose Noire (The Black Rose, 2h, 1950) de Henry Hathaway

Avec Tyrone Power, Orson Welles, Cécile Aubry, Jack Hawkins, Michael Rennie, Finlay Currie, Herbert Lom, Mary Clare, Robert Blake, Alfonso Bedoya, Laurence Harvey.

La Rose Noire est Le film d'aventure selon Henry Hathaway. Tyrone Power interprète un Saxon qui refuse la domination des Normands. Il décide donc de quitter le Royaume-Uni pour aller à la recherche de la Chine. Jacques Hawkins est son acolyte qui le suit et qui leur permettra de susciter l'intérêt de Orson Welles dans le rôle de Chef d'armée de barbares pillards.

Le film d'ailleurs possède une singularité qui est l'absence de méchant. Orson Welles est présenté comme un des méchants du film, mais en fin de compte il s'avère admirer Tyron Power (qu'il appelle "l'érudit") et finalement ne leur causera pas beaucoup de difficultés. Michael Rennie, par ailleurs, qui interprète le roi Normand que déteste Tyrone Power, s'avère être intelligent, sensible et pas du tout le méchant sanguinaire que l'on pourrait s'attendre à trouver dans ce genre de film.

Une autre curiosité et la présence de Cécile Aubry dans le rôle de l'amoureuse de Tyron Power. Curiosité, car sa prestation est à la limite du supportable: nous ne comprenons pas ce que Tyrone Power lui trouve (elle parait niaise et sa voix à la limite du pénible). Une erreur de casting: un aléa du film de studio (20th Century Fox) où un producteur a du l'imposer. Son interprétation est catastrophique.

Tyrone Power s'avère un acteur solide, à l'interprétation riche et variée. Son personnage manque de vigueur et subit plutôt les événements. Ce qui n'en fait pas un héros traditionnel.

L'exotisme du film garde son charme, entre les scènes tournées au Maroc et l'utilisation de matte paintings (peintures sur cache).
Rose Noire (LA) [Blu-Ray]

samedi 19 juin 2021

Echec A Borgia (Prince Of Foxes, 1h47, 1949) de Henry King

Avec Tyrone Power, Orson Welles, Wanda Hendrix, Marina Berti, Everett Sloane, Katina Paxinou, Felix Aylmer.

Au début du XVIème siècle, les aventures d'un capitaine de Cesar Borgia qui est envoyé pour espionner un duché qu'il convoite (c'est l'époque des guerres entre duchés). Le capitaine est interprété par Tyrone Power, qui d’abord sert son prince, Orson Welles en Cesar Borgia, puis se retournera contre lui. Orson Welles se délecte de son personnage, charmeur, calculateur, perfide, cruel, machiavélique. Tyrone Power joue le personnage qui s'avère avoir une certaine moralité et sensibilité envers la faussement diaphane Wanda Hendrix (visage d'ange, mais volonté de fer). Ce qui contrariera Orson Welles qui en sera d'autant plus intraitable. Cela est d'ailleurs une des qualités du scénario et de l'interprétation de Tyrone Power: il est avec le méchant Orson Welles pendant la première moitié du film, alors que la duplicité de Cesar Borgia est vite établie, et le spectateur est un peu surpris de voir le gentil Tyrone Power avec le méchant. Mais il évoluera, comme tout bon personnage.

Le scénario est passionnant et le film, malgré son noir et blanc, est superbe, avec des décors naturels (le film a été tourné en Italie) ou des lieux réels pour des intérieurs fastueux ou impressionnants. Il faut reconnaître que nous nous sommes lancés dans le film un peu dubitatif, mais il ne lâche plus le spectateur jusqu'à la fin. Un classicisme certain qui reste passionnant.

Les normes d'habillement des hommes à cette époque, pour les nantis, étaient des shorts et des collants.Très particulier...

 Echec à Borgia [Blu-Ray]

samedi 27 juin 2020

Le Génie Du Mal (Compulsion, 1959) de Richard Fleischer

Avec Orson Welles, Diane Varsi, Dean Stockwell, Bradford Dillman, E.G. Marshall, Martin Milner, Richard Anderson, Robert F. Simon, Edward Binns, Robert Burton, Wilton Graff, Louise Lorimer.

Le Génie du Mal [Blu-Ray]Le génie du mal est le crime parfait que pensent avoir commis deux étudiants (Dean Stockwell est parfait en torturé qui aimerait être aimé, Draford Dillman en totale inadaptation sociale), fils de riches, par plaisir, par démonstration intellectuelle, pour démontrer que c'est possible. Ils font des études de philosophie et se considèrent comme supérieurs. Ils commettent leur meurtre (une enfant du quartier) mais un détail va les confondre. Ceci est pendant la première moitié du film. Ensuite le reste est leur procès, défendu par un avocat qui est contre la peine de mort (Orson Welles, qui a tendance à en faire beaucoup et sans subtilité) malgré le côté abject de leur crime et qui démontre qu'ils sont malades (dans leur tête).
Le film est passionnant. Le même sujet a été traité par Alfred Hitchcock dans son film La Corde (Rope, 1948). Le matériel de départ étant un roman.
La première partie est plus intéressante, pour sa présentation presque ontologique de la vie de ces jeunes hommes riches sans souci matériel, qui ont de gros problèmes psychologiques.
La deuxième partie est plus centrée sur l'avocat, Orson Welles, qui explique que leurs conditions sociales (fils de riches) ne doit pas influencer le verdict, qu'ils sont malades et doivent être emprisonnés à vie. Le film se déroulant au début du XXe siècle, il n'était pas encore question de les guérir.
D'ailleurs la manière dont les accusés suivent le procès, comme s'ils étudiaient la chose, est symptomatique de leur handicap social.
Le travail de Richard Fleischer est de fournir une limpidité à l'ensemble. Et cela fonctionne. L'interprétation d'Orson Welles n'est pas très fine. Mais son discours final fonctionne.


samedi 4 mai 2019

La Soif Du Mal (Touch of Evil, 1958) de Orson Welles

Avec Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles, Akim Tamiroff, Marlene Dietrich, Joseph Calleia, Ray Collins, Dennis Weaver, Mercedes McCambridge, Joanna Moore, Valentin Vargas, Mort Mills, Victor Millan, Michael Sargent, Joseph cotten, Zsa-Zsa Gabor, Keenan Wynn, Valentin de Vargas.

Nous retrouvons dans ce film tout le savoir-faire et les tics d'Orson Welles. Ses tics de direction d'acteur. Ses tics de mise en scène. Bref tout le bréviaire de son art est ici exprimé.
La Soif du malDéjà dans une des premières qualités du film il y a sa photographie en noir et blanc. Qui stylise et amplifie les décors, les costumes, les expressions des visages. Avec ici beaucoup de noirs et de blancs, et peu de gris. Nous savons qu'Orson Welles détestait la couleur. Mais ici le film serait sûrement insupportable en couleur. La direction d'acteurs à la serpe avec des acteurs grimaçants en permanence et cadrés et photographiés de manière accentuer leurs grimaces, sous forme de contre-plongée, de très gros plans et de jeux de lumière qui creusent les visages. Nous trouvons ici aussi un sens certain de la distribution avec des acteurs de son cru tous impressionnants. Il est d'ailleurs à noter que Charlton Heston est ici très bien dans un rôle (son meilleur?) improbable de policier mexicain droit, qui doit affronter le policier pourri et atroce interprété par Orson Welles avec une délectation certaine.
Ensuite la mise en scène est encore et toujours impressionnante avec ses cadrages obliques, ses contre-plongées, ses mouvements de grue et son plan séquence introductif, cette exploitation permanente de la profondeur de champ et de la composition du cadre, bref un vrai catalogue pour apprenti metteur en scène. Ceci étant dit, nous restons toujours à la périphérie du film et n’éprouvons aucune empathie pour aucun des personnages si ce n'est peut-être pour ce pauvre Charlton Heston qui essaie de rester dans le rationnel et la droiture, voire pour Janet Leigh qui est le seul personnage innocent de cette histoire.


mardi 5 février 2019

Citizen Cane (1941) de Orson Welles

Avec Orson Welles, Joseph Cotten, Dorothy Comingore, Agnès Moorehead, Ruth Warrick, Everett Sloane, William Alland, Alan Ladd, Ray Collins, Herman J. Mankiewicz, George Coulouris, Paul Stewart, Harry Shannon, Fortunio Bonanova, Erskine Sanford, Gus Schilling, Georgia Backus, Buddy Swan.

Un problème: aucun personnage ne suscite l'empathie. Charles Foster Kane n'est pas un personnage intéressant et se révèle arrogant, imbécile et antipathique. Les autres personnages ne sont pas plus intéressants.
La direction d'acteur n'est pas très finaude, voire très grossière. Orson Welles lui-même surjoue beaucoup. L'ensemble des autres personnages est aussi à la peine (l'ensemble de la distribution interprète de manière extrêmement pataude, voire pachydermique).
Citizen KaneLes plans sont extrêmement composés. Que ce soit l'utilisation de la profondeur de champ. Que ce soient les angles : caméra au ras du sol pour des contre-plongées, caméra en plongée, angles obliques. Mais aussi l'utilisation du noir, des ombres, ou des puits de lumière est phénoménale.
Beaucoup de plans sont composés avec un objet en amorce, puis plusieurs niveaux de plans, jusqu'à la profondeur au fin fond du décor, chacun des niveaux avec beaucoup de netteté. Bref tout est très composé. Y compris pour l'utilisation de plan-séquence.
Orson Welles  n'hésite pas à filmer des personnages que l'on de voit pas: ils sont dans le noir. Voire à laisser se superposer des dialogues.
Si l'on considère le cinéma comme à l'art de la mise en scène et de la composition alors ce film et effectivement un bréviaire de mise en scène. Tous les plans et séquences sont extrêmement composés et les cadrages et extrêmement étudié. La composition des plans sur toutes les échelles depuis le très gros plan jusqu'à l'arrière-plan, l'utilisation de sources de lumière diverses et variées et des Noirs profonds,  en  font une espèce de catalogue pour apprenti metteur en scène. Mise en scène d'ailleurs plutôt baroque et théâtrale travaillant d'ailleurs sur la profondeur de champ comme sur une scène de théâtre.
Hormis cette dimension de mise en scène puissante, il est plutôt dur de s'intéresser au film temps les personnages ne suscitent aucune empathie. Le principal personnage, Charles Forster Kane, est plutôt antipathique, arrogant (le nombre d'erreurs qu'il commet) et de plus il n'évolue pas au cours du récit.