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lundi 23 mars 2026

L'homme de l'arizona (The Tall-T, 1h18, 1957) de Budd Boetticher

Avec Randolph Scott, Richard Boone, Maureen O'Sullivan, Henry Silva, Skip HomeierArthur Hunnicutt, James Best, Pernell Roberts, Robert Burton.

Encore une petite baffe avec ce bijou signé Budd Boetticher, avec Burt Kennedy pour le scénario (d'après Elmore Leonard). Avec une photo signée Charles Laughton Jr. Et la musique de Heinz Roemheld, qui a l'air d'être toujours la même d'un film à l'autre de la série, et qui s'échine à mettre des musiques guillerettes sur des plans de transitions, décorrélées des tensions avant la transition ou la tension vers laquelle vont les personnages.

Dans les qualités de cette série, c'est la manière très efficiente de caractériser tous les acteurs secondaires, pour en faire des personnages avec une certaine substance. Ici c'est Richard Boone, méchant en chef, mais presque fatigué d'être méchant. Ou alors Henry Silva en psychopathe de service. Ou encore Maureen O'Sullivan, dans un rôle qui parle bien du statut des femmes dans cet univers.

Randolph Scott est lui, quasiment toujours le même, solitaire, avec une obsession ou une vengeance en tête, et relativement inexpressif. 

Très bon scénario donc, avec une montée progressive de la tension pour terminer sur une mort violente pour le méchant. Avec une forte composante de huis clos. D'ailleurs le format 1.85 de la photographie est surement choisi pour renforcer cet aspect. Une partie du film se déroulant dans une grotte.

L'Homme de l'Arizona [Édition Collection Silver Blu-ray + DVD] 

lundi 1 novembre 2021

Porte de Chine (China Gate, 1h37, 1957) de Samuel Fuller

Avec Gene Barry,  Angie Dickinson, Nat 'King' Cole, Paul Dubov, Lee Van Cleef, George Givot, Gerald Milton, Neyle Morrow, Marcel Dalio, Maurice Marsac, Warren Hsieh, Paul Busch.

Le film contient de superbes décors de guerre avec des bâtiments et des bouts de rues complètement détruites. L'autre partie des décors sont des décors de jungle construits dans un studio où se déroulera le film dans la nuit.

L'intérêt du film est de montrer la guerre en Indochine conduite par les Français. Car il s'agit ici d'un commando de l'armée française avec un américain qui vont tenter de détruire un dépôt d'armes pour éviter que les parties françaises de l'Indochine soient bombardées par les communistes.
Ce prétexte permet à Samuel Fuller de construire un film de guerre efficace, mais aussi de parler de sujets comme le racisme et les problèmes psychologiques liés à la guerre.
Samuel Fuller ne montre pas de héros, car aucun des personnages n'en est un, si ce n'est peut-être celui d'Angie Dickinson qui interprète une Indochinoise qui a eu un enfant avec un américain. Elle aide le commando à se diriger dans la jungle jusqu'au village communiste qui héberge les armes.
Une des curiosités du film est Lee Van Cleef dans un rôle très court qui interprète le chef communiste des Indochinois. Curiosité, car c'est un personnage avec des dialogues (sa filmographie l'a souvent utilisé dans des rôles peu loquaces).
Sinon le système Samuel Fuller fonctionne pleinement: un mélange de bric et de broc, de plans de studio, de plans en décors réels, de stock-shots documentaires, montés ensemble; ou alors des dialogues ampoulés par moment, mais qui sont efficaces. Et une direction d'acteur plutôt efficace qui fait que chacun des personnages à sa fonction. Le tout fonctionne plutôt bien et reste captivant jusqu'au bout. Évidemment un des messages du film est aussi de montrer l'horreur, les bêtises et l'absurdité de la guerre.
C'est-à-dire que nous ne sommes pas dans la subtilité, les messages de Samuel Fuller sont bien enfoncés de manière bien insistante pour que le spectateur les capte le bien.
Au total le film reste très intéressant, car mine de rien il y a très peu de films qui parlent des soldats français pendant la guerre d'Indochine !
 
China Gate

jeudi 16 juillet 2020

Le Brigand Bien-Aimé (The True Story Of Jesse James, 1957) de Nicholas Ray

Avec Robert Wagner, Jeffrey Hunter, Hope Lange, Agnes Moorehead, John Doucette, Alan Hale Jr., Alan Baxter, John Carradine, Rachel Stephens, Barney Phillips,

Le Brigand Bien-aimé [Édition Limitée Blu-Ray + DVD]

Un western tragique, où la poursuite n'a pas pour but d'être spectaculaire, ou l'attaque de la banque, catastrophique, ne se déroule pas comme prévu (et d'ailleurs elle évoque celle du début de La Horde Sauvage - 1969 -, avec un des protagonistes en cache-poussière, dont un passant à travers une vitrine en métal pour pouvoir s'échapper; Jesse James aurait-il inspiré Sam Peckinpah?). Une histoire où les voisins  sont des informateurs et incendient, où c'est un proche qui abattra dans le dos Jesse James, pour de l'argent, ou un autre proche est lui pendu à un arbre.
Une histoire torturée donc, avec ces frères James qui vont toujours plus en avant dans les attaques de banques ou de train, et qui bien sûr veulent raccrocher.
Histoire torturée par le montage qui fait des retours arrière et retours en avant, ce qui permet de maintenir le spectateur captif. Les retours en arrière permettent les explications.
L'histoire germe dans les tragédies de la fin de la Guerre de Sécession où les frères James, anciens sudistes (mais pas esclavagistes, quand même) décident de piller les banques Nordistes. Bien mal acquis ne profite jamais dit le proverbe, c'est bien la vie des frères James. Jamais un répit, toujours en fuite.
Les deux acteurs principaux portent haut la main leurs deux personnages, le jeune Robert Wagner, et Jeffrey Hunter, parfait.
Nous sommes moins convaincus par l'histoire sentimentale avec Hope Lange, qui finalement a le seul intérêt de permettre de réduire la tragédie en fournissant des éléments positifs au personnage et au drame, mais ce sont les seuls. Tout le reste n'est que ratages et drames. Un film sur des perdants.

samedi 4 avril 2020

3h30 Pour Yuma (3:10 to Yuma, 1957) de Delmer Daves

Avec Glenn Ford, Van Heflin, Felicia Farr, Leora Dana, Henry Jones, Richard Jaeckel

Ce film de Delmer Daves est une curiosité, sans être pleinement convaincant.
15.10 do Yumy PosterLe sujet concerne le transport vers le train de 3h10 à Yuma d'un méchant interprété par Glenn Ford; ceci étant fait par Van Heflin, fermier, qui a besoin d'argent, et se retrouve seul à transporter le méchant, car personne d'autre ne veut le faire (ceux qui l'aidaient le quittent un à un). C'est un canevas de scénario déjà vu et fait et qui le sera encore.
Le scénario prend son temps pour installer ses différents personnages en préalable, avec d'un côté le fermier qui galère et de l'autre le bandit un peu insouciant, mais conscient dans certains nombres de valeurs.
Nous sommes étonnés aussi de la séquence avec Felicia Farr, scène de séduction où la relation avec Glenn Ford se termine au lit, plutôt moderne et un peu surprenante par rapport au reste de l'histoire et ce qui va suivre. Si ce n'est pour montrer et caractériser le personnage de Glenn Ford, qui après la dureté du début du film, montre une expérience et un recul sur la vie.
Nous sommes moyennement convaincus par la fin du film où finalement Glenn Ford aide Van Heflin qui possède une éthique et une certaine morale. Et accepte d'aller en prison.
La photo du film en noir et blanc aide beaucoup à l'ambiance et au ton âpre du film.


samedi 21 décembre 2019

La Cité Disparue (Legend Of The Lost, 1957) de Henry Hathaway

Avec John Wayne, Sophia Loren, Rossano Brazzi, Kurt Kasznar, Sonia Moser.

La Cité disparue [Blu-Ray]Cette cité disparue est une curiosité. Curiosité, car voir John Wayne dans un cadre différent du western est plutôt inhabituel et suscite l'intérêt voire l’interrogation. Curiosité attisée par le fait qu'ici John Wayne est confronté à deux acteurs italiens. Dans un contexte de film de sable et de désert avec une recherche au trésor que n'aurait pas renié un Indiana Jones.
John Wayne fait ce qu'on connait de lui et l'ensemble de ses mimiques et tics d'interprétation sont présents dans le film. Allant de l'humour avec des situations comiques où il est saoul, jusqu'à son regard de tueur ou alors sa position d'homme de valeur. En face de lui il y a Sophia Loren qui joue une voleuse et prostituée et qui évolue progressivement au cours de l'histoire.
C'est d'ailleurs le principal intérêt du film, c'est l'évolution des trois personnages principaux au cours du film, qui entre le début et la fin ne sont plus du tout ce qu'ils étaient et ont changé pratiquement à l'opposé de leur personnage de départ. Il est intéressant de voir John Wayne évoluer dans cet environnement colonial plutôt inhabituel, où il fait à la fois l'américain que l'on connait, le comique, le dur, et le romantique.

samedi 14 septembre 2019

40 Tueurs (Forty Guns, 1957) de Samuel Fuller

Avec Barbara Stanwyck, Barry Sullivan, Dean Jagger, Gene Barryn John Ericson, Robert Dix, Jidge Caroll, Paul Dubov, Gerald Milton, Hank Worden.

Quarante tueurs DVDLe film n'a pas beaucoup de rapport avec son titre qui est plutôt là pour détourner l'attention du spectateur.
Au lieu de quarante tueurs (qui sont bien présents, mais ne font pas grand-chose), les articulations dramatiques sont autour d'histoires sentimentales: entre Barry Sullivan et Barbara Stanwyck, entre le frère de Barry Sullivan et l'armurière. Jusqu'au Shérif (Dean Jagger) qui est amoureux de Barbara Stanwyck.
Quarante tueurs PosterLe film marque plus pour ses scènes de paix et de violence en même temps: mariage (bien que le marié soit tué pendant son mariage), la déclaration d'amour du Sheriff à Barbara Stanwyck (qui se termine par son suicide par pendaison).
Mais aussi par ses scènes de violence: le fils de Barbara Stanwyck, qui doit être pendu et qui kidnappe sa mère pour échapper à la pendaison (mais le shérif tire à travers elle pour tuer le fils et la blesser juste elle - c'est un professionnel qui sait où faire entrer la balle pour juste la blesser).
Mais il contient aussi de vraies scènes de paix: les bains collectifs au début et à la fin.
Du côté de la distribution, peu d'acteurs connus, à part Barbara Stanwyck qui interprète la grande propriétaire (cattle baron) prête à tout pour arriver à ses fins (y compris laisser pendre son fils; qui il est vrai est un tueur). Barry Sullivan, par son jeu rentré, relativement inexpressif, arrive à être crédible.
Le film est donc une montagne russe dramatique qui va très vite (76 minutes), le tout emballé dans un montage à la serpe, qui utilise tous les effets possibles (ralentis par exemple). 
Une curiosité.

vendredi 6 décembre 2013

LE ROUGE EST MIS (1957) DE GILLES GRANGIER



Avec Jean Gabin, Paul Frankeur, Marcel Bozzuffi, Lino Ventura, Annie Girardot.
Un film policier rouge, car le sang est versé. Pas au début, mais lors du deuxième casse qui tourne mal. À cause de Pépito (Lino Ventura), brute à la gâchette facile, qui n'écoute pas le chef. Le chef, c'est Jean Gabin, dans une prestation standard.
La femme, qui ne s'avère pas fatale, mais un peu vénale, est interprétée par une jeune Annie Girardot ("de la comédie française"). Les autres femmes sont soient la mère soit des filles de petites vertus. Assez misogyne comme milieu.
Tout cela donne un film policier bien troussé, sans surprise, mais efficace. Avec un sens des décors certains: ils jouent un rôle important dans un film policier, et dans celui-ci en particulier.