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samedi 25 décembre 2021

La Proie (Cry Of The City, 1h35, 1948) de Robert Siodmak

 Avec Victor Mature, Richard Conte, Fred Clark, Shelley Winters, Betty Garde, Berry Kroeger, Tommy Cook, Debra Paget, Hope Emerson, Roland Winters, Walter Baldwin.

Un film Noir, très noir. Victor Mature interprète pour une fois le flic, à la fois torve et compatissant avec le personnage qui vie une descente aux enfers, Richard Conte, avec une interprétation sans larmoyer, mais dont la fuite est inéluctable: il a tué un flic; il tue son avocat véreux; il a une amoureuse (Debra Paget, insipide); il doit quitter la ville et a besoin d'Hope Emerson, qui convoite ses bijoux. Il va voir sa famille et son jeune frère. Et en permanence l'inspecteur Victor Mature est à ses trousses juste derrière lui.

Pour le coup, ici il n'y a pas de femme fatale au sens traditionnel du film Noir. Debra Paget est peu présente, et Hope Emerson, est bien une femme fatale, sans la connotation romantique. Il y a aussi Shelley Winters dans un petit rôle. Bref, il n'y a pas de femme fatale.

Le film est cadencé et rythmé, avec beaucoup de décors de rue de nuit. C'est bien du Noir. Avec la musique qui casse les oreilles, comme beaucoup de films de cette époque.

Le personnage et l'interprétation de Debra Paget sont fades, pour le mieux. Par contre Hope Emerson est impressionnante. Ses quelques scènes, jeu du chat et de la souris avec Richard Conte, sur la cache de bijoux, sont jubilatoires. Et Victor Mature est vraiment bon; ses joutes avec Richard Conte son jubilatoire.

LA Proie [Blu-Ray]

samedi 20 février 2021

Le Carrefour De La Mort (Kiss Of Death, 1h39, 1947) de Henry Hathaway

Avec Victor Mature,  Brian Donlevy, Coleen Gray, Richard Widmark, Taylor Holmes, Howard Smith, Karl Malden.

Superbe polar, film policier ou film noir: ce film de Henry Hathaway est un bijou. Il est porté par un Victor mature parfait, qui porte la souffrance sur son visage. Il est un gangster pas si mauvais que ça, et qui est plus préoccupé par sa femme et ses enfants. Brian Donlevy, le flic qui l'arrête et l'aide à se recheter, n'est pas forcément le méchant, comme souvent, et qui essaie d'aider Victor mature à s'en sortir. Mais tout en l'utilisant pour attraper ses copains, qui n'ont rien fait pour aider sa femme alors qu'il était en prison. Le super méchant est Richard widmark dans un rôle qui doit être son premier historiquement, mais qui est mémorable dans un personnage de psychopathe qui adore tuer les gens, probablement des enfants, et les femmes dans un fauteuil roulant en l'occurrence.

Le film culmine dans la scène du restaurant où Victor Mature vient sur le terrain de Richard widmark pour le provoquer. Belle séquence tout en tension avec un beau travail des acteurs. La fin sera tragique pour tout le monde.

Par ailleurs, et cela est annoncé des un carton au début, le film a été tourné dans New York en décors réels, ce qui peut lui donner un certain cachet et qui lui permet de montrer des arrière-plans qui ne sont pas tous noirs (ce ne sont pas des bouts de décors de studio dans le noir).
Dans le genre de tension rentrée, il y a aussi la première séquence du début après le hold-up de la bijouterie et toute la séquence dans l'ascenseur qui descend la vingtaine d'étages. Très belle séquence de montée progressive de la tension, toute simple, avec uniquement le visage des acteurs et les étages qui s'égrènent un  à un.
Et le film ne contient pas de musique qui casse les oreilles.
Le Carrefour de la Mort [Blu-Ray]

dimanche 22 décembre 2019

Le Cygne Noir (The Black Swan, 1942) de Henry King

Avec Tyrone Power, Maureen O'Hara, Laird Cregar, Thomas Mitchell, George Sanders, Anthony Quinn, George Zucco.

Magnifique film de pirates, flamboyant par ses couleurs (Technicolor), par son personnage (Tyrone Power, impeccable dans une jeu sobre) et ses méchants.
Dans les éléments historiques, le roi d'Angleterre anoblit le chef des pirates (le célèbre Henry Morgan) afin de les faire cesser leurs pirateries dans les Caraïbes. Mais certains refusent  (George Sanders, maquillé et couvert d'une barbe, est méconnaissable) et sont poursuivis par Morgan et son homme de main Tyrone Power.
Cette intrigue classique est mélangée avec une screwball comedy dans le traitement de la relation entre Tyrone Power et Mauree O'Hara: rempli d'humour et de quiproquos, dont chacune des scènes sont littéralement jubilatoire.
La couleur est superbe est donne le ton avec un coté dynamique à la mise en scène. Tout va très vite et est riche en rebondissements. Le tout en 87 minutes. Nous apercevons furtivement du sang, très rouge et réaliste (un coup d'épée sur la tête par exemple) ce qui surprend dans ce film de 1947. Ainsi que le comportement de rustre plutôt violent de Tyrone Power (il est un pirate grossier) vis-à-vis de Maureen O'Hara (la fille du gouverneur de la Jamaïque) qu'il frappe et violente.
Belle direction d'acteur, qui pourrait être lourde pour un film de cette année-là, mais qui est plutôt fine, et ce pour l'ensemble des personnages principaux et secondaires, malgré leur exubérance et le côté volontairement accentué et coloré de chacun des personnages.

samedi 21 décembre 2019

La Cité Disparue (Legend Of The Lost, 1957) de Henry Hathaway

Avec John Wayne, Sophia Loren, Rossano Brazzi, Kurt Kasznar, Sonia Moser.

La Cité disparue [Blu-Ray]Cette cité disparue est une curiosité. Curiosité, car voir John Wayne dans un cadre différent du western est plutôt inhabituel et suscite l'intérêt voire l’interrogation. Curiosité attisée par le fait qu'ici John Wayne est confronté à deux acteurs italiens. Dans un contexte de film de sable et de désert avec une recherche au trésor que n'aurait pas renié un Indiana Jones.
John Wayne fait ce qu'on connait de lui et l'ensemble de ses mimiques et tics d'interprétation sont présents dans le film. Allant de l'humour avec des situations comiques où il est saoul, jusqu'à son regard de tueur ou alors sa position d'homme de valeur. En face de lui il y a Sophia Loren qui joue une voleuse et prostituée et qui évolue progressivement au cours de l'histoire.
C'est d'ailleurs le principal intérêt du film, c'est l'évolution des trois personnages principaux au cours du film, qui entre le début et la fin ne sont plus du tout ce qu'ils étaient et ont changé pratiquement à l'opposé de leur personnage de départ. Il est intéressant de voir John Wayne évoluer dans cet environnement colonial plutôt inhabituel, où il fait à la fois l'américain que l'on connait, le comique, le dur, et le romantique.