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samedi 9 mai 2026

Orwell 2+2=5 (2h, 2025) de Raoul Peck

Raoul Peck construit un documentaire où la trame de fond est l'histoire de George Orwell et de son célèbre roman "1984", pour supporter et montrer que ce n'est plus un roman, mais une réalité en montrant et en assemblant et collant des images des différentes actualités qui ont balayé le vingtième siècle et ce début de vingt et unième.

Le film est passionnant pour sa composante qui raconte la vie, la genèse de George Orwell auteur de son roman "1984". Le film mélange aussi des extraits des différents films qui ont adapté le roman "1984".

Le film compose un ensemble de choses pour produire un message antifasciste de bon aloi, même s'il n'est pas subtil. Avec en filigrane, le fait que le fascisme est déjà là et que "1984" n'est pas un roman de science-fiction. C'est d'ailleurs une question : peut-on dénoncer le fascisme en étant léger ? 

 poster du film Bande-annonce Orwell: 2+2=5 

dimanche 5 avril 2026

Personne n'y comprend rien (1h48, 2025) de Yannick Kergoat

Un documentaire qui s'échine à expliquer les histoires d'argent dans lesquelles est empêtré un ancien président de la République française concernant en particulier le financement de sa campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy donc. Et le mérite du film est de rappeler un ensemble d'évènements, d'informations, de choses racontées, qui font que nous n'y comprenons rien. Le documentaire ne ment pas. Rappelons que Nicolas Sarkozy a été condamné, est condamné et sera condamné. Tout ceci est ridicule, rempli de bouffonnerie (les faits racontés, avec plus ou moins de vérité selon les personnes). Bref, tout ceci est assez lamentable. Le documentaire aurait pu s'appeler "Personnes sans honneur". 
Une curiosité. 

poster du film Bande-annonce Personne n'y comprend rien 

samedi 28 février 2026

Je Ne Suis Pas Votre Nègre (I Am Not Your Negro,1h33, 2016) de Raoul Peck

Documentaire puissant de Raoul Peck sur James Baldwin, contemporain de Malcolm X, Martin Luther King ou Medgar Evers, qui luttaient tous les trois, chacun à sa manière, pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis d’Amérique. Tous les trois ont été assassinés. James Balwin écrivait un livre sur le racisme structurel et la condition des Noirs.

Le film de Raoul Peck est articulé autour d’interviews de James Baldwin, avec un montage séquences permanent avec les images et photos d’actualité. C’est très efficace et questionne avec puissance le sujet. Et c’est là où le film est en quelque sorte choquant: bien que tourné en 2016, il montre que les choses n’ont pas changé entre les années cinquante, 2016, et ne nos jours (2026)...

Il rappelle que la violence est consubstantielle à un état qui s’est construit sur le génocide d’un continent.

 poster du film Bande-annonce Je ne suis pas votre nègre

samedi 11 mai 2024

Zorn I (2010 - 2016) (2017, 54 min), Zorn II (2016 - 2018) (2018, 59 min), Zorn III (2018 - 2022) (2022, 1h18) de Mathieu Amalric

 Avec John Zorn, Steve Gosling, Barbara Hannigan, et les différents musiciens.

Mathieu Amalric a filmé John Zorn et ses musiciens sur une période de 12 ans. Il en résulte ces trois documentaires où nous voyons John Zorn en répétition, interprétation et concert. Compositeur extrêmement prolifique qui gravite dans des styles divers apparentés au Jazz et la musique contemporaine, pour faire simple.

Il est toujours passionnant de voir des passionnés et des experts au travail. John Zorn est plus que passionné, un génie ou un excentrique qui créé de la musique en permanence, mais surtout il apparait comme un enfant qui s'amuse en permanence. Que ce soit en répétition, les parties les plus intéressantes où nous le voyons réagir aux interprétations ou faire des commentaires (il ne dirige pas directement, mais commente afin d'aller dans le sens où il souhaite), ou en concert où il regarde ou participe lui même, ou que ce soit en solo à l'orgue, qui est un instrument qui le passionne.

Ce qui manque c'est les moments où John Zorn explique comment il crée, quels sont ses algorithmes internes, il y en a un petit peu où nous le voyons sur sa tablette, mais ces moments manquent un peu pour compléter, pour avoir une confirmation du génie ou peut être qu'il s'agit d'un laborieux qui y passe tout son temps.

 Bande-annonce Zorn I & II

vendredi 22 septembre 2023

Nous (1h55, 2021) de Alice Diop

Alice Diop nous présente des individus ou des groupes qui vivent le long de la ligne de train RER B en région de Paris. Concept à priori intéressant, mais ce n'est pas un sujet. Elle nous montre des individus : par exemple, des personnes sans domicile fixe, des retraités dépendants, des adeptes de la chasse à court.

Certains font partie de sa famille. D'autres non. Des parties documentent, comme le garagiste originaire du Mali qui vis dans une camionnette et qui répare sur des parkings. Ou comme l'infirmière qui visite les personnes âgées, section qui possède le plus d'hystérésis. Elle nous montre aussi des individus hétéroclites avec un intellectuel et des fanatiques du protocole de chasse à court.

L'ensemble est décousu, pas linéaire dans son déroulé et donc dans son message. Ce qui sur la durée suscite l'ennui (presque 2h pour un documentaire est trop long). Nous comprenons bien le côté personnel de la chose de certains sujets avec l'évocation du père de la réalisatrice, et sa soeur dans le segment de l'aide à domicile. Mais l'ennui s'installe. Et ce n'est pas arrangé par beaucoup de plans de transition sur des paysages, qui rythme les déplacements. Avec aussi beaucoup de plans de la ville (la banlieue parisienne), des jardins ou des bois. Ils contribuent à l'atmosphère. Mais ils contribuent aussi au sentiment de durée, mais comme ils ne véhiculent pas d'information sur le sujet, ils nous ennuient.

Bande-annonce Nous


samedi 21 décembre 2019

J'Veux Du Soleil (2019) de François Ruffin et Gilles Perret

J'veux du soleil PosterCe documentaire ne fonctionne pas du tout. Nous comprenant que certainement l'ensemble des images ont été filmées pendant les visites des différents lieux où François Ruffin a croisé des Gilets Jaune.
Il a accumulé beaucoup d'images où les gens expliquent leurs parcours et leurs passés et pourquoi ils sont là. Il a dû se retrouver avec un volume d'information et d'images. Mais il n'a pas su quoi faire et son documentaire n'est pas du tout une réussite et ne sert pas les Gilets Jaunes. Le problème est que sa démonstration ne fonctionne pas: il ne démontre rien.
Les seules parties intéressantes sont celles où les gens parlent de leur vie et de la raison et motivation et pourquoi ils manifestent sur les ronds-points.  Sur cet aspect le film est intéressant et montre des gens pas du tout habitués à manifester et qui sortent pour la première fois en tant que manifestant et apparaissent au monde tel que cela. Ils ne sont pas syndiqués. Ils n'appartiennent pas un parti politique. Par contre chacune des saynètes où les gens sont filmés, Ruffin se met en scène et de manière très maladroite et apporte soit un satisfecit, soit des mots d'humour qui n'ont aucun intérêt par rapport à ce qu'on vient d'entendre. Et cela devient vite gênant et ne met pas en valeur les gens qu'il filme. Ruffin commencerait-il à prendre la grosse tête et être plus intéressé à ce qu'on le voit lui? Il essaye d'intellectualiser, mais sa réflexion reste assez faible et peu impressionnante.
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jeudi 27 décembre 2018

La Nuit Américaine (1973) de François Truffaut

Avec François Truffaut, Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Léaud, Jean-Pierre Aumont, Dani, Alexandra Stewart, Valentina Cortese, Nathalie Baye, Jean-François Stevenin, Graham Greene, Bernard Ménez, Georges Delerue, Pierre Zucca, Nike Arrighi, Walter Bal, Marc Boyle, Jean Champion, Gaston Joly, David Markham, Zénaïde Rossi, Maurice Seveno.

La Nuit américaine - Ultimate Edition - Blu-ray + DVD - Édition limitée boîtier métalCette nuit américaine est jubilatoire. Le film donne le sentiment de bien décrire ce qui se passe sur le plateau d'un film lors de son tournage. Ici les studios de la Victorine à Nice.
Le film est passionnant. Il en ressort les états d’âme des acteurs: Jean-Pierre Léaud exceptionnel en enfant inadapté dans le corps d'un adulte, Jacqueline Bisset ou Valentina Cortesse qui jouent les divas. Mais aussi les états d’âme du réalisateur sur les évènements perturbants sont film sur lesquels il rebondit en permanence. Bien sûr sont très présentes les contributions des collaborateurs, de la scripte, de l’accessoiriste, de l'assistant-réalisateur ou du producteur. Les rôles et responsabilités sont évoqués opérationnellement.
Le processus de filmage lui-même est montré, ainsi que les différentes prises (très bonne séquence où Valentina Cortese n'arrive pas à dire son texte).
La motte de beurre n'est pas sans évoquer la montagne qui obsède Richard Dreyfuss dans Rencontre du Troisième Type (nous savons d'où c'est inspiré  Steven Spielberg; sans évoquer François Truffaut lui-même).
Idée pour un producteur aventureux: faire un remake de ce film, en y intégrant les nouveautés requises depuis lors d'un tournage; par exemple l'utilisation des images générées par ordinateur.

mardi 13 mars 2018

A Voix Haute - La Force De La Parole (2017) de Stéphane De Freitas et Ladj Ly

A voix haute La force de la parole Edition spéciale Fnac DVD
Le genre documentaire recèle toujours de bonnes surprises. Ici il s'agit de montrer comment des étudiants de Seine Saint-Denis (ce qui implique un cosmopolitisme des étudiants) préparent et participent à un concours d'éloquence. Les cours avec différents coachs, dont un avocat, les éliminatoires. Ce qui est intéressant, c'est qu'à travers les argumentaires transparaissent les préjugés, les idées reçues, la pensée voire l'étroitesse d'esprit de celui ou celle qui parle. Très intéressant.

samedi 18 mars 2017

Merci Patron ! (2015) de François Ruffin


Merci Patron ! : AfficheUn documentaire qui parle des pauvres travailleurs qui se retrouvent au chômage, pour des raisons de délocalisations. Avec un journaliste concerné, François Ruffin, le réalisateur, qui les aide à obtenir une compensation financière du grand groupe, ici LVMH, qui les a licenciés. Cette compensation est obtenue via un bluff, un chantage à l'image, qui fonctionne.
L'affaire est traitée dans un esprit de barbouze par des hommes de main de la sécurité LVMH qui auraient pu faire partie de la distribution des Tontons Flingueurs.
La force du film est de traiter cette histoire sur le ton de l'ironie et de l'humour en évitant tout élément mélodramatique, larmoyant et à charge contre LVMH. Plutôt malin comme approche, ce qui permet au film d'atteindre son but.

mardi 21 février 2017

Lumière! L'aventure Commence (2016) de Thierry Frémaux

Lumière! Poster
L'aventure qui commence est celle du cinématographe des frères Lumière. Et donc celle du cinéma. C'est le sujet du film: à travers la compilation de vues réalisées par les frères Lumière, nous montrer qu'ils sont déjà des mises en scène, des figurations provoquées par les Lumière, et ce pour tenir en 50 secondes, la durée d'une vue du cinématographe.
Ce genre de produit est sympathique, car il a une valeur historique. Ce film agrège des vues restaurées, réalisées pendant un certain nombre d'années à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Vue réalisée à l'aide du cinématographe, le produit ou l'outil de filmage et de développement des frères Lumière. Les vues assemblées ici sont restaurées. Et complétées avec un commentaire du réalisateur. Commentaire finalement heureux, car il permet d'aller quelque part à l'essentiel à la vision de chacune de ces vues. Effectivement, donc, nous nous rendons bien compte que ce n'est pas le filmage de quelque chose de naturel que nous visionnons, mais un premier travail de mise en scène à travers le cadrage et donc de fiction.
Et c'est un film qui permet de se rafraîchir et de revenir à des choses simples si nous pensons à  beaucoup de productions réalisées de nos jours, notamment celles utilisant majoritairement les images générées pas ordinateur. Une espèce d'antidote au tout numérique des images.

lundi 4 novembre 2013

PINA (2011) DE WIM WENDERS



Quelle surprise ! Ce film hommage à la chorégraphe Pina Bausch par ses danseurs et les membres de sa troupe est passionnant ! Parce que les chorégraphies sont transposées en des lieux réels (une carrière, le croisement dans une ville, sous un train, etc.),   aussi parce que la musique du film colle parfaitement aux images et donne une profondeur et une densité à ce que l'on voit. La grande qualité du film est sa structure, alternant des extraits de création, des interviews des membres de la troupe frontalement à la caméra, mais ne parlant pas mais Wenders nous fait entendre uniquement en voix off ce qu'ils disent : c'est une très belle idée.
Un point fort du film est la qualité des chorégraphies qui nous sont montrées;  nous sommes dans la danse contemporaine, mais elles sont captivantes et passionnantes !
Wenders a donc signé un très beau film, ni documentaire ni pure fiction mais une magnifique création.