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jeudi 16 avril 2026

13 jours 13 nuits (1h52, 2025) de Martin Bourboulon

Avec Roschdy Zem, Lyna Khoudri, Sidse Babett Knudsen, Grégoire Leprince-Ringuet, Nicolas Bridet, Christophe Montenez, Yan Tual, Jean-Claude Muaka.

Le film raconte comment l'ambassade de France et les réfugiés Aphgan qu'elle a sous sa protection sont rapatriés en France pendant la chute de Kaboul et l'arrivée des talibans en aout 2021. Les 13 jours et 13 nuits du film ne sont que dans le titre, et la durée que cela évoque est absente de la mise en scène, ou du montage du film. Au point qu'on nous apprend à la fin que cela a durée 13 jours, mais cela tombe à plat.

Il est regrettable de critiquer ce film. Sa structure dramatique et la montée de la tension sont bien menées. Et le film se passe bien lorsque cela bouge, lorsque les personnages sont en déplacement et donc en tension, et qu'ils ou elles ne parlent pas.

Par contre, dès qu'il y a des dialogues, qui se veulent profonds, les scènes ne marchent pas et font sourire. Et certains personnages sont pénibles et paraissent artificiels : la traductrice, nous nous moquons de ses états d'âme, et sa mère qui amène son lot de sous-arcs dramatiques.

Roschdy Zem s'en sort très bien. Mais dès qu'il y a une pause, on retombe sur des dialogues balourds et des micro-inquiétudes inutiles. Peu mieux faire.

poster du film Bande-annonce 13 jours 13 nuits 

vendredi 27 décembre 2024

Messagères De Guerre (The Six Triple Eight, 2h07, 2024) de Tyle Perry

Avec Kerry Washington, Ebony Obsidian, Milauna Jackson, Kylie Jefferson, Shanice Shantay, Sarah Jeffery, Pepi Sonuga, Moriah Brown, Jeanté Godlock, Dean Norris, Sam Waterston.

Dans le genre du film sur la Seconde guerre mondiale, donnez-moi l'histoire des femmes noires qui se sont engagées et qui sont traitées de manière abjecte par les blancs dominants racistes et phallocrates.

Il est dur de dire du mal de ce film. Et en l'occurrence il n'est pas nécessaire de le faire. Cette histoire de trieuses du courrier de l'armée étatsunienne pendant la guerre est inspirée d'une histoire vraie. Un bataillon de femmes noires, très peux considéré du fait de leur genre (femme) et de leur couleur de peau (noire), bien que membres de l'armée, il leur est confié la tâche de trier et faire acheminer le courrier aux militaires sur leur théâtre d'opérations. Chose impossible à faire. Et grâce à la misogynie et au racisme, il va leur être demandé de le faire, en espérant qu'elles n'y arriveront pas.

Une de thématique qu'aborde le film est la complexité de la logistique du courrier  qui doit arriver vers chaque soldat, qui sont par définition sur des théatres d'opération qui bougent : comment faire suivre le courrier postal ?

Bonne histoire où l'on aime détester les racistes et misogynes. Mise en image réussie, et tous les éléments de forme sont au top du technique. La distribution est réussie, avec Kerry Washington possédée par son personnage. Le canevas dramatique est prévisible, mais nous suivons les aventures de ces soldates.

Bande-annonce Messagères de guerre

dimanche 1 septembre 2024

Voyage Au Bout De L'Enfer (3h03, 1978) de Michael Cimino

Avec Robert De Niro, Christopher Walken, John Savage, John Cazale, Meryl Streep, George Dzundza.

Nous savons que la subtilité n'est pas le fort de Michael Cimino. Il excelle par contre dans la mise en scène de séquences collectives où de multiples personnages interagissent, que ce soit dans un bar, que ce soit lors d'un bal, que ce soit dans un décor de villes ou que ce soit dans un décor de montagne. La destinée de ce groupe d'une même communauté avant, pendant, et après leurs passages au Vietnam pour la célèbre guerre, est par certaines composantes passionnante. Malgré le collectif, c'est l'interaction gré à gré, deux par deux qui intéresse Michael Cimino, quelque soit le lien entre les personnages : ami, amie, copain, bourreau, copain d'infortune, hiérarchie. Peux importe, mais dans la dimension collective, c'est la destiné individuelle de chacun qui intéresse Michael Cimino.

Le film commente et présente les effets de la guerre du Vietman sur cette communauté. Et à ce titre le film ne contient aucun héros. Comme souvent chez Michael Cimino, son personnage principal n'est pas particulièrement sympathique : Robert de Niro, dans un bon rôle, entre son amour plus ou moins caché de la femme de son ami, sa posture de tête brulée au Vietman qui a des effets collatéraux sur ses amis. Il y a aussi le personnage de Christopher Walken, une espèce de fantôme ; John Savage excelle dans un personnage à fleur de peau et  aux multiples stigmates physiques et psychologiques. Et sans oublier Meryl Streep, George Dzundza ou John Cazale. La direction d'acteur est extrêmement efficace, sans être particulièrement subtile.

Michael Cimino réussit de multiples moments de bravoure, où il met en scène des séquences d'anthologie, y compris la séquence finale où ils et elles se mettent à chanter. C'est un film impressionnant, au premier sens du terme, c'est-à-dire qu'il cause une vive impression, dont nous gardons des images, et provoque des réactions. Une œuvre d'art en quelque sorte.

 Voyage au Bout de l'enfer [Blu-Ray]

mercredi 10 juillet 2024

Sisu, De l'Or Et Du Sang (2022) de Jalmari Helander

Avec Jorma Tommila, Aksel Hennie, Jack Doolan, Mimosa Willamo, Onni Tommila, Tatu Sinisalo, Wilhelm Enckell, Vincent Willestrand, Arttu Kapulainen, lina Saarela, Ilkka Koivula.

Sisu est l'affrontement entre un soldat finlandais solitaire et un groupe de soldats allemands en débâcle. Non-sommes en 1944 dans les contrées sauvages de Laponie. Ces Allemands ont la mauvaise idée de voler l'or du soldat (qui s'était converti en chercheur d'or). Erreur. Ce soldat de légende (supposé immortel) va poursuivre coûte que coûte ces Allemands pour récupérer son or.

Le film possède très peu de dialogue (le personnage principal doit avoir une ligne uniquement lors du dernier plan du film). Il possède aussi un lot important de morts violentes (mines antipersonnel, canon, mitraille, couteau) et de combats, tous originaux et très spectaculaires, à la limite du comique, mais nous comprenons bien que c'est une composante importante de la geste artistique du film.

Au total il s'agit d'un spectacle total, hyper violent, jouissif, qui évolue vers une dimension irréelle, mais que l'on oublie vite.

 Bande-annonce SISU - De l'Or et du Sang

mardi 9 juillet 2024

Blood & Gold (1h38, 2023) de Peter Thorwarth

Avec Jördis Triebel, Robert Maaser, Alexander Scheer, Marie Hacke, Roy McCrerey, Connor Long, Heiko Schaffartzik, Christian Kahrmann, Nele Kiper, Stephan Grossmann, Gisela Aderhold, Florian Schmidtke.

Il s'agit d'un film de guerre qui se déroule pendant la déroute des Allemands autour de Dresde en 1944. C'est-à-dire que c'est la débâcle, les alliés approchent. Un groupe de SS revient dans un petit village pour chercher les lingots d'or d'un juif qui a été déporté leur a indiqué. Certains villageois étaient au courant pour les lingots, et ne voient pas ceci d'un bon oeil.

Le climat de fin de guerre et de débâcle où tout est permis, et l’appât de l'or, vont conduire tous les protagonistes à s'entretuer, se trahir ou créer des alliances. Avec son lot de morts violentes et de sang. 
Le film est une petite réussite, grâce à son scénario qui n'est pas cousu de fil blanc, les revirements ne sont pas téléphonés, permettant au spectateur de suivre sans ennuis les péripéties.
 
Film de guerre et costumes, genre plutôt rare, de très bon niveau, où tous les éléments techniques sont parfaits. La direction d'acteur manque quelquefois de finesse. Mais le sujet ne s'y prête peut-être pas.
 
Bande-annonce Blood & Gold

dimanche 25 décembre 2022

Baïonnette Au Canon (Fixed Bayonets, 1h32, 1951) de Samuel Fuller

Avec Richard Basehart, Gene Evans, Michael O'Shea, Richard Hylton, Craig Hill, Skip Homeier.

Film de guerre, curieux, car il s'agit du conflit en Corée ou un groupe de soldats protège les arrières d'une retraite. Ce conflit n'est pas souvent montré. Ils quittent les montagnes enneigées et en hiver. Ces soldats doivent faire croire aux communistes (coréens, chinois) que l'ensemble des soldats est encore là. Ils doivent affronter le froid, les égos de certains d'entre eux, et bien sûr les soldats communistes, d’abord en reconnaissance, puis qui arrivent avec mortiers et canons, puis avec leurs chars. Ceci en tenant un défilé unique entre deux montagnes, qu'ils ont piégé et qu'ils assiègent pour bloquer tout passage, le temps que le reste des troupes s'éloignent le plus possible. La baïonnette du titre est pour le corps à corps pour bloquer le passage en empêchant toute personne de passer.

Samuel Fuller, qui n'est jamais dans la subtilité, est particulièrement efficace ici. À travers les échanges entre les soldats sur leurs états d'âme vis-à-vis de la situation ou leurs états d'âme personnels, la gestion des moments de tension, avec l'attente d'un ennemi que l'on ne voit pas, puis les premiers affrontements et ensuite l'assaut final. La scène des mines dans la glace avec le soldat blessé est particulièrement réussie. Une réussite pour un concept simple, un décor quasi unique, exploité par un découpage précis qui fait la part belle aux soldats en tant qu'individus.

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samedi 24 décembre 2022

Le Sable Etait Rouge (Beach Red, 1h45, 1967) de Cornel Wilde

Avec Cornel Wilde, Rip Torn, Jaime Sanchez, Burr DeBenning, Patrick Wolfe, Jean Wallace, Dale Ishimoto, Genki Koyama, Gene Blakely, Michael Parsons, Norman Pak, Dewey Stringer.

Le film raconte l'assaut de l'armée des USA d'une ile de l'Océan Pacifique tenue par les Japonais.

Le film est étonnant. Il traite les Japonais comme les Américains. C'est-à-dire que Cornel Wilde nous montre les états d'âme des soldats, leurs pensées à travers une voix off et des flashbacks, sous forme de montages de photos, des scènes du passée sous forme de petits montages séquences: leurs femmes, leurs enfants, dans des scènes de la vie quotidienne. Il y a des brutes et des humains dans les deux camps. La guerre, et tuer est affreux, et Cornel Wilde réalise un film de guerre antimilitariste.

Le film montre les horreurs de la guerre: cadavre, bras arraché, massacres et une multitude de corps qui jonche la plage. Le film n'est pas dans la surenchère de l'horreur et la violence, physique en particulier, mais le film montre les souffrances psychologies à travers les états d’âme des soldats et la peur qu'ils éprouvent, et ce qu'ils vivent, et ceci pour les soldats des deux camps.

Une séquence est d'anthologie. Celle de la gourde et du paquet de cigarettes où un Américain et un Japonais se tirent dessus, se blessent gravement, et se retrouvent face à face au sol en train d'agoniser, se regardent et communiquent. Très belle et étonnante scène. Et qui se conclus de manière prévisible, dans le sens du message de son film.

Autre qualité du film, l'interprétation de Cornel Wilde lui-même, très rentrée, à la limite de l'inexpressif, mais qui permet d'absorber les situations. En tant que commandant de l'unité, il n'exprime pas ses sentiments avec violence et cette manière rentrée sert le personnage et sa résilience.

Le Sable était Rouge [Blu-Ray]

dimanche 4 décembre 2022

La Bataille Pour Anzio (Anzio, 1h58, 1968) de Edward Dmytryk et Duilio Coletti

Avec Robert Mitchum, Peter Falk, Earl Holliman, Mark Damon, Arthur Kennedy, Robert Ryan, Reni Santoni.

Il faut visionner ce film qui est un exemple parfait de ce qu'est un film médiocre. Ou en tout cas un film dont les images filmées par Edward Dmytryk et ses cameramans sont laissées au talent ou à la qualité ou à l'inventivité du monteur, des acteurs, du dialoguiste ou du décorateur.

La mise en scène est paresseuse. C'est un film mou. La direction d'acteur n'est pas exempte de qualité, mais les acteurs ont une tendance à déclamer leur dialogue ce qui donne un côté théâtral et dénoué de tout réalisme. Ce qui peut irriter.
Toutes les séquences sont trop longues. Et nous percevons bien que le monteur essaie de les rendre un peu dynamiques voir intéressantes et les sortir de leur monotonie à travers certaines coupes qu'il positionne.
La directrice d'acteur est catastrophique. Robert Mitchum, paresseux, filmé souvent de dos en train de marcher, n'a pas l'air d'y croire et semble nous dire en permanence "mes dialogues sont nuls" (heureusement pour lui, sont séjour en Italie a dû être sympathique); les états d'âmes et philosophiques du personnage sont enfantins. Les acteurs surjouent: Peter Falk est ridicule, Earl Holliman est très lourd.  La musique est mauvaise.
Le seul intérêt est la dimension historique de cette bataille. Et peut-être deux séquences: la traversée du champ de mines, ou vers la fin, l'affrontement des snipers. Deux passages avec un peu de nerfs dans un ensemble paresseux.
La Bataille pour Anzio [Master Haute définition-Format respecté]

 

dimanche 6 novembre 2022

Du Sang Et Des Larmes (Lone Survivor, 2h01, 2013) de Peter Berg

Avec Mark Wahlberg, Taylor Kitsch, Emile Hirsch, Ben Foster, Yousuf Azami, Ali Suliman, Eric Bana, Alexander Ludwig, Rich Ting, Dan Bilzerian.

Peter Berg confirme encore une fois son talent de metteur en scène et de directeur d'acteurs avec ce film de guerre pas comme les autres qui montrent la débâcle d'une unité spéciale qui se retrouve ne pas pouvoir faire sa mission en Afghanistan (larguée dans les montagnes, ils doivent rejoindre un village pour tuer un chef taliban, mais des évènements imprévus vont changer le déroulement). Ils passent leur temps à fuir pour éviter des talibans qui les poursuivent dans les montagnes.

Le film met en avant aussi la dimension d'hospitalisée de la population afghane. Bien sûr pour ce genre de production tout est parfait sur le plan technique, photographie, décors, maquillages, effets spéciaux, pyrotechnie, reconstitution, avec assez peu de technologie numérique, mais beaucoup de poursuites, car nos soldats sont pourchassés et à essayent de survivre en permanence dans le milieu hostile de ces montagnes. Le film contient une forte dimension patriotique bien sûr. Le film a été conseillé par un des survivants de cette unité qui a beaucoup souffert.

Une réussite dans son genre. Avec une tension permanente, une fois les préparatifs passés. Ébouriffant.

du Sang et des Larmes [Blu-Ray]

dimanche 27 février 2022

Platoon (2h, 1986) de Oliver Stone

Avec Tom Berenger,Willem Dafoe, Charlie Sheen, Keith David, Forest Whitaker, Francesco Quinn, Kevin Dillon, Corey Glover, Johnny Depp, Chris Pedersen, Richard Edson, Tony Todd, Kevin Eshelman.

Visionner Platoon, film sur une partie de la guerre du Vietman, permet de se rendre compte que le film possède toujours actuellement des qualités. Sa distribution et sa progression dramatique en sont des exemples.

La distribution est la grande qualité du film, avec une brochette de personnages secondaires (il n'y a pas de personnage principal, même si nous suivons les évènements avec Charlie Sheen, son personnage est un concept de scénariste) et donc d'acteurs.

La où le film laisse légèrement dubitatif est sur la partie dramatique justement: l'ennemi n'est pas le communisme. L'ennemi est à l'intérieur du groupe puisque le film structure beaucoup sa progression autour de l'affrontement entre le groupe de Tom Berenger et le groupe de Willem Dafoe. Qui sont d'ailleurs tous les deux très bons. Nous sommes capables, d'appréhender et comprendre cette rivalité, mais la mener jusqu'au bout au point qu'ils s'entretuent parait peu vraisemblable.

Le film est fort pour peindre l'oisiveté, le besoin de partir ailleurs des soldats, avec l'usage des drogues multiples qu'ils prennent en permanence, qui les aident à tenir. Et en fin de compte le film montre bien à travers son climat et ses différents personnages les éléments constitutifs de ce conflit: l'attente, la difficulté à identifier l'ennemi, la difficulté du terrain avec sa jungle, ses rizières, ses sous-terrains, et au total l'absurdité de l'ensemble.

Platoon

lundi 1 novembre 2021

Inglorious Basterds (2h33, 2009) de Quentin Tarantino

Avec Brad Pitt,  Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Michael Fassbender, Diane Kruger, Daniel Brühl, Til Schweiger, Gedeon Burkhard, Jacky Ido, B.J. Novak, Denis Ménochet, August Diehl.

Avec ce film Quentin Tarantino démontre encore une fois son grand talent et son grand sens de l'écriture.

Au service d'une histoire fictive où il arrive a tuer Hitler et un ensemble de hauts dignitaires nazis, ce qui est plutôt sympathique, mais purement uchronique.
Pour faire cela, un commando est monté avec à leur tête Brad Pitt (ridicule avec son accent que même Meryl Streep n'oserait pas), qui souhaite détruire le plus de nazis possible. Ce sont ceux du titre bien sûr, mais qui en fait sont faiblement incarnés et même uniquement par Brad Pitt, les autres acteurs sont sans charisme, sans empreintes mémorielles, inexistants. Défaut important du film: les inglorious basterds du titre n'existent pas.
Nous comprenons quand même que le film n'est pas justement sur ce groupe de tueurs, mais sur les histoires parallèles qui vont conduire plusieurs personnages à se rejoindre pour tuer des dignitaires nazis, dont Hitler. 
Donc gros défaut de distribution sur ce groupe de tueurs qui ne nous intéresse pas. Ce qui fait que nous ne voyons que Brad Pitt et Til Schweider qui bénéficient des seuls personnages incarnés.

Le film par contre dispose de deux belles performances, plutôt subtiles. Celle de Christoph Waltz et celle de Michael Fassbender. Tous deux brillants et disposant d'un ensemble de dialogues et de scènes où l'on voit très bien le scénariste jubiler devant son clavier lorsqu’il qui les a écrits.

Nous connaissons le gout et le talent de distribution de Quentin Tarentino pour les belles actrices; nous sommes servis ici avec Mélanie Laurent et Dianne Kruger, mais elles sont trop peu présentes à l'image, malheureusement.

Au total nous avons donc un film brillant sur la forme et qui dénote une maîtrise totale, mais qui ne produit aucune empathie pour aucun des personnages et qui donne un sentiment d'être vide voir inexistant.
Inglourious Basterds [Blu-Ray]

Porte de Chine (China Gate, 1h37, 1957) de Samuel Fuller

Avec Gene Barry,  Angie Dickinson, Nat 'King' Cole, Paul Dubov, Lee Van Cleef, George Givot, Gerald Milton, Neyle Morrow, Marcel Dalio, Maurice Marsac, Warren Hsieh, Paul Busch.

Le film contient de superbes décors de guerre avec des bâtiments et des bouts de rues complètement détruites. L'autre partie des décors sont des décors de jungle construits dans un studio où se déroulera le film dans la nuit.

L'intérêt du film est de montrer la guerre en Indochine conduite par les Français. Car il s'agit ici d'un commando de l'armée française avec un américain qui vont tenter de détruire un dépôt d'armes pour éviter que les parties françaises de l'Indochine soient bombardées par les communistes.
Ce prétexte permet à Samuel Fuller de construire un film de guerre efficace, mais aussi de parler de sujets comme le racisme et les problèmes psychologiques liés à la guerre.
Samuel Fuller ne montre pas de héros, car aucun des personnages n'en est un, si ce n'est peut-être celui d'Angie Dickinson qui interprète une Indochinoise qui a eu un enfant avec un américain. Elle aide le commando à se diriger dans la jungle jusqu'au village communiste qui héberge les armes.
Une des curiosités du film est Lee Van Cleef dans un rôle très court qui interprète le chef communiste des Indochinois. Curiosité, car c'est un personnage avec des dialogues (sa filmographie l'a souvent utilisé dans des rôles peu loquaces).
Sinon le système Samuel Fuller fonctionne pleinement: un mélange de bric et de broc, de plans de studio, de plans en décors réels, de stock-shots documentaires, montés ensemble; ou alors des dialogues ampoulés par moment, mais qui sont efficaces. Et une direction d'acteur plutôt efficace qui fait que chacun des personnages à sa fonction. Le tout fonctionne plutôt bien et reste captivant jusqu'au bout. Évidemment un des messages du film est aussi de montrer l'horreur, les bêtises et l'absurdité de la guerre.
C'est-à-dire que nous ne sommes pas dans la subtilité, les messages de Samuel Fuller sont bien enfoncés de manière bien insistante pour que le spectateur les capte le bien.
Au total le film reste très intéressant, car mine de rien il y a très peu de films qui parlent des soldats français pendant la guerre d'Indochine !
 
China Gate

samedi 9 octobre 2021

Le Merdier (Go Tell the Spartans, 1h54, 1978) de Ted Post

Avec Burt Lancaster, Craig Wasson,  Jonathan Goldsmith, Marc Singer, Joe Unger, Dennis Howard, Evan C. Kim, David Clennon, Hilly Hicks, John Megna, Clyde Kusatsu, Dolph Sweet,  James Hong.

Le Merdier est le film sur la guerre du Vietnam qui se veut réaliste. Le film se déroule en 1964, avant l'intervention massive des Étasuniens. En 1964 les militaires étasuniens sont des conseillers et commandent les soldats vietnamiens contre les communistes.

Le film montre des soldats américains déjà perdus, paumés, dépressifs, ironiques, désespérés. Le film montre un groupe de soldats étatsuniens et vietnamiens qui tiennent une  position, un petit village, face aux communistes comme ils disent.

Le film est passionnant de bout en bout, car il montre bien la difficulté du conflit, dont un premier élément tout simple mais compliqué, est de reconnaître ses ennemis, ce qui n'est pas évident.

Burt Lancaster interprète un commandant qui a roulé sa bosse, ironique et désillusionné, qui aide ses hommes à se sortir de ce merdier, comme l'indique justement le titre français.

Ted Post n'est pas un grand cinéaste, mais son nom est associé à un corpus de films corrects, Pendez-Les Haut Et Court (1968), Le Secret De La Planète Des Singes (1970) ou Magnum Force (1973) . Mais il a surtout ouvré pour la télévision (sur la série Rawhide, par exemple, et beaucoup d'autres - Columbo, Peyton Place, La Quatrième Dimension -). Ici sa mise en scène supporte le scénario et le sujet, qui sont très bons, avec une direction d'acteur qui fonctionne. Peut-être que ce film, Le Merdier, est le seul qui n'est pas une exploitation d'un genre ou un film de franchise (série ou cinéma) pour Ted Post.

Le Merdier est contemporain de Voyage Au Bout De L'enfer sorti la même année. La plupart des films prétentieux sur le Vietnam sont sortis après 1978. Mais Le Merdier est beaucoup moins prétentieux que le film de Michael Cimino, et anti-spectaculaire, tout en étant quand même marquant.

Un bijou.

Le Merdier

dimanche 8 août 2021

Le Maître De Guerre (Heartbreak Ridge, 2h10, 1986) de Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Marsha Mason, Everett McGill, Moses Gunn, Eileen Heckart, Mario Van Peebles, Arlen Dean Snyder, Bo Svenson.

Clint Eastwood inaugurait en quelque sort sa veine "vieux bougon au grand coeur"? Dont les jalons sont ce Maitre de Guerre, Grand Torino (2008), La Mule (2018). Et sûrement d'autres, car il est vrai que beaucoup d'autres films possèdent des caractéristiques similaires, mais ces trois sont caractéristiques. Bougon, inapte à la vie de famille (et fâché avec sa famille), remplie de préjugés, mais qui se révèlera avec certaines qualités; caractéristiques qui permettent de raconter une histoire avec la carcasse vieillissante ou vieille de Clint Eastwood.

Cette production Malpaso est donc taillée pour Clint Eastwood. Première partie, prologue, nous le découvrons en prison et saoul, puis il prend son nouveau poste et doit remettre en forme le peloton d'éclaireurs: préparation et entrainement, confrontation avec la hiérarchie (Everett McGill, très bon). Il finit par avoir une reconnaissance de ses soldats. Puis le film se termine par une vraie intervention militaire, légère, mais réelle.

Le film est jubilatoire grâce à ses dialogues vulgaires et très amusants: beau travail de James Carabatsos (avec des contributions de Dennis Hackin et Joseph Stinson). Le film est bien sûr dans l'affrontement entre le sergent Highway et ses jeunes soldats: choc des générations avec une préoccupation très professionnelle pour le sergent Highway qui doit les former. Et aussi dans l'affrontement avec se hiérarchie (une constante de beaucoup de films). Ne pas négliger dans l'intérêt que suscite le film, la relation avec son ex-femme est aussi bien écrite et empreinte d'un réalisme certain.

Le Maître de Guerre [Blu-Ray]

mardi 11 mai 2021

Les Morfalous (1984, 1h46) de Henri Verneuil

Avec Jean-Paul Belmondo, Jacques Villeret, Michel Constantin, Michel Creton, Matthias Habich, François Perrot, Marie Laforêt.

Ici nous changeons de metteur en scène (ce n'est pas Georges Lautner), c'est-à-dire de gestionnaire de plateau, avec Henri Verneuil. Dont la qualité des films dépend du sujet et de la qualité des scénarios, le metteur en scène n'étant pas capable de transcender sa matière.

Les sketches du clown Jean-Paul Belmondo sont présents. Il est épaulé ici par des acteurs confirmés, avec Michel Constantin, le personnage le plus sympathique et intéressant du film, Jacques Villeret, en mode mineur, Michel Creton, en mode "je passais par là pour voir mon pote le clown": son personnage ne sert strictement à rien.

Les déclamations de dialogues de Jean-Paul Belmondo sont parfois ridicules, et certains dialogues sont d'une nullité abyssale. Le scénario enchaine un nombre de clichés impressionnants. Le montage est paresseux (ces plans alternés entre Belmondo et les plans du char roulant à la fin sont interminables). Le film est particulièrement misogyne avec chacun des personnages féminins.

Est-il possible de tout rater avec autant de moyens? Un film de paresseux.

Les Morfalous

 

dimanche 14 mars 2021

13 Hours (2016, 2h24) de Michael Bay

Avec John Krasinski, James Badge Dale, Pablo Schreiber, David Denman, Dominic Fumus, Max Martini, Alexia Barlier, David Costabile, Payman Maadi, Matt Letscher, Toby Stephens, Demetrius Grosse.

Michael Bat confirme qu'il est un réalisateur de films d'action talentueux, sans oublier la psychologie des personnages, et sans oublier des micro moments émouvants et réussis. Ces treize heures constituent un film de guerre, mais avec peu de soldats. Avec des mercenaires, c'est à dire d'anciens soldats travaillant dans une entreprise privée et travaillant là où un état ne veut pas mettre de militaire et s'appuyer plutôt sur une société privée qui fourni des mercenaires.

Ce sont eux les héros de ce film. Ils servent un ambassadeur états-unien en Lybie au sein du chaos Libyen. Le mot de chaos reflète parfaitement le problème de ces mercenaires qui ne savent pas qui est leur ennemi et donc qui est leur ami parmi les milliers de personnes armées qu'ils trouvent à Benghazi. Le film rend compte et montre extrêmement bien le chaos de leur situation

Le montage de Michael Bay semble legèrement moins hystérique que d'habitude. Mais la durée des  plans reste très courte. Michael Bay réalise en ensemble spectaculaire, palpitant, mélangeant habilement surprise et suspense pour un résultat qui accroche le spectateur jusqu'au bout.

Dans le genre film de guerre et d'action, les Christopher Nolan (Tenet - 2020 -, Dunkerque - 2017 -) et Sam Mendes (1917 - 2019 -)  ne soutiennent pas la comparaison en matière de flux d'action et d'intensité et paraissent neurasthéniques à coté de celui-ci. La vrai comparaison serait La Chute Du Faucon Noir (Ridley Scott, 2001, le film est d'ailleurs cité) mais il est d'une autre décennie.

13 Hours Poster

dimanche 28 février 2021

Quand Les Aigles Attaques (Where Eagles Dare, 1968, 2h38) de Brian G. Hutton

Avec Richard Burton, Clint Eastwood, Mary Ure, Patrick Wymark, Michael Hordern, Donald Houston, Peter Barkworth, William Squire, Robert Beatty, Brook Williams, Neil McCarthy, Vincent Ball.

Brian G. Hutton signe un extraordinaire film de guerre tendance boucherie. Clint Eastwood et Richard Burton passent leur temps à tuer à l'arme blanche ou à l'arme à feu des dizaines d'Allemands ou à les faire exploser le tout avec une alacrité, mais sans sourire. Il s'agit vraiment d'exécuteurs. Car il s'agit pour eux de libérer un officier retenu par les Allemands dans un château perché à la cime d'une montagne dans les Alpes.

Richard Burton est moyennement crédible en membre de commando, as des armes et super sportif ! En plus il est le chef du commando (c'est lui la grande star, Clint Eastwood était encore en devenir), tueur extrêmement précis (il ne rate jamais), sportif et séducteur...
Clint Eastwood, qui n'a quasiment pas de ligne de dialogue, passe son temps la mâchoire serrée avec les yeux plissés. Son personnage se demandant ce qu'il fait là, et probablement l'acteur aussi.
Mais le film est jubilatoire. Pour son côté rouleau compresseur (le spectateur ne doute jamais) et la narration fonctionne, car le scénario articule plusieurs suspenses: le principal, libérer l'officier aux mains des Allemands; et les secondaires, comme qui est le traitre au sein du commando, ou comment vont-ils redescendre de là haut une fois sur place. Et surtout l'intrigue, car nous comprenons que lorsqu'ils sont dans le château à la cime de la montagne que finalement l'objectif de la mission n'était pas ce nous avions compris au départ. Ce qui donne un peu de piment et de suspense à l'histoire et relance l'intrigue.
D'autres parts il est toujours étonnant de voir des Allemands parler anglais, mais bon c'était comme cela dans les années soixante, le ridicule ne tuait pas !
Dans l'ensemble le film l'emporte, car ses excès combinés à l'histoire qui change d'objectif en cours de route produisent un résultat passionnant. De plus le film possède une belle distribution d'acteurs pour incarner la Wehmacht ou la Gestapo, avec des physiques de nazis parfaits.
Quand Les aigles attaquent [Blu-Ray]

samedi 20 février 2021

Midway (2019, 2h18) de Roland Emmerich

Avec Ed Skrein, Patrick Wilson, Woody Harrelson, Luke Evans, Mandy Moore, Luke Kleintank, Dennis Quaid, Aaron Eckhart, Keean Johnson, Nick Jonas.

L'intérêt du film vient principalement de ses éléments historiques et de sa volonté de reconstitution de la bataille de Midway. Tout en commençant par l'attaque de Pearl Harbor, jusqu'à  Midway donc, qui était visiblement un piège tendu à la marine japonaise. Comme le film est pro étatsunien, nous laisserons les historiens évaluer cet aspect.

Du coté de la pellicule, ou du fichier numérique, les qualités du film sont donc dans sa reconstitution, qui se veut réaliste et spectaculaire, et qui l'est. Combiné à une narration et une peinture de personnages pro-américains et pro-chinois (curiosité de la mondialisation et de la co-production du film avec la Chine) contre un ennemi commun que sont encore les japonais.

Le film est plutôt agréable dans son genre avec des acteurs sympathiques, bien dirigés, dans un ensemble choral plutôt équilibré, et qui montre le côté japonais aussi. Au total, il s'agit plutôt d'un bon Roland Emmerich, plutôt modeste, un de ses films les plus simples et les plus directs; tout en étant très relatif, car il s'agit d'une superproduction spectaculaire.
Le metteur en scène a coordonné l'ensemble des différents corps de métiers et équipes pour réaliser son ouvrage pour fournir comme résultante quelque chose qui est sympathique.
Sur le plan du spectaculaire le film est une orgie de feu, de carcasses et métaux divers entre avions, navires et porte-avions. Ceci est combiné à de multiples intrigues pour un ensemble de personnages, et le tout de manière très équilibrée.
Après son chef d'oeuvre, son Godzilla (1998), celui-ci est sûrement son meilleur film. Son film le plus sobre et d'ailleurs à ce titre il ne contient aucun humour au second degré ni au premier degré.
 
Midway [Blu-Ray]

dimanche 31 mai 2020

1917 (2019) de Sam Mendes

Avec  Dean-Charles Chapman, George MacKay, Daniel Mays, Colin Firth.

Que dire sur un tel film? La prouesse technique est sans intérêt: le faux plan séquence que constitue le film nous indiffère. La reconstitution (tranchées, costumes) est surement de grande qualité. Le CGI porn se laisse voir. Les acteurs sont de qualité. Le spectaculaire fonctionne. Les tranchées et les paysages sont chouettes.
Bande-annonce 1917Mais il y a un sentiment permanent et diffus que tout cela manque de quelque chose...
Il n'y a qu'un seul arc dramatique. Cela manque de complexité. Le film est conçu comme un jeu vidéo avec ses différents plateaux. Et il n'y a pas de suspense puisque nous imaginons qu'il va arriver à rejoindre les troupes qu'il doit prévenir et donc qu'il va passer chacun des plateaux (épreuves).
Une scène intrigue et comporte un peu de mystère: la rencontre avec la Française et le bébé. La scène accroche le spectateur et l'ambiance du film est différente. Beau travail, mais un peu vain.
Le problème fondamental du film est qu'il ne parle pas de la guerre, qu'il  ne parle pas de la guerre de 1914-1918. Nous n'apprenons rien sur cette guerre (nous en apprenons beaucoup plus dans Au Revoir Là-Haut d'Albert Dupontel -2017-). Si ce n'est que certains chantent avant d'aller au front. C'est bien maigre.
Le seul argument dramatique, la succession de plateaux au cours desquels notre soldat qui court affronte un nouvel ennemi et duquel il doit sortir, nous ennuie assez vite. Le scénario ne fait qu'enchainer ces niveaux. Et ceux-ci ne suscitent même pas un sentiment de suspense vis-à-vis de l'atteinte de l'objectif final que nous oublions (prévenir des troupes qu'elles ne doivent pas charger). Il n'y a qu'un suspense interne au plateau, bien maigre car nous savons qu'il va s'en sortir.




samedi 22 février 2020

The Wall (2017) de Doug Liman

Avec Aaron Taylor-Johnson, John Cena, Laith Nakli.

Doug Liman reste un metteur en scène intéressant. Ses films possèdent toujours des caractéristiques qui les rendent mémorables (par exemples, La Mémoire Dans La Peau -2002- la meilleure performance de Matt Damon, Mr. & Mrs. Smith, -2005- grande comédie d'action, ou deux bons Tom Cruise: Edge Of Tomorow -2014-, puis Barry Seal -2017-).
Bande-annonce The WallThe Wall PosterIci il s'agit d'un exercice de style où Doug Liman s'amuse à gérer un suspense autour d'un mur qui sert de protection à un sniper (états-unien) qui est lui-même sous la visée d'un sniper ennemi (irakien). C'est toute l'ironie du sujet, un sniper états-unien se retrouve pris au piège à découvert (un bout de désert) uniquement protégé par un mur de pierre qui menace de s'effondrer.
La construction dramatique articule des hauts et des bas: découvrir où le sniper ennemi se trouve, essayer de contacter sa base, gérer sa blessure, gérer la soif (il n'a pas d'eau ni de vivre). La progression dramatique amène les deux ennemis à communiquer, ce qui permet d'introduire de la torture psychologique. Bref le film va au fond de sa logique, avec un final finalement pas si étonnant que cela, qui explique aussi l’insuccès du film. Le soldat américain est malmené et l'armée américaine n'y est pas montrée victorieuse.
Les décors sont simples: un mur, le désert, un tas de détritus et de tôles froissées, le vent et le sable. Puis ensuite la performance de l'acteur principal. Qui fait un gros travail et qui porte tout le film. La caméra de Doug Liman est à la fois sur les plans d'ensemble, les plans de vues suggestives du sniper irakien, et de très gros plans de notre soldat, seul, torturé et qui essaie de survivre.