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dimanche 4 mai 2025

The Brutalist (3h36, 2024) de Brady Corbet

Avec Adrien Brody, Felicity Jones, Guy Pearce, Joe Alwyn, Raffey Cassidy, Stacy Martin, Isaach De Bankolé, Alessandro Nivola, Ariane Labed, Michael Epp, Emma Laird.

Un film dense et qui tient sa durée, malgré ses 3h30. Découpée en plusieurs parties : un prologue, un épilogue, et entre les deux, une partie qui s'appelle "L'énigme de l'arrivée (1947-1952)"  et une deuxième partie "La quintessence du beau (1952-1960)". Avec un scénario (signé Brady Corbet et Mona Fastvold) qui combine destinée individuelle et mouvement cosmogonique. La destinée individuelle concerne Adrien Brody, persécuté à Budapest et qui rejoint les USA. Il est architecte et croisera par hasard un millionnaire qui lui fait une commande, un centre communautaire comprenant une bibliothèque, un théâtre, un gymnase et une chapelle, le tout dans un seul et même bâtiment, tout ceci en l'honneur de sa maman décédée.

Brady Corbet réussit la gageure de fabriquer un film à la fois académique et expérimental sur la forme. Les montages séquences, l'utilisation de la musique, la photographie. C'est un produit qui titille les yeux. La forme la plus marquante est une photographie très sombre, une utilisation de la musique comme un coup de poing, assez peu subtil, mais servant la narration, et des montages-séquences réguliers.

Le film évoque la persécution des juifs, l'antisionisme, la création d’Israël, le racisme anti-noir. Mais aussi, la vie sentimentale et de couple d'Adrien Brody. Par contre, le personnage d'Adrien Brody ne suscite par particulièrement l'empathie : il est égoïste, il ne s'occupe par beaucoup de sa femme. Il est pleutre lorsqu'il est en face de son patron qui l'emploie exclusivement.

Le scénario passe peu de temps à parler de création artistique et de création d'architecture. C'est l'élément qui peut décevoir.

poster du film Bande-annonce The Brutalist 

samedi 21 janvier 2023

White Noise (2h16, 2022) de Noah Baumbach

Avec Adam Driver, Greta Gerwig, Don Cheadle, Raffey Cassidy, Sam Nivola, 

Il s'agit d'un film ambitieux, voire prétentieux, riche de thématiques injectées dans des mécaniques de comédie, de drame, de film d'horreur ou de suspenses (pour ces deux derniers toutes les séquences consécutives à l'accident chimique, ainsi que les séquences très bizarres dans l’hôpital à la fin). Le film est donc riche de climats. Noah Baumbach confirme son  talent pour écrire des films denses aux thèmes  et facettes multiples. Même si le film, à travers son générique de fin, résume le message qu'il cherche à faire passer: la peur de la mort et la consommation pour l'oublier. Tout cela pour ça aimerions nous dire. Mais le film, n'annonçant jamais la couleur et restant imprévisible en permanence, contient donc une forte hystérésis.

Les thématiques et éléments de subtilités, de richesses, qui innervent le film sont multiple et variés : la vie de famille recomposée, le stress de l'incident chimique (qui fait basculer le film dans une option un peu fantastique et film d'horreur), la relation d'Adam Driver avec sa femme, le marchand de pilules, l'épisode de l’hôpital à la fin avec les infirmières, puis le générique de fin déjà évoqué qui confirme le message principal du film. Car c'est un film à message, c'est à dire politique. Qu'il est possible de trouver tortueux pour arriver à son message. Mais c'est grâce à tout ce qui vient de précéder que le générique de fin prend son sens, en tout cas c'est ce que pense Noah Baumbach.

Adam Driver est en suspension, à la fois sur sa manière de gérer sa famille, son comportement lors de l'accident chimique, sa quête du médicament que prend sa femme. Greta Gerwig (très mal coiffée) possède son MacGuffin qui une fois connue permettra d'entrer l'intrigue dans les séquences de conclusion.

En ressort un sentiment mitigé. Nous percevons l'ambition, avec une combinaison habile de comédie, de drame et de suspense, d'abord primaire puis psychologique. Mais un sentiment de décousu domine. Mais l'exercice est ambitieux.

Bande-annonce White Noise