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mercredi 29 juin 2022

Le Dernier Face A Face (Il Etait Une Fois En Arizona, Faccia A Faccia, 1h51, 1967) de Sergio Sollima

Avec Gian Maria Volontè, Tomas Milian, William Berger, Jolanda Modio, Gianni Rizzo, Carole André, Ángel del Pozo, Aldo Sambrell, Nello Pazzafini, José Torres, Linda Veras, Antonio Casas.

Le duo Gian Maria Volonté et Tomas Milian fonctionne à merveille. Sergio Sollima fait passer un certain nombre de messages politiques dans cette histoire. Gian Maria Volonte est un professeur d'histoire, intellectuel, neurasthénique, dépressif, qui part dans l'ouest, et qui croise Tomas Milian, alias Beauregard Bennet, chef de la Horde Sauvage et d'une communauté qui le suit, qui lui est inculte, une brute, probablement analphabète. Leur association va fonctionner pour aboutir à ce qu'évoque le titre du film, pour conclure une évolution des deux personnages qui fait le sel du film. Nous n'en raconterons pas plus sinon cela dévoilerait certains éléments.

Sergio Sollima signe donc un western, légèrement intellectuel, mais passionnant. Gian Maria Volonte est parfait pour interpréter des personnages torturés, mais c'est surtout Tomas Milian qui est très bon ici, avec une interprétation plus rentrée que d'habitude, moins grimaçante, et qui finalement vole la vedette à Gian Maria Volonté. Et nous pouvons rajouter le personnage de William Berger qui contribue aussi à la richesse du scénario (nous ne comprenons d'ailleurs pas bien ses évolutions au cours de l'histoire, mais cela sert bien le film).

Western très intéressant donc, grâce à son sous texte à prétention intellectuelle bien intégré aux chromos du genre: saleté, cruauté, fusillades, poursuites.

Un chef-d'oeuvre pour Sergio Sollima?

Bande-annonce Le Dernier face à face

samedi 20 février 2021

Il Était Une Fois Dans L'Ouest (C'era una volta il West, 2h45, 1968) de Sergio Leone

Avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabriele Ferzetti, Paolo Stoppa, Woody Strode, Jack Elam, Keenan Wynn, Lionel Stander, Frank Wolff.

Revoir Sergio Leone est indispensable. Sergio Leone est un antidote aux montages hystériques, aux plans très courts et à l'absence de durée des plans des montages stroboscopiques. Ce film est un bréviaire sur l'art du montage à la fois sur la création de plans d'une même scène qui jouent sur la profondeur de champ, les très gros plans, les plans d'ensemble et à ce titre le duel final entre Charles Bronson et Henry Fonda est sublime avec en plus la musique d'Ennio Morricone qui est consubstantielle de la mise en scène du film et de la forme artistique, en particulier pour ce duel final.

Celui-ci et peut-être le meilleur de Sergio Leone parce que il est le plus tragique et le plus sombre. Il contient peu d'humour contrairement à ses films précédents et à son film suivant. Le film est tragique. Il parle de la fin des cow-boys solitaires tueurs (Charles Bronson, Henry Fonda). Qui fuient la civilisation. Qui fuient le chemin de fer. C'est quelque part le début de la fin de ces bandits (Jason Robards), que Sam Peckinpah conduit au suicide dans son chef d'oeuvre La Horde Sauvage (1969).
 
Ce qui étonnant aussi chez Sergio Leone ce sont ses très gros plans et ses plans fixes sur un visage qui arrivent à faire passer de l'émotion alors que l'acteur exprime assez peu de choses en particulier ici, avec Charles Bronson qui est très souvent inexpressif, mais le très gros plan plus la musique arrive à faire passer de l'émotion; nous ne savons pas si c'est un mécanisme cognitif ou si c'est parce que l'acteur arrive à changer quelque chose tout en donnant l'impression de pas changer grand-chose dans son regard.
Le son joue un role fondamental chez Leone. Et bien évidemment la musique qui est utilisée ici comme bande-son, la musique est le bruitage, la piste son du f ilm.
Et d'ailleurs le film sait couper la musique et ne pas en mettre quand il le faut. Elle est utilisée avec parcimonie, mais à bon escient. À ce titre et exemple de séquence d'ouverture admirable, la séquence d'introduction avec les trois hommes qui attendent à la gare, avec uniquement en musique les bruits: le télégraphe, l'éolienne qui grince, la mouche, la goûte d'eau... Une vraie symphonie de bruits. Séquence qui apporte le seul moment comique du film. Il n'y en aura plus après. Ensuite c'est la mort qui est la thématique du film, jusqu'à la fin. Mort physiologique. Mort des tueurs à gages. Mort des cow-boys solitaires.
Il était une fois dans l'Ouest