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jeudi 24 mars 2022

Spenser Confidential (1h51, 2020) de Peter Berg

Avec  Mark Wahlberg, Winston Duke, Alan Arkin, Iliza Shlesinger, Michael Gaston, Bokeem Woodbine, Marc Maron, James DuMont, Post Malone, Colleen Camp.

Nous retrouvons ici tout le savoir-faire et toute l'efficacité d'un film de Peter Berg. Au service ici d'un scénario riche qui entremêle adroitement une histoire policière avec une enquête dans un cadre où règne la corruption, mais aussi en intégrant de manière adroite des éléments humoristiques là où nous ne les attendons pas: par exemple lors d'une poursuite à pieds, Marc Wahlberg se trouve agressé par un chien et il a beaucoup de mal à s'en dépêtrer ce qui produit un effet comique, ou alors la relation au début avec son colocataire forcé, qui décide plus tard de l'aider parce que les méchants ont tué un chat et non parce qu'ils ont tué violemment plusieurs personnes. Les éléments humoristiques arrivent aussi via la relation de Marc Wahlberg avec son ex-femme ou alors avec son mentor et propriétaire qui devient sénile. Des petites touches humoristiques arrivent sans être téléphonées et de manière impromptue, ce qui contribue à décupler leur effet comique. Même si le canevas est celui d'un film policier avec enquête sur des actes violents dans un contexte de corruption.

Dans cet ensemble efficace affleurent donc des éléments plus fouillés que d'habitude et qui sortent l'arc dramatique de sa tension de résolution de l'intrigue. Et le spectateur est bien happé jusqu'au bout pour comprendre ce qu'est cette histoire de corruption et d'où viennent les meurtres sur lesquels enquête officieusement Marc Wahlberg. Il s'agit donc d'un beau travail au scénario (sont crédités Brian Helgeland et Sean O'Keefe).

Spenser Confidential

mercredi 12 mai 2021

Payback (1999, 1h40) de Brian Helgeland

Avec Mel Gibson, Gregg Henry, Maria Bello, David Paymer, Bill Duke, Deborah Kara Unger, John Glover, William Devane, Lucy Liu, Kris Kristofferson, Jack Conley.

Un chef-d’œuvre instantané de polar Noir, d'ailleurs très bleu (photographie), avec deux femmes fatales, avec une musique de polar urbain des années soixante-dix, avec de l'humour et de la violence. La progression de l'histoire est jubilatoire, car personne ne comprend que Porter, Mel Gibson, fait tout cela pour 70000 dollars: affronter le syndicat du crime jusqu'à ses dirigeants les plus élevés dans la hiérarchie.

Les ingrédients sont divers et standards dans le genre: la fatalité, les trahisons multiples, le flashback du casse, la voix off de Mel Gibson qui fait merveille, la femme fatale (Maria Bello), les hommes faibles. Cet ensemble est augmenté avec une violence graphique nécessaire à l'univers décrit. Le bréviaire est parfait. Le suspense va crescendo avec régulièrement une nouvelle partie prenante qui veut voler son argent à Porter: le collègue qui le trahit (Greg Henry dans un numéro de pervers d'anthologie), le dealer, les deux flics, les trois niveaux de chefs des mafieux: William Devane, Kris Kristofferson, James Coburn.

La superbe photographie, toute en contrastes et en tons bleus produit des textures charnues, épaisses. La direction d'acteur est phénoménale. La musique fleure bon le polar urbain des années soixante-dix.

Un bijou dans son genre.

Payback Poster

mercredi 11 novembre 2020

Robin des bois (2010, 2h20) de Ridley Scott

Avec Russell Crowe, Cate Blanchett,  Max von Sydow, William Hurt, Mark Strong, Oscar Isaac, Danny Huston, Eileen Atkins, Mark Addy, Matthew Macfadyen, Kevin Durand, Scott Grimes, Alan Doyle, Douglas Hodge, Léa Seydoux.

Ce Robin des Bois reste une déception. Principalement parce qu'il n'a aucun rapport avec le Robin des Bois que nous connaissons (pour les personnes âgées comme nous). Et qui dans notre mémoire évoque de la dynamique, de la légèreté, de l'humour, quelqu'un qui pille les riches pour donner aux pauvres (le patron étant Les Aventures de Robin des Bois - 1938 - de Michael Curtiz et William Keighley, puis refait à de multiples reprises). Il n'y a rien de tout cela ici.

Le film finit ici sur la genèse du Robin des Bois que nous connaissons, et encore cela est très rapide et arrive de manière abrupte. Le film prépare la petite équipe qui soutiendra Robin des Bois et ses différents personnages. Peut-être ce film a-t-il été conçu comme un prélude à une franchise... Ce qui peut paraître ridicule au milieu des franchises Star Wars et Marvel/DC-Comics.

Néanmoins, Ridley Scott a voulu faire un film historique sur cette période du moyen âge entre l'Angleterre et la France. Film historique, comme il aime en faire (1492: Christophe Colomb  - 1992 -, Exodus: Gods and Kings - 2014 -, Gladiator - 2000 -), mais aussi comme il sait les réussir avec brio (Kingdom of Heaven -  2005 -, Duellistes - 1977 -).

Le film n'est pas ennuyeux, mais au total nous restons sur notre faim. Il n'y a pas d'humour. Ce n'est pas gai. Le film est très terne et pas très joyeux. La narration prend son temps (scénario de Brian Helgeland), l'histoire progresse et nous la suivons avec intérêt, mais sans être passionnante car très prévisible. Mais clairement le film aurait dû porter un autre nom.

En complément, la distribution est parfaite. Les horreurs de la période sont sympathiques, notamment dans le réalisme des armes, us et coutumes, costumes, protocoles entre dominants et dominé. Russell Crowe n'est pas très loin de son personnage de Gladiator (2010). Un peu mystérieux, nous ne comprenons pas toujours les décisions qu'il prend. Mais la distribution autour est parfaite.

Robin des Bois Poster