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dimanche 3 novembre 2024

Road House (1h54, 1989) de Rowdy Herrington

Avec Patrick Swayze, Kelly Lynch, Sam Elliott, Ben Gazzara, Marshall R. Teague, Julie Michaels, Red West, Sunshine Parker, Jeff Healey, Kevin Tighe.

Le film possède un charme désuet. Voici un film très symptomatique des années 80, où les femmes sont traitées comme des objets, où les coupes de cheveux paraissent ringardes. Les femmes semblent être des objets, des bouts de viande, heureuses de l'être pour certaines. Une vision très misogyne donc.

Le scénario est plutôt bon. Les deux scénaristes (R. Lance Hill et Hilary Henkin) possèdent un savoir-faire, et la progression de l'histoire maintient l'attention. Le méchant est de qualité, avec un Ben Gazzara qui incarne bien son rôle de méchant, avec jubilation, que nous adorons détester. Patrick Swayze est à son aise dans ce personnage, et possède un magnétisme certain.

La musique de Jeff Healey, l'univers alcoolisé des boîtes et bars à musique, est intéressante. Même s'il est toujours étonnant d'imaginer qu'une fois alcoolisés, certains deviennent des crétins, et que cela semble normal. D'où le métier qu'exerce Patrick Swayze. Un film tellement années quatre-vingt qu'il en devient attachant.

Bande-annonce Road House

dimanche 29 août 2021

La Nuit Des Masques (Halloween, 1h37, 1978) de John Carpenter

Avec Donald Pleasence, Jamie Lee Curtis, Nancy Kyes, P.J. Soles, Charles Cyphers, Kyle Richards, Kyle Richards, Brian Andrews, John Michael Graham, Tony Moran.

Halloween est le film qui a lancé la carrière de John Carpenter, par son succès commercial; mais pas sur le plan stylistique, car son film précédent, Assaut (1976) avait déjà marqué les esprits par son utilisation de la caméra.

Ici c'est le film de tueur en série à l'arme blanche qui est lancé, celui-ci s'attaquant de préférence à des adolescents ou des jeunes adultes. Le film donnera lieu à beaucoup de suites au sein de la franchise  Halloween, et de multiples plagiats.

Le film finalement ne contient pas une histoire très compliquée, mais plutôt une histoire simpliste. Ce canevas très simple permet à John Carpenter de soigner sa mise en scène, ses décors et sa lumière (beaucoup de séquence de nuit bien sûr): caméras subjectives, traveling, caméra portée, panoramique, en format large. Cet ensemble pour filmer souvent des décors sombres (de nuit ou dans une maison sans électricité), ou mieux, des bouts de décors sombres, ce qui permet de mettre la tension des qu'un personnage passe devant un bout de ces décors dans le noir.

À cette conception se rajoute la musique de John Carpenter, minimaliste, répétitive, mais contribuant parfaitement à chaque scène; musique qui pulse telle un métronome, sur des images qui ne bougent pas beaucoup, où le personnage attend inquiet, ou se déplace lentement, toujours inquiet.

Ce qui fait que le film fait régulièrement sursauter, c'est-à-dire qu'il contient régulièrement des surprises.

Le personnage de Donald Pleasance, psychiatre du tueur en série, mais qui se comporte plus comme un religieux qui affronte le mal absolu; dans une interprétation fiévreuse à fleur de peau, qui a un rôle important dans la montée de la tension.

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mardi 11 mai 2021

New-York 1997 (Escape from New York, 1981, 1h39) de John Carpenter

Avec  Kurt Russell, Lee Van Cleef,  Ernest Borgnine,Donald Pleasence, Isaac Hayes, Season Hubley, Harry Dean Stanton, Adrienne Barbeau, Tom Atkins.

Le film matrice de John Carpenter où son sens de la série B est au summum. La promiscuité du budget fournit une patine riche avec des décors souvent dans l'ombre. La décoration est justement inventive, très accessoirisée, avec un superbe travail de Joe Alves. Ajoutons le travail photographique de Dean Cundey: beaucoup de noirs, de plans dans la pénombre, le film se déroulant lors d'une nuit. Que la dystopie est belle...

Avec une musique au diapason de la narration par John Carpenter et Alan  Howarth. La musique est à la  fois simple et simpliste, du plus bel effet et colore instantanément chaque plan: en la rythmant, en faisant montée la tension ou en jouant la surprise lorsqu'il le faut.

Du côté des effets visuels et effets spéciaux, le film garde son charme et tient toujours la route du spectaculaire (comme déjà évoqué, gros travail du département décoration).

Le film garde un ton sec et contient de belles bascules nerveuses dans le drame: les choses sont calmes, un détail annonciateur, et subitement tout bascule. Le film est une montagne russe. Le film contient de belles scènes-chocs. Une superbe en exemple: l'aspiration de Season Hubley par le sol avec avant quelques dialogues d'apaisement après une tension progressive qui monte (les habitants des égouts qui sortent en surface).

New York 1997

vendredi 13 septembre 2019

La Mort Vous Va Si Bien (Death Becomes Her, 1992) de Robert Zemeckis

Avec Meryl Streep, Goldie Hawn, Isabella Rossellini, Bruce Willis, Ian Ogilvy, Adam Storke, Nancy Fish, Sydney Pollack, Michelle Johnson.
Bande-annonce La Mort vous va si bien
Exercice de style, comme souvent chez Zemeckis. Ici servi par trois grandes stars qui s'amusent à se moquer de la chirurgie esthétique: Bruce Willis en poltron à moustache, Meryl Street en Diva insupportable et Goldie Hawn un peu plus en retrait que les deux autres. Tout en faisant un film hommage aux classiques de la Universal: il est possible de penser à Dracula ou à des séquences à suspense de chez Hitchcock.
Le genre de la comédie d'horreur n'est pas facile; le film a la curiosité du spectateur pour lui.
Robert Zemeckis qui est toujours intéressé par les défis techniques et technologiques est ici confronté au début du CGI porn (Terminator 2 était tourné un an plus tôt) qui permet de montrer ici des choses que l'on ne pouvait pas montrer avant.
Le film manque de délire (il y a des embryons) et de subversion (cruellement absente). Il passe à coté de son sujet et donne une impression d'incomplétude. Il repose trop sur sa virtuosité technique (production design et effets spéciaux).
Le résultat d'ensemble donne un film sans empathie, mais reste une réelle curiosité.