Affichage des articles dont le libellé est Joan Bennett. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Joan Bennett. Afficher tous les articles

jeudi 16 juillet 2020

La Rue Rouge (Scarlet Street, 1945) de Fritz Lang

Avec Edward G. Robinson, Joan Bennett, Dan Duryea, Margaret Lindsay, Rosalind Ivan, Jess Barker, Charles Kemper, Anita Sharp-Bolster, Samuel S. Hinds, Vladimir Sokoloff, Arthur Loft, Russell Hicks.

La Rue Rouge [Blu-Ray]
Nous sommes ici dans le film Noir. L'histoire raconte comment un pauvre type interprété par Edward G. Robinson, caissier, se retrouve dans une relation avec une fille pas innocente, beaucoup plus jeune que lui, dont il tombe amoureux. Il est peintre amateur à ses heures. Elle profite de sa crédulité pour signer ses toiles et les vendre, avec l'aide de son fiancé, un très mauvais garçon.
Il s'agit d'un vrai film sombre, avec une femme fatale, même si Joan Bennett n'a pas le physique de la femme fatale auquel on s'attend habituellement. Mais ils finiront tous par mourir. Ou presque.
Nous retenons d'abord le personnage d'Edward G. Robinson, plutôt un pauvre type, naïf, qui vit avec une femme acariâtre (au-delà de la caricature) et qui trouve son équilibre psychologique en peignant. Malheureusement suite à sa rencontre avec Joan Bennett (par hasard au coin d'une rue) sa vie va basculer. Il tombe amoureux d'elle, toutes ses frustrations accumulées vont lui donner les moyens de franchir le pas. Mais aussi l'aveugler. Il va l'entretenir, lui prendre un appartement, et une descente aux enfers va débuter, jusqu'à ce qu'il comprenne la supercherie: elle ne l'aime pas. Ce qui va le faire entrer progressivement dans la folie.
À noter cette belle scène, tout à la fois une belle idée de mise en scène, et horrible pour le sous-texte, où il lui vernit les ongles de pieds.
L'histoire possède un côté inéluctable et implacable, ainsi qu'une grande fluidité. Elle happe le spectateur de bout en bout.


samedi 27 juin 2020

Chasse A L'Homme (Man Hunt, 1941) de Fritz Lang

Avec Walter Pidgeon, Joan Bennett, George Sanders, John Carradine, Roddy McDowall, Ludwig Stössel, Heather Thatcher, Frederick Worlock, Roger Imhof.

Quelle élégance et quelle maîtrise! Le film est un bréviaire de mise en scène. Avec des jeux d'ombres où le personnage est hors champ. Avec l'utilisation de la profondeur de champ, de l'échelle des plans, de l'américain aux gros plans, qui sont utilisés dans une même séquence.
Le scénario parle de chasse. Nous aurions pu nous en douter vu le titre, néanmoins c'est vraiment le sujet coeur, le plaisir du chasseur. Qui n'est pas de tuer sa proie, mais de la trouver (arriver à s’en approcher sans être vu), être capable de l'attraper, sans la tuer.
Chasse à l'homme [Combo Blu-Ray + DVD]Un chasseur émérite chasse et tue (s'il le souhaite) un gibier particulier, Adolf Hitler (nous sommes autour de 1938). Il le met en joue, mais ne le tue pas. Mais il est attrapé et devient lui-même le sujet d'une chasse dont il est le gibier. Il finira d'ailleurs acculé dans une grotte, comme une bête.
Le film est passionnant, principalement grâce à la mise en scène et à l'interprétation de ses acteurs. Tout d'abord Walter Pidgeon en gentlemen anglais chasseur, un peu irresponsable, qui se comporte presque comme un enfant au milieu des nazis et du gouvernement anglais qui a l'air de ne pas vouloir faire grand-chose pour l'aider (le gouvernement anglais ne souhaite pas froisser l'Allemagne).
Ensuite, George Sanders, qui est génial dans son rôle de nazi fier de l'être avec une interprétation très rentrée et très ironique qui lui donne une stature comique et qui se délecte dans la perfidie.
Et enfin, Joan Bennett, qui apporte une légèreté et une réalité lors des séquences à Londres, sur sa relation avec Walter Pidgeon, ou ses réactions avec le ministre anglais et sa femme. Ils composent presque tous les deux un duo humoristique, ce qui en fait un duo avec un petit garçon et une petite fille, dans cet univers très sérieux et lourd (les nazis, la diplomatie des années 30), avec John Carradine en nazi qui les poursuit.
À noter aussi de belles scènes avec l'enfant sur le bateau, Roddy MacDowall enfant, que nous retrouverons dans beaucoup de films lorsqu'il sera adulte.