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samedi 15 novembre 2025

La Bonne Conduite (1h35, 2021) de Arnaud Bedouët

Avec Alban Lenoir, Olivier Saladin, Aïmen Derriachi, André Wilms, Nailia Harzoune, Jisca Kalvanda, Milouda Chaqiq, Amar Bourennani, Benjamin Quique, Yussif Timéra, Saïd Benchnafa, Mohamed Makhtoumi.

Bonne surprise ce film, qui se révèle extrêmement bien écrit, en évitant la lourdeur en abordant un certain nombre de clichés. Le scénario marche sur les crêtes et aborde ces clichés, mais Arnaud Bedouët s'en sort toujours et évite toute mièvrerie ou sentimentalisme. Même si la teneur peut paraître dramatique, au total, cette galerie de personnages est montrée avec ses qualités et ses défauts et prônes pour une inclusion. Même si la teneur générale est cousue de film blanc, les personnages sont suffisamment bien écrits pour que le spectateur y croie. Alban Lenoir est parfait dans son personnage : un militaire qui vient traiter les affaires de son père qui vient d'être hospitalisé. Son père tient une auto-école dans une cité populaire. La rigueur, la droiture, la précision du personnage va se confronter à cet univers qui nécessite des adaptations, pour le moins. Les multiples confrontations, le collègue de son père, les clients de l'auto-école, les anciens copains d'enfance, la vie dans la cité vont le faire évoluer.

Un bon scénario, une belle distribution, une direction d'acteurs et d'actrices de qualité. Bref, une réussite. 

poster du film Bande-annonce La Bonne conduite 

vendredi 4 juillet 2025

Désigné Coupable (The Mauritanian, 2h09, 2021) de Kevin MacDonald

Avec  Tahar Rahim, Jodie Foster, Shailene Woodley, Benedict Cumberbatch.

Belle histoire d'un Mauritanien enfermé et torturé à Guantanamo parce qu'il a eu des accointances avec Oussama Ben Laden. Le film a le mérite de constituer des éléments documentaires intéressants sur le fonctionnement à l'intérieur de la prison de Guantanamo. Ce prisonnier est confié à une avocate ouvertement anti George Bush, interprétée par Jodie Foster. L'histoire est racontée de son point vu, sa découverte, ses convictions, ses doutes. Jusqu'au procès final. Mais aussi du point de vue du prisonnier. Le Mauritanien est interprété par Tahar Rahim, vraiment très bon, qui arrive à susciter le doute chez le spectateur, et aussi l'émotion. Le film raconte donc le calvaire et sa résilience, avec l'armée étatsunienne qui essaie par tous les moyens d'obtenir ses aveux. A ce titre le film est assez marquant et va plus loin que d'autres qui ont évoqué les tortures infligées aux prisonniers par l'armée étatsunienne.

Reconstitution, intrigue sur le fait qu'il soit coupable ou pas, procédures du camp de prisonniers pour les visites de son avocat, procédures d'accès aux informations secrètes. Le scénario est dense et riche. Le film est passionnant sur la durée, grave à l'interprétation tout en subtilité de Tahar Rahim.

poster du film Bande-annonce Désigné Coupable 

vendredi 17 janvier 2025

La Ruche (1h21, 2021) de Christophe Hermans

Avec Ludivine Sagnier , Sophie Breyer , Mara Taquin , Bonnie Duvauchelle , Tom Vermeir , Romain Guillermic , Arthur Buyssens , Vincent Overath.

L'histoire d'une mère et de ses trois filles. De prime abord, rien ne laisse présager d'un intérêt que cela pourrait suscite. Mais la mère est plutôt dysfonctionnelle. Ses filles maintiennent le navire à flot. Elles aident leur mère à leur manière, à travers différentes tranches de vie. L'apparition ponctuelle du père permet au film de préciser les personnages, que ce soit la mère, qui a visiblement besoin de soins, mais aussi les filles, dans la détestation de leur père. Le film a le mérite de montrer que les choses ne sont pas toutes blanches ou toutes noires, que les individus peuvent avoir des qualités et des défauts.

Christophe Hermans signe un très beau film, plutôt naturaliste dans ce qu'il peint, voire documentaire, où chaque personnage possède ses fêlures : la mère, Ludivine Sagnier, dans une interprétation toute en subtilités, en premier ; et chacune des filles, à leur manière aussi.  Avec des mentions spéciales pour Sophie Breyer et Mara Taquin, dans de beaux personnages, toutes deux passionnantes.

Un bijou dans son genre avec des personnages décrits avec subtilités. 





dimanche 29 décembre 2024

La Methode Williams (King Richard, 2h24, 2021) de Reinaldo Marcus Green

Avec Will Smith, Aunjanue Ellis-Taylor, Jon Bernthal, Saniyya Sidney, Demi Singleton, Tony Goldwyn, Mikayla Lashae Bartholomew, Daniele Lawson, Layla Crawford, Erika Ringor, Noah Bean.

Dans la boîte à outil des productions Netflix il y a l'histoire vrai, la vie de vrais gens qui ont existé. Quelque soit le domaine. Et quelque que soit la renommé du personnage. Ici il s'agit du sport et en particulier sur tennis.  Le film conte l'histoire de la famille Williams, qui a donné deux joueuse au tennis mondial. L'histoire de leur père et son obsession du tennis et de ses filles. Le film raconte comment leur père a préparé ses filles à être des championnes de tennis.

Il s'agit donc d'un film historique donc ainsi que l'histoire d'un personnage qui a vraiment existé. Le film raconte l'adolescence jusqu'à la première victoire. 

Le film se laisse regarder, sans être passionnant, mais il nous tient l&légèrement en haleine car nous souhaitons savoir comment elles vont arriver à la compétition compte tenu de la manière dont le père est dépeint. Sa croyance et sa foi dans le talent de ses filles est à la limite du surnaturel. Et il faut reconnaître que Will Smith s'efface bien derrière le personnage. Et il n'est pas nécessaire de pratiquer ou aimer le tennis pour suivre l'histoire.

Bande-annonce La Méthode Williams

mercredi 18 décembre 2024

Julie (en 12 chapitres) (2h08, 2021) de Joachim Trier

Avec Renate Reinsve, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum, Hans Olav Brenner, Helene Bjørneby, Vidar Sandem, Maria Grazia Di Meo, Lasse Gretland, Karen Røise Kielland, Marianne Krogh, Thea Stabell, Deniz Kaya.

Julie et sa vie sentimentale, contée à travers les différents hommes qui traversent sa vie. Cette coproduction norvégienne, française, suédoise et danoise, se déroule à Oslo où Julie (Renate Reinsve, parfaite) ne sait pas ce qu'elle veut, croise différents hommes avec qui elle passe du temps, mais ne sait toujours pas ce qu'elle veut à la fin du film. Les hommes avec qui elle vit ont tendance à ne pas la mettre en avant ; elle ne semble pas en être satisfaite. Elle est confrontée à la maternité et au désir d'avoir un enfant de manière régulièrement, pas ses hommes ou ses parents. Mais elle restera toujours insatisfaite sur ce qui la motive et qu'elle souhaite faire. Elle est dans cet état là au début du film. Mais, elle sera toujours dans cet état là à la fin du film, elle n'évoluera pas. C'est ce qui fait que le film peut paraître long car l'empathie avec son personnage est limité.

La voix off réjoutée par moment n'apporte rien si ce n'est un point de vue extra-diégétique, comme pour nous indiquer que les scénaristes observent un animal dans son environnement.

 Bande-annonce Julie (en 12 chapitres)

samedi 26 octobre 2024

Les Jeunes Amants (1h54, 2021) de Carine Tardieu

Avec Fanny Ardant, Melvil Poupaud, Cécile de France, Florence Loiret Caille, Sharif Andoura, Sarah Henochsberg, Martin Laurent, Olenka Ilunga, Manda Touré, Julia Gómez.

Carine Tardieu maîtrise la direction des actrices et acteurs : elle est subtile. Le film progresse par petites touches. Mais les personnages suscitent peu d'empathie et provoquent peu d'émotions malgré de multiples articulations dramatiques autour des deux personnages principaux et des personnages secondaires. C'est une belle histoire qui prend son temps pour se développer : le film dure presque deux heures. Le trio d'acteur Fanny Ardant, Melvil Poupaud et Cécile de France est très bon.

La musique, à base de chansons est utilisée avec parcimonie et à bon escient. 
Le film permet d'évoquer des composantes de la maladie de Parkinson, ce qui est assez inhabituel, pour une maladie peu connues.
Au total, il est dur de dire du mal du film, les acteurs incarnant avec conviction les personnages, au service d'une histoire d'amour, qui ne sait pas où elle veut aller, et c'est un peu le problème, car l'hystérésis est sur les personnages, mais pas sur l'histoire, sa conclusion. Il est un peu injuste de le reprocher au film, mais l'ancrage sociétal et la turpitude des personnages principaux est d'un faible intérêt sur le plan social.
Bande-annonce Les Jeunes amants

mercredi 10 juillet 2024

Cry Macho (1h44, 2021) de Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Dwight Yoakam, Daniel V. Graulau, Horacio Garcia Roja, Ivan Hernandez.

Avec Cry Macho, il pourrait être possible de voir le film dans la filiation de The Mule, Grand Torino ou Le Maître de Guerre. Que neni, nous sommes ici dans le filiation de Josey Wales Hors La Loi ou Un Monde Parfait voire Honkytonk Man, soit au moins deux chefs d'oeuvre. 

Mais il est impossible d'appréhender ce film sans connaître l'ensemble du corpus d'oeuvre créé par Clint Eastwood.

Macho est le coq de combat d'un  adolescent que le vieux cowboy doit ramener du Mexique à son père au Texas. Road movie, donc, avec ses péripéties consistant en la rencontre de personnages plus ou moins sympathiques, avec un long passage forcé dans un petit village mexicain, qui vont changer la vie de notre cowboy, mais aussi celle de l'adolescent. Séquences qui sont les plus réussis du film, qui évoquent le thème de la famille, présent au coeur des films précités.

Clint Eastwood campe ce vieux cowboy, personnage qui a l'âge du réalisateur acteur. Il est dur d'évaluer ce film sans penser à l'oeuvre de Clint Eastwood, en particulier les films précités. Et à ce titre le film est de toutes beautés. Avec sa photographie qui est magnifique. Avec son style limpide et simple à la fois, qui ne sombre jamais dans le pathos, quelles que soient les situations des personnages.

Bande-annonce Cry Macho

dimanche 19 mai 2024

Silent Hours (2h26, 2021) de Mark Greenstreet

Avec Susie Amy, John Baldwin, Sarah Bascombe, Tom Beard, Hugh Bonneville, Robert Bowen, Julie Bryant, Ben Carroll, Beth Chalmers, Annie Cooper.

Il semblerait que ce navet est le montage de plusieurs épisodes d'une mini série de 2017. Voilà comment recycler des images pour faire un nouveau film à partir de scènes existantes. L'industrie pornographique le fait depuis des années, pourquoi pas les séries pour le streaming.

Le film est un bréviaire pour apprenti phallocrate. Toutes les femmes sont obsédées et ne pensent qu'à une chose, c'est d'avoir une relation sexuelle avec le héros. Héros qui est antipathique à souhait, sans évoquer son charisme de chaise pliante. C'est à se demander si le ou les créateurs ne donnent pas vie à leur fantasme de coucher avec toutes les femmes.

L'origine télévisée (une minisérie) donne des images plates, dénuées de tout sens artistique. Par contre son usage du gore (têtes et membres coupés) réveille régulièrement le spectateur qui somnole régulièrement. L'intrigue : il est question de meurtres et d'un tueur en série et d'un détective privé (le personnage principal, héros). Sans intérêt.

Silent Hours

mardi 30 janvier 2024

Titane (1h48, 2021) de Julia Ducournau

Avec Vincent Lindon, Agathe Rousselle, Garance Marillier, Laïs Salameh, Mara Cisse, Marin Judas, Diong-Kéba Tacu, Myriem Akheddiou,  Bertrand Bonello, Céline Carrère,

Un film de monstres. Là où Julia Ducournau réussit son pari est dans l’enchaînement des différentes histoires : les pérégrinations de tueuse d'Agathe Rousselle puis sa fuite ; sa rencontre avec Vincent Lindon et leur vie commune ; puis la bascule dans la folie (si elle n'était pas déjà là), dans la monstruosité ou autre chose de Vincent Lindon.

Julia Ducournau réussi son pari avec un ensemble passionnant, fulgurant, qui mêle horreur, mais aussi empathie. Après avoir montré son personnage monstrueux, sans empathie, sa rencontre avec Vincent Lindon va l'humaniser ou si peu, mais arriver à nous faire avoir de l'empathie, d’abord avec le personnage de Vincent Lindon, puis avec elle, car elle semble trouver un semblant de satisfaction à sa relation avec ce pompier, perdu ou fou ou sous emprise chimique, qui l'accueille (pour une raison que nous ne divulgâcherons pas), mais qui relance l'histoire.

La décision de toujours montrer du point de vue du personnage d'Agathe Rousselle est le bon choix. Nous ne voyons jamais la police qui la recherche (hormis le spot sur l'écran de télévision). Cela ne nous intéresse pas. Et tout laisse à penser que l'issue de l'histoire ne pourra qu'être tragique. Mais pour quoi.

Le talent de Julia Ducournau est d'avoir créé un film inclassable, unique, sans précédent (même chez David Cronenberg), oeuvre d'art brut, puissante, perturbante, qui ne provoque pas de débat (on adore ou on déteste), mais qui fait réfléchir. La force du film est de ne pas expliquer d'où viennent les personnages et de ne pas permettre de deviner où ils vont. Un chef d’œuvre.

Bande-annonce Titane

samedi 27 janvier 2024

Yara (1h36, 2021) de Marco Tullio Giordana

Avec Isabella Ragonese, Alessio Boni, Thomas Trabacchi, Sandra Toffolatti, Roberto Zibetti, Mario Pirrello, Miro Landoni, Andrea Bruschi, Augusto Zucchi, Rodolfo Corsato.

Une adolescente disparaît et est retrouvée morte après avoir été violée. Le procureur qui enquête va devoir affronter la mysogynie ambiante. La procureure est interprétée par Isabella Ragonese. Mais l'enquête va avoir aussi la difficulté à trouver des indices. A une époque où le numérique n'existait ainsi, ainsi que les fichiers d'empreintes digitales centralisés. Ce qui fait que pour retrouver un coupable à partir d'indice prend beaucoup de temps, demande un peu de chance et de coincidences, de persistence et de patience.

Fausses pistes, enquête sur plusieurs années, pour un film policier où 'enquête avance par petite touche et l'enquête évoluera vers de fausses pistes, car il est urgent de trouver un coupable, mais aussi vers des pistes possibles à partir des tests ADN et leur utilisation à grande échelle. Le scénariste est un vétéran du scénario : nous pouvons dire qu'il s'agit d'une bonne histoire, qui captive le spectateur, qui se demande s'il le tueur va être retrouvé. La forme est celle d'un téléfilm Netflix c'est à dire sans aucune ambition. Dispensable sur la forme, mais honnête sur le sujet.

Yara

mercredi 24 janvier 2024

Chernobyl Under Fire (2h16 2021) de Danila Kozlovskiy

Avec Danila Kozlovskiy, Oksana Akinshina, Filipp Avdeev, Ravshana Kurkova, Nikolay Kozak, Igor Chernevich, Artur Beschastnyy, Nikolay Samsonov, Anton Shwartz.

Ce Chernobyl se concentre sur les pompiers qui sont intervenus pour éteindre le premier incendie juste après l'explosion du réacteur. Pour susciter l'empathie, le scénario se concentre sur un de ces pompiers, qui retrouve son ancienne amante à Chernobyl et qui se rend compte qu'elle a un enfant, dont il est probablement le père. Cela occupe un long prologue, bien interprété, sympathique. Ensuite il y a les séquences spectaculaires liées à l'intervention vers la centrale nucléaire après l'explosion.  Le scénario se concentre sur les deux personnages : le pompier, Danila Kozlovskiy, et sa fiancée Oksana Akinshina. Les acteurs sont bons et l'ensemble fonctionne, même si le film tarde à démarrer.

Le sujet est tellement fort qu'il n'est pas possible d'être insensible à certaines séquences. La séquence des trois pompiers dans l'eau pour arriver à ouvrir l'évacuation de l'eau est le grand moment du film, spectaculaire et avec une tension maximale bien sûr car ils descendent dans les sous-sol de la centrale, dans le noir et juste à la lumière de leur torche. Elle est bien faite et monte bien la tension avec régularité et est impressionante.

Finalement les 2h16 passent toutes seules, même si l'intrigue concernant le couple (notre pompier, son ex) nous ennuie franchement. Surtout que les scénaristes, pour être sûr de l'empathie, on mis le fils comme première victime de l'explosion et des radiations, ce qui donne lieu à aux séquences où le couple souhaite qu'il soit évacué, soigné, sachant qu'il n'est pas possible de soigner, évacuer tout le monde.

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jeudi 7 décembre 2023

Narappa (2h33, 2021) de Srikanth Addala

Avec  Venkatesh Daggubati, Priyamani, Rajeev Kanakala, Rakhi, Karthik Rathnam, Chaitra, Aadukalam Naren, Deepak Shetty, Shritej, Aravind, Ramaraju, Kadambari Kiran.

Voici un exemplaire du cinéma de Tollywood, film en telugu, dont le centre industriel est Hyderabad dans la région du Telangan.

Narappa est un père de famille qui se bat pour sauver sa terre, sa femme, ses enfants, ses sandales, sa dignité. Il est très résilient, jusqu'à ce que les méchants s'en prennent à ses enfants ou sa femme directement, et là il sort la serpe et se venge. Narappa est interprété par Venkatesh Daggubati, qui joue très bien le chien battu jusqu'à ce qu'il éclate en furie (où il est moins crédible).

Ici les protagonistes vont se battre à coup de haches et de serpes parce qu’un d'eux porte une paire de sandales (et cela ne plait pas aux méchants) ou pour faire justice soit même, car les autorités ne font pas régner la justice. Il y est surtout question de problème territorial : les méchants volent des terres aux pauvres ou sous humains. C'est une société avec des inférieurs, et des nantis défendus par la police. C'est aussi une société moyenâgeuse phallocratique où les femmes sont des objets inférieurs.

C'est un cinéma de narration, mais pas de concision : beaucoup de ralentis, beaucoup de voix off qui surchargent et racontent ce qu'il faut comprendre, beaucoup de dialogues pour que tout le monde comprenne bien. Beaucoup de flashbacks aussi, à vocation explicative encore. Pas de place à la folie ici, mais il faut toujours expliquer par l'injustice.

Narappa

samedi 11 novembre 2023

No Sudden Move (1h55, 2021) de Steven Soderbergh

Avec Don Cheadle, Craig muMs Grant, Brendan Fraser, Benicio Del Toro, Julia Fox,  Kieran Culkin, Amy Seimetz, David Harbour, Noah Jupe, Lucy Holt, Claudia Russell, Katherine Banks.

Steven Soderbergh livre un film parfait sur la forme, riche d'un bon scénario dense aux multiples replis que le spectateur n'arrive pas à deviner et anticiper dans sa progression. Ed Salomon est au scénario : gros professionnel.

Une de ses qualités est sa belle distribution : acteurs parfaits pour une multitude de personnages, portés par un scénario riche, qui donne un film une dimension chorale, tiré par Don Cheadle et Benicio Del Toro, tous les deux parfaits dans des personnages très différents, qui se retrouvent à cohabiter.

L'intrigue concerne de petites frappes qui séquestrent une famille pour que le père récupère un document dans le coffre du patron de son entreprise. C'est le point de départ. Au bout de 2h il s'est passé beaucoup de chose et beaucoup que nos petits malfrats n'avaient pas prévus, avec des enjeux que personne ne soupçonnait au départ.
Sur le plan technique, Steven Soderbergh s'est amusé : il est le directeur de la photographie (sous pseudonyme). Le photographie est par moment remplie de distorsion de l'image, avec un peu de vignettage de l'image (des bords sombre), avec énormément de profondeur de champ. Mais l'histoire happe tellement le spectateur que nous n'y faisons plus attention. Nous ne sommes pas sûr que ce choix technique joue en faveur du film (n'y contre d'ailleurs ; il nous parait neutre) car il est suffisamment riche avec son histoire complexe et ses multiples personnages.
Bande-annonce No Sudden Move

vendredi 22 septembre 2023

Nous (1h55, 2021) de Alice Diop

Alice Diop nous présente des individus ou des groupes qui vivent le long de la ligne de train RER B en région de Paris. Concept à priori intéressant, mais ce n'est pas un sujet. Elle nous montre des individus : par exemple, des personnes sans domicile fixe, des retraités dépendants, des adeptes de la chasse à court.

Certains font partie de sa famille. D'autres non. Des parties documentent, comme le garagiste originaire du Mali qui vis dans une camionnette et qui répare sur des parkings. Ou comme l'infirmière qui visite les personnes âgées, section qui possède le plus d'hystérésis. Elle nous montre aussi des individus hétéroclites avec un intellectuel et des fanatiques du protocole de chasse à court.

L'ensemble est décousu, pas linéaire dans son déroulé et donc dans son message. Ce qui sur la durée suscite l'ennui (presque 2h pour un documentaire est trop long). Nous comprenons bien le côté personnel de la chose de certains sujets avec l'évocation du père de la réalisatrice, et sa soeur dans le segment de l'aide à domicile. Mais l'ennui s'installe. Et ce n'est pas arrangé par beaucoup de plans de transition sur des paysages, qui rythme les déplacements. Avec aussi beaucoup de plans de la ville (la banlieue parisienne), des jardins ou des bois. Ils contribuent à l'atmosphère. Mais ils contribuent aussi au sentiment de durée, mais comme ils ne véhiculent pas d'information sur le sujet, ils nous ennuient.

Bande-annonce Nous


dimanche 10 septembre 2023

France (2h13, 2021) de Bruno Dumont

Avec Léa Seydoux, Blanche Gardin, Benjamin Biolay, Emanuele Arioli, Juliane Köhler, Gaëtan Amiel, Jawad Zemmar, Marc Bettinelli, Lucile Roche.

Bruno Dumont nous conte l'histoire d'une journaliste de télévision et présentatrice. Pour nous montrer l'envers du décor, les schémas de fonctionnement de ces journalistes, leur manque d'humanité, la mise en scène, leur égoïsme malgré la vitrine qu'ils présentent. Mais aussi le personnage de Léa Seydoux, qui porte le film, que Bruno Dumont peint avec ses contradictions, ses complexités, ses états d'âme changeants. Ce qui rend le personnage presque attachant, pas du tout monolithique, que nous spectateurs ne pouvons pas juger compte tenu du nombre de contradictions du personnage.

Le mélange d'acteurs professionnels avec des acteurs amateurs fonctionne parfaitement et donne un ancrage réel qui donne de la densité au sujet.

Nous pouvons juste reconnaître que les ficelles sont grosses : le film est dénué de subtilité. C'est toujours le cas chez Bruno Dumont. Mais le coup de l'ordinateur portable posé sur la manette qui fait entendre le commentaire off est vraiment un truc de scénariste pas crédible une seconde. Ce qui pénalise l'ensemble du film.

À noter que toutes les scènes de Léa Seydoux avec son mari, Benjamin Biolay, sont les plus réussis du film, que ce soit les scènes du couple ou en groupe avec d'autres personnes.

Au total Bruno Dumont fait bien passer ses messages, ses critiques, tout en conviant une réflexion où tout n'est finalement pas noir ni blanc.

France

dimanche 23 juillet 2023

House Of Gucci (2h38, 2021) de Ridley Scott

Avec Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jeremy Irons,  Jared Leto, Camille Cottin , Salma Hayek, Jack Huston.

Ridley Scott nous raconte une histoire de la famille Gucci. Histoire qui est centrée sur celle du fils Gucci, incarné par Adam Driver, (toujours en suspension, pour un personnage peu malin et en dehors des réalités), qui n'a pas beaucoup de talent (même aucun si nous considérons l'ensemble du film). Mais qui doit gérer la marque créée par son père (Jeremy Irons) et son oncle (Al Pacino), ainsi que son cousin (Jared Leto, méconnaissable, mais qui interprète peut-être le seul personnage humain). Il va se marier avec une amoureuse ambitieuse (Lady Gaga, interprétation fonctionnelle). Mais les choses vont évoluer vers des drames familiaux et financiers.

Nous sommes déçus, car le film est mièvre : il manque de cruauté, de sang, de viscère, de sexe, de gore ou de violence graphique. Choses que Ridley Scott égrène régulièrement dans ses films, mais qui sont absentes ici. Et qui auraient été intéressantes dans un univers de luxe : des jets de sangs sur un beau marbre, sur de belles chaussures ou sur un beau tissu de costume, auraient été plastiquement intéressants.
Ridley Scott essaie probablement d’être fidèle à l'environnement qu'il recrée (le luxe, l'Italie, les costumes et décors). Les crédits techniques sont impeccables : acteurs, costumes, décors, maquillages, photographie, tous sont très réussis. Mais cela ressemble à un projet qui reste à finaliser...
À voir comme un téléfilm de luxe dans le luxe, fade (le luxe, et le film) et sans ambition. Les beaux décors ont déjà tenté Ridley Scott à plusieurs reprises. Mais le film manque de tonicité, un peu à l'image du personnage interprété par Adam Driver, fade et mou à la limite de la catalepsie. 
House of Gucci [Blu-Ray]

vendredi 14 juillet 2023

Those Who Wish Me Dead (1h40, 2021) de Taylor Sheridan

Avec Angelina Jolie, Finn Little, Jon Bernthal, Aidan Gillen, Nicholas Hoult, Jake Weber, Medina Senghore, Tyler Perry, Boots Southerland, Tory Kittles.

Un trauma à régler, de superbes décors de forêts, qui brûlent de temps en temps, deux tueurs qui poursuivent un petit garçon (la raison nous nous en moquons) pour le tuer, qui se retrouve dans la forêt avec des spécialistes de la survie en montagne et forêt. Notre pompier, Angelina Jolie, pour aider à tirer le petit garçon des griffes de ces vilains tueurs, en fera sa psychothérapie. Entre temps, plusieurs morts, des montagnes incendiées (de belles séquences d'incendies de forêt).

Le schéma des séries B Netflix est exploité à l'os ici. La star, les acteurs de compléments très solides, un déroulement dans la compagne où nous sommes immergés dans la vie des autochtones, un schéma dramatique simple, de superbes décors, du CGI porn pour supporter le spectaculaire. Une bonne série B où le film de survie est mélangé avec le film de tueurs implacables : cela a déjà été vu beaucoup de fois, mais ce petit film de série fonctionne. Il est techniquement bien exécuté, bien interprété et bien photographié. La caractérisation des personnages est efficace, voire simpliste, mais bien écrite.

Ce n'est pas mémorable ni indispensable, c'est prévisible, mais ce n'est pas déshonorant non plus.

Bande-annonce Ceux qui veulent ma mort


samedi 1 juillet 2023

Bordertown - Du sang sur les murs (Bordertown: The Mural Murders, 1h47, 2021) de Juuso Syrjä

Avec Ville Virtanen, Anu Sinisalo, Sampo Sarkola, Johan Storgård, Olivia Ainali, Lenita Susi.

Un flic en hôpital psychiatrique est requis pour élucider des meurtres d'un tueur en série. Avec l'utilisation d'un tueur très intelligent déjà en prison qui pourrait donner des indices pour retrouver le tueur en série. Avec l'énigme à résoudre concernant le lien entre les différents meurtres. Les meurtres utilisent beaucoup de sang et sont spectaculaires. Cela rappelle bien sûr Le Silence Des Agneaux (1991) de Jonathan Demme. Il y a référence plus déshonorante. La variante ici est que le flic qui mène l'enquête est un peu fou (au sens médical du terme) et possède un talent pour deviner, très utile pour un scénariste.

Au total le principe du film enquête fonctionne bien avec ses différents rebondissements. La seule déception est la révélation du tueur, qui s'avère n'être aucun des personnages précédemment rencontrés au cours de l'histoire. En général, il y a un travail préparatoire qui fait que le coupable, est un personnage déjà vu, ou croisé dans la dramaturgie qui a précédé. Ce n'est pas le cas ici.

Ce qui fait que le film repose beaucoup sur le canevas dramatique de l'enquête, ses sous-intrigues et la compréhension de l'intrigue que soumet le tueur en série. Au total, originalité zéro, mais efficacité correcte. Le film bénéficie d'une bonne distribution, Ville Virtanen en tête, qui est l'intérêt principal du film.

 Bordertown : Du sang sur les murs

dimanche 18 juin 2023

Nobody (1h32, 2021) de Ilya Naishuller

Avec Bob Odenkirk, Aleksey Serebryakov, Connie Nielsen, Christopher Lloyd, Michael Ironside, Colin Salmon, RZA, Billy MacLellan, Araya Mengesha, Gage Munroe, Paisley Cadorath, Aleksandr Pal.

Le scénariste des trois premiers John Wick, Derek Kolstad, crée une variante. Ici il s'agit de Ben Odenkirk, qu'un évènement plus ou moins banal va conduire à sortir de sa vie quotidienne routinière où il n' est "personne", une personnalité effacée, pour révéler son passé et ses multiples compétences.

La relation de Ben Odenkirk avec sa famille directe - Connie Nielsen, et ses deux enfants - et sa belle famille - Michael Ironside - à qui il achète l'entreprise pour les virer -, et aussi avec son père - Christopher Lloyd - qui donne toute sa saveur au personnage - ; ils permettent, tous et toutes, au personnage de Ben Odenkirk d'exister. Jusqu'à ce nous en apprenons plus sur son passé, et l'organisation parallèle - comme dans John Wick - qui va l'aider.

Ben Odenkirk est parfait pour exprimer une lassitude du quotidien, acceptée, entre sa femme avec laquelle il est en froid, son fils adolescent qui ne le respecte pas et sa petite fille qui semble être la seule qui l'aime.

À partir de ce point de départ, le film contient plusieurs séquences d'actions et de combat en particulier, dont celle du bus qui est d'anthologie, chorégraphiée de manière à mettre en avant le lieu - l'intérieur d'un bus - et la douleur - les coups portés ne sont pas neutres - ; séquence mixée avec une dose d'humour et de violence sèche devant la caméra qui donnent une densité à la séquence. Qui sera un pivot pour le reste de l'histoire.

Le film accentue le coté dessin animé avec ses montages séquence des différentes routines, mais aussi grâce à l'utilisation de la musique et de chanson, qui amène ironie et distanciation bienvenue.

Est-il prévu une suite ? Nous le souhaitons !

Nobody [Blu-Ray]

mardi 2 mai 2023

Halloween Kills (1h45, 2021) de David Gordon Green

Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Will Patton.

Le deuxième film de la nouvelle franchise Halloween possède les défauts de ses qualités ou la qualité de ses défauts.

Dans le défaut c'est l'immortalité du personnage de Michael Myers qui annihile toute séquence de suspense pour en faire des séquences de surprises ; le spectateur sait qu'il ne mourra jamais et il faut reconnaître que c'est embêtant, le film en devient lassant. L'intérêt se transfère ensuite sur les meurtres que nous espérons sanguinolents et violents.
Ensuite le film nous explique qu'il est le mal incarné, ce qui suppose des croyances, ce qui rationnellement est complètement débile, et nuit fortement à l'intérêt du film.
Le seul intérêt du film est son enchaînement de séquences de meurtres très bien mises en scène et très bien emballées, mais avec assez peu de suspense ou alors un suspense du niveau de celui d'un Destination Finale qui lui au moins va être droit au but et n'essaie pas de donner des explications en parlant du bien et du mal et ce genre de croyances.
La musique garde une certaine qualité et bien sûr possède un rôle important dans la tension que génèrent les images.
C'est un film d'horreur qui ne fait pas peur, car il y a assez peu de surprises dans ce film.
Halloween Kills [Version Longue]