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dimanche 17 mai 2020

Brooklyn Affair (Motherless Brookyn, 2019) de Edward Norton

Avec Edward Norton, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Bobby Cannavale, Willem Dafoe, Bruce Willis, Michael Kenneth Williams, Ethan Suplee.
Bande-annonce Brooklyn Affairs
Nous nous attendions à un film Noir. Ce n'en est pas vraiment un. Il y a bien un meurtre initial, celui d'un détective privé. Ses équipiers décident d'enquêter pour savoir pourquoi il a été assassiné. Visiblement pour des sujets liés à la mairie de New York et des projets immobiliers.
La mise en forme du film est nominale, un peu fade. Mais le film reste très sympathique grâce à son histoire qui change des intrigues usuelles: pas d'éléments sordides et meurtres violents ici. Mais des entrepreneurs immobiliers qui souhaitent nettoyer New York de sa population de pauvres (i.e. afro-américains, hispaniques). Avec Alec Baldwin en méchant qui s'assume et qui jubile d'interpréter un personnage aussi détestable. L'intrigue croise donc des activistes pour défendre les pauvres de New York, une boîte de jazz, des élus corrompus, des entrepreneurs sans scrupules.
Le film contient de belles séquences grâce au personnage qu'interprète lui-même Edward Norton, personnage atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, qui va d'une boite de Jazz aux salons des nantis en passant par une manifestation pour le droit au logement, pour aboutir à une histoire sentimentale.


samedi 29 septembre 2018

Jason Bourne: L'Héritage (The Bourne Legacy, 2012) de Tony Gilroy

Jason Bourne : l'héritageAvec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Scott Glenn, Stacy Keach, Donna Murphy, Michael Chernus, Albert Finney, Joan Allen, David Strathairn, Louis Ozawa Changchien, Corey Stoll, Alice Gainer.

Ce Jason Bourne n'est pas du tout déshonorant, bien au contraire. Il reprend les ficelles et les ingrédients de ce qui a fait le succès de la trilogie avec Matt Damon. Ici servi par un acteur, Jeremy Renner, qui tient la route, et qui fournit un personnage différent de Jason Bourne: plus ironique, il connait son passé, il plaisante avec son médecin. Il n'a pas la même personnalité que le personnage  de Matt Damon.
Il s'agit donc d'une continuation des précédents épisodes, traitée sous la forme d'un spin-off, avec des variantes.
Pour être plus précis, celui-ci se déroule en même temps que les deuxièmes et troisièmes de franchise avec Matt Damon. Le tempo et le style ne sont guère différents de la trilogie initiale, même si ici c'est le scénariste qui réalise. Les qualités requises de ce genre de production sont bien présentes. Par exemple un scénario plutôt tortueux qui permet de tenir en haleine le spectateur et l'empêche de deviner ce qui va suivre. Par exemple une distribution haut de gamme avec une pléiade d'acteurs confirmés. Par exemple un mélange de derniers cris technologiques avec des séquences dans la nature, ces séquences dans la nature étant la nouveauté de ce quatrième de franchise. Par exemple une succession d'épreuves pour notre héros qui parait à chaque fois dans une situation inextricable. Par exemple mêler à cette histoire une non-professionnelle que notre héros avec ses super dons doit gérer (ici Rachel Weisz).
Sur le plan de la franchise, l'intérêt de ce spin-off et de pouvoir à terme se faire opposer nos deux personnages, Jeremy Renner et Matt Damon, ou les faire travailler ensemble.
 Au total, dans la veine film d'espionnage à suspenses technologiques et d'action, le film rempli aisément son contrat.

vendredi 13 octobre 2017

Kingdom of Heaven (2005, Director's Cut) de Ridley Scott

Avec Orlando Bloom, Liam Neeson, David Thewlis, Eva Green, Marton Csokas, Brendan Gleeson, Ghassan Massoud, Jeremy Irons, Iain Glen, Alexander Siddig, Velibor Topic, Edward Norton, Jon Finch, Martin Hancock, Michael Sheen, Nathalie Cox, Eriq Ebouaney, Jouko Ahola, Philip Glenister, Bronson Webb, Lofti Yahya, Samira Draa, Ulrich Thomsen, Kevin McKidd, Michael Fitzgerald, Nikolaj Coster-Waldau, Tim Barlow, Mathew Rutherford.

Kingdom of HeavenLe chef-d’œuvre de Ridley Scott. Après Les Duellistes (1977) et Blade Runner (1982). Il était temps. Il n'y avait pas de réussite dans ses films historiques depuis Les Duellistes. Et ce malgré de multiples tentatives: Les Duellistes  (1977) donc, mais aussi 1492 Christophe Colomb (1992, film gore refoulé), Gladiator (2000, dont la seule empreinte mémorielle est d'avoir lancé Russell Crowe), Robin des Bois (2010, qui a permis de réévaluer positivement celui de Kevin Costner), jusqu'au récent Exodus : Gods and Kings (2014, massacré par Christian Bale).
Nous y retrouvons son talent de créateur d'univers. Ici au service d'un arrière-plan historique parfaitement romancé par William Monahan.
Cette version director's cut est par bien des aspects la version de référence et bien plus intéressante que le montage cinéma. Le prologue jusqu'à Messine est indispensable et donne un socle fondamental au scénario et aux drames qui arrivent. La sous-intrigue avec le fils de Sybille donne un éclairage nouveau sur son personnage. Bref, le montage cinéma est à fuir.
Le film est une parfaite romance, c'est-à-dire un roman de chevalerie. Romance dans la relation de Balian (Orlando Bloom) avec Sybille (Eva Green). Mais aussi romance dans sa relation à ses hommes, dans sa relation avec Saladin (Ghassan Massoud, personnage presque principal du film), dans sa relation avec le Roi de Jérusalem (très beau personnage d'Edward Norton), dans sa relation avec L'Hospitalier (David Thewlis). Il est probable qu'il contienne des approximations historiques. Mais Il reste néanmoins passionnant de bout en bout. Et ceci principalement grâce à ces romances et les thématiques qu'il aborde ou effleure, mais essentielles à la narration. Même si le film contient ce qu'il faut de séquences spectaculaires et de violences, le film n'est pas là, mais bien dans ses multiples personnages et sous intrigues.
Il s'agit donc d'un impressionnant et beau travail de scénario où chaque personnage secondaire existe, est caractérisé, et contribue au chemin initiatique d'Orlando Bloom. Dont le jeu rentré fait mouche, pour une fois. Le tout est emballé dans un ensemble de production values que Ridley Scott et son équipe maitrisent parfaitement où sciences et consciences cohabitent parfaitement.

jeudi 15 octobre 2015

Birdman (2014) de Alejandro González Iñárritu

Avec Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton, Andrea Riseborough, Amy Ryan, Emma Stone, Naomi Watts.

Belle distribution pour ce film. C'est la première chose qui séduit. Avec en tête Michael Keaton, bien sûr. Mais aussi la distribution féminine, mémorable.
Ensuite, si le sujet du film est intéressant, il n’apparaît pas exempt de défauts, même si le film peut apparaître comme un gros travail de mise en scène, en particulier la sensation de plan-séquence permanent. Le premier est cette voix off, encore une fois inutile et qui semble dire que l'acteur Michael Keaton n'est pas suffisamment solide et capable de transcrire l'émotion véhiculée par son personnage; décevant d'utiliser un procédé aussi vulgaire alors que la mise en scène n'est manifestement pas improvisée. Par ailleurs, le film ne semble pas maîtrisé dans son dernier tiers où le Birdman apparaît et où Michael Keaton devient lui même Birdman par le regard que porte sa fille à travers la fenêtre. Le spectateur s'attend à trouver notre personnage écrasé au pied, mais non, il s'est envolé. Fin un peu ridicule et abîmant le ton du film. Même si l'on comprend que c'est la scène qui intéresse Inarritu et qu'il a probablement pensé son film comme un tout pour y arriver.
Au total un bel exercice de style. Pas complètement maîtrisé, mais intéressant.