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vendredi 27 février 2026

L'Attachement (1h46, 2024) de Carine Tardieu

Avec Valeria Bruni Tedeschi, Pio Marmaï, Vimala Pons,  Raphaël Quenard

Curieux film. Les personnages sont mal écrits : ils ne suscitent aucune empathie, mais de la moquerie. Cela se veut sensible, mais cela est pleurnichard. Le scénario ne prend pas son temps pour installer et caractériser les personnages. Les articulations dramatiques vont trop vite. Nous nous moquons de ce qu'il arrive. Il ne suffit pas de geindre ou pleurer pour susciter l'empathie. Et hop, la voisine meurt. Son mari tombe amoureux de la voisine. Puis tombe amoureux d'une doctoresse. Son fils n'est pas son fils.  Il se marie avec la doctoresse. Mais finalement il ne l'aime pas. Tout cela est d'un ennui. Ce film fait penser à des fictions télévisuelles bas de gamme, où les relations entre les personnages sont caricaturales, prévisibles et risibles. 

L'art de l'ellipse est au cœur de l'expérience cinématographique. Ici les articulations sont cousues de fil blanc, ne suscitent aucune interrogation du spectateur. Le spectateur joue à deviner ce qui va suivre et s'amuse des articulations qu'il a souvent devinées.

Quel est le message de ce film ? Qu'une féministe qui a fait le choix du célibat est capable d'humanité, c'est-à-dire d'aimer un petit garçon ? Que les féministes fument et sont alcooliques ? Il n'y a pas un plan où Valeria Bruni Tedeschi ne boit pas et ne fume pas. Il y a peu de choses à sauver de cet ensemble de choses confuses et sans fil conducteur. À moins que ce soit un film qui souhaite insulter les féministes ?

Nous sauverons de ce naufrage l'interprétation de Valeria Bruni-Tedeschi dont la prestation rentrée lui évite le ridicule. Ainsi que l'énergie de Vimala Pons qui par son dynamisme, donne un peu de lumière à cet ensemble mièvre.

poster du film Bande-annonce L'Attachement 

samedi 16 mars 2024

Yannick (1h03, 2023) de Quentin Dupieux

Avec Raphaël Quenard,  Pio Marmaï, Blanche Gardin, Sébastien Chassagne, Agnès Hurstel, Jean-Paul Solal, Laurent Nicolas, Mustapha Abourachid, Sava Lolov.

Le réalisateur signe son film le plus linéaire, à défaut d'être limpide. Nous savons que Quentin Dupieux parle très souvent voire quasiment toujours du film, de l'oeuvre d'art, de sa manière de la faire, de son impression qu'elle fait sur le spectateur. Ici il questionne ce qu'est une œuvre d'art et le rapport du spectateur à celle-ci. Ceci par le biais d'une pièce de théâtre d'assez peu bonne qualité que Raphaël Quenard regarde comme spectateur et décide de la modifier, de la réécrire. En interprétant un personnage que nous comprenons comme étant plutôt dépressif, et plus simplement qui ne va pas bien du tout.

Le dispositif de mise en scène est simple et limpide pour mettre en valeur les dialogues : à la fois ceux de la pièce de théâtre, et ce du personnage de Raphaël Quenard. Il y a un gros travail sur cet aspect-là.

Nous ne sommes donc pas ici dans un procédé qui pourrait paraître absurde comme dans beaucoup de films du réalisateur. Mais c'est quelque part un film qui explique comment appréhender tous les films précédents de Quentin Dupieux. Le personnage de Raphaël Quenard n'est-il pas Quentin Dupieux ? Questionnant les films et ce qu'ils sont censés apporter à leur spectateur. Il pourrait arrêter maintenant et nous comprendrions toute son œuvre.
Il est surprenant de voir arriver les policiers à la fin. Cela ancrant le film dans une réalité à laquelle Quentin Dupieux ne nous a pas habitué. Une manière de rendre réel le constat fait par le personnage de Raphaël Quenard.
Bande-annonce Yannick