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samedi 28 mars 2026

Le Dossier Maldoror (2h24, 2025) de Fabrice du Welz

Avec Anthony Bajon, Alba Gaïa Bellugi, Alexis Manenti, Sergi López, Laurent Lucas, David Murgia, Béatrice Dalle, Lubna Azabal, Jackie Berroyer, Mélanie Doutey, Félix Maritaud.

Fabrice du Welz nous avait déjà intrigués avec son très beau film Adoration (2019), à la fois dense et atmosphérique. Le Dossier Maldoror est un film policier qui raconte à sa manière, dans les années 90 et  les années qui suivent l'enlèvement, la séquestration et le meurtre de jeunes femmes, dans la région de Charleroi en Belgique. L'histoire est librement inspirée de l'affaire Dutroux. Et le filme raconte l'histoire du point de vue des polices, qui ne communiquent et partagent pas l'information et se détestent, mais aussi du point de vue des suspects, car c'est la l'horreur de l'histoire : le ou les criminels étaient connus dès le départ, mais la guerre des polices et les rivalités au sein de la gendarmerie, ont empêché l'enquête de progresser rapidement. La guerre des polices suggérée comme ayant causé la mort de plusieurs jeunes filles sera réformée à l'issue de l'affaire : elles seront restructurées devant l'échec de cette enquête.

Le film est porté  par Anthony Bajon, qui contribue à l'enquête. Gendarme au cœur d'une partie de l'investigation, son inexpérience plus son désir de rendre justice changeront sa vie pour toujours.

Après Adoration (2019), Fabrice du Wetz compose une œuvre à la fois atmosphérique et triviale (le film contient son lot d'images horribles, présentées ou suggérées). 

poster du film Bande-annonce Le Dossier Maldoror 

mercredi 11 février 2026

Athena (1h39, 2022) de Romain Gavras

Avec Dali Benssalah, Sami Slimane, Anthony Bajon, Ouassini Embarek, Alexis Manenti, Birane Ba, Iless Hachi, Younès Benbakki, Meriam Sbia.

Le membre d'une cité a peut-être été assassiné par des policiers. Cela provoque l'embrasement de la cité et une guerre de tranchées, littéralement. La cité devient une forteresse qui refuse l'accès aux forces de l'ordre avec incendies et cocktails Molotov et meute pour défendre et attaquer les forces de l'ordre. 
Le film est spectaculaire et maintient une tension permanente jusqu'à sa conclusion. Il n'y a pas de héros, mais plusieurs personnages principaux que l'on suit au cours du récit : leader des insurgés, un policier qui essaie de temporiser et de raisonner qui se trouve être le frère du leader. Et il y a aussi un leader du trafic de drogue, qui est aussi un membre de la fratrie. Tout ce monde n'a pas les mêmes intérêts et les mêmes ambitions et s'affrontent autour de petits arcs dramatiques qui nourrissent soit directement, soit indirectement l'arc dramatique principal, c'est-à-dire l'embrasement.
Le réalisateur choisit de donner le point de vue à un des policiers que nous retrouverons un peu plus tard au cours de l'intrigue à l'intérieur de la cité et il sera aussi un élément important des drames qui vont suivre dans la deuxième partie du film. 
Sur la forme le film est très efficace et impressionnant. Il peut être vu comme une actualisation de La Haine de Mathieu Kassovitz. Ne serait-ce que sur la forme, le film de Mathieu Kassovitz était stylisé (le noir et blanc, par exemple), ici, c'est une explosion graphique qui fait penser à un Escape From New-York (1981) de John Carpenter, en plus survitaminée ou alors au film Tueurs Nés (1994) d'Oliver Stone pour le côté hystérique.
 
poster du film Bande-annonce Athena 

mercredi 27 décembre 2023

Chien De La Casse (1h33, 2023) de Jean-Baptiste Durand

Avec Anthony Bajon, Raphaël Quenard, Galatéa Bellugi, Dominique Reymond, Bernard Blancan, Nathan Le Graciet, Mélanie Martinez, Mike Reilles, Mathieu Amilien, Evelina Pitti.

Voici une belle surprise. Histoire d'amitié entre deux copains d'enfance, qui vivent de petits traffics. L'un est mutique et parle peu (Anthony Bajon), l'autre (Raphaël Quenard) est cultivé, parleur et occupe l'espace, et harcèle son copain d'enfance, qui est consentant. Jean-Baptiste Durand arrive à rendre ces personnages émouvants, en tout cas humains. Il ne les juge pas. Il montre à travers leurs comportement leur mal être plus profond.

Cette petite harmonie de duo de copain va évoluer suite à la rencontre d'une jeune femme dont l'un d'eux tombe amoureux. Et suite aussi à des histoires avec les fournisseurs de drogue.
Ce sont des personnages seuls. Nous les suivont dans leurs routines quotidiennes, entre les habitants du village, la mère de l'un, les copains, les fournisseurs pour le petit traffic qu'ils font.
Cela se déroule au soleil (région du Languedoc) mais se déroule de nuit ou alors la photo assombri par des choix de tons qui n'évoquent pas une région ensoleillée. Car il s'agit d'un drame, dont il est difficile de deviner la progression alors qu'il est facile de deviner les séquences qui suivent.
A noter aussi une bonne utilisation de la musique, peu présente compte tenu du choix de naturalisme, mais qui densifie les images.
Chien de la Casse