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jeudi 24 mars 2022

Le Bourreau Du Nevada (The Hangman, 1h27, 1959) de Michael Curtiz

Avec Robert Taylor, Tina Louise, Fess Parker, Jack Lord, Gene Evans, Mickey Shaughnessy, Betty Lynn, Mabel Albertson, Shirley Harmer, James Westerfield.

Voilà un superbe scénario pour ce western en ville où un Marshall (Robert Taylor), à la recherche d'un requis pour la justice (qui risque d'être pendu s'il est jugé coupable), se trouve confronté au fait que celui-ci est apprécié de toutes et tous dans la ville. Pour l'identifier, il utilise une connaissance, Tina Louise qui sera capable de l'identifier. Celui-ci, Jack Lord, se révèle un bon gars que tout le monde adore. Notre Marshall se retrouve donc seul contre les autres qui vont passivement aider leur ami pour qu'il lui échappe.

La richesse du scénario est dans l'interaction des différents personnages. Entre Robert Taylor, le professionnel qui n’en a rien à faire de la personne qu'il recherche, car elle est juste recherchée pour être jugée (il n'est pas un jury ni un juge) et les autres personnages: Tina Louise le témoin qui est censé l'identifier; le shérif Fess Parker, qui aide par profession le Marshall. Tous trois vont évoluer au cours de l'histoire et changer ou adapter leur position et leur posture. Le shérif va aider le Marshall au début, puis plus après. Le shérif tombe amoureux de Tina Louise (il y a de quoi). Le Marshall fini lui par se dire que faire cela n'est pas forcément quelque chose qui l'emballe et va évoluer sur sa position, au point de peut être de démissionner. 

À ces quatre personnages principaux se greffent des personnages secondaires, bien existants et biens écrits et qui enrichissent l'histoire: la dame mature qui cherche à séduire Robert Taylor; le collègue de Jack Lord qui se bat avec lui, par exemple.

À noter une belle scène où Tina  Louise sort de son bain et va s'habiller dans sa chambre, avec Robert Taylor présent dans la pièce. Une scène à la fois riche visuellement et riche en dialogues.

Jusqu'à la conclusion finale, pas forcément imprévue, mais qui est fort sympathique. Voilà une bonne histoire, intemporelle, qui pourrait être adaptée dans une infinité de contextes, et donc refaite.

Le Bourreau du Nevada [Blu-Ray]

dimanche 27 février 2022

L'Attaque De La Malle-Poste (Rawhide, 1h29, 1951) de Henry Hathaway

Avec Tyrone Power, Susan Hayward, Hugh Marlowe, Dean Jagger, Edgar Buchanan, Jack Elam, George Tobias, Jeff Corey, James Millican.

Unité de lieu (un relais pour diligence) et de temps (se déroule sur moins de 24 heures): des bandits (avec à leur tête Hugh Marlowe (parfait dans un western) veulent attaquer une diligence remplie d'or. Ils séquestrent Tyrone Power (l'homme de main du relais) et Susan Hayward (une passagère en escale) jusqu'à l'arrivée de la diligence remplie d'or. Le groupe de bandits est constitué d'évadés de prison. Ils ne sont pas complètement assortis entre eux et arrivent avec des tensions. Avec un des bandits, Jack Elam, dans un de ses premiers rolles, littéralement fou et obsédé par Susan Hayward. Et avec Hugh Marlowe pour un personnage de méchant en chef, mais éduqué, pas une grosse brute, qui doit gérer le fou Jack Elam et les deux autres qui semblent avoir le QI d'une huitre.

Et avec Tyrone Power encore dans un rôle de personnage simple qui qui arrive à faire passer des émotions avec pas grand-chose. Qui va devoir composer avec Susan Hayward s'ils souhaitent s'en sortir, tous les deux, ou mieux, tous les trois, car Susan Hayward a une petite fille avec elle. Petite fille, bébé qui marche à peine, qui donnera lieu à une scène impressionnante du film où Jack Elam tire à côté de la petite fille (qui par accident est sortie de la maison) pour faire peur à sa mère: les explosifs (impacts de balle au sol) sont clairement à côté de la petite fille pendant cette séquence. C'est une bonne histoire.

 L'Attaque de la Malle-Poste [Édition Limitée Blu-Ray + DVD]

jeudi 16 juillet 2020

La Rue Rouge (Scarlet Street, 1945) de Fritz Lang

Avec Edward G. Robinson, Joan Bennett, Dan Duryea, Margaret Lindsay, Rosalind Ivan, Jess Barker, Charles Kemper, Anita Sharp-Bolster, Samuel S. Hinds, Vladimir Sokoloff, Arthur Loft, Russell Hicks.

La Rue Rouge [Blu-Ray]
Nous sommes ici dans le film Noir. L'histoire raconte comment un pauvre type interprété par Edward G. Robinson, caissier, se retrouve dans une relation avec une fille pas innocente, beaucoup plus jeune que lui, dont il tombe amoureux. Il est peintre amateur à ses heures. Elle profite de sa crédulité pour signer ses toiles et les vendre, avec l'aide de son fiancé, un très mauvais garçon.
Il s'agit d'un vrai film sombre, avec une femme fatale, même si Joan Bennett n'a pas le physique de la femme fatale auquel on s'attend habituellement. Mais ils finiront tous par mourir. Ou presque.
Nous retenons d'abord le personnage d'Edward G. Robinson, plutôt un pauvre type, naïf, qui vit avec une femme acariâtre (au-delà de la caricature) et qui trouve son équilibre psychologique en peignant. Malheureusement suite à sa rencontre avec Joan Bennett (par hasard au coin d'une rue) sa vie va basculer. Il tombe amoureux d'elle, toutes ses frustrations accumulées vont lui donner les moyens de franchir le pas. Mais aussi l'aveugler. Il va l'entretenir, lui prendre un appartement, et une descente aux enfers va débuter, jusqu'à ce qu'il comprenne la supercherie: elle ne l'aime pas. Ce qui va le faire entrer progressivement dans la folie.
À noter cette belle scène, tout à la fois une belle idée de mise en scène, et horrible pour le sous-texte, où il lui vernit les ongles de pieds.
L'histoire possède un côté inéluctable et implacable, ainsi qu'une grande fluidité. Elle happe le spectateur de bout en bout.


samedi 27 juin 2020

Chasse A L'Homme (Man Hunt, 1941) de Fritz Lang

Avec Walter Pidgeon, Joan Bennett, George Sanders, John Carradine, Roddy McDowall, Ludwig Stössel, Heather Thatcher, Frederick Worlock, Roger Imhof.

Quelle élégance et quelle maîtrise! Le film est un bréviaire de mise en scène. Avec des jeux d'ombres où le personnage est hors champ. Avec l'utilisation de la profondeur de champ, de l'échelle des plans, de l'américain aux gros plans, qui sont utilisés dans une même séquence.
Le scénario parle de chasse. Nous aurions pu nous en douter vu le titre, néanmoins c'est vraiment le sujet coeur, le plaisir du chasseur. Qui n'est pas de tuer sa proie, mais de la trouver (arriver à s’en approcher sans être vu), être capable de l'attraper, sans la tuer.
Chasse à l'homme [Combo Blu-Ray + DVD]Un chasseur émérite chasse et tue (s'il le souhaite) un gibier particulier, Adolf Hitler (nous sommes autour de 1938). Il le met en joue, mais ne le tue pas. Mais il est attrapé et devient lui-même le sujet d'une chasse dont il est le gibier. Il finira d'ailleurs acculé dans une grotte, comme une bête.
Le film est passionnant, principalement grâce à la mise en scène et à l'interprétation de ses acteurs. Tout d'abord Walter Pidgeon en gentlemen anglais chasseur, un peu irresponsable, qui se comporte presque comme un enfant au milieu des nazis et du gouvernement anglais qui a l'air de ne pas vouloir faire grand-chose pour l'aider (le gouvernement anglais ne souhaite pas froisser l'Allemagne).
Ensuite, George Sanders, qui est génial dans son rôle de nazi fier de l'être avec une interprétation très rentrée et très ironique qui lui donne une stature comique et qui se délecte dans la perfidie.
Et enfin, Joan Bennett, qui apporte une légèreté et une réalité lors des séquences à Londres, sur sa relation avec Walter Pidgeon, ou ses réactions avec le ministre anglais et sa femme. Ils composent presque tous les deux un duo humoristique, ce qui en fait un duo avec un petit garçon et une petite fille, dans cet univers très sérieux et lourd (les nazis, la diplomatie des années 30), avec John Carradine en nazi qui les poursuit.
À noter aussi de belles scènes avec l'enfant sur le bateau, Roddy MacDowall enfant, que nous retrouverons dans beaucoup de films lorsqu'il sera adulte.