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mardi 27 mai 2025

La Prisonnière De Bordeaux (1h48, 2024) de Patricia Mazuy

Avec Isabelle Huppert, Hafsia Herzi, Noor Elasri, Jean Guerre Souye, William Edimo, Magne-Håvard Brekke, Lionel Dray.

Nous ne savons pas qui est la prisonnière de Bordeaux. Isabelle Huppert dans un rôle de femme de chirurgien. Où est-ce Hafsia Herzi qui se retrouve hébergée par Isabelle Huppert afin de pouvoir visiter son mari en prison. Toutes deux ont un mari emprisonné et c'est comme ça qu'elles se rencontrent : lorsqu'elles vont visiter leurs maris, elles se croisent, et se nouent une relation. Nous comprenons bien que le personnage d'Isabelle Huppert s'ennuie dans sa vie courante bien que très aisée. Et Hafsia Herzi est de niveau social différent et se bat pour gagner sa vie, et s'occuper de ses enfants ; mais elle doit aussi s'occuper des camarades de son mari qui sont des voleurs ou des médiocres. Ce qui va introduire une histoire de butin volé non encore retrouvé. 

Le film a le mérite de montrer les procédures pour aller visiter une personne en prison. Chose rarement montrée ou en tout cas nous n'en sommes pas encore familiers. 
Le film n'aborde pas les problématiques d'hébergement au sein des prisons. Qui est un problème sociétal en tout cas en France. Le sujet est cette prisonnière de Bordeaux qui peut être un de ces deux personnages féminins, où le personnage d'Isabelle Huppert est prisonnier de sa bourgeoisie et de son train de vie médiocre ; cela peut être aussi le personnage de Hafsia Herziqui est quelque part prisonnière de l'hébergement que lui propose Isabelle Huppert, mais aussi de toutes les composantes de sa vie personnelle (enfant, maris, accointés).
Les deux actrices sont formidables et les deux personnages sont bien brossés et suscitent tous les deux une empathie du spectateur pas forcément pour les mêmes raisons.
poster du film Bande-annonce La Prisonnière de Bordeaux 

jeudi 25 janvier 2024

Anatomie D'Une Chute (2h31, 2023) de Justine Triet

Avec Sandra Hüller, Swann Arlaud, Milo Machado Graner, Antoine Reinartz, Samuel Theis, Jehnny Beth, Saadia Bentaïeb, Camille Rutherford, Anne Rotger,

Nous sommes ici dans quelque chose de sérieux. Histoire et scénario très travaillés, écrits, pour un ensemble qui s'écoule fluidement entre l'histoire de Sandra Hüller et son mari, égrenée en flashbacks, sa relation avec son avocat, sa relation avec son fils, et ceci malgré la durée de 2h30. C'est le signe d'un film dense dans ses thématiques, dans sa forme dramatique, qui emporte l'adhésion du spectateur. Le film aborde la vie de couple, la bisexualité, le rôle de la femme dans un couple, ou par exemple le fait que ce n'est pas la vérité qui est analysée dans un procès. Car à partir du point de départ, le décès du père, s'en suit une enquête réalisée depuis le point de vue de la mère ou d'autres personnages, pour supporter l'argumentaire de l'avocat, et ensuite suivre le procès. C'est là où le film est intéressant : nous ne sommes pas du point de vue de la police ou d'enquêteur, mais nous sommes du point de vue de l'avocat qui prépare le procès.

Le fait que l'enfant soit aveugle fait le sel du scénario et permet certains de ses rebondissements. Ce truc de scénariste, ou pas, est parfait pour gérer les rebondissements de la progression dramatique.  C'est vraiment très écrit et pensé.

Sur la forme, la diégèse est tellement dense, que le travail de la photo est plat, un peu fade, transparent, voire télévisuel. Mais le film n'est pas sur sa forme. Le film contient par ailleurs peu de musique, et cela fonctionne très bien.

Le film se permet aussi de maintenir un certain mystère concernant le personnage de Sandra Hüller, y compris à la fin du film.

Bande-annonce Anatomie d’une chute


dimanche 11 octobre 2020

Antoinette dans les Cévennes (2020) de Caroline Vignal

Avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte, Marc Fraize, Jean-Pierre Martins, Louise Vidal, Lucia Sanchez, Maxence Tual, Marie Rivière,  François Caron.

Actrice formidable qui porte le film sur les épaules: enfin un film où Laure Calamy est la star. Elle est de toutes les scènes. Elle donne de sa personne pour ce personnage de professeure un peu paumée, voire beaucoup sentimentalement. Le film commence par une scène de chant d'école qui permet au spectateur d'éclater de rire. Puis l'exposition continue avec l'amant de la professeure, un autre professeur, qui est déjà marié. C'est une histoire d'un adultère, du point de vue de la maitresse, personnage qui se cherche sentimentalement. Une des qualités du film est qu'il ne juge pas son personnage principal, ni son amant, ni la femme de l'amant.

Le canevas est une comédie dramatique typique avec une maîtresse qui suit son amant en vacances dans les Cévennes, où il se trouve avec sa femme. Elle y va sans le prévenir. Elle rencontre des aspirants qu'elle rejette. Elle y rencontre la femme de son amant. Les vacances se font à pied avec un âne. Le personnage de l'âne donnant lieu à de l'humour et lui sert de psychiatre en quelque sorte. Cette histoire tragi-comique ne retrouve pas le brio de sa scène d'introduction, mais le film garde une tenue certaine et évite de justesse l'humour lourdingue de l'implication de l'âne.

Antoinette dans les Cévennes Poster


jeudi 21 mai 2020

Sybil (2019) de Justine Tiret

Avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, Sandra Hüller, Laure Calamy, Niels Schneider, Paul Hamy, Arthur Harari, Adrien Bellemare, Lorenzo Lefèbvre, Aurélien Bellanger, Philip Vormwald.

Bande-annonce SibylCurieux film, très écrit, très dense. Reposant sur deux personnages: un des plus inintéressants, celui d'Adèle Exarchopoulos, actrice, égoïste, perdue (peines sentimentales) qui va chercher de l'aide auprès d'une psychothérapeute (Virginie Efira, impressionnante comme à chaque fois) qui est en train d'arrêter son métier pour devenir écrivaine.
Le personnage de l'actrice n'est qu'un prétexte pour faire bouger le personnage de Sybil (Virigine Efira). La psy va suivre l'actrice sur son tournage et va s'immiscer dans la vie sentimale de sa cliente, de l'acteur principal du film, et de la réalisatrice, et ceci à l'insu de son plein gré. Lorsque nous voyons  comment Virigine Efira donne de sa personne, nous comprenons pourquoi elle a été choisie par Paul Verhoeven pour son Benedetta (2021). Elle est impressionnante avec une palette très riche, variée, avec diverses variations sur son physique. Son personnage reste néanmoins mystérieux; nous ne comprenons pas toujours ses motivations.
Au total, cette histoire complexe composée de multiples lignes dramatiques emmène le spectateur vers un résultat qui n'a que peu d'hystérésis, hormis Virginie Efira.