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mercredi 11 février 2026

Frankenstein (2025) de Guillermo Del Toro

Avec Oscar Isaac, Jacob Elordi, Christoph Waltz, Mia Goth, Felix Kammerer,  Charles Dance, David Bradley, Lars Mikkelsen, Christian Convery, Nikolaj Lie Kaas, Kyle Gatehouse

Beau travail de décoration, costumes, maquillages, lumières. Mais au delà de la qualité de l'emballage, le film est long et le dernier tiers peu intéressant et répétitif. L'histoire du docteur Frankanstein nous intéresse peu il faut reconnaitre. Et la créature est plus intéressante : un super-humain. Mais il n'existe qu'à travers du personnage d'Oscar Isaac. Mais comme nous ne nous intéressons pas à ce qu'il lui arrive, le film ennui. Savoir comment le professeur est arrivé à cela, à créer cette créature, n'est en soi pas intéressant. Le film est une imbrication de retours en arrière, typique des fictions Netflix, ce qui indique qu'ils ont bien adapté le roman de Mary Shelley (qui est un flashback). Nous aurions plus apprécié une structure dramatique qui raconte ce que devient la créature à partir de son existence, sans coller au Docteur Frankenstein. Cela sera probablement le sujet de la suite.

C'est un peu un film sans âme. Malgré un travail superbe sur tout ce qui se voit, malgré le talent des acteurs, malgré le talent de Guillermo Del Toro, le film est long. 

La créature est un superhéros, immortel. Nous ignorons si cela est dans le roman initial, néanmoins cela sent un peu trop le superhéros, maladie de beaucoup de fictions de ces quinze dernières années. 

poster du film Bande-annonce Frankenstein 

jeudi 20 février 2025

Poltergeist (1h54, 1982) de Tobe Hooper

Avec Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Beatrice Straight, Dominique Dunne, Oliver Robins, Heather O'Rourke, Michael McManus, Virginia Kiser, Martin Casella, Zelda Rubinstein.

Le film séminal des maisons hantées au cinéma de ces quarante-cinq dernières années. Une famille, avec enfants bien sûr (sinon ce ne serait pas intéressant), vit dans une maison où des évènements bizarres apparaissent. Le scénario commence comme une gentille comédie familiale, très bien écrite, puis des éléments de fantastiques apparaissent, puis le film bascule avec des éléments d'horreur.

La distribution est de niveau élevé. Avec la petite fille, Heather O'Rourke, qui fait peur au naturel (bon choix d'actrice : elle parait bizarre naturellement). Avec JoBeth Williams et Craig T. Nelson tout en dynamiques et dans une très belle prestation pour chacun d'eux : de la dynamique de couple, de l'humour, à la surprise, puis la résignation.

Une des forces est l'utilisation de la télévision à écran cathodique et de son écran de points gris et blancs qui ont toujours eu un impact sur les enfants : le bruit que faisait le poste et la tentative d'essayer de comprendre ce que pouvait signifier ce grouillement de points, et la possibilité aléatoire d'apparition de choses "lisibles" ou signifiantes.

Cette distribution de qualité, cette utilisation des décors, la cellule familiale confrontée à l'horreur, sont des composantes de l’œuvre de Tobe Hooper. Tout en se disant que le producteur Steven Spielberg, aussi coscénariste, est lui aussi souvent préoccupé par la cellule familiale, peut-être moins par l'horreur, mais sûrement par des éléments crus, voire gore. Et bien sûr, Zelda Rubinstein, qui emmène avec elle des éléments d'irréalité et fantastique, de par son physique particulier et sa voix elle aussi très particulière.

La musique de Jerry Goldsmith complète le tableau : joyeuse et puissante sur la première partie du film. Puis adaptées à la tension avec cette montée progressive dans le fantastique et l'horreur. 

Poltergeist [Blu-ray] [Import anglais]

samedi 30 novembre 2024

Lifeforce (1h41, 1985) de Tobe Hooper

Avec Steve Railsback, Peter Firth, Frank Finlay, Mathilda May, Patrick Stewart, Michael Gothard, Nicholas Ball, Aubrey Morris, Nancy Paul, John Hallam, John Keegan.

Avec Lifeforce le réalisateur Tobe Hooper compose une histoire de vampires de l'espace où se mêlent science-fiction, film d'horreur et films de zombies. Nous y retrouvons les qualités des œuvres de Tobe Hooper : un sens des décors, multiples ici eu égard au budget dont à bénéficié pour le film ; une bonne direction d'acteur pour une interprétation à la serpe, peu subtile, qui fonctionne, servie ici pas de bons acteurs, les personnages donnant l'impression en permanence que la destinée du monde est en jeu, parfois à la limite du ridicule. Et le film a le mérite d'introduire le plus bel effet spécial qu'il puisse être, Mathilda May dans sa première apparition à l'écran, inutilement nu pendant une bonne partie de ses apparitions, mais nécessaire à l'hystérésis du film. Comme ces vampires de l'espace qui viennent aspirer la force de vie des hommes (celle du titre donc), ils ont besoin d'un hameçon adapté.
Le scénario aménageant de multiples personnages secondaires autour de Steve Railsback et Peter Firth qui donnent une chair certaine à cet ensemble. Avec des apparitions de Frank Finlay et Patrick Stewart.
Rajoutons que la musique, signée Henry Mancini, est extrêmement lyrique. Et le mélange de maquillage, matte painting, maquettes, et effets visuels de John Dyrkstra, donnent une patine unique au film.
Le film est aussi un jalon historique pour la Cannon Group qui le finance, société indépendante qui travaillait en dehors des grands studio : le film est un exemple de superproduction indépendante comme les années quatre vingt en ont produit.

Lifeforce, l'Etoile du Mal

samedi 2 novembre 2024

Spontaneous Combustion (1h37, 1989) de Tobe Hooper

Avec Brad Dourif, Cynthia Bain, Jon Cypher, William Prince, Melinda Dillon, Dey Young, Tegan West, Michael Keys Hall, Dale Dye, Dick Butkus.

Le style de Tobe Hooper est pleinement à l'oeuvre ici. Une direction d'acteur à la serpe avec des personnages attachants. Avec un sens de la distribution, riche de multiples personnages secondaires. Avec en tête ici, une interprétation fiévreuse, dont Brad Dourif a le secret.
Il est à noter aussi que le sujet est très ambitieux du côté des effets spéciaux : le personnage de Brad Dourif prend feu lorsqu'il s'énerve. Cela est traité avec des superpositions, du maquillage et des prothèses, ce qui donne une patine particulière, mais cela fonctionne grâce à l'interprétation de Brad Dourif.
La photographie granuleuse donne un style particulière au film. Le film prend une bonne partie de son temps à installer le sujet, à l'expliquer, avec un prologue dans les années cinquante et les essais nucléaires, ce qui rend plausible (à défaut d'être crédible) cette histoire dramatique, qui va inexorablement vers de plus en plus de drames. Le scénario, signé Tobe Hooper, contient une multitude de personnages secondaires, qui donnent de la chair à l'histoire malgré le côté brut de l'ensemble.
Combustion spontanée / Spontaneous Combustion (1990) [ Origine Espagnole, Sans Langue Francaise ] (Blu-Ray)

mercredi 4 septembre 2024

Alien : Romulus (1h59, 2024) de Fede Alvarez

Avec Cailee Spaeny, David Jonsson, Archie Renaux, Isabela Merced, Spike Fearn, Aileen Wu, Rosie Ede.

Plusieurs bonnes surprises à mettre au compte du film. La première est une ouverture vers le space opera. Ce septième de franchise contient plus d'ouvertures vers l'espace que d'habitude, à la fois parceque'il se déroule dans un vaisseau spatial et pas sur une planète (hormis le prologue) et parce que le sentiment du vide et de l'environnement spatial (la planète à proximité, ses anneaux) sont très prégnants.

Autre bonne surprise, le film prend son temps pour installer les personnages, qui ont peu de charisme il est vrai, mais les choses sérieuses commencent au bout de trente minutes. Ensuite, et cela est aussi une des bonnes surprises, c'est un vrai film d'horreur, qui va crescendo jusqu'à la fin, même si le film ne contient pas beaucoup de suspense. Mais il enfile les séquences-chocs, prévisibles pour ceux qui connaissent la franchise, ou inédites : la séquence de la température des corps, ou l'utilisation de la gravité, deux bonnes idées qui donnent son utilité au film.

Car le film est extrêmement fidèle à la franchise, en conviant des éléments de tous les épisodes précédents. Ils s'agit donc, à la fois d'un florilège de choses que nous pouvons visionner dans les six films précédents, mais aussi d'une histoire d'horreur dans un environnement confiné où les humains seront décimés un à un, en respectant les préceptes de tout bon film d'horreur (ce qui le rend en général invraisemblable, mais ce n'est pas gênant, car tout est invraisemblable ici).

Le travail sur les décors est impressionnant. Certaines séquences d'actions manquent peut-être d'un peu de lisibilité. La technique n'est pas criarde et bien mélangée : que ce soit les décors, le CGI porn, les maquillages et poupées, sculptures et autres animatroniques.

La distribution est le point le plus faible du film : acteurs et actrices sans saveur, lisse, ne suscitant aucune empathie ou haine ; nous nous moquons de ce qui leur arrive, et attendons patiemment qu'ils ou elles se fassent massacrer par les vilaines bébêtes. Et ceci dans un emballage (décors) sublime.

Bande-annonce Alien: Romulus

mercredi 20 décembre 2023

Mad Heidi (1h32, 2022) de Johannes Hartmann et Sandro Klopstein

Avec  Alice Lucy, Max Rüdlinger, Casper Van Dien, David Schofield, Kel Matsena, Almar G. Sato, Pascal Ulli, Kaspar Weiss, Katja Kolm,  Rebecca Dyson-Smith.

Mad Heidi, le film, est un peu dingue. Appréhender un tel film est délicat. Tout est dans l'exagération. Mais les acteurs ne ménagent pas leur peine, pour servir une histoire délirante qui mélange hagiographie fromagère, dictature anti intolérance au lactose, dictature politique, zombies et gore, et éléments sexuels (d'une vulgarité franche).

Revoir Casper Van Dien, dans le rôle d'un dictateur de la Suisse est une bonne idée, et il a l'air de bien s'amuser.

Le rythme est malheureusement un peu mou. Le film est rempli d'idées, mais l'enchaînement est un peu poussif, voire appuyé. Dix minutes de moins, en coupant quelques secondes pour toutes les scènes, auraient bénéficié au film. Le film n'a pas bénéficié par contre de moyens importants, en particulier de tartine de CGI porn, ce qui fait que si l'on regarde dans le coin des images nous percevons cette absence de moyens : derrière la foule nous voyons très vite qu'il y a peu de monde par exemple. Mais c'est aussi ce qui donne son charme à cet exercice.

La déception vient aussi de l'affiche : Heidi devient folle et vengeresse à la fin du film. Nous imaginons qu'il y aura une suite. Mais le film aligne néanmoins depuis le début son lot de délires et ceci de manière continue. Il est clair qu'il y a une croyance de Johannes Hartmann et Sandro Klopstein dans une forme de spectacle où exagérations croisent clins d’œil historiques et films de genre.

Mad Heidi


samedi 28 octobre 2023

L'Exorciste - Dévotion (The Exorcist: Believer, 1h51, 2023) de David Gordon Green

Avec Leslie Odom Jr., Tracey Graves, Lidya Jewett, Danny McCarthy, Ann Dowd, Norbert Leo Butz, Olivia O'Neill, Norah Murphy, Jennifer Nettles, Lariah Alexandria, Patrick Roper, Ellen Burstyn, E.J. Bonilla, Linda Blair.

Dans les franchises de films d'horreur, pourquoi ne pas relancer cette franchise là, qui mélange fantômes et barbaques, médecine allopathique et superstitions, croyants et non croyants. Ce film se veut une suite au film de William Friedkin (The Exorcist, 1973). Ce sixième de franchise (après le premier, deux suites, et deux prequel dans les années 2000) permet de relancer la franchise, et d'ailleurs ouvre de multiples possibilités pour une nouvelle trilogie...

Le canevas est standard : exposition, un évènement, un ou des enfants possédés, si possible des filles, analyses médicales, problèmes psychiatriques, puis l'on va chercher les croyances et superstitions, puis la ou les cérémonies pour déposséder. Sur ce dernier point le film de David Gordon Green renouvelle la franchise : il convie vaudou, catholiques, protestants, diacres (ou assimilés) et non croyants. Bref, de multiples possibilités s'ouvrent à cette nouvelle trilogies.

Le film est prenant par son climat, sa tension que nous anticipons en tant que spectateur, avec des scènes qui font sursauter régulièrement, puis un peu de gore (très léger), puis les possessions et les cérémonies avec un beau travail sur les maquillages des possédées.

Le film possède un coté "à l'ancienne" qui fait plaisir, et ne semble pas reposer sur le tout numériques. Les crédits techniques sont au summum et soutiennent la tension.

Bande-annonce L'Exorciste - Dévotion

samedi 13 mai 2023

Frère de Sang (Basket Case, 1h31, 1982) de Frank Henenlotter

Avec Kevin Van Hentenryck, Terri Susan Smith, Beverly Bonner, Robert Vogel, Diana Browne, Lloyd Pace, Bill Freeman, Joe Clarke, Ruth Neuman, Richard Pierce, Sean McCabe.

Basket Case nous replonge dans les films d'horreur indépendants des années 1980. Ici Frank Henenlotter nous compte la vengeance de jumeaux dans un New York sale, décors réels, qui en fait aussi un documentaire. L’hôtel où nos jumeaux résident est sordide. Le film contient aussi de l'humour (le meilleur gag est le dealer qui liste la vingtaine de drogues qu'il peut vendre à notre héros, qui n'est pas intéressé et qui ne comprend pas qu'il ne puisse pas être intéressé).

Basket Case est à la fois un documentaire sur certains quartiers de New York, une comédie et un film d'horreur. La direction d'acteur n'est pas subtile, mais elle correspond bien à l'environnement peu subtil, grossier, aux personnages qui ne sont pas dans la subtilité et toujours lourds. Le côté artisanal du monstre (animation image par image, poupée inanimée) ne gêne pas et l'arc dramatique est crédible. Même si le scénario n'est pas d'une originalité avec son histoire de vengeance qui arrive du passé.

Au total, Frank Henenlotter construit une oeuvre constituée de collages dans une histoire déjà racontée, mais ici qui prend son originalité dans la valeur, la proposition combinée résultante des costumes, décors, maquillages et techniques (image par image, maquillage, poupée) utilisés.

 Basket Case (Frère de Sang) [Blu-Ray]

mardi 2 mai 2023

Halloween Kills (1h45, 2021) de David Gordon Green

Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Will Patton.

Le deuxième film de la nouvelle franchise Halloween possède les défauts de ses qualités ou la qualité de ses défauts.

Dans le défaut c'est l'immortalité du personnage de Michael Myers qui annihile toute séquence de suspense pour en faire des séquences de surprises ; le spectateur sait qu'il ne mourra jamais et il faut reconnaître que c'est embêtant, le film en devient lassant. L'intérêt se transfère ensuite sur les meurtres que nous espérons sanguinolents et violents.
Ensuite le film nous explique qu'il est le mal incarné, ce qui suppose des croyances, ce qui rationnellement est complètement débile, et nuit fortement à l'intérêt du film.
Le seul intérêt du film est son enchaînement de séquences de meurtres très bien mises en scène et très bien emballées, mais avec assez peu de suspense ou alors un suspense du niveau de celui d'un Destination Finale qui lui au moins va être droit au but et n'essaie pas de donner des explications en parlant du bien et du mal et ce genre de croyances.
La musique garde une certaine qualité et bien sûr possède un rôle important dans la tension que génèrent les images.
C'est un film d'horreur qui ne fait pas peur, car il y a assez peu de surprises dans ce film.
Halloween Kills [Version Longue]

jeudi 20 avril 2023

American Nightmare 5 : Sans Limites (The Forever Purge, 1h43, 2021) de Everardo Gout

Avec Ana de la Reguera, Tenoch Huerta, Josh Lucas, Leven Rambin, Cassidy Freeman, Alejandro Edda, Will Patton, Will Brittain, Sammi Rotibi, Zahn McClarnon.

Ce cinquième de franchise permet de la renouveler. Nous sortons de la ville pour un déroulement au Texas au pays des cowboys et des émigrés mexicains. La dimension politique joue sur les armes, les Mexicains émigrés et frontaliers, le racisme ou les riches versus les pauvres.

Le fait que certains des assaillants soient connus est aussi une nouveauté dans la franchise. Que ce soit le cowboy, ou la bande de motards rencontrés dans la nuit, qui souhaitent se venger et poursuivent nos personnages principaux jusque dans les collines du désert. Dans les précédents films, le fait que les assaillants soient anonymes était une force pour la tension.

La participation des Indiens natifs est une bonne idée, mais insuffisamment exploitée, trop esquissée et restant finalement à la marge.

Le film fait trop téléfilm sur la forme, peut-être à cause des cadrages des acteurs, mais cela vient peut être de la lumière naturelle, le film est principalement diurne, à l'envers de la noirceur du sujet et de certains personnages.

Mais la tension est bien gérée et exploitée, ce qui fait que cette franchise est dans son ensemble de très bonne qualité, sur un postulat qui fait réfléchir et est terrifiant en lui même.

American Nightmare 5 : sans limites

dimanche 22 janvier 2023

La Nuée (1h41, 2020) de Just Philippot

Avec Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne, Raphael Romand, Stéphan Castang, Victor Bonnel, Christian Bouillette, Renan Prévot, Vincent Deniard.

Just Philippot réussit un film au climat à la limite du fantastique avec une thématique du film qui est proche de la science-fiction. Suliane Brahim élève des sauterelles, pour gagner sa vie (utilisées pour des farines protéinées, qui vont nourrir des animaux), et pour élever ses enfants. Cela devient une obsession maladive et elle va tout faire pour que cela fonctionne, jusqu'à donner de sa personne. Le film bénéficie d'un climat, largement porté par la bande-son, avec en permanence le bruit des nuées de sauterelles de l'élevage, qui bien sûr contribue au climat oppressant permanent. Ces bruits permanents évoquent aussi au spectateur un climat de fin du monde par atavisme, car vu mainte fois dans d'autres films, et craint, car la ligne dramatique est imprévisible et de petites bifurcations (le voisin, la chèvre, l'ami vigneron) font que régulièrement des sous-intrigues donnent une impression d'un relâchement de la pression. Mais le personnage de Suliane Brahim est têtu, obsédé, et recadre le drame sur elle et ses sauterelles et fonce avec obstination dans l'élevage de ses sauterelles.

Le film commence de manière naturaliste, agricole, puis bascule petit à petit dans la folie et l'horreur. Suliane Brahilm semblant ne plus donner prise à des éléments de réalité. La présence de ses enfants, de ses animaux sont bien exploités et permettent de renforcer le climat. Une très belle réussite donc.

 COMBO NUEE (LA) - CO

samedi 21 janvier 2023

Ek Villain : Le Retour (Ek Villain Returns, 2h09, 2022) de Mohit Suri

Avec John Abraham, Disha Patani, Arjun Kapoor, Tara Sutaria, J.D. Chakravarthi, Shaad Randhawa, Digvijay Rohidas, Bharat Dabholkar, Elena Roxana, Maria Fernandes, Riteish Deshmukh, Shivani Tuli, Neha Shitole.

Ce produit Bollywood réunit de beaux spécimens: Disha Patani et Tara Sutaria pour les filles. Et John Abraham et Arjun Kapoor pour les bovins, c'est-à-dire les tas de muscles et de mâchoires serrées. Les deux acteurs mâles sont doués pour être inexpressifs, ou exprimer l'amour béat, selon les scènes. Les deux actrices possèdent des rôles clés dans l'intrigue, tout en étant dénuées de subtilités elles aussi, mais leurs plastiques délicieuses passent très bien à la caméra.

Pour une intrigue extrêmement complexe (pour ne pas dire compliquée) qui mêle des moments de comédie romantique, d'horreur dans l'esprit slasher (ici au marteau avec un montage au rouleau compresseur), de l'action (beaucoup de combats à mains nues, de la poursuite aussi) et du suspense, car il y est question d'un tueur en série, ou de plusieurs, de deux histoires d'amour, avec en arrière-plan la police ou les familles de nos garçons et tas de muscles. C'est une espèce de macédoine qui enchaîne les petites séquences de tonalité très différentes. Qui provoque une confusion certaine dans un premier temps, puis les choses commencent à se clarifier dans le dernier tiers. Mais cette confusion est parfaite pour maintenir l'intérêt.

Le film est dénué de subtilité et de légèreté tout en étant des histoires d'amour, l'ensemble était traité au rouleau compresseur.

Les passages musicaux (des chansons d'amour ridicules, alors que peu de temps avant nous avons le tueur qui frappe ses victimes au marteau) ne sont même pas chorégraphiés (le film a-t-il manqué de moyen, ou la tension du sujet a-t-elle était jugée peu compatible avec des chorégraphies).

Ek Villain : Le retour

White Noise (2h16, 2022) de Noah Baumbach

Avec Adam Driver, Greta Gerwig, Don Cheadle, Raffey Cassidy, Sam Nivola, 

Il s'agit d'un film ambitieux, voire prétentieux, riche de thématiques injectées dans des mécaniques de comédie, de drame, de film d'horreur ou de suspenses (pour ces deux derniers toutes les séquences consécutives à l'accident chimique, ainsi que les séquences très bizarres dans l’hôpital à la fin). Le film est donc riche de climats. Noah Baumbach confirme son  talent pour écrire des films denses aux thèmes  et facettes multiples. Même si le film, à travers son générique de fin, résume le message qu'il cherche à faire passer: la peur de la mort et la consommation pour l'oublier. Tout cela pour ça aimerions nous dire. Mais le film, n'annonçant jamais la couleur et restant imprévisible en permanence, contient donc une forte hystérésis.

Les thématiques et éléments de subtilités, de richesses, qui innervent le film sont multiple et variés : la vie de famille recomposée, le stress de l'incident chimique (qui fait basculer le film dans une option un peu fantastique et film d'horreur), la relation d'Adam Driver avec sa femme, le marchand de pilules, l'épisode de l’hôpital à la fin avec les infirmières, puis le générique de fin déjà évoqué qui confirme le message principal du film. Car c'est un film à message, c'est à dire politique. Qu'il est possible de trouver tortueux pour arriver à son message. Mais c'est grâce à tout ce qui vient de précéder que le générique de fin prend son sens, en tout cas c'est ce que pense Noah Baumbach.

Adam Driver est en suspension, à la fois sur sa manière de gérer sa famille, son comportement lors de l'accident chimique, sa quête du médicament que prend sa femme. Greta Gerwig (très mal coiffée) possède son MacGuffin qui une fois connue permettra d'entrer l'intrigue dans les séquences de conclusion.

En ressort un sentiment mitigé. Nous percevons l'ambition, avec une combinaison habile de comédie, de drame et de suspense, d'abord primaire puis psychologique. Mais un sentiment de décousu domine. Mais l'exercice est ambitieux.

Bande-annonce White Noise

dimanche 4 décembre 2022

Peninsula (1h56, 2020) de Sang-ho Yeon

Avec Dong-won Gang, Lee Jung-hyun, Re Lee, Hae-hyo Kwon, Kim Min-jae, Koo Kyo-hwan, Do-yoon Kim, Ye-Won Lee.

Le film peu s'apprécier sans avoir vu le Dernier Train Pour Busan (2016) du même Sang-ho Yeon, dont celui-ci est la suite chronologique. Les personnages, sans parler de richesse, sont moins caricaturaux, tout en l'étant toujours un peu. La direction d'acteur les fait passer pour acceptables. Le film n'est pas là. Il est dans ses décors de ville abandonnée où il ne faut pas rencontrer de morts-vivants. Ceux-ci étant attirés par la lumière et étant donc moins actifs  la nuit. Le scénario en joue bien sûr. Pour des courses pousuites spectaculaires appuyées par un CGI porn qui n'est pas dans le réalisme. Nous sommes dans l'univers du jeu vidéo, avec des étapes et plateaux à franchir, avec un rendu par moment de dessin-animé. Mais c'est en permanence spectaculaire.

Le film est intéressant sur l'absence de personanges principaux. Il commence avec Dong-won Gang,  puis bascule petit à petit vers Lee Jung-hyun qui devient le personnage principal. Une mention particulière, qui donne un intérêt au film, est l'utilisation des enfants, qui contribuent avec leurs outils à l'extermination des morts-vivants.

Le film contient deux ou trois scène larmoyantes inutiles et ridicules qui alourdissent le film. Le réalisateur n'assume pas son scénario de série B et essaie régulièrement d'ajouter des éléments psychologiques qui ralentissent l'histoire.

Peninsula [Blu-Ray]

dimanche 6 novembre 2022

La Nuit des Fous Vivants (The Crazies, 1h43, 1973) de George A. Romero

Avec Lane Carroll, Will MacMillan, Harold Wayne Jones, Lloyd Hollar, Lynn Lowry, Richard Liberty, Richard France, Harry Spillman, Will Disney, Edith Bell, Bill Thunhurst, Leland Starnes, A.C. McDonald.

Belle réussite que ce film de George A. Romero. Film qui reprend le canevas de l'épidémie qui se propage de manière non contrôlée, et qui rend les gens fous, d'où le titre. Ce ne sont pas des morts-vivants, mais des gens qui ne maîtrisent plus leurs pulsions.

Le talent de George A. Romero est de rendre tout cela crédible, avec sa direction d'acteur à la serpe qui fonctionne parfaitement. Avec les subtilités dans les échanges entre les personnes en couples. Dans son cinéma d'horreur, les couples, leurs relations dans le cadre de l'arc dramatique principal, sont traités souvent traité avec justesse et subtilité alors que l'histoire n'en contient aucune.

Le reste est par contre traité avec le style du réalisateur qui ne fait pas dans la dentelle et est exempt de subtilité psychologique ou de délicatesse. Les États-Unis d'Amérique du réalisateur sont sans finesse et grossier. Le film contient son lot de séquences spectaculaires, violentes, horribles, mais le tout est enveloppé dans des séquences d'actions et de poursuites.

Bien sûr, le gouvernement à l’origine du virus (indiqué dès le début du film) se révèle vite comme ne pouvant pas apporter beaucoup d'aide, si ce n'est tout détruire avec une bombe atomique. Schéma vu, revu et pillé dans de multiples films.

Los Crazies BD 1973 The Crazies (Codename Trixie)

dimanche 1 mai 2022

Planète Terreur (Planet Terror, 1h45, 2007) de Robert Rodriguez

Avec Rose McGowan, Freddy Rodríguez, Josh Brolin, Marley Shelton, Jeff Fahey, Michael Biehn, Bruce Willis, Naveen Andrews, Tom Savini.

Le film est un florilège: festival de gore avec liquides suintants,  festival d'effets spéciaux de maquillages, festival d'hommage aux films B et Z: avec histoire débile, direction d'acteur à la serpe, montage, cadrage, dialogues ridicules et déclamés par les personnages comme s'ils étaient Dieu, photographie sombre (ce qui permet des décors pas chers), pellicules rayées, musique synthétique. Mais le tout fonctionne et est par moment jubilatoire. Car  le scénario mélange habilement une multitude de personnages qui apportent leur petite crédibilité à l'édifice. La palme de la débilité va aux personnages masculins. Par contre, Rose McGowan et Marley Shelton étant les personnages les plus intéressants, c'est à dire les moins méta. Rose McGowan apporte à son personnage une espèce de mélancolie et de fatigue. Marley Shelton apporte elle un volontarisme et une vigueur que ne possèdent pas les autres.

Le scénario est très méta justement, très écrit, très intellectualisé, pour donner un film sans complexe, porté par de bons acteurs et actrices, qui surjouent comme leur demande Robert Rodriguez. Le film est un festival de maquillages et de gore, grâce à Howard Berger et Greg Nicotero qui sont les vraies vedettes du film.

Planète terreur

jeudi 24 mars 2022

Massacre A La Tronçonneuse (Texas Chainsaw Massacre, 1h23, 2022) de David Blue Garcia

 Avec Sarah Yarkin, Elsie Fisher, Mark Burnham, Jacob Latimore, Moe Dunford, Olwen Fouéré, Jessica Allain, Nell Hudson, Alice Krige, William Hope, Jolyon Coy, Sam Douglas.

Bel ouvrage que ce nouveau chapitre dans la franchise "massacre à la tronçonneuse". En l’occurrence celui-ci se veut une suite directe du film de Tobe Hooper. Leatherface a maintenant plusieurs décennies de plus. C'est-à-dire qu'il à moins d'énergie, qu'il fatigue plus vite, mais il récupère sa tronçonneuse pour faire savoir à des connectés à Youtube, peut être influenceurs ou influenceuses , qu'il n'est pas content, car sa maman d'adoption est morte. Il en suivra un massacre, avec surtout le point de vue de deux sœurs que nous suivons jusqu'au bout.

Le décor est une ville fantôme, mais elle a encore quelques habitants bien réels. Le film ménage bien son suspense et joue avec le spectateur. Puis il y a des explosions de violence, avec beaucoup de sang, pour embêter ces gens qui veulent s'installer dans la ville fantôme. Le film convie des personnages du film de Tobe Hooper, et fait le lien explicite avec celui-ci. Le film injecte des éléments de gore bien sûr, dans un ensemble qui tient la route et ne ment pas sur son titre.

Le passage à la ville, et non plus la campagne et une maison isolée amène une fraicheur certaine à la franchise et permet un renouveau. Tout en restant dans les chromos de la franchise.

Bande-annonce Massacre à la tronçonneuse

dimanche 27 février 2022

Halloween (2018) de David Gordon Green

Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, James Jude Courtney, Haluk Bilginer, Will Patton, Rhian Rees, Jefferson Hall, Toby Huss, Virginia Gardner, Dylan Arnold, Miles Robbins, Drew Scheid.

Cet Halloween, qui se situe plusieurs décennies  après le film de John Carpenter (La Nuit Des Masques, 1978) reprend les même personnages, plus de nouveaux. Michael Myers est en hôpital psychiatrique depuis toutes ces années, et un utile accident va le libérer, pour permettre bien sûr son retour sur les lieux du premier film. Le film fonctionne parfaitement et fait sursauter régulièrement (avec certains meurtres brutaux, dont un enfant, plutôt inhabituel le meurtre direct d'un enfant), jusqu'à la bascule de son médecin, où ensuite pour le dernier quart d'heure le film devient plus mécanique et surtout moins crédible: l'affrontement dans la maison de Jamie Lee Curtis est invraisemblable et fait décrocher le spectateur.

Néanmoins le film possède les qualités plastique d'un film Blumhouse. Et le réalisateur a su créer une atmosphère qui maintient une tension sous-jacente en permanence, la technique de la caméra subjective aidant, mais surtout aussi par un montage brillant pour détourner l'attention du spectateur pour le surprendre et le faire sursauter.

John Carpenter est présent à travers la musique. Qui est correcte et dans la lignée de ses musiques de film, mais en moins synthétique.

Halloween [Blu-Ray]

Beyond Re-Animator (1h36, 2003) de Brian Yuzna

Avec  Jeffrey Combs, Elsa Pataky, Tommy Dean Musset, Jason Barry, Bárbara Elorrieta, Ángel Plana, Javier Sandoval, Santiago Segur, Lolo Herrero, Enrique Arce.

Ce genre de pellicule n'a d'intérêt que si le gore est rigolo et subversif. Il y a un peu des deux, car Brian Yuzna n'hésite pas à mélanger gore et sexe. Ou alors d'exploiter l'addiction de certains prisonniers qui s'injectent le sérum du Docteur West alors qu'ils sont bien vivants (avec des effets bien sûr qui permettent de mettre en avant le talent de Screaming Mad George). Les personnages du film sont délicieusement misogynes. Mais l'ensemble est écrit: le scénario est structuré et le film sait où il va.

L'argument est simple: Herbert West, le savant fou de Reanimator est en prison, mais continue ses expérimentations, sur un rat, puis sur des prisonniers, puis des gardiens et le directeur de la prison., et aussi une journaliste (Elsa Pataky, pour la touche érotique). Et cela dégénère lorsqu'il y a une révolte dans la prison. Bref c'est un film de prison repeint à la sauce gore d'un Re-Animator.

Les effets de barbaque sont réussis: le talent de Screaming Mad George s'exprime pleinement. Le gore est souvent associé à de l'humour, noir, ou plutôt gore.

 Beyond re-animator

samedi 29 janvier 2022

Me You Madness (1h38, 2021) de Louise Linton

Avec Louise Linton, Ed Westwick, Shuya Chang, Jimmy Dinh, Tyler Barnes, Gwen Van Dam, Joel Michaely, Manda Omoregie, Dawn Matthews, 

Une tueuse en série, non binaire sur le plan sexuel, millionnaire, cannibale, s'éclate en piégeant un apprenti cambrioleur de sa maison. Il se présente pour louer une chambre, mais il tombe dans un piège: elle souhaite le manger, littéralement, après avoir profité de lui. Cet arc dramatique va évoluer en cours de route, pour finalement tordre aussi les clichés de la fiction pour une deuxième partie qui évolue aussi vers l'improbable.

Futur film culte donc, irrévérencieux, où pour une foi la voix off sert réellement à quelque chose.

La réalisatrice scénariste et actrice principale, Louise Linton, compose un film jubilatoire, improbable, comédie d'horreur à l'humour noir qui fonctionne parfaitement en torpillant les clichés du genre d'horreur. Cela pourrait être un massacre à la tronçonneuse à Beverley Hills dans une maison de milliardaire. Le film en profite aussi pour tordre les clichés du film d'horreur, de l'Americana et du golden boy (ici en l'occurrence, golden girl). Un film sans mièvrerie.

À rajouter à tout cela, le film est plastiquement sublime et ringard à la foi, ringardise assumée grâce à l'humour noir et grâce aux références aux années 80, en particulier pour la musique bien choisie, avec un corpus de chansons parfaitement complémentaires aux scènes. Références assumées et méta avec le personnage qui parle au spectateur.

Vivement la suite. Louise Linton vient de signer son chef-d'oeuvre.

Me You Madness