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dimanche 4 décembre 2022

Preparez Vos Mouchoirs (1h48, 1978) de Bertrand Blier

Avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Carole Laure, Michel Serrault, Eléonore Hirt, Jean Rougerie, Sylvie Joly, Riton Liebman, Liliane Rovère. Michel Beaune, Roger Riffard.

Carole Laure est dépressive et n'a de goût à rien, si ce n'est pour tricoter des pull-overs à son compagnon. Son compagnon, Gérard Depardieu l'offre à Patrick Dewaere, qui s'entiche d'elle, mais son spleen et ses états d'âme ne changent pas. Ils sont prêts à tout pour l'aider, car ils l'aiment comme ils disent. Ils rencontrent un adolescent de 13 ans, qui va faire évoluer et changer et les choses.

Bertrand Blier a construit un film concept où Carole Laure et Riton Liebman sont au centre.

Le talent de Bertrand Blier est bien présent: dialogues et interprétations étourdissantes pour une histoire dont les circonvolutions conduisent comme souvent chez lui vers une tragédie de la bourgeoisie, qui ici encore est secouée et chamboulée. Sous certains atours de comédie, le film est un drame via de multiples composantes. Comme souvent la musique a un rôle important, avec ici Schubert, et le personnage de Patrick Dewaere qui est un passionné de Schubert. Et de lecture (il dispose de l'ensemble de la collection du livre de poche).


Nous y trouvons de l'émotion, de la tendresse, des énormités. Que les comédiens jubilent à fournir, nous le sentons biens. Avec des dialogues encore et toujours passionnants et impressionnants.

Préparez vos Mouchoirs

dimanche 6 novembre 2022

Calmos (1h42, 1976) de Bertrand Blier

Avec Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Bernard Blier, Brigitte Fossey, Claude Piéplu, Pierre Bertin, Michel Peyrelon, Dora Doll, Micheline Kahn, Jacques Rispal, Jacques Denis, Sylvie Joly, Claudine Beccarie, Gérard Jugnot,  Dominique Davray.

Bertrand Blier est le spécialiste des films méta. Ici il s'agit d'une métahistoire relativement au fait que les hommes matures en ont assez des femmes. Il faut sûrement évaluer le film dans le contexte de la fin des années 70. Mais sur l'ensemble le film fonctionne et contient quelques séquences savoureuses et d'anthologie. Néanmoins ce n'est pas une histoire comme les autres et nous pouvons savourer les dialogues ou certaines scènes, mais l'ensemble est néanmoins un peu décousu. Nos deux personnages principaux que sont Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, le premier gynécologue qui en a assez de mettre ses doigts et ses yeux dans les vagins de ses clientes, et l'autre qui est visiblement victime des femmes qui le croisent, séducteur à l'insu de son plein gré...

Élément qui structure beaucoup le film surtout dans sa première partie et le fait que les femmes sont remplacées par de la bonne bouffe, des plaisirs du palais, avec des nourritures très grasses, très sucrées, avec beaucoup d'alcool. La deuxième partie est beaucoup plus méta pour le coup et le film se termine à l'intérieur d'une femme ce qui est bien dans sa logique. En passant par la séquence des extractions industrielle du sperme de nos deux personnages, séquence savoureuse et délirante.
Ce n'est pas un film pour toutes les sensibilités, mais il s'agit bien d'un film unique à forte hystérésis.
Calmos

dimanche 27 février 2022

Platoon (2h, 1986) de Oliver Stone

Avec Tom Berenger,Willem Dafoe, Charlie Sheen, Keith David, Forest Whitaker, Francesco Quinn, Kevin Dillon, Corey Glover, Johnny Depp, Chris Pedersen, Richard Edson, Tony Todd, Kevin Eshelman.

Visionner Platoon, film sur une partie de la guerre du Vietman, permet de se rendre compte que le film possède toujours actuellement des qualités. Sa distribution et sa progression dramatique en sont des exemples.

La distribution est la grande qualité du film, avec une brochette de personnages secondaires (il n'y a pas de personnage principal, même si nous suivons les évènements avec Charlie Sheen, son personnage est un concept de scénariste) et donc d'acteurs.

La où le film laisse légèrement dubitatif est sur la partie dramatique justement: l'ennemi n'est pas le communisme. L'ennemi est à l'intérieur du groupe puisque le film structure beaucoup sa progression autour de l'affrontement entre le groupe de Tom Berenger et le groupe de Willem Dafoe. Qui sont d'ailleurs tous les deux très bons. Nous sommes capables, d'appréhender et comprendre cette rivalité, mais la mener jusqu'au bout au point qu'ils s'entretuent parait peu vraisemblable.

Le film est fort pour peindre l'oisiveté, le besoin de partir ailleurs des soldats, avec l'usage des drogues multiples qu'ils prennent en permanence, qui les aident à tenir. Et en fin de compte le film montre bien à travers son climat et ses différents personnages les éléments constitutifs de ce conflit: l'attente, la difficulté à identifier l'ennemi, la difficulté du terrain avec sa jungle, ses rizières, ses sous-terrains, et au total l'absurdité de l'ensemble.

Platoon

dimanche 8 août 2021

L'incorrigible (1h40, 1975) de Philippe de Broca

Avec Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold, Julien Guiomar, Charles Gérard, Daniel Ceccaldi, Capucine, Andréa Ferréol, Michel Beaune, Albert Simono, Pascale Roberts, Maria Merik, Dora Doll, Marc Dudicourt.

Philippe de Broca renoue avec Jean-Paul Belmondo après le chef-d'oeuvre Le Magnifique (1973).

Jean-Paul Belmondo excelle dans ce personnage pleutre, poltron, profiteur, doué pour l'improvisation, paumé, finalement sympathique, qui devient attachant, car il n'est finalement pas méchant et est surtout inadapté, à tout. 

Nous apprécions le clown Jean-Paul Belmondo, qui reste ici dans un cadre qui semble maitrisé par Philippe de Broca. Nous apprécions Geneviève Bujold qui dompte le fauve Jean-Paul Belmondo ainsi que tous les autres personnages. Nous apprécions Julien Guiomar qui est un maître es délires. Charles Gérard a pour une foi un personnage utile  (et n'est pas uniquement là parce qu'il est le copain de quelqu'un).

Pour compléter cela, la distribution féminine est impressionnante: outre Geneviève Bujold, il y a Capucine, Dora Doll, et Andréa Ferréol avec des personnages hors normes.

L'Incorrigible [Blu-Ray]

mardi 11 mai 2021

Les Morfalous (1984, 1h46) de Henri Verneuil

Avec Jean-Paul Belmondo, Jacques Villeret, Michel Constantin, Michel Creton, Matthias Habich, François Perrot, Marie Laforêt.

Ici nous changeons de metteur en scène (ce n'est pas Georges Lautner), c'est-à-dire de gestionnaire de plateau, avec Henri Verneuil. Dont la qualité des films dépend du sujet et de la qualité des scénarios, le metteur en scène n'étant pas capable de transcender sa matière.

Les sketches du clown Jean-Paul Belmondo sont présents. Il est épaulé ici par des acteurs confirmés, avec Michel Constantin, le personnage le plus sympathique et intéressant du film, Jacques Villeret, en mode mineur, Michel Creton, en mode "je passais par là pour voir mon pote le clown": son personnage ne sert strictement à rien.

Les déclamations de dialogues de Jean-Paul Belmondo sont parfois ridicules, et certains dialogues sont d'une nullité abyssale. Le scénario enchaine un nombre de clichés impressionnants. Le montage est paresseux (ces plans alternés entre Belmondo et les plans du char roulant à la fin sont interminables). Le film est particulièrement misogyne avec chacun des personnages féminins.

Est-il possible de tout rater avec autant de moyens? Un film de paresseux.

Les Morfalous

 

dimanche 14 mars 2021

Tirez Sur Le Pianiste (1960, 1h21) de François Truffaut

Avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Nicole Berger, Michèle Mercier, Serge Davri, Claude Mansard, Richard Kanayan, Albert Rémy, Jean-Jacques Aslanian, Daniel Boulanger, Boby Lapointe, Catherine Lutz.

Tirez Sur Le Pianiste est le deuxième long métrage de François Truffaut. Il s'agit d'un polar para-Noir, où nous retrouvons le pessimisme du genre, le suspense (avec plusieurs fuites en avant), les retours en arrière, et la voix off. Mais aussi le personnage faible, Charles Aznavour, tiré entre ses frères qui sont mauvais et qui sont poursuivis, sa situation de pianiste déchue, et peu être des éléments sentimentaux avec Marie Dubois.

Le film est simple (il va à l'essentiel) et efficace. Il mélange intrigues sentimentales et intrigues policières avec ces truands qui poursuivent les frères de Charles Aznavour. Celui-ci est un ancien pianiste virtuose qui joue dans un bar, qui a changé de nom. Mais ses frères lui demandent de l'aide pour échapper à d'autres gangsters qu'ils ont trahis. Ce qui fera basculer sa vie anonyme, lui fera peut-être connaitre l'amour. La dimension romantique est ce qu'il y a de plus intéressant, autour de la relation de Charles Aznavour et Marie Dubois, bien écrite, et plutôt inhabituelle par sa subtilité.

Sur la forme la voix off passe assez bien. Sur les décors, éléments importants du polar et du Noir, le film passe adroitement, de la ville, des rues la nuit, à la montagne et la neige vers la fin.

A noter, une très sympathique séquence avec une chanson de Boby Lapointe, chantée par lui même.

Le film est court, 80 minutes, et correspond à un court-métrage aux regards de standards de durées actuelles (les films de cinéma prétentieux dépassent les 140 minutes, et la moindre série dure plus de 5 heures).

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L'Amant De 5 Jours (1961, 1h35) de Philippe De Broca

Avec Jean Seberg, Micheline Presle, Jean-Pierre Cassel,  François Périer, Carlo Croccolo, Claude Mansard, Albert Michel, Albert Mouton, Marcella Rovena.

L’oisif Jean-Pierre Cassel tombe amoureux de Jean Seberg (affublée d'une coiffure affreuse, probablement une perruque), qui a besoin d'un amant, uniquement du lundi au vendredi (les cinq jours du titre) et pas le week-end, car elle est avec son mari, qu'elle aime à sa manière. Par ailleurs la situation officielle de Jean-Pierre Cassel est d'être l'amant de Micheline Presle (qu'elle entretient) qui est aussi l'amie de Jean Seberg. Jean-Pierre Cassel ne comprenant la chose pas tout de suite, mais uniquement vers la fin du film.

Après l'exposition et la mise en place des éléments dramatique, la narration ajoute François Périer, le mari de Jean Seberg. Élément intéressant, car nous comprenons qu'il accepte sa situation et les errements affectifs ou sexuels de sa femme. Au grand regret de Jean-Pierre Cassel qui se retrouvera seul, car il ne veut pas être l'amant que du lundi au vendredi. Sous des atours d'intrigue de boulevard dans la petite bourgeoisie, l'histoire est d'une tristesse et très sombre pour le personnage de Jean-Pierre Cassel.

Ce troisième film de Philippe de Broca clôt la trilogie avec Jean-Pierre Cassel sur des sujets et des intrigues entre garçons et filles, en chambre, pour passer ensuite au film comique d'aventure (le long métrage suivant sera Cartouche en 1962).

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samedi 15 août 2020

Le Farceur (1960) de Philippe de Broca

Avec Anouk Aimée, Jean-Pierre Cassel, Palau, Geneviève Cluny, Georges Wilson, Anne Tonietti, François Maistre, Jean-Pierre Rambal, Liliane Patrick, Irène Chabrier.

Le Farceur [Blu-Ray]Avec Le Farceur nous avons (après Les Jeux de L'Amour, 1960, du même Philippe de Broca) encore un festival Jean-Pierre Cassel, qui saute, danse, court, chante, siffle, fait des claquettes, etc. Bref qui fait un festival. Personnage qui couche avec toutes les femmes qu'il croise, de ses proches, sa première femme, la bonne, sa maitresse (le mari n'est bien sûr pas content), Anouk Aimé (son mari s'en moque et ne semble préoccupé que par l'argent), la soubrette de l’hôtel, et les deux mères de ses deux enfants..
Nous sommes dans une famille bourgeoise qui a eu été, avec Georges Wilson, Geneviève Cluny, une famille de saltimbanques qui ne bougent pas, dont Jean-Pierre Cassel semble être le seul à sortir de la maison; et une qui l'est: Anouk Aimé, son mari, patron capitaliste, François Maistre, génial comme souvent (sa première scène est géniale et digne d'une anthologie).
Toutes les scènes se déroulant dans la famille de saltimbanques qui a eu été sont d'ailleurs très bien écrites et constituent la saveur du film, avec une géographie de la maison et un travail sur les décors qui imprime la vue, qui pourrait d'ailleurs être un décor de théâtre.
Les scènes avec Anouk Aimée sont plus fades et moins enthousiasmantes, probablement parceque le sous-texte dramatique affleure assez vite.
Sous des atours de film gai et de personnage gai, c'est finalement une histoire bien triste que raconte le film, le personnage de Jean-Pierre Cassel, changeant  de femmes au gré des rencontres, se retrouve seul, au sein de sa famille. Et ne semble pas savoir comment avoir une vraie histoire d'amour.

dimanche 26 juillet 2020

Les Jeux De L'Amour (1960) de Philippe de Broca

Avec Jean-Pierre Cassel, Geneviève Cluny, Jean-Louis Maury, Robert Vattier, Claude Cerval, Pierre Repp, Maria Pacôme, François Maistre.

Les Jeux de l'amour [Blu-Ray]Premier film de Philippe de Broca. Pour le coup, le titre du film est à l'image du film. Le personnage  principal est Geneviève Cluny (Suzanne), parfaite et magnétique, autour de laquelle gravitent deux hommes: Jean-Pierre Cassel, son amoureux, qui ne veut pas se marier et s'engager et avoir d'enfant, et Jean-Louis Maury, ami du couple et amoureux de Suzanne, et pas secrètement (elle le sait, et Jean-Pierre Cassel le sait).
L'histoire est donc comment elle fait en sorte d'arriver à ses fins.
Jean-Pierre Cassel est sur pile électrique et passe son temps à courir, sauter, chanter, siffler, passer par la fenêtre. Au point de fatiguer le spectateur par moment. Jean-Louis Maury, François, est plus taciturne et est prêt à se marier avec Suzanne et lui faire un enfant. Elle va l'utiliser pour arriver à ses fins avec Victor, Jean-Pierre Cassel.
L'interprétation au sein du trio est subtile, c'est bien écrit, sans temps mort, tout va très vite. Et Geneviève Cluny (auteure du scénario original) porte le film sur ses épaules: beau personnage et belle actrice.
Le film présente aussi beaucoup de décors de Paris de ces années-là, les décors accrochent l'oeil.