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mardi 11 novembre 2025

La Fureur de Vaincre (Fist of Fury, 1h35, 1972) de Lo Wei

Avec Bruce Lee, Nora Miao, James Tien, Maria Yi, Robert Baker, Fu Ching Chen, Shan Chin, Ying-Chieh Han, Chikara Hashimoto, Jun Katsumura, Chung-Hsin Huang, Kun Li, Feng Tien.

Bruce Lee revient à Shanghai où se trouve son école, car son maître vient de mourir. Il est visiblement très affecté. Il ne croit pas à une mort naturelle. Il mène à sa manière l'enquête lui même. Et souhaite venger son maître s'il n'est pas mort de manière naturelle, évidemment. Rien n'est divulgâché ici, c'est une tautologie.  Shanghaï semble être un protectorat japonais ou quelque chose d'équivalent, les Japonais étant très présents, y compris avec une école d'arts martiaux, concurrentes de celle de Bruce Lee.

Les méchants sont à moustaches, et aussi japonais. Et ceux-ci voient l'école chinoise comme une concurrente. Ils sont torves, menteurs, lâches et ricanants. La dramaturgie est simple pour ne pas dire à la serpe. Les écoles s'affrontent, s'invectivent, et Bruce Lee, solitaire, agit sans réfléchir aux conséquences et conduit son chemin.

Nora Miao amène une possibilité de relation amoureuse. Celle-ci est peu convaincante, car le personnage de Bruce Lee est trop obsédé, furieux et enragé pour un ensemble de combats pour venger son maître. Nous percevons qu'il est obsédé et enragé au milieu de combats très spectaculaires. Combats particulièrement lisibles  dans leur découpage et montage, et  jouissifs dans leur violence excessive. Il est tellement enragé, qu'il finit par foncer sur les armes de la police pour suggérer qu'il se suicide.

poster du film Bande-annonce La Fureur De Vaincre 

mercredi 29 octobre 2025

Big Boss (1h40, 1971) de Lo Wei et Chia-Hsiang Wu

Avec Bruce Lee, Maria Yi, James Tien, Nora Miao, Kun Li, Ying-Chieh Han, Tony Liu, Shan Chin, Hua-Sze Li, Marilyn Bautista. 

Bruce Lee est un immigrant chinois qui arrive en Thaïlande où il est accueilli par des ouvriers chinois qui travaillent dans une fabrique de blocs de glace. Des employés disparaissent. Le chef (Chih Chen) est un Asiatique ricanant, torve bien sûr, menteur bien sûr. Et le grand patron est du même acabit. Le typecasting opère : les méchants sont avec lunettes ou moustaches et ricanants de prime abord.

Le scénario est débile, d'ailleurs, beaucoup des personnages le sont. La direction d'acteur est catastrophique : il n'y en a pas et les personnages surjouent et grimacent. Bruce Lee n'est pas en reste et est catastrophique au niveau de son interprétation. La bande son est ridicule, donc hilarante et est constitutive du plaisir : les coups donnés ressemblent à des gifles sur des morceaux de viande. Les décors d'intérieur, de carton-pâte, donnent une patine particulière au film. Nous ne sommes pas loin de Chan Cheh, avec un film sans femme, où les hommes nourrissent des obsessions entre eux (amour, amitié, haine), se retrouvent torse nu très vite et s'affrontent avec violence.

Après ces considérations de formes, nous sommes là pour visionner les performances de Bruce Lee. Ce n'est donc pas l'interprétation qui nous intéresse. C'est son premier film en tant qu'artiste kung-fu, et qui, par son succès, en fera une star internationale. Les combats ne sont pas dirigés par Bruce Lee  dans ce film, mais par Chia--Hsiang Wu. Bruce Lee ne se retrouve pas torse nu rapidement, mais il y viendra. Le canevas dramatique met du temps à donner la possibilité à Bruce Lee de frapper. Mais c'est là où nous apprécions : les coups, les combats, les expressions faciales de Bruce Lee traduisent une violence qui fait penser à des dérèglements ou une forme de folie, se transformant en une espèce d'animal (les cris) sans foi ni loi (tous les coups sont permis, en particulier dans l'entrejambe). 

poster du film Big Boss